Jean-Antoine Chaptal
Jean-Antoine Chaptal
Jean-Antoine Chaptal par Anicet Charles Gabriel Lemonnier
| Naissance | 5 juin 1756[1] Nojaret ( |
|---|---|
| Décès | 29 juillet 1832[1] Paris ( |
| Nationalité | française |
| Champs | chimie |
| Diplômé de | Université de médecine de Montpellier |
| Renommé pour | chaptalisation |
| Distinctions | Son nom est sur la Liste des soixante-douze noms de savants inscrits sur la tour Eiffel |
Jean-Antoine Chaptal, comte de Chanteloup né le 5 juin 1756, à Nojaret (Lozère) et mort le 29 juillet 1832 à Paris, inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 89), est un chimiste et homme politique français. Il est le père de Jean-Baptiste Marie Chaptal de Chanteloup.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Après un enseignement rudimentaire par un prêtre de Mende, suivi de 5 années au collège de Mende et une année de philosophie à Rodez, Chaptal commence des études de médecine à Montpellier de 1774 à 1777 avant de se rendre à Paris pour étudier la chimie. Sa renommée est surtout due aux applications qu’il fit de la chimie dans l’industrie, notamment avec l’amélioration de la production de l’acide chlorhydrique. Il donne son nom à la chaptalisation, procédé permettant d’augmenter par sucrage la teneur en alcool des vins.
Il revient à Montpellier en 1780 pour y occuper la chaire de chimie universitaire. En 1781, il épouse Anne Lajard, fille d’un négociant qui lui fait connaître les besoins des manufactures textiles. Ce sont surtout les applications industrielles de la science qui l’intéressent. Fils cadet, désavantagé par le droit d’aînesse, c’est son oncle Claude Chaptal, médecin à Montpellier, qui, après avoir assumé les frais de son éducation et de ses études de médecine puis de chimie, l’aidera à bâtir des ateliers pour y expérimenter et développer ses découvertes, avant d’en faire son héritier. Il crée une fabrique de produits chimiques qui le fait bientôt connaître dans toute l’Europe, et dès 1786 il reçoit de Louis XVI des titres de noblesse.
Une très grande importance doit être attribuée à son application de la formule de Lavoisier sur la transformation du sucre en alcool : on peut considérer que cette application de la formule capitale de l’œnologie constitue l’acte de naissance de la chimie moderne du vin[2]. Chaptal avait développé sa doctrine sur la vinification dès 1799 lors de la rédaction de l’article « vin » du Dictionnaire d’agriculture de François Rozier. Immédiatement, les propriétaires de vignobles s’emparent de son travail et des savants tels qu’Antoine-Alexis Cadet-de-Vaux et Jean-Louis Roard publient cette nouvelle doctrine avec leurs propres observations. Fort de tous les renseignements que lui fournissent ceux qui ont adopté ses principes, Chaptal développe son sujet dans son traité de 1807, qui a révolutionné l’art de la vinification.
En 1793, il dirige à Paris la fabrique de poudre de guerre de Grenelle. Il concourt également avec Berthollet, Laplace et Monge à la création de l’École d’arts et métiers. Il est nommé par le Comité de Salut public inspecteur des poudres et salpêtres pour l’arrondissement du Midi, puis, en juin 1794, directeur de l'Agence révolutionnaire des poudres. Par ailleurs, il enseigne la chimie végétale à l’École polytechnique et devient membre de l’Académie des sciences à partir de 1796. Deux ans plus tard, il ouvre la Manufacture des Ternes à Neuilly, qui produit de l'acide et qui conduira à une plainte, sous l'Empire, d'un voisin, Lombard, ex-procureur du Parlement de Paris reconverti à l'apiculture. Celui-ci ne manquera pas de souligner les conflits d'intérêts de Chaptal, qui réussira même à faire nommer son fils à la mairie en remplacement de Delabordère, qui s'était opposé à la manufacture en raison de la pollution qu'elle provoquait.
En effet, parallèlement à ses activités de savant, de chimiste et d'industriel, il est d'abord chargé du portefeuille du département de l'Intérieur par intérim le 6 novembre 1800[3] par Napoléon Bonaparte, il est officiellement nommé ministre de l’Intérieur le 21 janvier 1801. Entre deux, il a le temps d'élaborer la loi du 28 pluviôse an VIII « concernant la division du territoire de la République et l'administration », qui institue préfets et sous-préfets, conseillers généraux et d'arrondissement, y compris les arrondissements de Paris.
Chaptal est à l’origine d’une réorganisation complète de l’instruction publique et en particulier de la création de l’école de sages-femmes de l’Hospice de la maternité de Paris en 1802. On doit à son administration l’arrêté Chaptal, qui est l’acte fondateur des musées de province français. Il démissionne en 1804 lorsque Bonaparte se fait proclamer empereur, afin de se consacrer à ses travaux scientifiques. Il est reçu à l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen le 27 juillet 1803.
