Décroissance (économie)

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Graffiti pro-décroissance sur la colonne de Juillet, place de la Bastille à Paris durant les manifestations contre le CPE du 28 mars 2006.
Graffiti décroissance pour notre salut sur un mur de Neuchâtel.
Graffiti Penser un autre monde sur un banc de Neuchâtel.

Le mot décroissance désigne en français deux notions bien différentes :

La présente page développe uniquement cette deuxième définition du terme, plus étendue que la première.

Sommaire

Les origines du mouvement[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, avec la Révolution industrielle, la Grande Bretagne et la France se transforment de façon spectaculaire : les campagnes se dépeuplent au profit des villes et les relations sociales sont de plus en plus façonnées par les échanges marchands, ceci - en particulier - en raison de la multiplication et du perfectionnement des machines, qui rendent les processus de production sans cesse plus efficaces de fait de la mécanisation du travail.

C'est au siècle suivant qu'apparaissent les effets de cette mutation et les premières réactions qu'ils provoqueront.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La valeur travail entre dans les consciences et, avec elle, l'idéologie de la croissance économique, le productivisme. Ceci correspond à un profond changement des mentalités, que l'on ne ne peut saisir qu'en le replaçant dans la longue durée. Le christianisme, qui a façonné les esprits pendant plusieurs siècles, perd peu à peu de son autorité (déchristianisation). Cela ne signifie pas qu'il disparaît mais qu'il ne joue plus le rôle décisif, décisionnel. Karl Marx explique que la religion, comme la politique, n'est plus alors qu'une "superstructure" en regard de l'appareil de production. C'est ce dernier, en tant qu'infrastructure, qui, désormais, "détermine" les esprits. La religion continue pour autant de jouer un rôle important : elle tient lieu de "discours de justification". Quand par exemple les missionnaires accompagnent les administrateurs et les industriels en Afrique, en Amérique latine et en Asie, leur présence suffit à légitimer la notion de progrès sur ces continents. C'est ce que veut dire Marx lorsqu'il affirme "la religion est l'opium du peuple".

La Révolution industrielle s'opérant par le machinisme, la conception et la fabrication de machines nécessitent une importante accumulation de capital de la part de la classe sociale qui en est l'instigatrice, la bourgeoisie. Elle provoque également l'émergence d'une nouvelle classe, le prolétariat, qui est exploité par la bourgeoisie. Or non seulement les prolétaires s'usent au travail mais ce ne sont pas eux qui tirent profit de leur travail mais la classe dominante. Marx est le premier à analyser le (capitalisme) et à en dénoncer certains effets. Mais tandis que ses continuateurs considèrent que l'on ne peut mettre fin à ce système qu'au prix d'une révolution, par laquelle le prolétariat se réapproprierait l'appareil de production, d'autres (infiniment moins nombreux) estiment que c'est l'idée même de production qui est à remettre en question : pourquoi faut-il produire autant ? Au nom de quelles valeurs ?... Ce sont eux qui sont les premiers inspirateurs de la décroissance.

Les premiers prémisses du mouvement de la décroissance s'expriment dans la première nation industrialisée, la Grande-Bretagne. le peintre et poète John Ruskin et les membres du mouvement Arts & Crafts (1819-1900) en sont les principaux théoriciens tandis que le luddisme, mouvement de sabotage sélectif de certaines machines, et les premières formes du syndicalisme ouvrier en sont les manifestations sociales.

Les fondateurs de "l'écologie radicale", au premier rang desquels l'Américain Henry David Thoreau (1817-1862), affirment que la société industrielle met en péril l'équilibre des liens séculiers unissant l'homme et la nature et qu'il convient que les hommes retrouvent un mode de vie qui ne soit pas centré sur la recherche du confort maximal[1].

En France, en 1880, Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, inaugure une critique de la valeur travail à travers son livre Le Droit à la paresse.

En Russie, l'écrivain Léon Tolstoï (1828-1911) est le premier intellectuel à mettre en corrélation l'industrialisation et le déclin de la posture spirituelle et contemplative.

Le début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle se développe un courant de pensée explicitement anti-productiviste, mais qui reste très minoritaire car il s'inscrit ouvertement à contre-courant de la pensée politique dominante, marquée par la valeur travail.

En Grande-Bretagne, en 1932, le mathématicien et philosophe Bertrand Russell publie In Praise of Idleness (Éloge de l'oisiveté), un très bref essai dans lequel il formule l'idée que l'homme moderne se livre à un véritable culte du travail qui l'amène à travailler toujours plus, jusqu'à l'usure et au non-sens.

En France, en 1935, Jacques Ellul et Bernard Charbonneau mettent sur le même plan le capitalisme, le fascisme et le communisme au motif que tous trois cèdent à la même pulsion : produire toujours plus[2],[3].

Si la notion de décroissance traverse toute l’œuvre d'Ellul[4], celui-ci n'emploie jamais le terme lui-même, considérant en effet que le préalable à l'abandon du productivisme est un travail que chaque personne doit mener sur elle-même : « Toute révolution doit être immédiate, c’est-à-dire qu’elle doit commencer à l'intérieur de chaque individu par une transformation de sa façon de juger (...) et d’agir. C'est pourquoi la révolution ne peut plus être un mouvement de masse et un grand remue-ménage (…) ; il est impossible de se dire révolutionnaire sans être révolutionnaire, c'est-à-dire sans changer de vie »[5]. En 1988, il intitule « Inventer l'homme » la conclusion de son livre Le bluff technologique.

Ellul considère que l'économie conditionne la politique, la technique conditionne et détermine l'économie. Il faut « dépasser Marx », écrit-il en 1954, c'est-à-dire « réactualiser sa pensée » : « il est vain de déblatérer contre le capitalisme : ce n'est plus lui qui crée ce monde mais la machine »[6]. Il précise en 1981 : « Le capitalisme est une réalité historiquement dépassée. Il peut bien durer un siècle encore, cela n'a plus d'intérêt historique. Ce qui est nouveau et déterminant, c'est le développement de la technique[7]. » Non seulement « croire que l'on modifiera quoi que ce soit par la voie institutionnelle est illusoire[8] », mais la politique dans son ensemble est une illusion dans la mesure où elle est désormais tout entière gouvernée par la technique[9].

Concernant la question « comment l'homme peut-il reprendre le contrôle de la technique ? », lire infra : « Critique ellulienne ».

Décennie 1970[modifier | modifier le code]

Les années 1970 sont marquées par l'édition de trois ouvrages ayant valeur de fondements du mouvement de la décroissance : le Rapport Meadows (1971), La convivialité d'Ivan Illich (1973) et Demain la décroissance de Nicholas Georgescu-Roegen (1979).

Les premiers efforts de théorisation de l'idée de décroissance se manifestent au sein du Club de Rome, fondé en 1968 et rassemblant des diplomates, des universitaires, des industriels et des membres de la société civile désireux de penser l'avenir du monde sur le long terme "dans une société qui, à l'évidence, misait alors tout sur le court terme"[10].

En 1973, dans son ouvrage La convivialité, Ivan Illich élabore une théorie sur une société future à la fois moderne et non dominée par l'industrie. Il nomme conviviale « une telle société dans laquelle les technologies modernes servent des individus politiquement interdépendants, et non des gestionnaires ».

Le terme "décroissance" proprement dit apparaît en France en 1979 dans un ouvrage de l'économiste et mathématicien américain d'origine roumaine Nicholas Georgescu-Roegen intitulé Demain la décroissance, qui est constitué d'une sélection d'articles dont les plus anciens remontent à 1971[11].

Les rapports du Club de Rome[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Club de Rome et Halte à la croissance ?.

En 1968, le Club de Rome commande à une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology un rapport pour analyser les conséquences planétaires des hypothèses envisageables pour les politiques économiques et industrielles. Ce rapport publié en 1972, intitulé Limits to Growth (Halte à la croissance ? dans son édition française), est la première étude importante soulignant les dangers économiques de la croissance de la consommation des matières premières et de la croissance démographique que connaît alors le monde. Ce document aura un retentissement considérable puisque, traduit en trente langues, il se vendra en douze millions d'exemplaires[12].

Un second rapport intitulé Sortir de l'ère du gaspillage : demain fut publié en 1974 ; un troisième, non traduit en français, existe : Review of Limits to Growth: The 30-Year Update[13].

