Salvador Allende

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Salvador Allende
Fonctions
32e président de la République du Chili
4 novembre 197011 septembre 1973
Prédécesseur Eduardo Frei Montalva
Successeur Augusto Pinochet
56e président du Sénat chilien
19661969
Prédécesseur Tomás Reyes Vicuña
Successeur Tomás Pablo Elorza
Biographie
Nom de naissance Salvador Allende Gossens
Surnom Chicho Allende
Date de naissance 26 juin 1908
Lieu de naissance Santiago (Chili)
Date de décès 11 septembre 1973 (à 65 ans)
Lieu de décès Santiago
Nationalité Chilien
Parti politique Parti socialiste (Unidad Popular)
Conjoint Hortensia Bussi
Enfant(s) Isabel Allende Bussi
Diplômé de Université du Chili
Profession Médecin

Signature

Salvador Allende
Présidents de la République du Chili

Salvador Allende Gossens (né le 26 juin 1908 et mort le 11 septembre 1973) est un médecin et homme d'État socialiste chilien, président de la République du Chili du 3 novembre 1970 au 11 septembre 1973.

Le 4 septembre 1970, Salvador Allende arrive en tête des suffrages de l'élection présidentielle au Chili. Il devient ainsi le premier président marxiste en Occident à être parvenu au pouvoir par des élections dans un État de droit.

Le gouvernement de Salvador Allende, soutenu par l'Unité populaire, une coalition de partis de gauche, a tenté de mettre en place un État socialiste de façon non-violente et légale, la « voie chilienne vers le socialisme », par des projets tels que la nationalisation des secteurs clés de l'économie et la réforme agraire. Allende a fait face à la polarisation politique internationale de la Guerre froide et à une grave crise politique, économique et financière au Chili.

Le coup d'État du 11 septembre 1973 mené par Augusto Pinochet met fin à son mandat par la force, renverse le gouvernement et instaure une dictature militaire. Allende se suicide dans le palais de la Moneda, sous les bombes putschistes[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Salvador Allende Castro, père de Salvador Allende.
Laura Gossens Uribe, mère de Salvador Allende.

Les ancêtres des Allende sont basques[2]. Ils sont arrivés au Chili durant le XVIIe siècle, et se distinguent des autres familles aristocratiques dès la première moitié du XIXe siècle. Le membre le plus important de la famille est son grand-père Ramón Allende Padín, surnommé « El Rojo », un radical et grand maître de la franc-maçonnerie chilienne.

Son fils Salvador Allende Pedro est aussi un radical et un franc-maçon. Il travaille comme fonctionnaire et comme notaire au port de Valparaíso. Il est connu pour son génie, dotes poéticas (comme son père), et sa passion pour la chilenisation de Tacna et Arica[3]. Il se maria avec Laura Gossens, fille d'un immigrant belge ayant vécu à Concepción.

Les frères et sœurs Allende Gossens sont au nombre de six : Alfredo, Inés, Salvador et Laura (ces deux derniers morts en bas âge), ainsi que Salvador et Laura.

La famille Allende est bourgeoise. En raison des différentes fonctions qu'il a dû assumer dans la fonction publique, son père est amené à déménager régulièrement avec toute sa famille à travers tout le pays. Ainsi, les huit premières années d'Allende se passent à Tacna, qui est à l'époque chilienne. Le jeune Salvador était arrivé dans cette ville alors qu'il était âgé de seulement quelques semaines. Il devra plus tard y assumer les fonctions d'avocat de la Corte de Apelaciones et de secrétaire de l'Intendance régionale. Il s'installera avec sa famille dans une propriété louée située rue San Martín au numéro 238.

Allende commence ses études à la section préparatoire du lycée de Tacna, dirigée par le professeur Julio Angulo. Il est considéré comme un enfant intelligent et énergique, selon Zoila Rosa Ovalle, la « mamá Rosa[4] », la personne qui garde Allende durant son enfance et son adolescence, et qui l'a vu devenir président. Elle l'appelle « Chichito », car le petit Allende ne peut pas prononcer son diminutif correspondant, Salvadorcito. De là vient son surnom, le « Chicho Allende ».

Après huit années passées à Tacna, la famille reste quelque temps à Iquique, en 1918. Valdivia sera sa prochaine ville d'accueil. Son père devient avocat du Conseil de défense de l'État, en 1919. Allende continue ses études au lycée de Valdivia, où ses camarades le surnomment « pije » et « pollo fino », à cause de son haut rang social et de son intérêt vestimentaire, en comparaison avec ses camarades de classe.

Il retourne à Valparaíso en 1921, quand son père devient avocat à la Corte de Apelaciones de la dite ville. Allende poursuit ses études au lycée Eduardo de la Barra, où il rencontre Juan Demarchi, vieux cordonnier anarchiste qui, selon les confidences d'Allende, aura sur lui une importance fondamentale[5]. Durant de longues conversations, il découvre l'importance des luttes sociales.

Allende termine ses études secondaires en 1924, puis effectue son service militaire d'une durée d'un an au régiment de Lanceros de Tacna[6].

Il intègre l'université du Chili où il étudie la médecine, après avoir longtemps hésité à s'orienter vers le Droit. Il vit d'abord avec sa tante paternelle, Anita, puis dans différentes chambres étudiantes, tout en faisant de petits travaux afin de pouvoir subvenir à ses besoins. Après cette relative précarité, le « pije » termine ses études avec une moyenne générale de cinq sur sept[7]. Sa thèse doctorale de 1933, Higiene mental y delincuencia, a été publiée en 2005 par Editorial CESOC de Santiago du Chili. En 1940, il se marie avec Hortensia Bussi avec qui il aura trois filles.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

C'est en 1929 qu'il entre dans la vie politique en soutenant le groupe Avance. Il devient vice-président de la FECh (Fédération des étudiants de l'Université du Chili) en 1930. Toutefois, l'opposition qu'il exprime à certaines idées du groupe au cours des mois qui précèdent la chute du dictateur Carlos Ibáñez del Campo le font exclure du groupe[8]. Après cela il devient un meneur étudiant, ce qui le mène souvent en détention. Alors qu'il est enfermé, il apprend que son père est mourant à cause de l'état avancé de son diabète. En raison de l'état de santé de son père, il sera autorisé à quitter la prison ce qui lui permettra de le voir durant ses derniers instants.

Après ce dramatique événement, Allende termine sa thèse nommée Higiene mental y delincuencia (hygiène mentale et délinquance) et trouve un travail stable, mais qui le contraint à passer beaucoup de temps à aller d'hôpital en hôpital, jusqu'à ce qu'il devienne adjoint en pathologie anatomique de l'hôpital Van Buren de Valparaíso.

En 1933, il participe à la fondation du Parti socialiste du Chili dont il organise la section de sa ville natale. Il restera durant toute sa vie membre de ce parti politique. Deux ans plus tard, il adhère à la franc-maçonnerie. Parallèlement à sa vie politique, il est directeur de l'association médicale du Chili à Valparaíso. Il est aussi membre du directoire national de cette organisation, et devient, en 1935, rédacteur en chef du Boletín Médico de Chile et organisateur de la Revista de Medicina Social de Valparaíso[9].

