Batoumi

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Batoumi
ბათუმი
Blason de Batoumi
Héraldique
Drapeau de Batoumi
Drapeau
0873 - Kaukasus 2014 - Georgien - Batumi (17349857412).jpg
1071 - Kaukasus 2014 - Georgien - Batumi (16728246174).jpg
Batumi (3001).jpg
Administration
Pays Drapeau de la Géorgie Géorgie
Subdivision Adjarie
Maire Guiorgui Ermakov
Indicatif téléphonique +995
Démographie
Population 160 000 hab. (2013[1])
Densité 8 421 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 39′ nord, 41° 39′ est
Altitude 0 m
Superficie 1 900 ha = 19 km2
Histoire
Fondation VIIIe siècle av. J.-C.
Première mention IVe siècle av. J.-C.
Statut Ville depuis 1866
Ancien(s) nom(s) Bathys
Localisation

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Batoumi

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Batoumi
Liens
Site web www.batumi.ge
Le port de Batoumi en 1881.
Baie de Batoumi et mer Noire.

Batoumi (en géorgien : ბათუმი) est une ville de Géorgie, capitale de la région autonome d'Adjarie détachée de l'ancienne région historique de Gourie, et ayant le statut de ville depuis 1878, avec une population estimée à 154 600 habitants le selon l'Office national des statistiques de Géorgie[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle est située 5 m d'altitude et à 372 km à l'ouest de Tbilissi, sur les rives de la mer Noire. Son climat pontique est doux et humide. C'est le principal port géorgien, servant de débouché et de porte d'entrée de l'axe ferroviaire et routier qui va jusqu'à Bakou et qui relie la mer Noire à la mer Caspienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Muraille de la forteresse byzantine de Gonios (« en coin »).
Georges Mazniachvili, président de la « République de Batoumi » proclamée fin 1919 et qui s'unit à la Géorgie après quelques semaines.
Rarissimes timbres de la Poste Batoumiote surchargés par l'armée britannique début 1920.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Bathys (« profonde », en grec), colonie ionienne vers 500 av. J.-C., était autrefois l'une des villes principales de Lazique (partie maritime occidentale de la Géorgie) et fut durant la période romaine le plus grand port de la province du même nom.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

À l'époque de la christianisation, Bathys-Batoumi appartient à la fois à la civilisation byzantine et aux principautés et royaumes colchidiques et ivériens, comme l'on appelait alors les états de la Géorgie.

Période turco-ottomane[modifier | modifier le code]

Batoumi fut prise par l'Empire ottoman, au XVIe siècle ; commence alors son islamisation, qui n'empêche pas la majorité des Batoumiotes de rester chrétiens, de langues pontique, laze ou géorgienne.

Au XVIIe siècle la côte est infestée de pirates circassiens que le pouvoir tente vainement de juguler au XVIIIe siècle sous le commandement du général Ferah Ali Pacha[3].

Période russe[modifier | modifier le code]

Le 25 octobre 1853, au début de la guerre de Crimée, le général ottoman Abdi Pacha s'empare de la forteresse russe de Saint-Nicolas située au nord de la ville.

Suite à la guerre russo-turque de 1877-1878, Batoumi, l'Adjarie et la région de Kars deviennent russes par le traité de San Stefano, et un échange de population a lieu : des dizaines de milliers de musulmans quittent la région cédée pour l'Empire ottoman, tandis que 100 000 Grecs pontiques s'installent dans l'empire russe, dont à Batoumi, où ils se consacrent au commerce maritime de céréales et de produits miniers [4].

La population arménienne aussi prend une place particulière dans la ville au début de l'ère russe : c'est un lieu d'immigration ouvert grâce au développement du commerce. Dans l'industrie citadine tout comme dans le commerce, apparait une bourgeoisie commerçante arménienne. Les paysans de cette nation rejoignent aussi la ville, et une classe ouvrière s'y forme, qui constitue une des bases du mouvement révolutionnaire et national arménien (le mouvement hintchak s'y implante en 1890)[5]. Au début du XXe siècle, du pétrole est extrait près de la ville[6], et 20 % à 30 % des ouvriers de ce secteur seraient arméniens[5].

La période russe marque le début du développement du tourisme dans la ville, tout comme le long de l'ensemble de la « Riviera » de la mer Noire[7]. La récolte de thé compte aussi parmi les activités de la ville[8].

