Laghouat

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Laghouat
Laghouat
Monument de Laghouat
Noms
Nom arabe الأغواط
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Laghouat
Daïra Laghouat
Président de l'APC Bachir Benbehaz (FLN)
2012-2017
Code postal 03000
Code ONS 0301
Démographie
Population 144 747 hab. (2008[1])
Densité 362 hab./km2
Géographie
Coordonnées 33° 48′ 24″ nord, 2° 52′ 56″ est
Superficie 400 km2
Localisation
Localisation de Laghouat
Localisation de la commune dans la wilaya de Laghouat.

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Laghouat

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Laghouat
Liens
Site de la commune http://www.laghouat-dz.org

Laghouat (arabe : الأغواط) est une commune et une ville d'Algérie, chef-lieu de la wilaya du même nom.

Laghouat, El-Aghouat ou El-Arouat selon les transcriptions latines utilisées à différentes époques de l’histoire de la ville, est une appellation poétique qui tire son origine de la nature et de la configuration même de la région.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Il y'a plusieurs hypothèses a propos du nom de cette ville , mais la plus juste et la plus appropriée serait que son nom provient du mot "aģwath" qui veut dire montagne en dent de scie en tamazight , et cela en référence aux montagnes qui entourent cette jolie petite ville des beni lekwat tribue amazigh zènète.

Son nom serait aussi présenté comme étant issu du mot arabe al Aghwat signifiant « les jardins », en références aux nombreux vergers des oasis de la région.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Laghouat est une tribu Zénète[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Laghouat est une ville où la réunion des monts de l’Atlas, le désert, les arêtes rocheuses et la palmeraie forment un paysage d’une beauté sublime. Elle porte fièrement le surnom de la « porte du désert ».

Situation[modifier | modifier le code]

Laghouat est une ville d'Algérie située à 400 km au sud d'Alger à 750 m d'altitude.

Communes limitrophes de Laghouat
Sidi Makhlouf
Tadjemout Laghouat El Assafia
Kheneg Bennasser Benchohra

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est continental aride avec des moyennes de 8 °C l'hiver et de plus de 27 °C l'été.

Données climatiques de Laghouat - Algérie
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2 4 7 9 13 18 21 20 17 12 6 3 10,9
Température moyenne (°C) 7,5 9,5 12,5 16 19,5 25 28,5 27,5 23,5 18 11,5 8 17,2
Température maximale moyenne (°C) 13 15 18 23 26 32 36 35 30 24 17 13 23,4
Précipitations (mm) 7 14 12 16 15 10 1 17 18 18 15 5 238
Source : Le Voyageur et Climatedata, statistiques sur la ville de Laghouat[3],[4].
Diagramme climatique
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5
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Transport[modifier | modifier le code]

Aéroport de Laghouat - Vue exterieure 1.jpg

Laghouat est desservie par un aéroport. Quatre vols par semaine vers Alger (Dimanche, Mardi, Jeudi et Samedi), un vol par semaine vers Constantine (samedi) et un vol par semaine vers Oran (mardi). Les vols sont assurés par Air Algérie.

La ville de Laghouat est bien desservie par bus et taxis vers les principales villes du pays au départ de Laghouat (Alger - Oran - Constantine - Setif - Tizi Ouzou - Tebessa - Adrar - Ouargla - Ghardaia - Tiaret - Djelfa - Bechar - Tamanrasset...). Le siège de la Nationale des transports des voyageurs (NTV) se trouve à Laghouat.

Une voie ferrée entre Hassi Messaoud-Laghouat et Laghouat-Djelfa[5],[6] est en cours de réalisation.

Histoire[modifier | modifier le code]

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La naissance moderne de la ville de Laghouat remonte au début du XVIIIe siècle. Mais Ibn Khaldoun a signalé l'existence vers le XIVe siècle d'un qaçr (ville ou village entouré d'un mur en pierre pour la protection contre les invasions) dans un site qui semble être celui de la ville actuelle, abritant une faction de la tribu de "laghouat", branche de la célèbre tribu berbère des Maghraouas.

De cette tribu connue sous le nom de Laghouat-ksel, il ne reste que deux fractions (Ouled Serghine et Ahlaf) habitant la ville. La majorité des Laghouat-ksel a migré vers l'ouest dans les environs de djbel Ksel (wilaya de Bayadh).

D'autres tribus peuplent la cité telles que les tribus arabes hilaliennes Larbaa, Ouled Naïl et Rahman qui s'y sont implantées aux environs du XVIIe siècle ou les M'khalif (d'origines Idrissides) et dont la présence est antérieure à la venue des hilaliens.

