Galerie d'art

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Le Premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte (à gauche) reçoit son prédecesseur Jan Peter Balkenende (à droite) pour l'installation de son portrait dans la galerie historique du Torentje.

Une galerie d'art est généralement un lieu, public ou privé, spécialement aménagé pour mettre en valeur et montrer des œuvres d'art à un public de visiteurs, dans le cadre d'expositions temporaires ou permanentes. La galerie d'art publique, peut être intégrée dans une structure institutionnelle comme un musée, ou être un lieu d'exposition autonome. La galerie d'art privée, plus particulièrement destiné à la vente, est également un lieu d'exposition et de rencontre, la « vitrine » des marchands d'art.

Les œuvres exposées proviennent généralement des arts plastiques, elles sont accrochées : peintures, dessins, photographies, ou posées au sol : sculptures. Mais on peut également trouver des œuvres de toutes natures, comme du mobilier ancien ou contemporain.

Le récent développement d'Internet a permis la création de « galeries d'art » virtuelles, supprimant notamment les contraintes géographiques.

Galerie d'art publique[modifier | modifier le code]

Galerie d'art privée[modifier | modifier le code]

Une galerie d'art privée a pour mission de vendre des œuvres et d’assurer la promotion de ses artistes.

Pour vendre et faire la promotion de ses artistes, une galerie peut utiliser divers moyens à la fois, faire des expositions en son sein ou dans d’autres lieux d'exposition (certaines galeries n’ayant pas de lieux d’exposition, disposent de show room temporaire, ou de show room dans leur domicile, ou encore font de la vente par internet…) et faire, ou faire faire des éditions de prospectus, brochures et/ou des catalogues sur ses artistes…

Elle est dirigée par un galeriste (encore appelé marchand d’art) qui est l’intermédiaire entre les artistes, les acheteurs.

1/ La vente[modifier | modifier le code]

Le galeriste vend des œuvres à l’échelle locale, nationale ou internationale. Au quotidien le galeriste conseille les acheteurs en vue de vendre les œuvres des artistes qu’il soutient. Lors d’événements - vernissages, conférences, rencontres - il invite un public ciblé de spécialistes, collectionneurs ou représentants d’institutions muséales. Pour diffuser l’œuvre et la faire connaître, la galerie est généralement pourvue d'une documentation sur l'artiste et l'exposition, parfois d'un rayon librairie. Rarement affichés, les prix sont toujours disponibles, à la demande.

Grandes ou petites, elles offrent souvent une excellente expertise et sont une source de documentation fiable. Il n'est pas rare qu'elle soit tenue par une personne passionnée, compétente, souvent spécialisée, avec laquelle le visiteur peut s'entretenir.

Les œuvres d’art proposées à la vente proviennent :

- soit d’un dépôt effectué par l’artiste pour une durée donnée ;

- soit d’un stock constitué par achats d’œuvres, ou par échanges de services (par exemple si la galerie aide un artiste à réaliser une édition, en échange il est d’usage que le galeriste se fasse rémunérer par l’artiste par des exemplaires à titre gracieux).

Les galeries peuvent être classées en deux catégories : les galeries marchandes, opérant essentiellement par achats-reventes, et les galeries qui découvrent, soutiennent et, dans certains cas, participent à leur réalisation artistique.

Dans les deux cas, elles supportent la logistique et l'administration (organisation et installation des expositions, assurances, comptabilité, stockage, emballage et acheminement des œuvres).

2/ La promotion[modifier | modifier le code]

En plus de vendre les œuvres, le galeriste assure la promotion de ses artistes.

Son objectif : contribuer au rayonnement des artistes qu’il soutient, accroître leur notoriété et ainsi augmenter leur cote.

Pour assurer la promotion, il étoffe et entretient son carnet d’adresse (fichier presse et fichier client), crée un réseau (relations avec d’autres professionnels du monde de l’art, maisons de vente, institutions), communique (dossier de presse, mailing, publication de catalogue, photos). Il peut également produire des catalogues raisonnés d'artistes dont la notoriété est déjà établie.

Pour étendre leur visibilité, les galeries les plus importantes participent à des foires nationales ou internationales.

Certaines galeries peuvent aussi soutenir un projet spécifique en trouvant, et souvent en payant, des gens qui vont aider l’artiste - les artisans, les spécialistes (par exemple un fondeur pour un sculpteur) - ou en réunissant les moyens financiers nécessaires. Ainsi, la galeriste Denise René dans une conversation avec Catherine Millet raconte à propos du plasticien Jesús-Rafael Soto: « La galerie a largement participé au financement et à la réalisation de ses œuvres de grand format, surtout celles qui réclamaient des moyens techniques importants et l’aide d’assistants, ce que les musées ne fournissaient pas. Pour réaliser certaines œuvres en métal, nous avons dû rechercher et sélectionner des usines hautement spécialisées »[1]. Plus la création est complexe et onéreuse, plus l’implication de la galerie est nécessaire, toutefois de tels projets de grande envergure contribuent à accroître la notoriété de l’artiste et donc à valoriser les œuvres de la galerie.

