Israël Silvestre

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Israël Silvestre

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Portrait par Charles Le Brun.

Nom de naissance Israël Silvestre
Naissance 13 août 1621
Nancy
Décès 11 octobre 1691
Paris
Nationalité Flag of Lorraine.svg Lorraine
Activités Dessinateur, graveur, collectionneur

Israël Silvestre, né à Nancy le 13 août 1621 et mort à Paris le 11 octobre 1691, est un dessinateur, graveur et collectionneur d’art lorrain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une fabuleuse collection d’œuvres d’art, essentiellement des dessins et des gravures, a été accumulée par Israël Silvestre, dessinateur ordinaire du roi, maître à dessiner du dauphin et des pages des Grande et Petite Écuries, conseiller du roi en son Académie royale de peinture et de sculpture, et ses descendants.

Baptisé le 15 août 1621 à Saint-Epvre, Israël Silvestre apprend les premiers rudiments du dessin et de la peinture sous la direction de son père et montre très tôt une grande disposition pour les arts. En 1631, alors âgé de 10 ans, il perd ses parents et vient se réfugier à Paris chez son oncle maternel et parrain, Israël Henriet, qui le reçut comme son propre fils.

Israël Henriet était un peintre médiocre mais un excellent dessinateur. Il avait étudié auprès des mêmes maîtres que son ami Jacques Callot, tant en Lorraine qu’en Italie. Né à Nancy, il s’était installé à Paris depuis longtemps comme peintre et dessinateur du Roi. Bénéficiant de l’engouement que suscitait le dessin à cette époque, il apprenait ce genre à des personnages de la cour et eu même l’honneur de compter Louis XIII parmi ses élèves (nous trouvons ici l’origine de la charge de « maître à dessiner » qui restera dans la famille jusqu’à la Révolution et fut occupée sans interruption par cinq générations de Silvestre). Israël Henriet vivait également d’un commerce prospère d’estampes, éditant en particulier les planches de Callot, dont il disposait de l’exclusivité par privilège, ainsi que celles de La Belle, Le Clerc, Audran etc.

Arrivé très jeune à Paris, Israël Silvestre perfectionne son art du dessin auprès de son oncle qui le prend comme élève, en lui donnant à copier à la plume des pièces de Callot, et apprend la manière de graver en taille-douce. Il fait des progrès rapides qui lui permettent, après quelques années de travail assidu, d’entreprendre une carrière indépendante. C’est alors qu’il parcourt les environs de Paris et plusieurs provinces de France et compose de nombreux ouvrages qui établissent sa réputation comme dessinateur et comme graveur.

Vue panoramique de Lorette, gravure, 1642.

Comme le veulent les usages de l’époque, il entreprend plusieurs voyages en Italie, pour copier les maîtres anciens et se perfectionner auprès des plus grands maîtres. Faucheux fixe les dates de ces voyages, pour le premier avant 1640 (Israël n’a alors pas 20 ans), le deuxième de 1643 à 1644 et le dernier vers 1653. Israël en rapporte de nombreuses vues d’Italie qu’il grave pratiquement toutes. Il effectue jusqu’en 1659 d’autres voyages en France et en Lorraine, dont il tire quantité de dessins et de gravures.

De retour à Paris, il s’installe chez son oncle, rue de l’Arbre Sec, et tire profit des fruits de ses travaux en obtenant le privilège d’imprimer et de vendre ses ouvrages à l’exclusion de tous autres. En 1661, année du décès d’Israël Henriet, il hérite de ce dernier, en tant que légataire universel, des fonds de planches de Jacques Callot et de La Belle, qui, s’ajoutant à sa propre production, lui assurent des revenus confortables.

Israël Silvestre se marie tard, à l’âge de 41 ans, et épouse le 10 septembre 1662, dans sa paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois, Henriette Sélincart, fille d’un marchand de Paris. Nous connaissons au moins dix enfants de cette union, dont cinq seulement survivront à leur père. Henriette passe pour avoir été une femme remarquable tant par son esprit que par sa beauté, comme en témoignent les portraits réalisés par Charles Le Brun.

Son mariage ne ralentit pas la carrière artistique d’Israël. En 1662, il est nommé dessinateur et graveur du Roi, obtient la charge de maître à dessiner des pages de la Grande Écurie en 1667 et en 1673 celle de maître à dessiner du Dauphin (fils aîné de Louis XIV et grand-père de Louis XV, appelé le Grand Dauphin). Il bénéficie également d’un brevet qui lui accorde un logement aux galeries du Louvre en 1668. Israël est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1670 sur la recommandation de Charles Le Brun. Il est par ailleurs à la tête d’un atelier important, où il compte au moins deux élèves, les graveurs François Noblesse et Meunier, ainsi que de nombreux collaborateurs parmi les meilleurs artistes de leur temps : Stefano Della Bella, Jean Le Pautre, les trois Pérelle (Gabriel, Nicolas et Adam), François Collignon, Jean Marot.