Ces rapports, également connus sous le nom de rapports Meadows, ne sont pas au sens strict des textes fondateurs de la décroissance, car ils ont alors été présentés comme défendant la « croissance zéro »[14]. Ils sont cependant considérés comme les premières études « officielles » présentant explicitement la croissance économique comme un facteur essentiel de l'aggravation des dérèglements planétaires (pollution, pénuries de matières premières, destruction des écosystèmes, etc.), et sont parmi les premiers écrits qui remettent en cause le modèle de croissance de l'après-guerre.

Ivan Illich[modifier | modifier le code]

Illich n’a jamais employé le mot "décroissance" mais il développe de nombreux thèmes qui lui sont connexes : « autolimitation des besoins », « insoutenabilité du mode de vie moderne » et surtout « contre-productivité ». Dans son livre La convivialité, en 1973, il distingue deux types d’outils : ceux qui permettent à tout homme de « satisfaire » ses besoins vitaux et ceux qui « créent » des besoins qu’eux seuls peuvent ensuite satisfaire. L’automobile, par exemple, appartient à la deuxième catégorie. Mais pour l’utiliser, il faut de l’essence, des routes, des parkings... et beaucoup d’argent pour les entretenir. Le besoin initial multipliant à l’infini d'autre besoins, sa satisfaction génère toute une masse de nuisances et de servitudes. Ainsi, conçus pour être efficaces, les outils de la deuxième catégorie, au delà d'un certain seuil (c'est-à-dire fabriqués en quantités industrielles), deviennent contre-productifs. Illich se prononce non pas pour leur suppression mais pour une réduction drastique de leur nombre[réf. nécessaire].

Nicholas Georgescu-Roegen[modifier | modifier le code]

Nicholas Georgescu-Roegen est considéré comme l'inventeur du concept de décroissance[15] et son principal théoricien[16]. Il publie en 1971 un ouvrage intitulé The Entropy Law and the Economic Process. En 1979, Jacques Grinevald traduit l'ouvrage sous le titre Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie[17].

Nicholas Georgescu-Roegen tente un rapprochement direct entre l'économie en général dans toute sa complexité et diversité et un principe physique particulier. Il estime que le modèle économique néoclassique est fondé sur le paradigme de la mécanique newtonienne[18] et ne prend pas en compte les phénomènes de dégradation de l'énergie et de la matière. Il pense pouvoir fonder quant à lui son modèle économique sur le deuxième principe de la thermodynamique et la notion d'entropie selon lequel, par le biais des différents processus de production, la matière et l'énergie se dégradent de manière irréversible. Est ainsi mis en exergue l'exemple des matières premières utilisées pour la construction des ordinateurs sont fragmentées et disséminées à travers toute la planète et il devient pratiquement impossible de reconstituer les minerais d'origine. Quant à l'énergie utilisée pour leur fabrication, elle est dissipée en chaleur[19].

Problématiques écologiques et sociales[modifier | modifier le code]

Le concept de décroissance rencontre un écho important dans le débat public pour différentes raisons, problématiques, et conjonctures :

  • Épuisement des ressources énergétiques : pétrole (pic pétrolier mondial arrivant entre 2006[20] et 2040 selon les prévisions des compagnies et des gouvernements[21], ou qui serait déjà passé en 2005 selon Colin Campbell de l'ASPO), gaz (70 ans), uranium (entre 50 et 220 ans)[22],[23], charbon (200 ans[24]) (au rythme actuel de consommation).
  • Augmentation du prix de l'extraction des ressources qui diminuent (et qui nécessitent un investissement en énergie et en matériaux, supérieurs aux investissements passés)
  • Raréfaction de nombreuses autres ressources minières : indium, nickel, cobalt[25],[26] (ces deux derniers éléments entrent dans la composition de certains aciers), cuivre, iridium[réf. nécessaire][27], etc.
  • Dégradation de l’environnement : effet de serre, dérèglement du climat, diminution de la biodiversité, pollutions diverses. Dégradation de la santé des populations[28].
  • Évolution des modes de vie : transports, traitement des déchets, alimentation (obésité dans les pays développés, malnutrition dans les pays pauvres).
  • Exploitation des ressources des pays dits du Sud au profit de ceux dits du Nord, ressources énergétiques et minières, et ressources agricoles (cultures fourragères au détriment des cultures vivrières). Circuit économique parfois considéré comme « néo-colonial » ou « post-colonial ». Selon certaines extrapolations il faudrait entre 3 et 8 planètes Terre pour que la population mondiale puisse vivre à la manière d'un Européen[29].
  • Répartition inéquitable de l'accès aux ressources et aux richesses produites dans les pays développés, et entre les pays développés et les pays en voie de développement.
  • Déclin d'autres explications de la crise écologique, telles que le marxisme. Le fait que les pays se réclamant du marxisme ne protégeaient pas mieux la planète que les autres pays menait à la conclusion que le marxisme était incapable de proposer une solution à la crise écologique.


Les différentes approches[modifier | modifier le code]

Décroissance et économie[modifier | modifier le code]

Le concept de « décroissance » naît d'une remise en cause du concept de croissance économique et de l'outil privilégié de sa mesure, le PIB.

  • Les promoteurs du concept de décroissance affirment que la croissance telle que mesurée par le PIB n'est que quantitative et non qualitative, puisqu'elle ne mesure que l'augmentation de la production et de la vente de biens et services sans tenir compte du bien-être des populations et de la santé des écosystèmes. Ils privilégient d'autres indices de développement tels que l'Indice de développement humain, l'empreinte écologique, l'indice de santé sociale.
  • Les partisans de la décroissance affirment que la croissance telle que mesurée par le PIB est fausse sur le plan économique car elle ne comptabilise pas l'épuisement du stock des matières premières indispensables au système. Elle ne tient pas compte du fait que la Terre est limitée aussi bien dans ses ressources naturelles que dans sa capacité à supporter la destruction de son biotope (résilience).

La théorie appelée « bioéconomie » telle qu'exprimée par Nicholas Georgescu-Roegen dans The Entropy law and the Economic Process (1971) fait partie des fondements de la décroissance, comme le philosophe Martin Heidegger ("la question de la technique"), Günther Anders (L'Obsolescence de l'homme, 1956), d'Hannah Arendt (Condition de l'homme moderne, 1958) et du Club de Rome, à travers notamment le rapport Meadows de 1972 qui a pour titre français Halte à la croissance ?, ou encore celle d'Ivan Illich avec La Convivialité (1973).

Critique des catégories de l'économie[modifier | modifier le code]

Les partisans de la décroissance affirment que la recherche d’une évaluation de l’évolution des richesses, liée aussi bien à des besoins politiques que scientifiques, a conduit les économistes à créer des indicateurs ne prenant en compte que les aspects mesurables des richesses qui sont unifiées à travers leur équivalence monétaire. Les tenants de la décroissance arguent que la mesure du PIB est une mesure abstraite ne prenant pas en compte le bien-être des populations ni la pérennité des écosystèmes.

En effet, de nombreux éléments de la richesse ne sont pas pris en compte dans la mesure du Produit Intérieur Brut : les ressources naturelles, mais aussi les loisirs non marchands, les activités sociales et politiques qui représentent des déterminants importants de la qualité de vie perçue. Réciproquement, certaines activités sont prises en compte dans la mesure du PIB, qui sont pourtant généralement perçues comme n'allant pas dans le sens de « l'utilité et la jouissance de l'espèce humaine[30] ». L'exemple souvent repris dans la littérature sur la décroissance est l'exemple économique classique, critiqué par Frédéric Bastiat dans son sophisme de la vitre cassée, mis en lumière par John Maynard Keynes[31] et repris par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice[32].

De ces décalages entre le concept de richesse et sa représentation par le PIB, il peut résulter des critiques sur les moyens de mesure de la richesse plutôt qu'à la notion de croissance elle-même. Elles ne forment cependant pas l'intégralité des approches discutées dans le cadre de la décroissance puisque d'autres sont fondées sur la critique, à la fois plus radicale et plus générale, de l« 'invention de l'économie »[33]. Une partie de la mouvance de la décroissance propose de « sortir de l’économie »[34] et remet en cause les catégories de base de l’économie : les « besoins », les « ressources », la « rareté », la « valeur », la « richesse » , etc.