Il s'engage beaucoup auprès du Front Populaire, et intègre les socialistes au pacte grâce à un Congrès général réalisé en 1936. Allende devient rapidement président du Frente Popular à Valparaíso. Dans son parti il devient chef régional (1933), secrétaire de section (1934) et secrétaire du comité régional de Valparaíso (1937-39).

Son parti le nomme candidat au sixième regroupement départemental de Quillota et Valparaíso, élisant ainsi deux autres socialistes. Sa vie parlementaire commence avec la pétition adressée à la présidente de la Chambre par laquelle les dix-sept députés socialistes promettent et ne jurent pas, pétition qui a été acceptée[10]. Comme député, il participe principalement à la réalisation de différents projets de lois relatifs aux problèmes sociaux.

Durant la campagne présidentielle de Pedro Aguirre Cerda, Allende est désigné pour diriger la campagne à Valparaíso. Il abandonne ses fonctions de parlementaire pour rejoindre à trente et un ans le gouvernement d'Aguirre Cerda comme ministre de la Santé, d'octobre 1939[11]. Appuyé par le président Cerda, il propose un texte de loi sur la stérilisation des malades mentaux, idée répandue et populaire à cette époque dans les milieux intellectuels. La proposition est rejetée et Allende ne fera jamais plus de proposition eugéniste dans sa carrière politique[12]. La même année il publie un texte nommé La realidad médico social, qui montre l'importance de la médecine sociale. Il y montre clairement que le niveau de santé d'une population donnée dépend de son niveau socio-économique. Alors qu'il commence sa carrière ministérielle, il se marie en 1940 avec Hortensia Bussi Soto[13].

Parmi les succès qui peuvent lui être imputés en tant que ministre de la Santé, selon son rapport de 1940 au Congrès, on peut citer la mise en place de la production et de la distribution de médicaments contre les maladies vénériennes, la réduction du nombre de morts liés au typhus, l'allocation de deux millions de pesos aux centres d'hygiène publique, l'extension du service dentaire dans les écoles et la mise en place de restaurants universitaires pour les étudiants[14]. Quelques mois après que le parti socialiste a quitté le Front Populaire, Allende se retire du ministère, et assume le poste de vice-président de la Caja de Seguro Obrero Obligatorio.

En 1943 il obtient le poste de secrétaire général du parti socialiste. Il occupe ce poste à partir de juin 1944. En 1945 il est élu sénateur de Valdivia, Llanquihue, Chiloé, située dans la région Aisén del General Carlos Ibáñez del Campo et la région de Magallanes et de l'Antarctique chilien. En 1953, il devient sénateur de Tarapacá et Antofagasta ; en 1961, d'Aconcagua et Valparaíso. En 1969, il redevient sénateur de Chiloé, Aisén et Magallanes[15].

Allende devient connu et populaire au Chili. En 1961, ses ennemis dans le parti ont tenté de l'éliminer de la vie politique en l'envoyant dans les circonscriptions de Valparaíso et Aconcagua, où il est impossible qu'il puisse gagner en théorie. En effet les votes de la gauche sont contrôlés par Jaime Barros, communiste et médecin des pauvres, qui garde soigneusement sa place. Allende gagne le poste avec un compagnon de campagne. Ils ont suffisamment de votes pour que les deux soient élus. Ses adversaires étant jaloux, Allende doit en 1969 affronter le « matadero electoral » : Chiloé, Aisén et Magallanes, où personne ne pense qu'il sera élu. Mais il gagne facilement ces élections[16].

Allende représente le symbole du socialisme modéré, en parvenant en 1966 à être nommé président du Sénat. Même le journal El Mercurio, de tendance conservatrice, lui rend alors hommage. L'attitude du journal changera grandement quand Allende se présentera aux élections présidentielles.

Pendant les années où il est parlementaire, il se présentera par trois fois à l'élection présidentielle. La première fois, à l'élection présidentielle en 1952, il obtient seulement 5,45 % des suffrages, ce qui s'explique en partie par un clivage chez les socialistes, une partie d'entre eux ayant soutenu Carlos Ibáñez del Campo – qui sera élu président de la République – et la proscription du communisme[17].

Le train de la victoire, lors de la campagne présidentielle de 1958.

En 1958, Allende se présente une nouvelle fois comme candidat à l'élection présidentielle de l'alliance socialiste-communiste FRAP (Frente de Acción Popular), obtenant 28,5 % des votes. Cette fois on attribue la déroute d'Allende à la participation d'un candidat populiste, Antonio Zamorano, qui lui a coûté une partie des votes des secteurs populaires[18].

Salvador Allende, lors de la campagne présidentielle de 1964.

En 1964, il est pour la troisième fois candidat à l'élection présidentielle où il représente le FRAP. Il devient très vite clair que l'élection va se résumer à une course entre Allende et le démocrate-chrétien Eduardo Frei Montalva. Par crainte du triomphe d'Allende, l'électorat de droite qui soutenait en principe le membre du parti radical Julio Durán va reporter son vote sur Frei Montalva qui est considéré comme le moins sulfureux des deux favoris. Confronté à deux des trois partis principaux de l'éventail politique chilien et à l'opposition de la CIA, Allende perd les élections avec 38,6 % des votes contre 55,6 % pour Frei[19].

Après la mort de Che Guevara, le 9 octobre 1967, il milite pour la libération des cinq survivants de l'ELN et les accompagne dans l'avion qui les mène à Tahiti où la France a accepté de les recevoir[20].

L'élection présidentielle de 1970[modifier | modifier le code]

Le contexte économique et politique du Chili en 1970[modifier | modifier le code]

La situation économique du Chili est alors problématique, avec une inflation qui atteint 35 %.

La droite est divisée.

  • Le gouvernement sortant d'Eduardo Frei Montalva, partisan de la « révolution dans la liberté », a mené à bien un programme clairement réformiste qui inclut la légalisation des syndicats paysans et une augmentation du budget de l'éducation. Eduardo Frei, qui aurait pu être un rival de poids, ne peut constitutionnellement se présenter pour un second mandat.
  • Les démocrates-chrétiens voient en Radomiro Tomic, ancien ambassadeur à Washington, leur candidat idéal. Celui-ci est partisan d'une politique plus orientée à gauche encore que celle de Frei — Allende va même jusqu'à dire que certains points du programme de Frei vont plus loin que le sien — et la droite ne montre aucun désir de l'appuyer.
  • À dix mois des élections, le Parti national choisit comme candidat Jorge Alessandri, un ancien président qui avait déjà gagné contre Allende auparavant.

La gauche est initialement divisée en plusieurs partis allant du parti socialiste de Salvador Allende à cinq autres partis parmi lesquels se trouve le Parti communiste du Chili. Pour ce dernier, le programme d'Allende — réforme agraire, nationalisation de l'industrie du cuivre et amélioration de la santé — ne va pas plus loin que celui présenté par Radomiro Tomic. Salvador Allende, conscient que les possibilités de victoire sont à ce moment plus fortes que jamais, pèse de tout son poids pour forger une coalition des gauches qui puisse défaire les droites divisées. Ainsi naît l'Unité populaire (UP) avec Salvador Allende comme tête de liste.