"Pour ce qui est des nomades, les Larbaa, arrivés au Sud avec l'invasion hilalienne quittèrent cette région au XVIIe siècle. Ils étaient à l'origine quatre tribus, les Maamra, Hadjadj, Ouled Zid et Ouled Salah d'où leur nom des quatre, el-Arbaa. Chassés du Zab par les Ouled Djellal, ils passèrent par le Djebel Boukahil, s'allièrent aux Rahman, refoulèrent dans l'Ouest, dans le Djebel Amour, les Ouled Ya'goub Zerara et s'installèrent dans l'annexe de Laghouat."[7].

  • 1368 : Le sultan Abou Hammou, de la dynastie Zianides, chassé par le sultan Mérinides de Fez, rallia ses partisans à Laghouat avant de se retirer dans le Mzab.
  • 1698 : Le marabout Sidi Hadj Aissa (mort en 1737), patron de la ville, s’établit à Laghouat.
  • 1708 : Le sultan de Marrakech Moulay Abdelmalek, établit son camp à l’Ouest de la « cité rebelle » et lui imposa un tribut qu’elle refusa tout le temps de payer.
  • 1727 : Laghouat passe sous la domination des Ottomans.
  • 1741 : Le bey du Titteri, à la tête d’une imposante armée, assiégea la ville. Défait, il reprit la route de Médéa.
  • 1785 : Le bey d’Oran sur l’ordre du dey d’Alger, mena une expédition punitive contre Laghouat qui refusait toujours de payer l’impôt annuel de 700 réaux.
  • 1829 : Le Cheikh Moussa Ibn Hassan El-Misri, né en Égypte, à Damiette, en 1787, s’établit à Laghouat et fonde l’ordre Chadhiliyya.

Période coloniale[modifier | modifier le code]

Voici comment le colonel Théodore Pein, officier de l'Armée d'Afrique issu du rang qui resta vingt-trois ans en Algérie (de 1840 à 1863) décrit la prise de Laghouat, à laquelle il assista : Le carnage fut affreux, les habitations, les tentes des étrangers dressées sur les places ; les rues, les cours furent jonchées de cadavres. Une statistique faite à tête reposée et d’après les meilleurs renseignements à El Ar'ouath, après la prise, constate le chiffre de 2 300 hommes, femmes ou enfants tués ; mais le chiffre de blessés fut insignifiant, cela se conçoit : les soldats, furieux d’être canardés par une lucarne, une porte entrebâillée, un trou de la terrasse, se ruaient dans l’intérieur et y lardaient impitoyablement tout ce qui s’y trouvait ; vous comprenez que, dans le désordre, souvent dans l’ombre, ils ne s’attardaient pas à établir de distinction d’âge ni de sexe : ils frappaient partout et sans crier « gare ! »[8].

Le général Pélissier rend compte de la prise du village au Gouverneur général : «Je fais occuper régulièrement la ville, la lutte se continue encore dans les jardins; l'infanterie y massacre les derniers défenseurs; la cavalerie sabre tout ce qui tente de s'échapper de l'enceinte des palmiers; pas un de ces fanatiques n'échappera. Je ne sais pas encore le sort du chérif; il faudra le chercher sans doute parmi les cadavres. Les femmes, les enfants ont été respectés, et les soldats auxquels j'avais recommandé la générosité ont montré autant d'humanité que de bravoure. Je ne puis encore vous parler de nos pertes; les précautions prises et l'impétuosité de l'attaque me font espérer qu'il ne se mêlera pas trop de regrets à la joie de la victoire»[9].

Une grande partie de la population s'est réfugiée dans les jardins, où elle sera faite prisonnière en fin de journée. Comme l'indique le général Jean Joseph Gustave Cler, également officier sur place : «Intimidés par la marche rapide des colonnes d'assaut, les Laghouats abandonnent les défenses de la haute ville et se jettent, par les pentes de droite et de gauche, sur les bas quartiers. Les Arabes postés dans les jardins, craignant de voir leur retraite coupée, abandonnent également leurs positions de combat et se replient des bords extérieurs de l'oasis jusque dans le dédale inextricable des plantations de palmiers. La haute ville ne tarde pas, à la suite de ces circonstances et de la vigueur de l'attaque, à rester en notre pouvoir» [10],[11].

Le général François Charles du Barail gouverne et surtout reconstruit activement la ville. Le général Jean-Auguste Margueritte lui succède, aérant la ville et traçant les voies urbaines[12]. Ces deux officiers avaient participé à la prise de la ville.

Le célèbre Bennacer Benchohra est alors de toutes le batailles[évasif]. En 1875, il gagne la Syrie, âgé de plus de 70 ans, pour y vivre ses derniers jours.