Décroissance et développement durable[modifier | modifier le code]

La décroissance s'oppose au productivisme proposé comme modèle depuis l'ère industrielle[35]. Elle s'oppose donc en partie au développement durable lorsqu'il est défini comme nécessitant une croissance durable ou continue des facteurs de production matériel et des échanges de biens et de produits financiers.

Pour les partisans de la décroissance, une société qui consomme toujours plus de ressources ne peut pas être respectueuse de l'environnement et sera rapidement confrontée au manque de certaines ressources vitales. Ils estiment que pour être durable et soutenable sur une planète finie, le développement humain devra au contraire pouvoir se passer d'une croissance matérielle perpétuelle, au profit de réponses justes aux besoins matériels et sociaux. La critique de la croissance passe toutefois nécessairement par une réflexion sur ce qu'est le « progrès », qui comme le « développement », est une vision unidirectionnelle de l'histoire.

Ce productivisme est, depuis peu, partiellement remis en question par le « développement durable », concept qui est souvent vu par les partisans de la décroissance comme un oxymore : ceux-ci soutiennent qu'avec les déséquilibres qu’il entretient[36] , le développement ne peut pas être durable. La croissance économique pourrait cependant être conjuguée avec une diminution des ressources naturelles consommées si l'intensité énergétique diminue plus vite que l'économie ne croît.

Décroissance et pays peu développés[modifier | modifier le code]

Certains tenants de la décroissance envisagent une croissance pour les zones peu développées et les communautés et individus les plus pauvres, mais considèrent que le processus n'est pas « durable ». Un développement durable impliquerait de toujours différencier le développement qualitatif et humain (le développement du bien-être, scolaire, culturel et de règles de fonctionnement communautaires harmonieuses, etc.) des aspects matériels limités par leur consommation de ressource. La biodiversité doit être préservée. Le développement devient alors nécessairement un « écodéveloppement » plus respectueux de l'environnement et de l'Homme (d'où les idées émergentes de haute qualité environnementale et d'écocertification plus ou moins bien appliquées selon les cas). Pour atteindre ce but :

  • Il faut préserver les populations d'une conjoncture mondiale de fin des ressources vitales. La relocalisation des économies (priorité à la production et à la consommation locales et à la réduction des transports motorisés) en est un des moyens proposés.
  • Il est nécessaire de faire profiter les zones pauvres des meilleures techniques et stratégies en matière d'efficacité énergétique et écologique.
  • Des idées récemment reformulées, mais qui étaient embryonnaires dans l'écodéveloppement d'Ignacy Sachs ou de René Dumont puis de René Passet sont la notion de « remboursement de la dette écologique », voire d'une dette sociale, et une réduction partagée et équitable de l'empreinte écologique, dans une vision de développement solidaire.

Décroissance et technologie[modifier | modifier le code]

Si la croyance en un « sens de l'histoire » semble avoir disparu[37], survit une vision scientiste et surtout « technicienne » de l'humanité, dernier avatar d'une conception évolutionniste de l'homme et de l'histoire. Reprenant les thèses de Jacques Ellul (qui, dès 1954, dans La Technique ou l'enjeu du siècle, affirme qu'à partir du XXe siècle, la technique est devenue un « facteur autonome », « régissant les destinées de l'homme bien plus que celui-ci ne croit la maîtriser »[38]), un certain nombre de militants de la décroissance s'attachent à poser le problème de la fuite en avant technologique comme à l'origine de tous les grands types de crises[39].

Leur combat ne vise pas la technique en elle-même mais le mythe du progrès technique et ce qui le fonde : « la recherche en toute chose du moyen absolument le plus efficace »[40], cette quête étant elle-même l'expression la plus aboutie de la volonté de puissance[41]. Le caractère autonome de la technique y est perçu comme résultant du fait que, dans les mentalités, l'usage des moyens est désormais privilégié à la définition des finalités : on produit un bien pour la raison que l'on peut techniquement le produire et on le consomme tout simplement parce qu'il est produit. Sous cet angle, la société est une "société de production" avant d'être une "société de consommation". Et c'est le cycle incessant production-consommation qui confine la société dans une vision matérialiste étroite, l'exposant du coup à une situation critique à tous les niveaux : environnemental, économique, politique, social et culturel.

Les choix énergétiques[modifier | modifier le code]

Cette impasse socio-technique se révèle à deux niveaux: le premier est atteint dès le choix technologique qui a présidé à la naissance de la société industrielle, celle de l'affirmation de la puissance à l'aide du moteur thermique, ce qui nous permet de caractériser la société moderne, à la suite de Jacques Grinevald et Alain Gras, comme « thermo-industrielle »[42].

Le second niveau est atteint avec la dépendance du pétrole qui, fut un processus d'une rapidité inouïe: elle commence aux début du XXe siècle mais c'est dans les années 1950 seulement que le système bascule. En un peu plus d'un siècle l'énergie fossile s'empare de presque toute la technologie, mais en un demi-siècle le pétrole va assurer 40 % des besoins des pays industrialisés.

La solution proposée est celle de la "fuite en avant technologique" grâce aux technologies vertes. Censées remédier aux problèmes elles ne feraient que les aggraver par la prédation accélérée de la nature qu'elles introduisent. Le nickel, le cuivre, l'étain, et nombre de métaux classiques voient leurs réserves diminuer rapidement, mais les autres métaux nouvellement utilisés - cobalt, indium, gallium, etc. et les terres rares – lanthanides… - exigent la destruction d'immenses surfaces dans des endroits encore sauvages. Le pic de pétrole, n'est qu'un des aspects énergétiques de la situation, des pics de production seront franchis dans tous les composants des technologies de pointe, « peak of everything » nous avertit Philippe Bihouix[43].

La décroissance implique une sobriété de consommation et donc un terme à l'obsession de "l’innovation" technique : les produits ne doivent pas être "nouveaux" mais simples, durables, recyclables, fabriqués en quantité nécessaire et suffisante, diffusés dans un périmètre limité (pour éviter les dépenses liées au transport). Avant tout, ils doivent répondre à des besoins vitaux et non superflus.

Décroissance et politique[modifier | modifier le code]

La plupart des penseurs critiques de la croissance, tels, en France, André Gorz et l'économiste Serge Latouche, se demandent comment il serait possible de traduire l'idée de décroissance sur le plan politique mais reconnaissent leur incapacité à le faire en l'état des choses. Avant eux, Jacques Ellul a fait de cette incapacité même un objet d'étude, notamment dans son livre L'illusion politique, paru en 1965. Latouche qu'il n'est possible de penser la décroissance en termes politiques qu'au prix d'une "décolonisation de l'imaginaire" passant par une démystification radicale de la société de consommation. Celle-ci ne s'exprime pas seulement par le discours théorique mais aussi par des actions, en particulier le mouvement mouvement antipub.

Les décroissants tentent de démontrer qu'il est illusoire de s'imaginer qu'une dématérialisation des activités humaines (par exemple le télétravail) est susceptible de réduire la nocivité de la croissance sur la biosphère et ainsi résoudre le problème de la crise environnementale : "la consommation des centres de données dépasse celle du trafic aérien, une recherche sur Google produit autant de CO2 que de porter à ébullition de l’eau avec une bouilloire électrique"[44].

Pour les décroissants, l'arrêt de la croissance sera, tôt ou tard, imposé par la raréfaction des ressources naturelles, en particulier des ressources en énergie (pétrole, gaz, charbon et uranium). Selon Yves Cochet, "On n'a pas à choisir si l'on est pour ou contre la décroissance, elle est inéluctable, elle arrivera qu'on le veuille ou non"[45]. Il s'agit donc de la choisir dès maintenant afin d'enrayer les risques qui peuvent survenir dans un futur assez proche : pénuries, dépassement des pics de l'énergie et tensions géopolitiques qui pourraient en découler, ou d'attendre que ces événements arrivent pour la choisir. C'est dans cette logique qu'ils critiquent vivement la partie de la classe politique contemporaine qui considère la croissance comme la solution aux problèmes actuels de société.