Allende a éprouvé des difficultés à se faire reconnaître comme le candidat de l'Unidad Popular (nouvelle alliance socialiste-communiste, ainsi que d'autres partis de gauches de moindre importance). Ses trois échecs précédents ne plaident pas en sa faveur et ont souvent été mis en avant par ses adversaires au sein du parti. Il y a des doutes quant à sa « vía chilena al socialismo » (voie chilienne vers le socialisme). Il parvient néanmoins à gagner les élections internes, principalement en raison d'un grand nombre d'indécis et de votes blancs et grâce à l'appui du parti communiste (qui a plus soutenu Allende que son propre parti).

Il est toutefois contraint de signer un pacte de gouvernement qui précise qu'au cas où il remporterait les élections présidentielles, l'administration du Chili serait partagée entre Allende et les partis de l'Unidad Popular, représentés par un comité comprenant un représentant de chaque parti signataire. Ceci impliquait qu'Allende renonçait de facto à certaines prérogatives du président de la République, puisqu'il ne pourrait agir sans l'accord d'un comité dont les décisions ne se prenaient qu'à l'unanimité.

La campagne électorale et l'élection[modifier | modifier le code]

La campagne présidentielle de 1970 a été difficile mais sans violence majeure. Les premiers sondages donnent vainqueur avec la majorité absolue Jorge Alessandri Rodríguez, candidat de la droite. Mais sa campagne s'est peu à peu détériorée, principalement en raison de son grand âge et ses maladies. On l'accuse de sénilité et de souffrir de la maladie de Parkinson. Son propre directeur de campagne décide de ne pas mettre en place de réunions d'importance, sauf en fin de campagne, afin de ne pas montrer l'âge du candidat.

Certains de la victoire d'Alessandri, ses partisans ont réagi violemment lorsque dans une interview de El Mercurio on a demandé au commandant général de l'armée, René Schneider quelle serait l'attitude de l'armée si aucun candidat n'obtenait la majorité absolue. Schneider a affirmé qu'il se soumettrait au congrès, selon ce qui est établi dans la Constitution et que l'armée suivrait à la lettre le texte de loi (ce sera la base de "la doctrine Schneider)[21]. Les "alessandristes" ont accueilli cette déclaration avec colère parce que la tradition était de choisir comme président celui qui avait la majorité relative.

Le candidat du parti démocrate chrétien, Radomiro Tomic, se situait plutôt sur la gauche de son parti, ce qui lui avait fait perdre les votes des électeurs de centre-droit qui avaient donné la victoire à Frei en 1964.

Les États-Unis n'ont pas trouvé utile de soutenir activement un candidat anti-Allende, essentiellement parce que selon leurs informations, Alessandri allait remporter les élections de septembre. Bien que des moyens financiers soient alloués indirectement pour soutenir Alessandri par le truchement de la compagnie ITT (International Telephone & Telegraph) (environ 350 000 USD), il n'y a pas de comparaison possible avec les sommes qui furent données durant la campagne de Frei, quand il existait une assistance électorale[22].

Le 4 septembre 1970, à sa quatrième tentative, le candidat de l'Unité populaire, Salvador Allende, arrive en tête de l'élection présidentielle avec 36,6 % des suffrages et devance le conservateur Jorge Alessandri (35,3 %) et le démocrate chrétien Radomiro Tomic (28,1 %)[23]. Les alessandristes ont peur du gouvernement socialiste, alors que les allendistes et les démocrates-chrétiens expriment leur joie dans la rue[réf. nécessaire].

Ce score électoral ne signifie toutefois pas encore qu'Allende devient le nouveau Président Chilien. En effet, si aucun candidat n'obtient de majorité absolue, il est d'usage que celui qui arrive en tête du scrutin soit confirmé par le Congrès alors dominé par les démocrates-chrétiens et les conservateurs[réf. nécessaire].

   Candidat   Votes  %
Allende 1 075 616 36,6 %
 Alessandri  1 036 278 35,3 %
Tomic 824 849 28,1 %
Total    2 936 743    Source : El Mercurio, 5 septembre 1970

Réaction américaine[modifier | modifier le code]

Le 14 septembre, Agustín Edwards Eastman, l'homme le plus riche du Chili à l'époque, rencontre Nelson Rockefeller afin de demander de l'assistance[24]. Le lendemain, Edwards rencontre Richard Helms, directeur de la CIA, et le soir les deux hommes se retrouvent à la Maison-Blanche, à Washington, D.C. Richard Nixon réagit très durement à la perspective inattendue de la victoire d'Allende, que les services américains avaient mal appréciée. Il ordonne alors d'éviter qu'Allende devienne président. La CIA met en place un plan pour empêcher qu'Allende prenne ses fonctions grâce au vote du Congrès, prévu pour le 24 octobre, plan parfois connu comme le Track One. Parallèlement Nixon demande la promotion d'un coup d'État à travers une autre procédure en cercle restreint, afin d'éviter de passer par le département d'État (ministère des affaires étrangères) qu'il estime incompétent, et de court-circuiter l'ambassadeur, c'est le Track Two :

  • Le Track One[25] (aussi connu sous le nom de « gambito Frei ») a pour objectif de faire élire Alessandri par le Congrès. Une fois élu, ce dernier renoncerait à sa charge et de nouvelles élections où la droite soutiendrait alors Eduardo Frei seraient organisées. Cependant, ce plan n'a pas fonctionné. La DC et l'UP sont arrivées à une entente après la victoire d'Allende et l'on révèle l'existence d'un pacte secret entre les deux candidats de gauche (Tomic et Allende). Dans ce pacte chacun renonce à la victoire de l'autre si les différences de votes sont supérieures à 5 000, et celle d'Alessandri seulement si elle est supérieure à 100 000 votes. Finalement, pour accorder son soutien lors du vote du Congrès, la démocratie chrétienne exige la promesse qu'Allende respectera la constitution et les libertés fondamentales[réf. nécessaire].
  • Le Track Two[26] consistait à inciter les forces armées chiliennes à intervenir et annuler les élections. Le général Roberto Viaux devait mettre en place ce plan. La sédition au sein de l'armée chilienne fut favorisée en coordination avec le mouvement d'extrême-droite Patria y Libertad[27]. Les États-Unis avaient renoncé à mettre en œuvre ce plan quand le 22 octobre 1970 Roberto Viaux passa à l'action[28] : le chef d'état-major Schneider, susceptible de s'opposer à un coup d'État est grièvement blessé par les éléments séditieux menés par le général Roberto Viaux, lors d'une tentative d'enlèvement[29],[30]. Bien que son chauffeur l'ait amené dans un hôpital militaire, il allait mourir le 25 octobre. Les circonstances de sa mort entrainent une large condamnation de la population et éloignent la possibilité d'un putsch.

La veille, le 24 octobre, à 10h39, le Congrès commence à voter. Le président du Sénat est Tomás Pablo. Il y a 195 parlementaires. À la fin du vote le porte-parole du Sénat, Pelagio Figueroa, annonce : Salvador Allende Gossens, 153 votes ; Jorge Alessandri Rodríguez, 35 votes ; 7 votes blancs.

Tomás Pablo ferme la session en déclarant ceci : « Selon les articles 64 et 65 de la Constitution Politique, le Congrès proclame président de la République du Chili pour la période comprise entre le 3 novembre 1970 et le 3 novembre 1976 le citoyen Salvador Allende Gossens. La session se termine[31] ».