Une part de l’activité de la galerie peut également être dédiée à l’édition de multiples et de sculptures. Dès la fin du XIXe siècle, le marchand d’art Ambroise Vollard eut l’idée d’inciter les artistes de sa galerie à explorer d’autres champs d’action. Il expliquait “Mon idée, à moi, était de demander des gravures à des artistes qui n’étaient pas graveurs de profession. Ce qui pouvait être pris pour une gageure fut une grande réussite d’art.”[2] Il demanda aussi des sculptures à des peintres comme Renoir (qui accepta) ou Degas (qui refusa)[3], proposa à Gauguin de tirer en bronze certaines de ses statues ou encore édita en bronze les sculptures de Maillol. Il gérait toute l’intendance de ces éditions[4], commander les tirages directement auprès des artisans (fondeurs, lithographes…) au fur et à mesure des besoins et des ventes. Il avait compris que les multiples permettent une plus grande diffusion et sont l’occasion d’approcher un nouveau public, les prix étant plus accessibles que ceux des œuvres uniques.

3/ Le contrat entre la galerie et l’artiste[modifier | modifier le code]

Il n’y a pas de contrat-type qui lie la galerie et l’artiste. L’usage veut d’ailleurs que le contrat soit oral, la confiance étant la clef de la relation artiste-galerie. On distingue différents degrés d’engagement de la part de la galerie allant de la location de cimaises, au partage des frais engagés, aux contrats ponctuels ou partiels, ou encore aux contrats d’exclusivité[5].

D’une galerie à l’autre, la nature de l’accord peut différer. Soit le galeriste achète directement l’œuvre auprès de l’artiste qui ne touche pas de commission. Soit l’artiste dépose des œuvres pour une durée définie et touche un pourcentage sur la vente.

Le galeriste est contraint de respecter certains droits de l’artiste comme le droit de suite, le droit de reproduction et le droit moral de l’œuvre.

Enfin, les prix sont définis par la galerie en accord avec l’artiste.


Galerie d'art contemporain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Galerie d'art contemporain.

Galerie d'art virtuelle[modifier | modifier le code]

L'arrivée de l'Internet a donné naissance à une nouvelle variante de la galerie d'art, la galerie d'art sur Internet. Elle comble deux des lacunes de la galerie traditionnelle en éliminant les contraintes temporelles ou géographiques et en dématérialisant l'œuvre exposée. L'œuvre est visible en permanence aussi bien à Paris, Nice, Montréal, Bruxelles ou Genève. L'accès aux œuvres devient planétaire. De plus, le lieu d'exposition s'apparente à un médium et l’œuvre tangible devient intangible.

Réelle, la galerie d'art a pour vocation d'être un lieu de rencontre entre amateurs et marchands d'art. La galerie virtuelle permet à tous les artistes qu'ils soient professionnels ou amateurs de présenter leurs créations sur un plan d'égalité. Ce tourbillon créatif, sans contrainte, ni préjugé, est un laboratoire artistique dans lequel puisent les galeristes traditionnels, les marchands d'art et les amateurs d'Art. La galerie virtuelle s'avère de plus en plus comme un découvreur de talent qui sera par la suite mis en valeur au sein d'une galerie d'art traditionnelle.

L'arrivée de l'Internet a également donné naissance à des places de marché virtuelles, comme Artsper et d'Artsy, où les galeries présentées sont exclusivement des galeries d'art.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Millet, Conversation avec Denise René, Paris, Adam Biro, 1991-2001, p. 103
  2. Ambroise Vollard, Souvenirs d’un marchand de tableaux, Paris, Albin Michel [1937], éd. Revue et augmentée, 1989, p. 277
  3. Anne Pingeot, Bonnard sculpteur, catalogue raisonné, Paris, Musée d’Orsay / Nicolas Chadun, 2006, p. 14
  4. Isabelle Cahn, Ambroise Vollard. Un marchand d’art et ses trésors, Paris, Découvertes Gallimard, 2007
  5. Julie Verlaine, Les Galeries d’art contemporain à Paris. Une histoire culturelle du marché de l’art, 1944-1970, Paris, publication de la Sorbonne, 2012, p. 275-287

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claire Marsan, La Galerie d'art, 2e édition, Trézélan, Filigranes, 2010 (ISBN 978-2-35046-188-5), 153 p. (résumé)
  • Camille Janssens, Créer une galerie d'art, méthodes, formules types, contrats pour réussir la création et la gestion d'une galerie d'art en France, Ars vivens éditions, 3e édition 2013 (ISBN 978-2-916613-291), 160 p. (résumé)
  • Henri Mahé de Boislandelle (Mahé Henry) : « Le marché des antiquités en France », 1973, Presses Universitaires de France, Paris.
  • Henri Mahé de Boislandelle : « Marché de l'art et gestion de patrimoine », 2005, Economica, Paris, 431p, ISBN 2717849661, EAN 978-2717849660
  • Julie Verlaine, Les galeries d'art contemporain à Paris. Une histoire culturelle du marché de l'art, 1944-1970, Publications de la Sorbonne, 1re édition 2012 (ISBN 978-2-85944-723-6), 583 p., 120 illustrations
  • Anne Martin-Fugier, Galeristes. Entretiens, Paris, Actes Sud, 2010
  • Françoise Benhamou, Nathalie Moureau, Dominique Sagot-Duvauroux, Les Galeries d’art contemporain en France. Portrait et enjeux dans un marché mondialisé, Paris, La Documentation Française, 2001


Articles connexes[modifier | modifier le code]