La majorité des Objecteurs de croissance provient des diverses familles des gauches. Elle croise les réflexions des milieux antiproductivistes, elle s'inscrit aussi dans la mouvance du Buen-vivir (Bien vivre) au sens de l'Amérique du Sud. Les objecteurs de croissance sont aussi très actifs dans les milieux qui prônent l'adoption d'un revenu social inconditionnel. Le journal La vie est à nous ! / Le Sarkophage travaille depuis 2007 à cette convergence des gauches objectrices de croissance et amoureuses du Bien vivre, selon la formule de Paul Ariès.

Processus de mise en place[modifier | modifier le code]

La décroissance n’est pas envisagée comme un projet politique dont l'objectif serait de bâtir une « société de décroissance » qui serait un renversement régi par le dogme d'une croissance négative. Les objecteurs de croissance décrivent leur projet comme une tout autre organisation dans laquelle le loisir est valorisé à la place du travail, où les relations sociales priment sur la production et la consommation de produits jetables inutiles, voire nuisibles[46].

En particulier, le processus de réduction de l'empreinte écologique de l'activité humaine et du niveau de vie des populations des pays les plus développés est pour les tenants de la décroissance rendu inévitable par la raréfaction des ressources et l'augmentation de la population mondiale. Mais cette question de plus en plus prégnante du partage des ressources et des richesses qui en sont tirées, traduite sur le mode volontariste par la démarche de « simplicité volontaire », n'épuise pas les questions politiques posées par la reconsidération du mode de développement actuel.

Si le modèle théorisé par les partisans de la décroissance, passant en grande partie par une relocalisation complète des activités économiques, ne trouve pas encore beaucoup d'applications à grande échelle, on voit cependant apparaitre des initiatives locales qui s'inscrivent dans une démarche décroissante. On peut citer en exemple les associations pour le maintien d'une agriculture paysanne qui sont une alternative à l'industrie agro-alimentaire et qui illustrent ce que Serge Latouche nomme la « sortie de l'économie »[47], c'est-à-dire la transformation du rapport client-fournisseur en un lien relocalisé de coproduction et de cogestion. Ainsi au sein des AMAP la valorisation des produits (fruits et légumes) ne dépend pas de la loi de l'offre et de la demande. La relation entre le producteur et les adhérents est une relation d'entraide et de soutien qui dépasse le cadre économique du simple rapport marchand[48].

Décroissance et spiritualité[modifier | modifier le code]

Plusieurs partisans de la décroissance, tels Pierre Rabhi, valorisent le concept de simplicité volontaire en se réclama nt de la pensée de Gandhi. Ils critiquent le productivisme depuis la conception du monde qui le sous-tend, étroitement matérialiste et marchande, qui ne prend en considération que les intérêts financiers des entreprises (au nom du principe de compétitivité élevé au rang de valeur) et les avantages des individus en termes de confort.

Converti dans sa jeunesse au protestantisme, Ellul considère que le productivisme tire sa force du fait que la majorité des humains, ayant érigé en valeur suprême la "recherche de l'efficacité maximale en toutes choses", en sont venus à "sacraliser la technique", notamment l'ensemble de leurs moyens de production. Partant de l'idée que cette sacralisation résulte du "fétichisme de la marchandise" (Marx), il estime qu'elle les aliène et qu'ils ne peuvent se libérer qu'au prix d'une ascèse.

Ancien prêtre, Ivan Illich fonde (comme Ellul, dont il est un lecteur attentif[49]) sa critique sur des arguments d'ordre spirituel.

Concepts divers[modifier | modifier le code]

« Effet rebond »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Effet rebond.

L'« effet rebond », couramment utilisé en économie de l'énergie, décrit l'effet d'une amélioration d'efficacité de l'utilisation d'une ressource sur sa demande : si l'efficacité d'utilisation augmente d'1 %, la consommation diminue dans une proportion bien moindre, et peut même augmenter dans certains cas. Certains partisans de la décroissance postulent un « effet rebond » systématique : selon eux, tout progrès technique, toute amélioration de productivité, au lieu de diminuer la consommation de matières premières et d'énergie, conduirait au contraire à produire beaucoup plus, donc à consommer davantage[50]. La théorie économique a étudié ce phénomène dès le XIXe siècle. Les travaux de l'économiste anglais Jevons ont ainsi donné naissance au paradoxe de Jevons. En 1980, cette question a été reprise de manière indépendante par les économistes Khazoom et Brookes dont les travaux sont à la base du postulat de Khazzoom-Brookes. Ce postulat globalise deux types d'effets, des effets microéconomiques - sur le comportement des consommateurs ou des producteurs individuels - et des effets macroéconomiques - sur le fonctionnement général de l'économie. Si les premiers entraînent généralement un effet rebond nettement inférieur à l'économie réalisée, les seconds induisent, selon le postulat, un rebond supérieur à cette économie. Ces constats sont compatibles aussi bien avec la théorie économique qu'avec les observations[51]. Il n'en reste pas moins que le postulat de Khazzoom-Brookes fait l'objet de débats[52].

Par exemple, dans le cas du charbon étudié par Jevons, l'invention par James Watt d'une machine à vapeur plus économe en charbon n'a pas eu pour effet de réduire la consommation de charbon en Angleterre[53]. En effet, cette invention qui permettait de produire autant d'énergie pour une consommation de charbon plus faible, a en fait permis de produire plus d'énergie sans augmenter les coûts. Il en est résulté une augmentation de la consommation de charbon. Ainsi, Jevons montre par cet exemple que les progrès techniques visant à réduire la consommation d'une ressource ne permettent pas forcément d'atteindre cet objectif du fait d'un effet pervers, l'effet rebond.

Voitures dans un embouteillage
Voitures dans un embouteillage.

« Effet débond »[modifier | modifier le code]

Répondant au principe sus-évoqué, François Schneider introduit le concept d'effet débond qui, sur le plan individuel, passerait par une acceptation d'un mode de vie personnel en harmonie avec une simplicité volontaire : autrement dit, les gains de productivité doivent être investis en temps gagné pour des loisirs non « consommateurs » de ressources pour la planète, et non pas réinvestis par effet rebond pour accélérer cette consommation.[réf. souhaitée] La réduction du temps de travail est un de ces actes volontaires qui correspondent à l'effet débond.

Les militants de la décroissance proposent par conséquent des solutions qu'ils considèrent comme pratiques et rationnelles pour réduire autant que possible toute forme de gaspillage ou de dépendance énergétique.

Décroissance soutenable[modifier | modifier le code]

Le concept de « décroissance soutenable »[54] fait référence au développement durable. Il en reprend l'objectif, qui est de « répondre aux besoins des générations actuelles, sans pour autant compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ». Les tenants de la « décroissance soutenable » ajoutent que cet objectif ne peut correspondre qu'à une diminution de l'empreinte écologique collective et individuelle dans les situations où le seuil de durabilité est dépassé. Cela conduit à la nécessité politique d'organiser, voire d'imposer les changements requis. Le terme « soutenable » traduit alors le souhait que les politiques engagées ne provoquent pas d'effondrement catastrophique de la société[55].

Décroissance équitable[modifier | modifier le code]

La décroissance équitable regroupe les objecteurs de croissance qui souhaitent concilier les contraintes environnementales avec le souci de justice sociale par un retour au politique. Ces militants se sont retrouvés en 2006 lors des États Généraux de la décroissance équitable à Lyon. Ils comptent aussi parmi les organisateurs du contre-Grenelle de l'environnement. Ces militants sont souvent adeptes du revenu de base inconditionnel et du revenu maximal autorisé. Paul Ariès est l'un des principaux théoriciens de ce courant avec sa proposition de nouveau paradigme de gratuité de l'usage et de renchérissement du mésusage. Ces thèses sont notamment développées dans les journaux La Décroissance et Le Sarkophage.

Acteurs et actions[modifier | modifier le code]

Pour les « objecteurs de croissance », également appelés « décroissants » dans la presse, une réduction contrôlée de l'activité économique est la seule alternative à un krach mondial aux conséquences imprévisibles. Selon eux, les réalités physiques rendent impossible un développement économique infini : les taux de production et de consommation ne peuvent pas être durablement accrus ni même maintenus, étant donné que la création de richesses mesurée par les indicateurs économiques comme le PIB repose sur l'exploitation et la destruction d'un capital naturel épuisable.