Présidence[modifier | modifier le code]

La première année[modifier | modifier le code]

Le 3 novembre Allende prend ses fonctions de président de la République après le vote du Congrès National. Ensuite il va à la cathédrale entendre le Te Deum œcuménique célébré dans toutes les églises du pays[32]. Ce jour-là, Allende nomme ses ministres, qui occupent les fonctions suivantes[réf. nécessaire] :

Devenu le premier président élu démocratiquement sur un programme socialiste[33], Allende ne dispose cependant pas de la majorité parlementaire. Il décide alors de gouverner par décret, ce qui lui évite de passer par le Parlement.

Conformément au programme électoral de la campagne présidentielle d'Allende et de l'Unité Populaire ("les 40 mesures") de nombreuses entreprises sont nationalisées, dont neuf banques sur dix, et les mines de cuivre, qui représentent les trois quarts des exportations. La politique économique est qualifiée de « socialiste » ou de « keynésienne », suivant les sources[33],[34]. La réforme agraire, commencée en 1967, se poursuit[33]. Les résultats économiques de la première année au pouvoir d'Allende sont les suivants : le PIB progresse de 9 % en 1971[35] et le chômage diminue (il sera de 3,1 % en 1972)[36].

Le divorce est légalisé, la sécurité sociale est étendue[37].

Soutenus par les États-Unis, l'opposition conservatrice et les démocrates chrétiens sont incapables d'enrayer les réformes d'Allende malgré leur domination commune au sein du parlement.

Manifestation soutenant le gouvernement d'Allende.

Selon Peter Kornbluh, la CIA a pour mission de déstabiliser le régime chilien afin « d'alimenter un climat propice au coup d'État ». William Colby, directeur de la CIA de 1973 à 1976, affirme dans ses mémoires[38] que sept millions de dollars ont été dépensés dans ce but par la centrale de renseignement américaine. Le mouvement de grève des camionneurs qui paralyse le pays en octobre 1972 est soutenu financièrement par les États-unis. Réagissant aux nationalisations effectuées par le gouvernement d'Allende, plusieurs firmes américaines dont ITT, ou internationales comme Nestlé, apportent leur concours à cette stratégie[39].

Même si de sérieux doutes sont exprimés, il n'existe aucun élément permettant d'affirmer que les États-Unis ont directement participé au coup d'État du 11 septembre 1973. Si l'administration Nixon en fut enchantée, le rapport de la Commission Church, en 1976, a conclu que les États-Unis n'avaient pas eu de rôle direct dans l'événement. Henry Kissinger affirme par ailleurs que les manœuvres américaines étaient terminées dès 1970[réf. nécessaire].

Le plan gouvernemental[modifier | modifier le code]

Timbre commémoratif émis par la République démocratique allemande.

Ce plan est l'œuvre de Pedro Vuskovic, qui met en place une politique dont le but est d'aller vers le socialisme. Ce projet est prévu par l'Unidad Popular pour arriver au « socialisme à la chilienne » qui consiste en ces points suivants[40]:

Tout d'abord l'État nationalise les éléments clefs de l'économie du pays (c'est-à-dire le cuivre, l'industrie agroalimentaire, la compagnie aérienne nationale et l'industrie sylvicultrice). Ensuite, il souhaite accélérer les réformes agraires, geler les prix des produits de grande consommation.

On souhaite aussi augmenter de 40 à 60 % les salaires de tous les travailleurs, en les payant avec des billets spéciaux.

Enfin, on veut établir une nouvelle constitution et mettre en place une seule chambre représentant le peuple.

Après son élection, Salvador Allende, surnommé « le camarade président » (« El compañero presidente »), se lance sur la voie chilienne vers le socialisme (« La via chilena al socialismo ») avec :

  • l'augmentation des salaires de 40 à 60 %
  • la nationalisation à grande échelle de certaines industries (notamment le cuivre, principale exportation du Chili),
  • la réforme du système de santé
  • le blocage des prix
  • la réforme du système d'éducation, poursuivant les réformes entreprises par son prédécesseur Eduardo Frei Montalva
  • des mesures diverses telles qu'un programme de lait gratuit pour des enfants (à raison d'un demi litre de lait par jour et par bébé),
  • une tentative de réforme agraire
  • un nouvel « impôt sur les bénéfices » est créé
  • un moratoire sur les remboursements de la dette extérieure et la cessation du paiement des dettes auprès des créanciers internationaux et les gouvernements étrangers.

Certaines des décisions prises par Salvador Allende visent à favoriser les classes populaires, ce qui entraîne des craintes chez les classes plus riches.

Durant tout son mandat, Salvador Allende s'affronte politiquement avec le congrès chilien, le Parti démocrate chrétien et le Parti national. Les démocrates chrétiens ont fait campagne sur une plate-forme de centre-gauche aux élections de 1970, mais ils évoluent de plus en plus vers la droite pendant la présidence de Salvador Allende, formant par la suite une coalition avec le Parti national (de droite). Ils craignent que Salvador Allende mène le Chili vers une dictature de type cubaine et s'opposent à ses réformes les plus radicales.

En effet, dès l'avènement de Salvador Allende au pouvoir, les services secrets cubains (la Dirección General de Inteligencia ou DGI) interviennent en force pour consolider la position d'Allende (comme ils le firent plus tard pour la Grenade ou les Sandinistes). Les agents de la DGI étaient chargés de la sécurité d'Allende. Le chef de station cubain de la DGI Luis de Ona Even se marie avec la propre fille de Salvador Allende, Beatrice. Salvador Allende choisit pour gardes du corps des membres des services spéciaux cubains.

En 1971, à la suite d'une visite d'un mois du président cubain Fidel Castro, avec qui il entretient une amitié étroite[41], Salvador Allende annonce le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, en dépit d'une convention précédemment établie par l'Organisation des États Américains précisant qu'aucune nation dans l'hémisphère occidental ne le ferait (la seule exception étant le Mexique, qui a refusé d'adopter cette convention).

Salvador Allende et ses adversaires au Congrès s'accusent mutuellement à plusieurs reprises de miner la Constitution chilienne et d'agir de manière antidémocratique.

Les États-Unis sont farouchement opposés à la politique menée par Allende. L'administration Nixon commence à exercer des pressions économiques sur le Chili par l'intermédiaire d'organismes multilatéraux et continue de soutenir les adversaires d'Allende au congrès chilien. Dès 1971, les États-Unis cessent leur aide au Chili et découragent les investissements internationaux. Ils soutiennent l'opposition et vont jusqu'à financer des grèves de camionneurs chiliens, afin de paralyser les transports internes du pays.

Division de la société chilienne[modifier | modifier le code]

En 1972 commencent les marches des « casseroles vides » contre le gouvernement Allende, par lesquelles des ménagères affirment qu'elles ne trouvent plus suffisamment de produits alimentaires sur le marché. Des manifestations de soutien au gouvernement sont également organisées.