La fondation du fameux jardin botanique de Batoum par le botaniste Andreï Krasnov date de 1880. Il joue un rôle essentiel pour l'acclimatation de plantes subtropicales dans la région.

Le port de Batoumi, vu par le peintre géorgien Niko Pirosmani.

Depuis l'annexion de l'Asie centrale par la Russie, Batoumi devient un des points de passage pour les Juifs venant de cette région et voulant se rendre en Terre promise[9].

En 1907, Batoumi devient le débouché portuaire de l'oléoduc de Bakou à Batoumi et un des principaux ports pétroliers du monde.

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Avec le délitement des empires russe et ottoman, et le retrait des troupes russes de la région du Pont en 1917, peu avant le génocide grec pontique : plusieurs dizaines de milliers de Grecs de Kars-Andachan fuient vers Batoumi, craignant la volonté des autorités turques de chasser ou exterminer les populations chrétiennes[4]. Batoumi devient alors une ville à majorité pontique.

Au cours de la Première Guerre mondiale, les Ottomans revendiquent la région de Batoumi afin de revenir à leurs frontières de 1877, mais les Allemands sont réticents à cette exigence, et envoient dans la ville le général von Lossow afin de dissuader leur allié turc[10]. En effet, les Allemands préfèrent avoir une Géorgie indépendante mais alliée du Reich, plutôt qu'un contact direct entre l'Empire ottoman et la Russie dont l'avenir est incertain depuis la Révolution. Cela n'empêche pas les Ottomans de profiter de la Guerre civile russe pour occuper Batoumi en 1918, ce qui amène les Arméniens et les Pontiques à fuir pour se réfugier en Abkhazie[11]. Le 4 juin 1918, l'empire Ottoman y signe avec la République démocratique d'Arménie le Traité de Batoumi qui laisse à la seconde un tout petit territoire autour d'Erevan[12]. Batoumi est évacuée par les Ottomans et les Allemands fin 1919, puis occupée par les Britanniques : une partie des Arméniens et des Pontiques y reviennent. S'établit alors dans la ville un gouvernement connu sous le nom de « République de Batoumi » jusqu'à son union quelques mois plus tard avec la Géorgie.

Période soviétique[modifier | modifier le code]

La ville passe sous le contrôle de la Russie soviétique lorsque celle-ci annexe la République démocratique de Géorgie en 1921. Ville considérée comme stratégique durant la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne nazie envisageait son annexion directe au Troisième Reich, mais la Wehrmacht ne parvînt jamais jusqu'à Batoumi. Cela n'empêcha pas Staline de déporter en Asie centrale les Meskhètes et les Pontiques de la ville « à titre préventif » : il leur faudra attendre les années 1986 avec la glasnost et la perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev, pour être autorisés à y revenir ; par ailleurs, au fil des années, les Juifs batoumiotes quittent la ville pour Israël, profitant de la loi du retour de ce pays[13]. Bien que la grande synagogue continue à être fréquentée, le recensement de 2002 n'en décompte plus aucun[14].

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

Lors de la dislocation de l'Union soviétique, en 1991, Batoumi devient une ville géorgienne mais reste une base navale russe : la flotte russe stationnée dans le port le quitte le 13 novembre 2007, selon l'accord convenu lors du sommet de l'OTAN à Istanbul en 2004[15] et signé le 30 mai 2005, avec 2008 pour échéance[16].

En 2011, le président géorgien Mikheil Saakachvili annonce vouloir créer plus au nord une ville nouvelle dont l'importance portuaire et la population surpasserait Batoumi[17]. Cette même année, Batoumi devient le siège de la Cour constitutionnelle dans le cadre du déplacement des institutions géorgiennes, qui voit aussi Koutaïssi abriter le Parlement[18].

Population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[19],[20] :

Évolution démographique de Batoumi
1897* 1923* 1926* 1939* 1959*
28 508 60 810 45 450 70 019 82 328
1970* 1979* 1989* 2002* 2012
100 603 122 815 136 609 121 806 125 800
2013 2015* - - -
160 000 154 100 - - -

En 2013, un redécoupage administratif intervient entre Batoumi et Khelvatchaouri. Les données à partir de 2013 concerne Batoumi dans son nouveau découpage. Sans cet évènement, Batoumi aurait 126 500 habitants.