Les « objecteurs de croissance » prônent donc sur le plan individuel la démarche dite de simplicité volontaire et, sur le plan global, une relocalisation des activités économiques afin de réduire l'empreinte écologique et les dépenses énergétiques.

Acteurs[modifier | modifier le code]

Les partisans de la décroissance soutenable proposent des démarches d'initiative individuelle (voir par exemple la simplicité volontaire) et des démarches collectives de sensibilisation, notamment en organisant des conférences et des marches.

En France

En France, une réflexion originale s'instaure en 2002, avec la publication d'un numéro de la revue écologiste Silence (créée vingt ans plus tôt), sous la direction de Vincent Cheynet et Bruno Clémentin[56], entièrement consacré à la décroissance et qui connait un vif succès. La même année se tient à l'Unesco une conférence intitulée Défaire le développement, refaire le monde, qui connait un succès inattendu[57].

En 2004, le parti politique EELV formalise une position favorable à la notion de décroissance qui, depuis, s'étaye à travers la notion de « décroissance sélective et équitable »[58].

Le Parti pour la décroissance (PPLD) est créé en 2005[59],[60]. Après des débuts difficiles, il est relancé en janvier 2008 et, l'année suivante, s'engage lors des élections européennes (campagne "Europe-Décroissance"). En septembre 2009, il fonde avec le Mouvement des Objecteurs de Croissance l'Association d'Objecteurs de Croissance (AdOC)[61].

Une partie du mouvement libertaire reprend à son compte les idées de la décroissance, notamment Jean-Pierre Tertrais dans sa brochure « Du développement à la décroissance » sous-titrée « De la nécessité de sortir de l'impasse suicidaire du capitalisme ». De même Alternative libertaire a adopté une motion sur ce sujet à son congrès de 2006[62]. L'approche libertaire est bien plus portée sur la volonté de changer radicalement les structures économiques et sociales de la société que de tabler sur des initiatives individuelles ou étatistes. Pour eux, c'est le mécanisme capitaliste de la plus-value qui est à la base de la surproduction et de la destruction des éco-systèmes[63]. La solution serait de promouvoir une organisation de la société en fédération de communes libres, la pratique de l'autogestion sur les lieux de travail et dans les quartiers ainsi que la relocalisation de l'économie.

En 2007, Alain de Benoist, représentant de la « Nouvelle Droite », publie Demain la décroissance. Penser l'écologie jusqu'au bout, un essai reprenant l'idée de décroissance. Des tenants français de ce mouvement, venus de la gauche, le fustigent comme une « récupération »[64], d'autres, tels Bernard Langlois, le soutiennent : « ce n'est pas parce que certains considèrent Benoist comme le diable que je me priverai de dire du bien de Demain la décroissance, un essai bien intéressant, notamment dans sa dimension philosophique. »[65], ou du moins accepté le débat[66]. Alain de Benoist s'inscrit dans la critique traditionnelle du progrès et de la modernité ancrée dans un antilibéralisme de droite.

En 2011 est créé l'Institut Momentum, dont l'objectif est de "mobiliser un nou­vel imag­i­naire social" en vue de démystifier l'idéologie productiviste et d'en démontrer le caractère mortifère[67].

En 2014, l'association Technologos (créée en 2012), qui exprime sa dette intellectuelle envers Mumford, Anders, Ellul, Charbonneau et Illich, consacre deux rencontres sur le thème de la décroissance : "Résister au productivisme sans revenir à la bougie", en juillet[68] et "Technique, croissance et décroissance", en septembre[69].

À l'étranger

Au Canada, le Mouvement québécois pour une décroissance conviviale (MQDC) est fondé en juillet 2007[70].

En Belgique, le Mouvement politique des objecteurs de croissance est créé en octobre 2009[71].

Actions[modifier | modifier le code]

Les partisans de la décroissance défendent leurs convictions par le biais de certains événements comme la « journée sans achat » ou des « marches pour la décroissance ». Ces marches s'inscrivent, aux yeux de leurs participants, dans la tradition des marches de désobéissance civile comme la marche du sel menée par Mohandas Karamchand Gandhi[72]. Elles sont généralement autogérées et autonomes : aucun véhicule motorisé n'est utilisé pour transporter la nourriture et les tentes. Les objets lourds ou volumineux sont transportés par des ânes, des vélos ou sur des carrioles. Même si toutes les marches ne se réclament pas explicitement de la décroissance, ces événements constituent un aspect du militantisme décroissant. Avec la lenteur et la convivialité comme valeurs principales, les « marcheurs de la décroissance » sillonnent les routes et peuvent prendre le temps de s'arrêter pour discuter avec les personnes rencontrées en chemin. Les débats et la transmission des idées se font de personne à personne, plutôt que par l'intermédiaire des médias de masse.

Plusieurs marches se sont tenues depuis 2005[73], rassemblant jusqu'à 500 personnes. En particulier, le 3 juillet 2005, environ 500 personnes[74] ont défilé sur 15 km pour demander la suppression du Grand Prix automobile de France de Formule 1, considéré comme symbole de la société de croissance et de gaspillage des ressources. José Bové, Albert Jacquard, Serge Latouche et François Schneider ont pris la parole sur la place du village de Magny-Cours.

Critiques[modifier | modifier le code]

Critiques sur le plan économique[modifier | modifier le code]

Pour la majorité des économistes actuels, que ce soit ceux d'orientation libérale ou keynésienne, la croissance économique permet la création de richesses, d'emploi, l'amélioration du niveau de vie, l'amélioration de l'éducation et des systèmes de santé et l'allongement de l'espérance de vie. Dans ce schéma, la décroissance va générer une récession et son corollaire : hausse du chômage, perte de pouvoir d'achat des ménages et violences sociales.

Autorégulation du marché[modifier | modifier le code]

La plupart des théories macroéconomiques[75] privilégie une économie de marché, où « l'allocation des ressources est guidée par les mécanismes de prix »[76], système d'allocation estimé bien plus efficace que celui géré par une autorité centralisée, car la production s'oriente dans le sens des préférences révélées par le système des prix. La recherche du profit pousse à financer des activités qui assurent la perpétuation de la croissance. Le capitalisme permet ainsi l'arbitrage vers des ressources plus abondantes ou vers d'autres biens, et signale par les prix du marché une ressource qui se raréfie. Toute manne financière procurée par la hausse des prix peut être affectée au financement de la recherche de nouvelles sources d'énergie et d'efficacité pour perpétuer la production et diminuer ses coûts. Ainsi le prix du pétrole, soumis à une demande soutenue et une offre limitée augmente, ce qui rend profitable l'exploitation de gisements qu'on avait auparavant ignoré car trop coûteux à exploiter (par exemple : gisement très profond ou situé dans une zone sans état de droit) ou la recherche relative à de nouvelles sources d'énergie.

Selon Robert Solow et Joseph Eugene Stiglitz, répondant directement au défi posé par la théorie de Nicholas Georgescu-Roegen, le capital et le travail peuvent se substituer aux ressources naturelles que ce soit directement ou indirectement dans la production, assurant la pérennité de la croissance ou tout du moins un développement durable[77].

Anti-malthusianisme économique[modifier | modifier le code]

Certains opposants à la décroissance l'assimilent à une forme de néo-malthusianisme économique[78], ou à une résurgence de formes antérieures du malthusianisme sous-tendant que la croissance est conditionnée par l'exploitation des ressources, les thèses « anti-malthusiennes » prônant au contraire que l'exploitation des ressources dépend du développement économique. Ainsi, l'économiste du développement et géographe Sylvie Brunel considère que le succès de la décroissance et du développement durable participe d'une « résurgence du malthusianisme »[79]. Selon elle, le monde n'est pas près de manquer de ressources, « des réserves de production considérables existent, autant en augmentant les rendements [...] qu'en étendant les surfaces cultivées [...]. La planète est parfaitement capable de nourrir une population qui ne doublera plus jamais. Elle est en réalité loin d'avoir atteint sa « capacité de charge » »[80].

Le milliardaire britannique Edward Goldsmith fut un ardent partisan de la décroissance ; il créa la revue L'Écologiste.

Raymond Aron rapporte dans ses Mémoires qu'une partie de la gauche dans les années 1950 accusait les capitalistes de refuser la croissance qui mettrait en danger leur position[81].