Le prix du cuivre – principale exportation chilienne – chute d'environ 1/3 de 1970 à 1972 alors que les mines de cuivre ont été nationalisées sans indemnisations, aliénant le gouvernement des États-Unis et faisant fuir les investisseurs[33]. Cette variation des cours est attribuée aux États-Unis par les partisans d'Allende. La valeur des exportations chiliennes diminue, tandis que celles des importations augmente (+ 26 %). Si dans un premier temps l'inflation a baissé, passant de 34,9 % à 22,1 % la première année[42], par la suite la politique économique mène à une forte inflation. En particulier le gouvernement décrète des hausses des salaires, des gels de prix, et pour financer ses nationalisations imprime une grande quantité de monnaie sans avoir les moyens de la garantir. La société chilienne est en crise, le régime d'Allende grandement fragilisé et le Parlement en franche et irréversible opposition au président.

L'Unité populaire remporte les élections municipales d'avril 1971 avec 51 % des suffrages[43].

Radomiro Tomić et son parti Démocratie chrétienne soutiennent le gouvernement de l'Unidad Popular. Cependant, dès 1971, un changement de majorité au sein de la Démocratie Chrétienne fait qu'elle se rapproche de son adversaire du parti national dans l'opposition. Ce ralliement s'effectue notamment après qu'un commando d'extrême-gauche nommé Vanguardia Organizada del Pueblo assassine l'ancien vice-président et ministre démocrate-chrétien Pérez Zujovic (es) en juin 1971. Cet assassinat accélère le passage de la DC vers une opposition frontale au gouvernement d'Allende et prive ce dernier de toute majorité au Congrès[44],[45]. La Démocratie chrétienne se rapproche donc du PN (Partido Nacional, de droite). Leurs premiers actes communs concernent l'élection de députés à Valparaíso, où le candidat démocrate chrétien gagne avec l'appui du PN.

Rapidement est lancée une accusation constitutionnelle contre le ministre de l'Intérieur José Tohá accusé d'être responsable des nombreux actes de violences touchant le pays. Ces accusations sont énoncées par le PN contre tous les ministres ; la DC finit par se joindre aux accusations du PN.

Allende transfère Tohá du ministère de l'Intérieur vers le ministère de la Défense. Cet acte est considéré comme de la provocation pour le Congrès, mais légal et inobjectable[46]. L'alliance DC-PN se raffermit contre l'Unidad Popular. Il y a de nombreuses manifestations contre la politique du gouvernement, qui donnent lieu à de véritables affrontements lors des élections entre manifestants et groupes de gauche.

Du point de vue législatif, la DC et la droite approuvent une réforme constitutionnelle (projet Hamilton-Fuentealba), qui définit les trois points clefs de l'économie et met en place trabas al plan estatizador de l'Unidad Popular, dejando sin efecto las estatizaciones y requisiciones efectuadas con anterioridad al filo de la ley. Le projet vise à supprimer le décret-loi de 1932 dont se sert Allende pour nationaliser les entreprises contre la volonté du Parlement. Le président met son veto à ce projet. L'insistance de la chambre pour le faire passer crée un conflit légal de grande ampleur.

Le Movimiento de Izquierda Revolucionaria (MIR) intensifie ses activités violentes, et le PS (Parti socialiste du Chili), dirigé par le sénateur Carlos Altamirano, se radicalise. Des travailleurs commencent à s'organiser, donnant naissance aux «cordones industriales», des structures ouvrières indépendantes des syndicats, des partis, et de l'État.

Le gouvernement se voit pris dans une affaire d'importation illégale d'armes depuis Cuba. En arrivant à l'aéroport de Santiago, un avion cubain non prévu se dirigea immédiatement vers la demeure présidentielle de Tomás Moro, avec des armes venant du GAP (Grupo de Amigos del Presidente)[47].

En ce qui concerne la droite, le groupe fasciste Patria y Libertad, dont le meneur est Pablo Rodríguez, intensifie ses actes de terrorisme.

Des manifestations pour et contre le gouvernement ont lieu, conduisant souvent à des affrontements violents entre les deux parties. Les brigades terroristes ont commencé à instaurer un climat d'intolérance. Les groupes Ramona Parra (communiste) et Elmo Catalán (socialiste), s'affrontent Rolando Matus (du Parti National). Ces groupes s'affrontent entre militants, de préférence entre jeunes extrémistes.

Selon l'historienne Verónica Valdivia Ortiz de Zárate, « l'opposition cherche à miner l'autorité présidentielle, à générer un contexte de chaos économique[48] ». Les contrôles des prix et l'inflation créent des pénuries et de longues files d'attentes pour obtenir certains produits (notamment du bœuf, du sucre, du vin, des ampoules, des télévisions et des automobiles). Parallèlement un marché noir émerge, où les prix sont parfois dix fois supérieurs au prix officiel[49].

Pour faire face à ces épreuves, le gouvernement socialiste décide le desabastecimiento (désapprovisionnement). Cette politique conduit à la création des JAP (Juntas de Abastecimiento y Precios ou Comité de ravitaillement et des prix[50].). Ces comités assuraient une distribution égale des produits de première nécessité ainsi que d'autres contrôles des prix. Les JAP auraient joué un rôle très important lors de la pénurie d'octobre 1972[51].

La résistance de la droite se durcit avec l'appui de la presse d'opposition. Les journaux El Mercurio, La Segunda, La Tercera de la Hora, Las Últimas Noticias, La Prensa, La Tarde et La Tribuna attaquent sans cesse le gouvernement. Ce dernier journal (appartenant à des militants du Partido Nacional), diffuse des titres méprisant le gouvernement socialiste : «MIRicones atacaron a mujeres» ; «¡Allendista! Asesinó a otro camionero» ; «Nunca antes un presidente contó con tanto fervor popular unido en un solo grito: ¡Que se vaya!», etc.

Pour sa part la presse de gauche ne se laisse pas faire et profite de toutes les occasions pour discréditer les adversaires (par exemple, en écrivant Pe-Ene (pénis en espagnol) au lieu de PN. Des journaux comme La Nación (journaux gouvernementaux), Las Noticias de Última Hora (du parti socialiste), El Siglo (du parti communiste), El Clarín et Puro Chile (soutenu par le parti communiste). Des titres comme : «Frei, espía de los EE.UU.» ; «¡Chúpense esta, momios!» ; «Senado ampara a ladrones de alimento», etc.[52].

Les opposants et les entrepreneurs se lèvent contre la Papelera, entreprise distributrice de papier. Avec cette nationalisation, l'opposition a peur que le gouvernement puisse contrôler la presse de droite et l'empêcher de dire ses revendications. Les camionneurs envoient leurs demandes en un mouvement qui sera connu comme « pliego de Chile », où ils demandent la fin des fermetures radicales des commerces, de la banque unique, le retour au service des imprimeries et autres demandes similaires.

Crise[modifier | modifier le code]

Après trois ans de gouvernement socialiste, les clivages politiques se radicalisent. L'opposition appelle la classe moyenne à « vaincre le communisme destructeur de la civilisation chrétienne en terre chilienne »[réf. nécessaire].

L'économie chilienne entre en récession. L'augmentation des salaires du secteur public, l'augmentation des subventions aux entreprises publiques et la baisse des recettes fiscales, non adaptées à un environnement inflationniste, génèrent un déficit public croissant. Ces dépenses sont financées par l'émission monétaire de la Banque centrale du Chili. En résulte une augmentation de la quantité totale de monnaie en circulation de 173 % en 1972 à 413 % en 1973[53]. Le produit intérieur brut diminue de 1,2 % en 1972 et de 5,6 % en 1973[54],[35]. Le pays connaît une hyperinflation avec un taux d'inflation de 225 % en 1972 et de 606 % en 1973[55],[56]. Les salaires réels ont baissé en 1972 (-11,3 %) et en 1973 (-38,6 %). Le déficit public atteint 25 % du produit intérieur brut et la dette extérieure s'élève à 253 millions de dollars[57].