Il est nommé sénateur le 25 thermidor an XII (13 août 1804), est fait pair de France une première fois lors des Cent-Jours et le redevient sous la Restauration en 1819. En 1823, ruiné par les dettes de son fils, il doit vendre son château de Chanteloup, acquis en 1802, et il meurt dans la pauvreté en 1832.
Chaptal n’a fait aucune découverte de premier ordre, mais il a propagé l’étude de la chimie par ses leçons et ses écrits. On lui doit la fabrication artificielle de l’alun, du salpêtre, de ciments imitant ceux de pouzzolane, le blanchiment à la vapeur, l’art de teindre le coton en rouge d'Andrinople. Il fut un des fondateurs, avec les trois Consuls, de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, et son premier président jusqu’à sa mort, en 1832 (le baron Louis Jacques Thénard lui succède). Les conceptions qu’il professe sont très proches de celles de Jacques Claude Marie Vincent de Gournay, de la Société d’Agriculture, de Commerce et des Arts de Bretagne.
Œuvres [modifier]
- Éléments de chimie, 1790, 3 vols. ; nouvelle éd., 1796-1803[4]
- Observations générales sur l’agriculture considérée dans ses rapports avec la prospérité de la France, suivies de quelques réflexions sur les ouvrages d’Olivier de Serres, Montpellier : Impr. de Jean-François Picot, 1790, in-8°, 31 p.
- Traité du salpêtre et des goudrons, 1796
- Tableau des principaux sels terreux, 1798
- Art du peinturier et du dégraisseur, 1800
- Essai sur le perfectionnement des arts chimiques en France, 1800
- Essai sur le blanchiment, 1801
- Traité théorique et pratique sur la culture de la vigne, avec l’art de faire le vin, les eaux-de-vie, esprit de vin, vinaigres simples et composés, Paris : Delalain fils, Impr. de Marchant, 1801, 2 vol. ; Paris : Lenoir, 1801, 2 vol. ; Art de faire le vin, Paris : Deterville, 1807 ; nouvelle éd., 1811) en collaboration avec François Rozier, Antoine Parmentier, et Dussieux. Ce recueil contient les textes fondamentaux de la viticulture et de l’œnologie modernes. Rozier y enseigne l’art de cultiver la vigne, Dussieux ajoute des notes et observations nouvelles, Chaptal livre ici le premier de ses traités sur le vin. Il est intitulé Essai sur le vin. Ce travail sera complété, la même année par l’Art de faire, de gouverner et de perfectionner les vins. Suit un autre traité de Rozier sur la distillation et un autre, de Parmentier, sur les vinaigres. On peut dire que la publication de cet ouvrage a fait changer de face l’industrie vinicole.
- Trattato teoricopratico sulla cultura della vite con l’arte di fare il vino, l’acqua-vite, lo spirito di vino, e gli aceti semplici e composti... Opera tradotta sulla seconda edizione francese…, Florence : Piatti, 1812-1813 ; 3 volumes. Traduction en italien de l’édition de 1801.
- L’Art de faire, de gouverner et de perfectionner les vins, Paris : Impr. de Marchant, 1801, 1 vol. ; nouvelle éd., 1819.
- La chimie appliquée aux arts, 1806, 4 vol.
- L’Art de la teinture du coton en rouge, 1807
- De l’industrie française, 1819, 2 vol.
- Chimie appliquée à l’agriculture, Paris : Mme Huzard, 1823, 2 vol. in-8° LVI-298 et 484 p. Tome I en ligne ; 2e éd., Paris, Mme Huzard, 1829, 2 vol. in-8°. C’est le dernier ouvrage publié par ce grand chimiste. Dans ce traité qui sera réimprimé et deviendra un des classiques de l’agronomie, il applique pour la première fois les nombreuses découvertes chimiques à l’agriculture scientifique et technique, mais aussi pratique : importantes considérations sur la composition des sols, de l’air, de la chaleur, sur le rôle de l’eau, l’influence de l’électricité sur la végétation, le rôle de la lumière et de la température, etc.
Portrait [modifier]
Philippe-Laurent Roland: Buste de Jean-Antoine Chaptal, 1802, Plâtre : H. 86 ; L. 60 ; P. 30 cm. Coll. Musée des Augustins, Toulouse
Hommages [modifier]
- Quatre établissements français portent son nom : le lycée Chaptal de Paris, le lycée Chaptal de Mende (proche de son village de naissance), le lycée Chaptal de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) et celui de Quimper (Finistère)
- Il fait partie des soixante-douze savants dont le nom est inscrit sur la tour Eiffel.