Contestation de l'épuisement des ressources[modifier | modifier le code]

Un des présupposés essentiels de la décroissance est que le monde manquera de matières premières et qu'il faut donc en limiter l'usage. Cette façon de poser le problème est fortement critiquée par le « Prix Nobel » d'économie Robert Solow. Selon lui, se demander quelle quantité de tel ou tel produit nous pouvons nous permettre d’utiliser est « une façon étroite et préjudiciable de poser la question »[82]. Ce qui est important, c'est le capital humain, la capacité des hommes à inventer de nouvelles solutions : « Il est très facile de substituer d'autres facteurs aux ressources naturelles, il n'y a donc pas de 'problème' de principe. Le monde peut, en fait, se débrouiller sans ressource naturelle, donc l'épuisement n'est qu'un événement, pas une catastrophe. » Toutefois Solow est partiellement revenu sur ce point de vue en déclarant qu'« il est possible que les Etats-Unis et l'Europe se rendent compte que ... soit la croissance continue sera trop destructrice pour l'environnement et qu'ils sont trop dépendants de ressources naturelles rares, soit ils feraient mieux d'utiliser l'augmentation de la productivité sous forme de loisirs. »[83]

Bjørn Lomborg reprend cette analyse en soulignant également la difficulté de se mettre d'accord sur l'importance d'une éventuelle réduction. Quelle que soit cette baisse, les ressources finies s'épuiseront dans le schéma intellectuel de la décroissance. Il réaffirme également l'importance du progrès et de l'inventivité de l'esprit humain, accusant les partisans de la décroissance d'irresponsabilité en faisant selon lui l'apologie d'une société primitive. Lomborg écrit ainsi : « Si notre société, qui a épuisé le pétrole et le charbon, a simultanément mis au point un nombre considérable de connaissances, de capital et de moyens techniques afin d’être en mesure d’utiliser d’autres sources d’énergie à moindre frais, c’est un acte plus responsable que de laisser l’énergie fossile sous la terre telle quelle. »[84]

Ressources pétrolières[modifier | modifier le code]

Par le passé, certaines prévisions sur l'épuisement des ressources énergétiques se sont révélées inexactes. Cécile Philippe de l'Institut économique Molinari rappelle ainsi que, par exemple, dès 1914, le Bureau des mines aux États-Unis estimait que la production future de pétrole était limitée à 5,7 millions de barils, soit peut-être dix ans de consommation. Elle prétend[85] également, entre autres exemples, que le rapport Meadows prévoyait en 1972 pour avant la fin du XXe siècle un épuisement de certaines ressources dont la substitution paraissait impossible[86].

À l'inverse des prévisions sur l'épuisement des ressources énergétiques, Daniel Yergin, spécialiste américain de l'énergie, considère que, grâce aux réserves et aux progrès techniques, « le monde n'est pas près de manquer de pétrole »[87]. Toutefois le géologue Marion King Hubbert, qui a étudié le phénomène du pic pétrolier et a donné son nom au modèle appelé « pic de Hubbert », annonça avec justesse en 1956 que la déplétion pétrolière commencerait en 1970 aux États-Unis[88]. Hormis les pays producteurs de pétrole du Moyen-Orient, pratiquement tous les autres pays producteurs ont dépassé leur pic de production[89].

Ressources en métaux[modifier | modifier le code]

Le géochimiste Claude Allègre avance que la problématique d'épuisement des ressources en métaux peut être résolue par le recyclage. Aujourd'hui, 50 % du fer utilisé est recyclé, 90 % du platine et 80 % de l’or[90]. M. Allègre appelle de ses vœux un développement de ces filières pour toutes les ressources terrestres : « À une économie unidirectionnelle à ressources infinies (on produit – on utilise – on jette) doit se substituer une économie cyclique à ressources finies. »[91]. Il est à noter que le recyclage nécessite lui-même de l'énergie (haute température) et des matériaux précieux et polluants (solvants, catalyseurs), ce qui diminue l'efficacité du recyclage.

Cela dit, les matériaux high-tech produits en masse par les sociétés de croissance reposent sur des ressources et des procédés de fabrication qui ne peuvent se contenter des qualités médiocres des productions issues du recyclage. Par ailleurs, une conception « orientée recyclage » d'un produit peut en limiter les performances : elle peut être incompatible avec un certain niveau de miniaturisation et d'intégration des composants[92].

Développement des pays du Sud[modifier | modifier le code]

Une des principales critiques opposées à la décroissance par ses détracteurs est que les classes bourgeoises des pays développés, sous couvert de protéger l'environnement, souhaiteraient en fait empêcher les pays dits « sous-développés » d'emprunter le même chemin économique que les pays occidentaux. L'économiste du développement et géographe Sylvie Brunel estime ainsi que les mouvements de développement durable et de décroissance sont nés dans l'affolement des années 1970 face à la montée de la population du Tiers Monde. Elle ajoute : « la peur du nombre suscite des prévisions catastrophiques »[93]. Elle considère qu'en est sortie une politique qui a stigmatisé les pauvres, accusés de « dilapider les ressources de la planète »[94]. Selon Sylvie Brunel, le développement des pays du Nord permet, entre autres, de tirer celui des pays du Sud. Avec son raisonnement, faire décroître les pays développés aurait donc fatalement des conséquences négatives pour les pays en développement qui perdraient des marchés pour exporter leurs matières premières, leurs produits manufacturés et leurs services.

Selon Serge Latouche[95], il n'est pas question de décroissance pour les pays les plus pauvres, mais seulement d'emprunter le bon chemin de leur développement vers une société de "décroissance choisie".

Dématérialisation de l'économie[modifier | modifier le code]

La théorie de la croissance endogène considère que les facteurs humains, la connaissance et l'innovation technique prennent le relais d'une croissance basée sur des facteurs matériels.

À la marge, un courant de pensée estime que le XXIe siècle sera celui de la noosphère[96], où la principale ressource sera l'information et la culture. Par exemple les partisans de la société de l'information, considèrent que l'humanité est entrée dans une nouvelle ère technologique, et qu'il est désormais possible, grâce à l'informatique et aux télécommunications, de créer de la richesse (i.e. de la croissance) en produisant des services et de l'information. Cette production « immatérielle » est considérée comme non-polluante. Ce qui permet à certains penseurs (notamment Joël de Rosnay ou Bernard Benhamou) d'affirmer qu'il est possible de générer de la croissance sans produire de déchets.

Cela dit, un réseau utilise des supports matériels (satellites, câbles, actifs réseaux et ordinateurs) et le traitement et la diffusion des informations a un coût énergétique (voir informatique et développement durable). Pour les tenants de la décroissance, même s'il existe une richesse « immatérielle » mesurable et représentant une part importante de la croissance économique des pays développés, la composante matérielle (et énergétique) des activités « immatérielles » ne permet pas à leurs yeux d'envisager que ce type de croissance puisse garantir la prospérité des populations.

L'informatique utilise des métaux rares[97] très précieux, des plastiques polluants et des substances chimiques comme, par exemple, des retardateurs de flamme (les PBDE, ou polybromodiphényléther). Les ordinateurs sont très vite dépassés et sont envoyés en masse vers les pays du Sud[98], où ils sont démontés et recyclés par des ferrailleurs improvisés, qui vivent dans un environnement pollué et très dangereux[99].

Critiques sur le plan physique et scientifique[modifier | modifier le code]

Théorie de la destruction créatrice[modifier | modifier le code]

Le concept économique de la décroissance est fondé sur l'hypothèse que produire toujours plus implique de consommer de plus en plus d'énergie ou de matières premières, tout en diminuant la main-d'œuvre pour la remplacer par des machines. Cette analyse a toutefois été contestée par l'économiste Joseph Schumpeter en 1911. Dans son ouvrage Théorie de l’évolution économique}, il estime que la technique et le progrès technologique permettent de produire plus avec moins, y compris dans le domaine des services. C'est que l'on appelle destruction créatrice, c'est-à-dire disparition de secteurs d'activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques : toute innovation technologique importante entraîne un processus de destruction créatrice.

L'une des critiques qu'on pourrait apporter aux théories économistes classiques est qu'elles sont découplées des contingences matérielles, comme les matériaux, les déchets ou les dommages écologiques. Un secteur d'activité peut disparaître, mais pas les déchets que ce secteur a créé.

