Pointillisme

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Georges Seurat, 1891, huile sur toile, 152 × 185 cm, Musée d’Orsay.

Le pointillisme est une technique picturale consistant à utiliser de petites touches de couleur juxtaposées plutôt que des teintes plates. Georges Seurat dans les années 1880 a fait de ce procédé utilisé depuis le XVIe siècle au moins, un système, que Paul Signac a théorisé sous le nom de divisionnisme[1].

Le procédé et le discours théorique que Signac ont séduit pendant quelques années, essentiellement en France et en Belgique, des peintres comme Camille Pissarro, Maximilien Luce, Théo van Rysselberghe, classés dans un courant artistique, dit néo-impressionniste, issu de l'impressionniste d'une part, et de ce que Seurat a tiré des recherches optiques de Michel-Eugène Chevreul et des écrits de Charles Blanc[2], tandis qu'il s'attirait les sarcasmes de Paul Gauguin[3].

La diffusion du pointillisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Divisionnisme.
Robert Delaunay, Portrait de Metzinger (1906), huile sur toile, 55 × 43 cm

Le divisionnisme est une variante plus technique du pointillisme, qui se définit spécifiquement par l'utilisation de points de peinture et ne se concentrant pas forcément sur la séparation des couleurs. La différence entre les deux techniques est que les coups de pinceau des divisionnistes sont plus longs et plus fluctuants que ceux des pointillistes comme Seurat ou Signac qui projettent des petits points de couleur sur leur toile[réf. nécessaire].

Le terme de « néo-impressionnisme » est employé pour la première fois en 1886 par le critique d'art Félix Fénéon dans la revue La Vogue à la suite d'une exposition d'un mois des divisionnistes Seurat, Signac, Pissaro dans la dernière salle de la Maison dorée lors de la huitième et ultime exposition collective impressionniste le 15 mai 1886[4]. Autour de Seurat se crée un petit groupe réunissant des adeptes de sa technique : ils créent la Société des artistes indépendants en 1884. On trouve aux côtés de Seurat, Paul Signac, Camille et Lucien Pissarro pour les plus célèbres[5],[6],[7].

Le néo-impressionnisme a constitué un mouvement pictural avec ses défenseurs, dont Fénéon, ses adeptes et ses lieux d'exposition. Il s'est diffusé rapidement en Belgique grâce à Émile Verhaeren qui demanda à Seurat de venir exposer à Bruxelles[5] avec l'école de Pointillisme de Paris EPP luministe dont Théo van Rysselberghe et Henry Van de Velde sont les membres les plus connus. Ce dernier a permis l'expansion du mouvement vers l'Allemagne.

Après la mort de Seurat en 1891, Paul Signac prend la tête du mouvement. Le style évolue, les artistes peignent avec des touches de taille plus importantes[5],[8]
Ce mouvement prend fin dans les dernières années du XIXe siècle, mais son influence se ressent par la suite chez les fauves jusqu'aux expressionnistes allemands et aux sources de l'abstraction avec les premières œuvres de Wilhem Morgner ou de Vassily Kandinsky. Au début du XXe siècle certains artistes comme Henri Matisse, Édouard Vuillard, Paul Klee, Robert Delaunay, s'inspirent du néo-impressionnisme ou pointillisme[5],[8].

Théorie[modifier | modifier le code]

Paul Signac : Femmes au puits, 1892, Huile sur toile. Détail pour remarquer la composition du vert de l'herbe : il est composé de jaune, de vert et de bleu. Et si l'on regarde de plus près encore, on pourra remarquer de rares points de rouge.

Lorsque le tableau est regardé à une certaine distance, les points de couleur ne peuvent être distingués les uns des autres et se fondent optiquement les uns aux autres. L'aspect visuel obtenu est différent de celui obtenu en mélangeant des couleurs sur une palette et en les appliquant ensuite sur la toile. Certains décrivent le résultat comme plus brillant ou plus pur car le mélange est réalisé par l'œil et non par le pinceau[5]. L'explication pourrait être liée aux théories sur l'additivité et la soustractivité des couleurs : habituellement, lorsque des couleurs sont produites par un mélange de pigments, la soustractivité joue (chaque pigment absorbe un ensemble de fréquences du spectre lumineux, le mélange des pigments renvoie l'ensemble des fréquences non absorbées). Ainsi, mélanger des pigments de cyan, de magenta et de jaune (les couleurs primaires soustractives) produit une couleur proche du noir. En revanche, lorsqu'on mélange des couleurs produites par des sources de lumière, c'est l'additivité qui joue son rôle : le mélange de faisceaux lumineux des trois couleurs rouge, vert et bleu produit une lumière proche du blanc puisque l'ensemble des fréquences visibles se trouve représenté. Les écrans de télévision, par exemple, utilisent ce système.

Pour représenter les émotions, le rythme et le mouvement dans leurs toiles, les peintres néo-impressionnistes ont utilisé une théorie sur les lignes et les couleurs. Les lignes montantes combinées aux couleurs chaudes expriment la joie et le bonheur ; tandis que les lignes qui descendent avec des couleurs froides et sombres reflètent le sentiment de tristesse[5].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ségolène Bergeon-Langle et Pierre Curie, Peinture et dessin, Vocabulaire typologique et technique, Paris, Editions du patrimoine,‎ (ISBN 978-2-7577-0065-5), p. 854
  2. C. M. de Hauke, Seurat et son œuvre, Paris : Gründ, 1961.
  3. Georges Roque, Art et science de la couleur : Chevreul et les peintres, de Delacroix à l'abstraction, Paris, Gallimard, coll. « Tel » (no 363),‎ , p. 340
  4. L'Éclatement de l'Impressionnisme, Musée Départemental du Prieuré,‎ , p. 134
  5. a, b, c, d, e et f d'après la revue Le Petit Léonard, no 90 (mars 2005), p. 24 33, article sur « Les petits points des néo-impressionnistes », Éditions Faton
  6. Encyclopædia Universalis, Corpus 11, p. 1015, édition de 1996
  7. Encyclopædia Universalis, Corpus 20, p. 942, édition de 1996
  8. a et b Encyclopædia Universalis, Thesaurus K à R, p. 2542, Néo-impressionnisme, édition de 1996


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