À partir de 1973, trente-deux produits, dont le pain, sont rationnés. Toutes les denrées alimentaires et les biens durables sont en pénurie. Certains produits comme la viande, le papier toilette, le pain, le sucre ou l'huile sont indisponibles pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines[58].

Le 4 mars 1973 l'opposition, regroupée au sein de la Confederación de la Democracia (CODE) remporte les élections législatives avec 55,60 % des voix, ce qui est insuffisant pour destituer Allende dont le parti obtient 44,11 % des voix[59]

Le 29 juin, le régiment blindé du colonel Roberto Souper se soulève et essaye sans succès de prendre le palais présidentiel[60].

En août 1973 a lieu une crise constitutionnelle et la Cour suprême du Chili se plaint publiquement de l'incapacité du gouvernement d'Allende d'appliquer les lois.

Le 9 août 1973 Allende nomme de nouveau des militaires à son cabinet. Ce « gouvernement de salut national » (Gabinete de Salvación Nacional) est notamment composé de Carlos Prats, général en chef des armées chiliennes, au poste de Ministre de la Défense, Raúl Montero Cornejo, commandant en chef de la Marine, au poste de Ministre du Budget, César Ruiz Danyau, commandant en chef de la force aérienne chilienne, au poste de Ministre des Travaux publics et de José María Sepúlveda, directeur général des carabineros de Chile, au poste de Ministre des Terres et de la Colonisation. Ce gouvernement est formé dans le but de résoudre la nouvelle grève des transporteurs qui accusent le gouvernement de ne pas respecter ses engagements[61].

Le 22 août 1973, la Chambre des députés du Chili adopte à 81 voix contre 47 une résolution « sur la violation grave de l'ordre constitutionnel et juridique de la République ». Les députés appellent les forces armées à « rétablir les conditions de pleine application de la Constitution et des lois et la coexistence démocratique essentielle pour assurer au Chili la stabilité institutionnelle, la paix civile, la sécurité et le développement » et ils affirment notamment[62],[63] :

« Que c'est un fait que le gouvernement actuel de la République, depuis le début, a cherché à conquérir le pouvoir total, dans le but évident de soumettre tout le monde au plus strict contrôle économique et politique de l'État et de réaliser donc la mise en place d'un système totalitaire absolument opposé au système démocratique représentatif établi par la Constitution »

En réponse, Salvador Allende, paraphrasant John Fitzgerald Kennedy, déclare que « ceux qui s'opposent à une révolution pacifique rendent celle-ci inévitablement violente[64] ». Il nomme le général Augusto Pinochet au poste de commandant en chef des forces armées le 23 août[65] et décide d'appeler le peuple à un plébiscite pour décider de son sort. Il obtiendrait ainsi à l'arraché l'accord de son parti le 10 septembre.

Le Coup d'État de 1973[modifier | modifier le code]

« C'est peut-être la dernière possibilité que j'ai de m'adresser à vous. Les forces armées aériennes ont bombardé les antennes de Radio Portales et Radio Corporación. Mes paroles n'expriment pas l'amertume mais la déception et ces paroles seront le châtiment de ceux qui ont trahi le serment qu'ils firent. […] Ils ont la force, ils pourront nous asservir mais nul ne retient les avancées sociales avec le crime et la force. L'Histoire est à nous, c'est le peuple qui la construit. »

Dernier discours de Salvador Allende[66]

Le 11 septembre 1973, à 9 heures du matin, le palais présidentiel est assiégé par l'armée sous le commandement du général Augusto Pinochet, commandant en chef des forces armées. Le palais présidentiel est bombardé par l'aviation. Pendant le coup d'État, Allende s'adresse une dernière fois aux Chiliens à la radio où il remercie ses partisans et annonce son intention de se battre jusqu'à la mort[66].

C'est dans le palais que Salvador Allende meurt finalement d'un tir d'AK-47 dans le menton. L'arme lui avait été offerte par Fidel Castro et portait une plaque dorée sur laquelle on pouvait lire : « À mon bon ami Salvador, de la part de Fidel, qui essaye par des moyens différents d'atteindre les mêmes buts »[67]. La thèse officielle, reconnue par la famille après avoir eu accès aux archives de l'État, est celle du suicide. Cette version a été confirmée par le témoignage oculaire d'un de ses médecins[68],[69]. En 2011 dans le cadre d'une enquête judiciaire a lieu l'exhumation de la dépouille d'Allende pour établir s'il s'est suicidé. En juillet suivant, le service médico-légal chilien confirme le suicide d'Allende. Le 11 septembre 2012, dans une décision unanime, la cour d'appel de Santiago a décrété la fin de l'enquête sur la mort de l'ancien président Allende[1]. Néanmoins beaucoup de marxistes ont accusé les assiégeants d'avoir tué Salvador Allende[réf. nécessaire].

Après le coup d'État, Augusto Pinochet installe un régime militaire qui durera jusqu'au référendum de 1990 par lequel il est désavoué et quitte volontairement le pouvoir.

Héritage et débats[modifier | modifier le code]

Statue de Salvador Allende sur la Place de la Constitution, devant le palais de La Moneda, à Santiago du Chili.

Quarante ans après sa mort, Salvador Allende demeure une figure controversée au Chili. Son décès prématuré avant la fin de son mandat laisse la place à la spéculation quant à ce qui serait advenu du Chili s'il avait pu rester en fonction.

Durant sa présidence, il entreprit la nationalisation des mines de cuivre (approuvée à l'unanimité par le Congrès), puis des banques et d'entreprises diverses (sans l'appui du Congrès). Dans le secteur agricole, il liquida le système latifundiaire, lui substituant des « centres de réforme agraire ». La radicalisation des réformes de l'Unité populaire et l'activisme du MIR (Movimiento de la Izquierda Revolucionaria, Mouvement de la gauche révolutionnaire) fit cependant craindre « le danger marxiste » à certains éléments de la classe moyenne et privilégiée[70]. Durant sa présidence, le parti de Salvador Allende n'a jamais atteint la majorité absolue, voyant son score augmenter aux élections qui ont suivi son accession au pouvoir jusqu'à atteindre 43,4 % des suffrages exprimés aux élections législatives de mars 1973, quelques mois avant le coup d'État qui mit fin à la démocratie au Chili.

Salvador Allende est souvent considéré comme un héros par la gauche. Certains le voient comme un martyr mort pour la cause du socialisme. Son visage a même été stylisé et reproduit comme symbole politique, semblable aux images célèbres de Che Guevara.

Après le retour de la démocratie au Chili en 1990, des hommages y ont été rendus à Salvador Allende.

En 2003, Isabel Allende Bussi, fille de Salvador Allende, a été élue présidente de la chambre des députés (à ne pas confondre avec l'écrivain Isabel Allende).

En 2006, l'élection d'une socialiste à la présidence du Chili, Michelle Bachelet (elle-même torturée sous la dictature Pinochet), a clos une période ouverte par le coup d'État de 1973. Elle a rendu hommage à Salvador Allende chaque 11 septembre de son mandat.