Titres [modifier]
- Comte Chaptal et de l'Empire (lettres patentes du 26 avril 1808, Bayonne[5]) ;
- Institution de majorat attaché au titre de comte de Chanteloup (accordée par lettres patentes du 25 mars 1810, à Compiègne)[5]) ;
- Pair de France[6] :
Distinctions [modifier]
- Légion d'honneur[7] :
- Légionnaire (9 vendémiaire an XII : 2 octobre 1803), puis,
- Grand officier (25 prairial an XII : 14 juin 1804), puis,
- Grand-croix de la Légion d'honneur (22 mai 1825).
Armoiries [modifier]
| Figure | Blasonnement | |
| Armes des Chaptal
De gueules, à une tour d'or, maçonnée et portillée de sable, accostée de quatre étoiles d'or.[8],[9],[10] |
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Armes du comte Chaptal et de l'Empire, sénateur, l'un des quatre officiers du Sénat, membre de la 1re classe de l'Institut de France, comte de l'Empire par (lettres patentes du 26 avril 1808), comte de Chanteloup (avec majorat par lettres patentes du 25 mars 1810),
De gueules à la tour d'or, maçonnée de sable accompagnée de quatre étoiles d'argent posées en pal, deux à dextre deux à senestre et surmontée en chef à senestre d'une vigne de sinople fruitée d'or ; franc-quartier de comte-sénateur.[5],[11],[10],[12] |
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Armes de Chaptal, comte de Chanteloup, Baron-pair héréditaire
De gueules à la tour d’or maçonnée de sable, accostée de quatre étoiles d’argent 2 et 2.[6] |
Sources [modifier]
- Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
- Vicomte de Lescure, Armorial du Gévaudan, Lyon, André Badiou-Amant (ancienne maison Louis Brun), 1929
Articles connexes [modifier]
Notes et références [modifier]
- Pierre Flourens, Mémoires de l’Académie des sciences : Éloge historique de Jean-Antoine Chaptal, t. XV, 1838, 651 p. (ISBN 03689263) - Texte sur Wikisource
- (it) Antonio Saltini, Storia delle scienze agrarie, vol. III I secoli della rivoluzione agraria, Edagricole, Bologna, 1987, pp. 403-422.
- Jean-Baptiste Duvergier, Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglements, et avis du Conseil d’État, t. 12, 1826, 511 p. (ISBN 17624096) [lire en ligne], p. 346
- Éléments de chimie - SICD Universités de Strasbourg - Patrimoine numérisé
- Centre historique des Archives nationales (France), sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr. Consulté le 4 juin 2011
- François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org, 27 septembre 2005. Consulté le 18 juin 2011
- Notice no LH/485/63, base Léonore, ministère français de la Culture
- (Lescure, p. 402)
- Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887
- Louis de La Roque, Armorial de la noblesse de Languedoc, Généralité de Montpellier, vol. 1-2, F. Seguin, 1860 [lire en ligne (page consultée le 23 janv. 2010)]
- Alcide Georgel, Armorial de l'Empire français : L'Institut, L'Université, Les Écoles publiques, 1870 [lire en ligne]
- Nicolas Roret, Nouveau manuel complet du blason ou code héraldique, archéologique et historique : avec un armorial de l'Empire, une généalogie de la dynastie impériale des Bonaparte jusqu'à nos jours, etc..., Encyclopédie Roret, 1854, 340 p. [lire en ligne (page consultée le 16 nov. 2009)]
Liens externes [modifier]
- Chaptal fondateur de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale
- Célébrations nationales 2006 - Sciences et techniques
- BB/29/974 page 23., Titre de comte accordé à Jean, Antoine Chaptal. Bayonne (26 avril 1808)., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France). Consulté le 4 juin 2011 ;
- BB/29/1001 pages 271-272., Institution de majorat attaché au titre de comte de Chanteloup au profit de Jean-Antoine Chaptal, accordée par lettres patentes du 25 mars 1810, à Compiègne., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France). Consulté le 4 juin 2011 ;
| Précédé par | Jean-Antoine Chaptal | Suivi par | |
|---|---|---|---|
| Lucien Bonaparte |
|
Jean-Baptiste Nompère de Champagny |
- Industriel français du XIXe siècle
- Chimiste français
- Académie de Rouen
- Membre de la Société philomathique de Paris
- Ministre du Premier Empire
- Personnalité de la Lozère
- Décès en 1832
- Personnalité enterrée au cimetière du Père-Lachaise (division 89)
- Naissance en 1756
- Naissance en Lozère
- Savants de la Tour Eiffel
- Ministre français de l'Intérieur
- Membre du Sénat conservateur
- Pair des Cent-Jours
- Pair de France sous la Restauration
- Grand-croix de la Légion d'honneur
- Décès à Paris