Confiance dans les progrès de la science[modifier | modifier le code]

Évolution de l'intensité énergétique des grandes économies mondiales depuis 1980.

Une forme de critique de la décroissance défend l'idée que le progrès technique résoudra la question des énergies, des déchets et de la raréfaction des matières premières. Elle s'appuie sur l'esprit des Lumières pour développer une vision technophile et optimiste de la recherche scientifique. Ainsi, le géochimiste Claude Allègre considère que c'est la croissance qui peut contribuer à résoudre les problèmes écologiques[100]. Le Prix Nobel d'économie Amartya Sen déclarait, lui : « Le développement [humain] au fond est un processus de responsabilisation et ce pouvoir peut être utilisé pour préserver et enrichir l’environnement au lieu de le décimer. »[101].

Ils s'appuient par exemple sur l'évolution de l'intensité énergétique des grandes économies mondiales qui a fortement baissé depuis 20 ans (cf. graphe), bien que plus lentement que la croissance du PIB. Par exemple, les activités de R&D dans le domaine de l'énergie nucléaire pourraient fournir des solutions de substitution face à la probable pénurie de pétrole. À plus long terme, les partisans de la fusion nucléaire prédisent que les réacteurs de type ITER seront des sources d'énergie quasiment inépuisables et peu polluantes. L'économiste Tim Jackson distingue pourtant dans son ouvrage Prosperity without Growth les notions de "découplage relatif" (baisse d'énergie nécessaire par produit) et "découplage absolu" (baisse en consommation totale d'énergie par un secteur) et indique que la consommation absolue en énergie continue à augmenter en dépit des améliorations technologiques.

L'intensité énergétique est un des facteurs de l'équation de Kaya, qui tend à démontrer, comme l'explique par exemple Jean-Marc Jancovici[102], que soit la décroissance économique, soit la décroissance de la population sont indispensables pour éviter la catastrophe écologique.

Par ailleurs, la décroissance implique une baisse globale de la consommation énergétique, ce qui ne contredit pas la recherche d'énergies nouvelles, moins polluantes.

Critique de Georgescu-Roegen[modifier | modifier le code]

L'économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen a fondé sa « théorie bioéconomique » sur une interprétation de la seconde loi de la thermodynamique pour s'opposer à une croissance matérielle et énergétique illimitée, invitant à une décroissance économique. Le psychanalyste Jean Zin estime que cette analogie contredit l'analyse scientifique des phénomènes d'émergence et de néguentropie qui affectent les systèmes dynamiques complexes tels que l'organisation sociale humaine[103].

Il est à noter que le phénomène de néguentropie se passe sur une durée de temps qui dépasse largement le siècle, voire le millénaire. Ce phénomène paraît donc négligeable pour l'épuisement des ressources au XXIe siècle.

Critique ellulienne[modifier | modifier le code]

Jacques Ellul (lire supra : « Thèses d'Ellul et Charbonneau ») affirme que notre société est productiviste pour une raison essentielle : elle s'est « technicisée » à outrance, tant et si bien que la technique est devenue un phénomène autonome.

Se demandant comment l'homme peut reprendre le contrôle de la technique, il affirme d'abord que « ce n'est pas la technique (en elle-même) qui nous asservit mais le sacré transféré à la technique »[104]. Il convient donc, précise t-il, de ne pas aborder celle-ci en seuls termes rationnels mais aussi en réintégrant une dimension métaphysique que le rationalisme a effacé en même temps qu'il a imposé le travail, l'efficacité, la concurrence, la technicité, etc. au rang de valeurs. Chacun ne peut critiquer la technique qu'en interrogeant son propre rapport à la puissance (qu'il exerce sur le monde et/ou sur autrui) et qu'en des termes qui « transcendent » la raison. En 1982, en conclusion de son livre Changer de révolution. L'inéluctable prolétariat, Ellul fait état de sa foi chrétienne en indiquant qu'elle seule lui a permis de déceler à quel point la technique est sacralisée mais en précisant qu'il ne s'exprime qu'au seul titre du témoignage et de la conviction personnelle : en aucun cas il ne conçoit le christianisme comme solution universelle aux problèmes matériels, d'autant qu'il formule à l'endroit de celui-ci une critique extrêmement sévère[105].

La question de savoir ce qui peut « transcender la raison » si l'on ne vit pas l'expérience de la foi reste entière chez les « héritiers d'Ellul »[106].

Critique marxiste[modifier | modifier le code]

De nombreux mouvements marxistes s'opposent au concept de la décroissance, considérant qu'il ne différencie pas entre la croissance d'une production utile pour les êtres humains, et la croissance qui vise simplement à augmenter les bénéfices des entreprises (construire un nouvel hôpital ou un porte-avions militaire provoquent tous les deux de la croissance). Ils considèrent ainsi que c'est la nature et le contrôle de la production qui est déterminant, et non pas sa quantité dans l'absolu, et pensent donc que c'est le contrôle et la stratégie de la croissance qui permettront un développement social et écologique.

De plus, s'ils peuvent reconnaître de la part des décroissants certaines critiques justes des aberrations de l'économie capitaliste, les communistes marxistes reprochent au courant de la décroissance de ne pas distinguer les classes sociales et de rendre responsable, par exemple de la pollution, aussi bien voire davantage chaque consommateur individuel que les capitalistes qui dirigent l'économie en fonction des profits qu'ils espèrent réaliser. Pour les communistes, une telle idéologie, en cherchant à culpabiliser les travailleurs, ne peut que nuire à leur mobilisation pour défendre leurs conditions d'existence, seule force capable de transformer la société.

Cette critique est très courante parmi les militants de Lutte ouvrière[107] et du PCF[108].

Jean Zin, tout en reconnaissant un « effet pédagogique » à la mise en avant du concept de décroissance et la justesse de sa mise en cause du développement durable, voit dans le courant décroissant « un certain volontarisme idéaliste » et « une surévaluation du politique alors que les forces sociales qui seraient nécessaires manquent absolument »[109].

Cette critique marxiste est toutefois contrecarrée par le point de vue de Serge Latouche, théoricien de la décroissance qui affirme que l'« on pourrait paradoxalement présenter la décroissance comme un projet radicalement marxiste. Que le marxisme (et peut-être Marx lui-même) aurait trahi. La croissance n’est, en effet, que le nom ‘vulgaire’ de ce que Marx a analysé comme accumulation illimitée de capital, source de toutes les impasses et injustices du capitalisme. »[110]

Opinion de la classe politique ou médiatique en France[modifier | modifier le code]

Claude Allègre, géochimiste et ancien ministre, considère que la décroissance conduirait à imposer une réduction de la croissance des pays pauvres[111]. Il a également remis en question le caractère anthropique du réchauffement climatique, c'est-à-dire le fait qu'il soit dû aux activités humaines.

Christian Blanc, chef d'entreprise et homme politique, exprime cela par l'expression « la croissance ou le chaos »[112].

Cyril Di Méo, professeur d'économie, critique l’irrationalité de ce concept dans « La face cachée de la Décroissance »[113]'[114].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

(par ordre chronologique décroissant)

années 2010

années 2000

années 1990

  • Gilbert Rist, Le développement : histoire d'une croyance occidentale, Presses de Sciences Po, Paris, 1996. 4ème éd. revue et augmentée (ISBN 9782724612790)
  • Albert Jacquard, Voici le temps du monde fini, Le Seuil, 1991

années 1980

  • François Partant, La fin du développement. Naissance d'une alternative ?, La Découverte / Maspéro, 1982. Réed. Actes Sud, 1997

années 1970

  • Nicholas Georgescu-Roegen, Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie. Traduction, présentation et annotation Jacques Grinevald et Ivo Rens. Lausanne, Pierre-Marcel Favre, 1979. 21 cm, 157 p. [lire en ligne][La décroissance. Entropie, écologie, économie. 2e édition revue et augmentée. Traduit et présenté par Jacques Grinevald et Ivo Rens. Paris, Sang de la Terre, 1995. 21 cm, 220 p. ; 3e édition revue. Paris, Sang de la Terre et Ellébore, 2006. 22,5 cm, 304 p.]
  • Ivan Illich, La convivialité, 1973 Dernière édition, Le Seuil, 2003 (édition originale, Tools for conviviality, New York, 1973)
  • Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers et William Behrens, The Limits to Growth, 1972. Traduction : Les limites de la croissance (dans un monde fini), L'Échiquier, 2012

Médias[modifier | modifier le code]

  • La Décroissance, édité par l'association Casseurs de pub
  • Demain La Décroissance[116]
  • Entropia, revue d'étude théorique et politique de la décroissance.
  • L'Objecteur de croissance, revue trimestrielle du Mouvement québécois pour une décroissance conviviale[117].
  • S!lence a publié dès 1993 un premier dossier intitulé « Le temps de la décroissance », puis s'est spécialisée sur cette question et fait paraître de nouveaux dossiers sur cette thématique environ trois à quatre fois par an depuis février 2002. Le livre Objectif décroissance (2003) rassemble des articles publiés dans S!lence.
  • La Vie est à nous! / Le Sarkophage, journal des gauches antiproductrices et objectrices de croissance[118].