  • 1921 : Mort du grand poète et alchimiste le cadi Abdallah Ben Keriou.
  • 1922 : Fondation à Laghouat, sur l’initiative du Cheikh Zahiri, des notables et des lettrés de la ville, de la première école privée en Algérie.

Les mouvements nationalistes s’implantent à Laghouat.

  • 1927 : Le Cheikh Moubarek El Mili s’établit à Laghouat pour y donner son enseignement. Une première promotion d’étudiants rejoint l’université d’El Zeïtouna(Mosquée Zitouna), à Tunis.
  • 1946 : Le bey de Tunis, Moncef, est placé en résidence surveillée à Laghouat.
  • 1955 : Deux mois après le 1er novembre 1954, Laghouat s’engage dans la lutte armée. La liste de ses martyrs ne cesse alors de s’allonger.
  • 1957 : Le ministre français Jacques Soustelle, accueilli froidement par les Laghouatis, décide de transférer à Ouargla le chef-lieu de la préfecture des Oasis.

Epoque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • 1974 : À l’issue du découpage administratif de cette même année, Laghouat retrouve son statut de chef-lieu de wilaya.

Démographie[modifier | modifier le code]

Année 1977 1987 1998 2008 2012
Population 42 186 69 435 106 665 144 747 170 693

Traditions[modifier | modifier le code]

Jeune Juive de Laghouat 1884

La gastronomie occupe une bonne place dans la tradition laghouati. Comme partout en Algérie, le couscous reste emblématique[13].

La shakshouka (salade de poivrons aux oeufs)

Le Mardoud est également très prisé comme dans la plupart des régions sahariennes.

Art[modifier | modifier le code]

Laghouat est connue pour ses tableaux de sables, avec son premier salon de l'art du sable en 2011[14]. Elle a également été la capitale algérienne de l'art le temps d'une semaine en octobre 2016, lors du festival national culturel des arts plastiques où se sont réunis plus de 60 artistes peintres[15].

Artistes originaires de Laghouat[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Laghouat : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. « Images de Laghouat - Algérie », sur Algeriaspace, (consulté le 9 décembre 2017).
  3. ALGERIE - LAGHOUAT : Climat, températures, précipitations, ensoleillement, Le Voyageur, consulté le
  4. « Climat Laghouat Algerie », sur climatedata.eu (consulté le 31 janvier 2015)
  5. « Projet de voie ferrée : Laghouat-Djelfa. Entrée en phase de réalisation », sur Sidi El Hadj Aissa, (consulté le 9 décembre 2017).
  6. « Transport ferroviaire : renforcement du réseau à Laghouat », sur Radio Algérie, (consulté le 9 décembre 2017).
  7. Emile Dermenghem, Le Pays d'Abel, Paris, Gallimard, , p120
  8. Théodore Pein, Lettres familières sur l'Algérie, un petit royaume arabe, Paris, Ch. Tanera, , 482 p. (lire en ligne), page 371.
  9. http://www.military-photos.com/laghouat.htm
  10. Jean Joseph Gustave Cler, Souvenirs d'un officier du 2me de Zouaves, Paris, Micjel Lévy Frères, , 284 p. (lire en ligne), page 39.
  11. Charles d'Héricault et Louis Moland, La France guerrière. Époque contemporaine : Récits historiques d'après Les chroniques et les mémoires de chaque siècle, vol. 4, Paris, Garnier Frères, , 386 p. (lire en ligne), p. 297 à 314.
  12. http://afn.collections.free.fr/pages/26_bulletin.html/26_laghouat.html
  13. Couscous de Laghouat, sur wafia-cuisine, consulté le 9 décembre 2017.
  14. LAGHOUATI, « 1er salon de l'art du sable de Laghouat : Quelques oeuvres de nos artistes - المدينة التي تسكنني ولا أسكنها », المدينة التي تسكنني ولا أسكنها,‎ (lire en ligne)
  15. « Laghouat, capitale de l'art », sur Al Huffington Post (consulté le 8 mai 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun p. 902 : Édition Berti, version intégrale, Alger 2003.
  • Eugène Fromentin "Un été dans le Sahara" 1857;

Filmographie[modifier | modifier le code]

Serge Lalou, Au commencement, il était une fois des juifs arabes, 1997. Ce film raconte l'histoire des juifs de Laghouat à travers celle de la famille du réalisateur, petit-fils de Yaacoub Lalou, premier maire de Laghouat, qui administra la commune pendant vingt ans. Le film peut être vu en ligne sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=0TlBlHF6L7s.