En 2008, l'émission de TVN Grandes chilenos de nuestra historia dont l'objectif était de désigner le "chilien ayant le plus contribué à construire le pays" voit Salvador Allende arriver premier, avec 38,80 % du vote des téléspectateurs, devant Arturo Prat (38,63 %) et Alberto Hurtado (8,81 %).

Allégations d'antisémitisme et d'eugénisme[modifier | modifier le code]

Victor Farias, philosophe et professeur chilien au Lateinamerika-Institut à l'Université libre de Berlin, avec Salvador Allende: Anti-semitismo y eugenismo[71] a provoqué de nombreuses controverses au sujet de la thèse d'Allende de 1933 intitulée Hygiène mentale et délinquance[72],[73]. Dans un livre publié en mai 2005, sous deux titres différents, en Espagne et au Chili [74], il accuse Salvador Allende d'avoir été antisémite.

En avril 2006, la Fondation espagnole Président Allende a déposé auprès de la Cour de Justice de Madrid une plainte en diffamation contre Farias et ses éditeurs[75]. Les allégations de Farias reposent sur dix lignes faisant mention de la race contenus dans le mémoire de 156 pages rédigé en 1933 par Allende, alors étudiant en médecine de 25 ans. La lecture de ce mémoire, titré Hygiène mentale et délinquance, montre qu'en fait Allende y cite les théories scientistes de l'époque sur les maladies, dont celles de l'Italien Cesare Lombroso dont il réfute d'ailleurs les conclusions. Les accusations de Farias ont été contestées[76] par la Fondation Président Allende, qui a publié plusieurs documents en PDF sur Internet, dont le mémoire lui-même[77], le texte original de Lombroso[78], une lettre de protestation d'Allende et d'autres à Adolf Hitler après la Nuit de Cristal[79], et les lettres échangées en 1972 entre Simon Wiesenthal et le président Allende à propos de l'extradition refusée du criminel de guerre nazi Walter Rauff parce qu'il avait financé la campagne électorale d'Allende selon Farias[80]. En France, l'historienne et psychanalyste Élisabeth Roudinesco a critiqué les méthodes de Farias dans une tribune à Libération[81].

Pour l'historien spécialiste du Chili Jean-Pierre Blancpain, si l'étude de Farias a le mérite de faire preuve de « pédagogie historique » en montrant toutes les facettes du personnage d'Allende et ses positions eugénistes dans un passage de sa thèse comme dans la proposition de loi de stérilisation lorsqu'il est ministre de la Santé, Allende ne reprend pas ces idées au cours de ses différents mandats. Blancpain reproche à Farias d'omettre le contexte de l'époque, où les idées eugénistes étaient fréquentes et populaires dans les milieux intellectuels et dans l'opinion au niveau international dans de nombreuses tendances politiques, les socialistes suédois promouvant par exemple l'eugénisme jusque dans les années 40, l'exception notable étant l'Église catholique romaine. Par contre pour Blancpain le lien d'Allende avec Rauff et les nazis « ne tient pas » et n'est que « pure invention »[12].