Composition ethnique[modifier | modifier le code]

Population 2002[21]
Géorgiens 104 313
Abkhazes 800
Ossètes 142
Arméniens 7 517
Russes 6 300
Azéris 301
Grecs pontiques 587
Ukrainiens 770
Kistes 8
Yézidis 471
Totale 121 806

Économie[modifier | modifier le code]

Batoumi est le terminus de la ligne ferroviaire partant de Tbilissi. La ville est également un terminal pétrolier d'une capacité de 9 millions de tonnes par an, pour le brut venant des rives kazakhes et turkmènes de la mer Caspienne. Cette situation en fait le principal port géorgien, dont le terminal a conduit au financement par la famille Rothschild du chemin de fer la reliant à Bakou, via Tbilissi, et à son ouverture en 1883[22].

La société Greenoak Holdings Ltd, basée dans les Îles Vierges britanniques, détenait en 2004 la Compagnie maritime de Batoumi et la majorité des parts du terminal pétrolier de Batoumi[23].

Le secteur de la construction est représenté par la société allemande HeidelbergCement qui y dispose depuis 2013 d'une unité de production de béton[24].

Tourisme[modifier | modifier le code]

L'essor du tourisme des « novoritchis » (nouvelle bourgeoisie russe post-soviétique) à Batoumi et Kobouleti a encouragé la construction d'hôtels, casinos et autres lieux de loisirs avec souvent des audaces architecturales modernes qui multiplient les gratte-ciels et les innovations, à qui se distinguera le mieux dans le paysage urbain.

Religions[modifier | modifier le code]

Batoumi est majoritairement orthodoxe mais il y a des minorités musulmane, juive, catholique romaine et arménienne apostolique. Tous possèdent des lieux de culte, par exemple : cathédrale de la Vierge Marie, églises du roi Pharnabaze, de Ste-Barbe et d'autres plus petites pour les orthodoxes géorgiens, Saint-Nicolas pour les orthodoxes russes, du Saint-Esprit pour les catholiques romains.

Transports[modifier | modifier le code]

Batoumi possède un aéroport (code AITA : BUS). Le nouvel édifice est inauguré en 2007[25]. Il est construit et géré par la société turque Tepe Akfen Ventures.

La ville est équipée d'un système de vélos en libre service, le Batumvélo.

Aéroport International de Batoumi
Le port de Batoumi.

La ville possède aussi un port.

Culture[modifier | modifier le code]

La ville de Batoumi possède un important jardin botanique et parmi ses monuments la forteresse de Tamara (XIe et XIIIe siècles).

À l'époque soviétique, le théâtre dramatique (1952), l'hôtel Intourist (1939) et le cinéma Tbilissi (1964) sont construits. La ville possède aussi des statues de Pouchkine, du poète géorgien Vaja Pshavela et de Chota Roustaveli.

La ville Batoumi à la fin des années 1920 sous administration soviétique est le cadre du roman Les Gens d'en face de Georges Simenon paru en 1933.

Sport[modifier | modifier le code]

Le principal club de la ville est le Dinamo Batoum.

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

Personnalités issues de la culture[modifier | modifier le code]

Personnalités issues de l'économie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Ebralidze, homme d'affaires soviétique puis russe, d'origine géorgienne, y est né en 1955.

Personnalités issues de la politique[modifier | modifier le code]

  • Herbert Backe, ministre allemand, y est né en 1896.
  • Aslan Abachidze, homme politique soviétique puis géorgien, ancien président de l'Adjarie, y est né en 1938.
  • Levan Varchalomidze, homme politique géorgien, président de l'Adjarie, y est né en 1972.
  • Irakli Alassania, homme politique géorgien, ancien ministre, y est né en 1973.

Personnalités issues des sciences[modifier | modifier le code]

Personnalités issues du sport[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Batoumi est jumelée avec[26] :