Il laisse de nombreux dessins et plus de mille pièces gravées. Parmi ses plus beaux ouvrages, on peut citer le Carrousel de 1662, la représentation des Plaisirs de l’Isle Enchantée, les vues des demeures royales d’Île de France, dont Versailles, Vaux et Fontainebleau, ou les suites des églises de Rome.

Israël Silvestre perd sa femme le 1er septembre 1680 et lui survit encore pendant 11 ans. Il meurt le 11 octobre 1691, dans son appartement aux galeries du Louvre, âgé de 70 ans et est enterré auprès de sa femme, dans l’église Saint Germain l’Auxerrois. Il laisse à ses cinq enfants, dont deux encore mineurs, une fortune, faute d’être importante, confortable et surtout le goût des arts, que chacun cultivera selon son talent, et la bienveillance de ses anciens élèves, devenus ses protecteurs.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Buste d'Israël Silvestre, place Vaudémont à Nancy.

Eaux-fortes

  • 1657 c - Vue de l'église des Bernardins à Paris, Sbg, bd : cum privil. Regis, 10 cm × 19,6 cm, Paris, Musée Carnavalet (réserve).
  • Les églises des stations de Rome dédiées par Israël Henriet à Haulte et puissante dame Marie Catherine de la Rochefoucaud. Paris, musée du Louvre, collection Rotschild. Nombreuses planches dont :
    • planche 4 :San Giovanni in Laterano (Église Saint-Jean-de-Latran) 17,3 cm × 30 cm,
    • planche 5 :San Maria Maggiore (Église Sainte-Marie-Majeure) 17,8 cm × 29,6 cm
  • Nombreuses estampes du château de Versailles ainsi que du parc de Versailles et de ses jeux d'eau.

Musées[modifier | modifier le code]

Hommages publics[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L.E. Faucheux, Catalogue raisonné de toutes les estampes qui forment l’œuvre d’Israël Silvestre précédé d’une notice sur sa vie (1856)
  • André Félibien, Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes
  • F.L. Regnault-Delalande, Catalogue raisonné d’objets d’art de feu M. de Silvestre, ci-devant Chevalier de l’ordre de Saint-Michel, et Maître à dessiner des Enfants de France (1810)
  • E. et H. Daniel, Biographie des hommes remarquables de Seine et Oise depuis le commencement de la monarchie jusqu’à ce jour (1832)
  • Académie de Stanislas, Mémoires de la Société Royale des sciences, lettres et arts (1851)
  • Pierre-Jean Mariette, Abecedario et autres notes inédites de cet amateur sur les arts et les artistes (1858-1859)
  • Édouard de Silvestre, Renseignements sur quelques peintres et graveurs des XVIIe et XVIIIe siècles : Israël Silvestre et ses descendants (1869)
  • Louis de Grandmaison, Essai d’armorial des artistes français (XVIe ‑ XVIIIe siècle). Lettres de noblesse. Preuves pour l’ordre de Saint-Michel. Seconde partie : Sculpteurs, graveurs, dessinateurs, Musiciens, etc. (1905)
  • Louis Réau, G Lundberg, R.-A Weigert, L’Art français dans les pays du nord et de l’est de l’Europe (XVIIIe ‑ XIXe siècle) (1932)
  • Paris et Rome vus par Israël Silvestre, Délégation à l’action artistique de la Ville de Paris, Mairies annexes de Xe et Ier arrondissements, 1981.
  • Stéphane Castellucio, Les Carrousels en France du XVIe au XVIIe siècle, Les Éditions de l’amateur, Bibliothèque Municipale de Versailles, 2002.
  • S. Pavese, Israël Silvestre dessinateur graveur du Roi Soleil, article pour la revue municipale de Fontaine-lès-Dijon, Reflets n° 9, octobre 2005
  • Parenteau Denoël, Ombres et Lumières. T.1 - La fille aux sortilèges, Glénat.
  • Jean-Pierre Babelon, "Israël Silvestre, Vues de Paris, Berger Levrault.
Thèses et mémoires
  • Stéphanie Martin, Étude historique et restauration : Portrait de Henriette Sélincart. Recherche technico-scientifique : Étude physico-chimique d’un phénomène de blanchiment d’un marbre noir de Belgique, Mémoire de fin d’études à l’Institut Français de Restauration des Œuvres d’Art, 1995.
  • Brigitte Belin, Israël Silvestre, Mémoire de maîtrise Paris IV, U.E.R. d’Histoire de l’art et d’archéologie, 1968.

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice de description sur le site des Archives nationales.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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