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Inauguration d'une statue de Salvador Allende au campus Solbosch de l' Université libre de Bruxelles le 26 juin 2014.
  • Salvador Allende a été fait Docteur Honoris causa de l'Université libre de Bruxelles en 1973, et une salle d'exposition lui est dédiée sur le campus du Solbosch.
  • De très nombreuses villes du monde entier lui rendent hommage à travers leur odonymie[82].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La justice chilienne confirme que Salvador Allende s'est suicidé le 11 septembre 1973 », Le Monde,‎ 12 septembre 2012 (lire en ligne)
  2. (es) Vial. 1-Allende, Fidel y el Che: destinos paralelos. Pages 18 et 19
  3. (es) Figueroa, Virgilio. Diccionario histórico y biográfico de Chile. Santiago imprenta de la Ilustración, 1897, Pages 450-451.
  4. (es) Veneros. Page. 37
  5. (es) Debray, Régis. Allende habla con Debray en Punto Final, n°126, p. 29.
  6. Veneros. Page 38
  7. École de médecine de l'université du Chili. Certificados de Exámenes Finales, années 1926-1931.
  8. Veneros, Page 76
  9. (es) Ramón, Armando de. Biografías de Chilenos Tomo I. Ediciones Universidad Católica de Chile, 1999, Pages 60-61
  10. (es) Jorquera. Page 184.
  11. Veneros. Page 99
  12. a et b Les juifs allemands et l'antisémitisme en Amérique du sud: 1930-1950, Jean-Pierre Blancpain, Éditions L'Harmattan, 2008, p160-165 ISBN 978-2-296-05016-7
  13. Veneros, page 100
  14. Veneros, page 106-107
  15. Pour la carrière parlementaire de Allende voir sa biographie sur le site de la Biblioteca del Congreso Nacional
  16. (es) Vial. 3-Relación con los guerrilleros chilenos: romance y ruptura Page 4
  17. San Francisco y Soto, page 272.
  18. San Francisco y Soto, pages 298-299
  19. San Francisco y Soto. Page 331
  20. Thomas Huchon, Quand Allende sauvait les compagnons d'armes du Che, Rue89, 8 octobre 2007
  21. Voir la biographie de Schneider en Icarito
  22. (es) Uribe y Opaso. Page 250.
  23. El Mercurio, 5 septembre 1970. Chiffres repris par le New York Times. Les chiffres varient en fonction des sources
  24. Eric Laurent, La face cachée des banques, Plon (2009), ISBN 978-2-259-21052-2, p. 37
  25. (es) Uribe y Opaso. Page 257 à 260.
  26. (es) Uribe y Opaso. Page 261 à 262.
  27. lire en ligne l'historique du Frente Nacionalista Patria y Libertad
  28. cf le rapport Church
  29. Document venant de dossier du monde.
  30. El Mercurio du 23 octobre 1970
  31. (es) La Segunda, 24 octobre 1970
  32. La Prensa, 3 novembre de 1970
  33. a, b, c et d Britannica macropaedia, 15e édition, volume 16 : Chili, p35, et micropaedia, 15e édition, volume 1 : Allende (Gossens) Salvador, p280
  34. Marie-Noëlle Sarget, Histoire du Chili, L'Harmattan, 1996, p. 217.
  35. a et b [1] et [2], Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes
  36. Juan Gabriel Valdés, Pinochet's economists: the Chicago school in Chile, Cambridge University Press, 1995, p. 248. Xabier Arrizabalo Montoro, Milagro o Quimera, la Economía Chilena Durante la Dictadura, Catarata, 1995, p. 306.
  37. Marie-Noëlle Sarget, Histoire du Chili, L'Harmattan, 1996, p. 216.
  38. William Colby, 30 ans de CIA, 1978
  39. (en) Peter Kornbluh, The Pinochet file
  40. (es) Vial. 4-Por qué fracasó el “Plan Maestro” de la UP pour arriver au pouvoir total Page 3-5
  41. James Whelan, Out of the Ashes: The Life, Death and Transfiguration of Democracy in Chile, 1989, pp. 511-512 et 519-520 : l'arme avec laquelle Allende se serait suicidé était un fusil d'assaut AK-47 qu'il avait reçu comme cadeau de Fidel Castro et qui portait une plaque d'or avec écrit À mon meilleur ami Salvador de la part de Fidel, qui par des moyens différents essaye d'atteindre les mêmes buts
  42. Marie-Noëlle Sarget, Système politique et parti socialiste au Chili, Paris, L'Harmattan, 1994, 447 pages, p. 347 (ISBN 2738421784).
  43. Marie-Noëlle Sarget, Histoire du Chili, L'Harmattan, 1996, p. 227.
  44. Pérez Zujovic muere en atentado
  45. Veneros, Page 322.
  46. Veneros, Pages 328-329.
  47. (es) Vial. Chile en el Siglo XX Page 367.
  48. Verónica Valdivia Ortiz de Zárate, « Construction du pouvoir et régime militaire sous Augusto Pinochet », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, no 105, janvier-mars 2010, p. 94.
  49. (en) « Inflation, Shortages Plague Allende's Chile », Milwaukee Journal Sentinel,‎ 13 juin 1972 (lire en ligne)
  50. Les JAP sont créés par la résolution DIRINCO N° 112 publié au Journal Officiel le 4 avril 1972, où la Contraloría General affirme l'existence légale
  51. Femmes et dictature: être chilienne sous Pinochet ; récits Par Catherine Blaya,Ingrid Araya Zottele, Esf Editeur, 2000, p.31
  52. (es) Versions sur Internet sur les portails des journaux de l'époque qui se trouvent à l'adresse suivante page web du Centro de Estudios Públicos
  53. Larraín, Felipe, y Patricio Meller. "La experiencia socialista- Populista chilena: La Unidad Popular, 1970-1973", en Cuadernos de Economía, año 27, n.º 82, pp. 340-341.
  54. Braum, Juan et al. Economía chilena 1810-1995: estadísticas históricas. Santiago: Universidad Católica de Chile, 2000. pp. 23-24.
  55. Braum, Juan et al. Economía chilena 1810-1995: estadísticas históricas. Santiago: Universidad Católica de Chile, 2000. p. 101
  56. (en) Historic inflation Chile
  57. (es) Jorge Barreno, « El apoyo internacional a Pinochet », El Mundo,‎ 9 septembre 2013 (lire en ligne)
  58. (en) Francisco Orrego Vicuña, Chile: the balanced view : a recopilation of articles about the Allende years and after, Université du Chili,‎ 1975 (lire en ligne)
  59. (en) Chile Parliamentary Election.
  60. (en) Second coup attempt: El Tanquetazo (the tank attack)
  61. El Mercurio, 26 de agosto de 1973.
  62. (es) 1973 : LA CONTRA-REVOLUCION, sur Salvador-Allende.cl.
  63. Résolution de la Chambre des députés du Chili sur la violation grave de l'ordre constitutionnel et juridique de la République (1973), sur Wikisource.
  64. « Those standing in the way of peaceful revolution made violent revolution inevitable » in UN monthly chronicle, United Nations, Office of Public Information, 1973. Allusion à l'adresse de Kennedy au premier anniversaire de l'Alliance pour le Progrès en 1962 « Those who make peaceful revolution impossible will make violent revolution inevitable »
  65. (en) Augusto Pinochet: Timeline.
  66. a et b Dernier discours de Salvador Allende le matin du coup d'État du 11 septembre 1973.
  67. James Whelan, Out of the Ashes • The Life, Death and Transfiguration of Democracy in Chile (Washington, Regnery Gateway, 1989), 511-512 et 519-520. [3]
  68. « Recuerdos de su testimonio en Radio Cooperativa » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) [Quoi ?]
  69. (es) « http://www.presidencia.gob.cl/view/viewGaleriaPresidentes.asp?id=31&seccion=Presidencia%20por%20Dentro&interfazseccion=Galeria%20Presidentes#a31 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) Salvador Allende Gossens | Présidence de la République du Chili
  70. Article de LatinReporters.com
  71. Farías, Victor (2006), Allende, la face caché : Antisémitisme et eugénisme, Editions Jacques Grancher, ISBN 978-2-7339-0951-5
  72. (es) Allende branded a fascist and anti-Semite, article publié au journal britannique The Daily Telegraph, en anglais.
  73. (en) Allende the socialist hero believed in a 'cure' for homosexuals, article venant du journal The Daily Telegraph.
  74. Salvador Allende: contra los judios, los homosexuales y otros "degenerados" et Salvador Allende : antisemitismo y eutanasie, sorti en France en 2006 sous le titre Allende, la face cachée : Antisémitisme et eugénisme, éditions Jacques Grancher
  75. [4][PDF]
  76. (en) Réponse de la Fondation Président Allende aux accusations de Victor Farias
  77. (es)[PDF] Mémoire de Salvador Allende de 1933 (en PDF avec présentation critique (voir en particulier les pages marquées 114/115 (ou 151/152 du PDF), les notes 46 à 49, qui citent toutes Lombroso)
  78. (es)[PDF]"El Delito, sus causas y remedios", 1902
  79. (es) novembre 1938 : Lettre de protestation[PDF]
  80. [PDF][5]
  81. La mémoire salie d'Allende, tribune d'Élisabeth Roudinesco dans Libération, 12 juillet 2005
  82. Una calle Salvador Allende

Textes de Salvador Allende[modifier | modifier le code]

  • La Voie chilienne vers le socialisme, 1974, 175 p., préface de Robert Misrahi.
  • Le Développement du Tiers-monde et les relations internationales, dans Jean-Pierre Biondi, Le Tiers-socialisme, Flammarion, 1976.
  • Discours d'adieu du président Salvador Allende, Éd. de la Mauvaise graine, 1999.
  • (es) Higiene mental y delincuencia, Editorial CESOC. Thèse doctorale soutenue à l'École de médecine de de l'Universidad de Chile en 1933. Publiée par Editorial CESOC (Santiago du Chili) et El Clarín (2005).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Vayssière, Pierre (2005), Le Chili d'Allende et de Pinochet dans la presse française. Passions politiques, informations et désinformation. 1970-2005, Paris, L'Harmattan (ISBN 2747594556).
  • (es) Cavallo, Ascanio ; Salazar, Manuel ; Sepúlveda, Óscar (1998), La Historia Oculta del Régimen Militar, Santiago du Chili, Editorial Sudamericana (ISBN 9562620611).
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  • (fr) Garcés, Joan E. (1976), Allende et l'expérience chilienne, Paris, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques.
  • (es) García, Fernando D. ; Sola, Oscar (1998), Salvador Allende. Una época en blanco y negro, avant-propos d'Isabel Allende (ISBN 950-511-386-2).
  • (es) Goldenberg, Gregorio (1990), La Muerte del presidente Allende, Santiago du Chili, Éditions Domicilio Conocido.
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  • (fr) Farias, Victor ; Grancher, Jacques (2006), La face cachée d'Allende : antisémitisme et eugénisme (ISBN 2-7339-0951-7) (voir le chapitre « Allégations d'antisémitisme » ci-dessus).
  • (fr) Debray, Régis (1974), Entretiens avec Allende sur la situation au Chili, Maspero.
  • (fr) Huchon Thomas (2010), Salvador Allende, l'enquête intime, Eyrolles

Filmographie[modifier | modifier le code]

Salvador Allende dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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