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Population by Regions, Municipalities and years, Batumi », sur Geostat Database, Site officiel géorgien de statistiques (consulté le 1er février 2014)
  2. Office national des statistiques de Géorgie : « Population », consulté le 22 novembre 2016
  3. (fr) Georges Charachidzé, « Les pirates de la mer Noire. » In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 142e année, N. 1, pp. 261-270., (consulté le 23 juin 2012)
  4. a et b (fr) Michel Bruneau, « Territoires de la diaspora grecque pontique ». In: Espace géographique. Tome 23 n°3. pp. 203-216., (consulté le 21 juin 2012)
  5. a et b Ter Minassian Anahide, « Le mouvement révolutionnaire arménien, 1890-1903 ». In: Cahiers du monde russe et soviétique. Vol. 14 N°4. . pp. 536-607., (consulté le 23 juin 2012)
  6. Zimmermann Maurice, « Les gisements et la production actuelle du pétrole. » In: Annales de Géographie, t. 19, n°106. pp. 359-366., (consulté le 23 juin 2012)
  7. Durbiano Claudine, Radvanyi Jean, « Aspects des systèmes touristiques et récréatifs du littoral soviétique de la mer Noire et de la mer Caspienne. Étude comparative avec le littoral méditerranéen français », in Méditerranée, Troisième série, Tome 61, 2-3-1987. Alpes - Caucase. Alpes du sud • Caucase oriental • Crimée. À la mémoire de l'académicien I.P. Gerasimov. pp. 133-147., (consulté le 11 décembre 2011)
  8. Durbiano Claudine, Radvanyi Jean, « Russie d'Europe ». In: Annales de Géographie. XI° Bibliographie Géographique Annuelle, 1901. pp. 137-143., (consulté le 23 juin 2012)
  9. Catherine Poujol, « Les relations entre l'Asie Centrale et la Palestine ou les voies d'un sionisme affectif : 1793-1917 », in Cahiers du monde russe et soviétique, vol. 32 N°1. En Asie Centrale soviétique Ethnies, nations, États. pp. 33-42., (consulté le 11 décembre 2011)
  10. Igor Delanoë, « Le bassin de la mer Noire, un enjeu de la Grande Guerre en Méditerranée », Cahiers de la Méditerranée, 81, 15 juin 2011 (mise en ligne) (consulté le 11 décembre 2011)
  11. Andrew Andersen et George Partskhaladze, « La guerre soviéto-géorgienne et la soviétisation de la Géorgie (février-mars 1921) », Revue historique des armées, 254, 5 février 2009 (mise en ligne) (consulté le 11 décembre 2011)
  12. Claude Mutafian et Éric Van Lauwe, Atlas historique de l'Arménie, Autrement, coll. « Atlas / Mémoires », 2005 (ISBN 978-2746701007).
  13. Бугай Н. Ф., Мамаев М. И. (Nikolaï Feodorovitch Bougaï et M.I. Mamaïev) Турки-месхетинцы: Грузия, Узбекистан, Россия, США 2009| (ISBN 978-5-8125-1210-1) et (ru) « В Госдуму внесён законопроект о дополнительной помощи репрессированным народам », Взгляд.ru,‎ (consulté le 20 mars 2013) (Projet de loi déposé à la Douma sur l'aide aux peuples déportés).
  14. Office national des statistiques de Géorgie : évolution de la population.
  15. Florence Mardirossian, « Géopolitique du Sud-Caucase : risques d'exacerbation des rivalités aux confins de la Géorgie, de la Turquie et de l'Arménie », Outre-Terre, 2/2007, (no 19), pp. 283-302.
  16. Silvia Serrano et Michèle Kahn, « Géorgie 2005 », Le Courrier des pays de l'Est, 1/2006, (no 1053), pp. 121-134.
  17. « Géorgie: 120 M USD pour construire une ville », RIA Novosti, (consulté le 11 décembre 2011)
  18. Sébastien Maillard, « La Géorgie, une démocratie en chantier », La Croix, (consulté le 17 décembre 2011)
  19. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 », sur pop-stat.mashke.org
  20. Office national des statistiques de Géorgie : évolution de la population
  21. - (en) GeoStat - ETHNIC GROUPS BY MAJOR ADMINISTRATIVE-TERRITORIAL UNITS ; consulté le 24 janvier 2016.
  22. Yasha Haddaji « Les hydrocarbures dans le Sud-Caucase », Le Courrier des pays de l'Est 3/2004 (no 1043), p. 12-23.
  23. Silvia Serrano et Michèle Kahn « Géorgie 2004 », Le Courrier des pays de l'Est 1/2005 (no 1047), p. 120-136.
  24. (en) HeidelbergCement, « HeidelbergCement opened a new concrete plant in Batumi » (consulté le 9 août 2013)
  25. Silvia Serrano et Michèle Kahn « L'heure des désillusions », Le Courrier des pays de l'Est 1/2008 (no 1065), p. 106-119.
  26. Sister Cities