Articles[modifier | modifier le code]

  • Vincent Liegey, « Un projet décroissant : « Faire payer le prix réel de ce qu’on consomme » », Rue89, février 2013
  • Dossier « Décroire dans la croissance », Rouge et Vert no 333, novembre 2011, pages 7-13, avec des contributions de Michel Lepesant, Stéphanie Treillet, Stéphane Lavignote
  • Eric Dupin, « La décroissance, une idée qui chemine sous la récession », Le Monde diplomatique, août 2009
  • Timothée Duverger, « Écologie et autogestion dans les années 1970. Discours croisés d'André Gorz et de Cornelius Castoriadis », in Écologie & Politique, no 46, Paris, Presses de Sciences Po, 2013/1
  • Dossier « Décroissance et socialisme », Pages de gauche, no 64, février 2008, [lire en ligne]
  • Dossier « Travailler moins pour vivre mieux », Courrier international, no 896, 3 janvier 2008, [lire en ligne]
  • « La décroissance est-elle un remède », La Nef, no 187, novembre 2007
  • Dossier « Sens de la décroissance », Ecorev', no 26, printemps 2007, [lire en ligne]
  • Jean-Marie Harribey, « Les théories de la décroissance : enjeux et limites », Cahiers français, Développement et environnement, no 337, mars-avril 2007, p. 20-26
  • (en) From limits to growth to degrowth within French green politics. Baris Gencer Baykan, Environmental Politics p. 8° 5887 (2007-06) vol.16:no 3, p. 513-517
  • Jacques Grinevald, « Histoire d'un mot. Sur l'origine historique de l'emploi du mot décroissance », Entropia, Parangon, no 1, automne 2006, p. 185-188
  • « Décroissance : penser la transition » in S!lence, no 336, juin 2006
  • « Les objecteurs de croissance », Le Monde 2, no 110, 25-31 mars 2006, p. 18-25
  • « Décroissance : prise de conscience individuelle et démarche collective » in No pasarán, no 33, octobre 2004
  • Geneviève Azam, « Entre croissance et décroissance, réinventer le politique », Mouvements, no 32, mars-avril 2004. [lire en ligne] [PDF]
  • Serge Latouche, « Pour une société de décroissance », Le Monde diplomatique, novembre 2003 (article accessible en ligne)
  • « Objectif décroissance », collectif, revue S!lence
  • « Défaire le développement, refaire le monde », numéro spécial, L'Écologiste no 6, Hiver 2001

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notions et concepts

Autres

Inspirateurs et théoriciens

Ouvrages de références

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Dufoing, L'écologie radicale, Infiolio, 2012
  2. Jacques Ellul et Bernard Charbonneau « Directives pour un manifeste personnaliste », 1935 in Nous sommes révolutionnaires malgré nous, Le Seuil 2014.
  3. Jean Zin : « La question de la technique ».
  4. « La décroissance selon Jacques Ellul et Bernard Charbonneau », sur la-cen.org
  5. Le Personnalisme, révolution immédiate, op. cit.
  6. Jacques Ellul, La Technique ou l'enjeu du siècle, 1954. 3e édition, Economica, 1990.
  7. Jacques Ellul, À temps et à contretemps. Entretiens avec Madeleine Garrigou-Lagrange, Le centurion, 1981
  8. Jacques Ellul, De la Révolution aux révoltes, 1972
  9. Jacques Ellul, L'Illusion politique, 1965.
  10. Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider, La Décroissance. Dix questions pour comprendre et en débattre, éd. La Découverte, 2010, p. 7.
  11. Nicholas Georgescu-Roegen, Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie. Traduction, présentation et annotation Jacques Grinevald et Ivo Rens, 1979.
  12. La décroissance. Dix questions pour comprendre et en débattre, op. cit. p. 8
  13. Review of Limits to Growth: The 30-Year Update, Chelsea Green, 3e édition (1er juin 2004), (ISBN 978-1931498586).
  14. Patrick Piro, écrit dans un article intitulé « En finir avec la religion de la croissance », Politis, 11 décembre 2003 : « Le Club [de Rome] se fait le héraut d’une « croissance zéro », afin de mettre un frein à la consommation effrénée de biens, énergie et ressources planétaires qu’engendre l'expansion économique. »
  15. Martin Parker, Valérie Fournier et Patrick Reedy, The Dictionary of Alternatives: Utopianism and Organization, Zed Books, 2007, p. 69.
  16. « C'est sans doute Nicolas Georgescu-Roegen qui est le maître-penseur de la décroissance. C'est lui qui a incarné le mieux cette pensée radicale et a fourni une identification forte au mouvement de la décroissance » écrit Beat Bürgenmeier in Économie du développement durable, De Boeck, 2005, p. 21.
  17. « Décoloniser notre imaginaire de croissance ? Ça urge ! », sur le site de la commission économique et sociale des Verts, 7 avril 2004.
  18. Dans ses réflexions épistémologiques sur les rapports entre économie et sciences de la nature, Georgescu-Roegen (cf. La Science économique, première partie) fait ressortir l'importance de cette notion développée à la fin du XIXe siècle, et notamment dans son histoire de La Mécanique, par le philosophe des sciences autrichien Ernst Mach, suivi d'ailleurs sur ce point par Karl Pearson.
  19. [PDF] Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance. Entropie - Écologie - Économie, 1995.
  20. (en) International Energy Agency : WORLD ENERGY OUTLOOK 2009 FACTSHEET « Crude oil output reaches an undulating plateau of around 68-69 mb/d by 2020, but never regains its all time peak of 70 mb/d reached in 2006, ... »
  21. Selon un rapport du Ministère français de l'industrie & de la Direction générale de l'énergie et des matières premières, intitulé « L'industrie pétrolière en 2004 », la production pétrolière aura atteint son pic de production et entrera en déclin à partir de 2013. Information relayée par la BBC : « 'Peak oil' enters mainstream debate », 10 juin 2005.
  22. « Besoins en énergie et ressources en uranium », discours de Dominique Maillard, directeur général de l'énergie et des matières premières (DGEMP), convention de la SFEN, 13 et 14 juin 2006.
  23. « Uranium : l'abondance au rendez-vous » sur cea.fr.
  24. « Panorama minier 2000 : le charbon », Armand Coumoul, Claude Heinry.
  25. Voir l'article de The Inquirer : « Certains métaux se font rare et les prix grimpent »
  26. Veille OMNT, Les matériaux critiques dans les nouvelles technologies : enjeux et perspectives, Eric Drezet, EcoInfo, CNRS, septembre 2011
  27. http://ecoinfo.cnrs.fr/article129.html
  28. Voir par exemple Dominique Belpomme, Ces maladies créées par l'homme : Comment la dégradation de l'environnement met en péril notre santé, Albin Michel, 2004.
  29. (en) Global Footprint Network, site de référence concernant l'empreinte écologique.
  30. Thomas Robert Malthus, Principes d'économie politique, 1820.
  31. Keynes déclarait ainsi ironiquement : « The government should pay people to dig holes in the ground and then fill them up. [..] The point is it doesn't matter what they do as long as the government is creating jobs ».
  32. Ils écrivent de manière imagée que « si un pays rétribuait 10 % des gens pour détruire des biens, faire des trous dans les routes, endommager les véhicules, etc., et 10 % pour réparer, boucher les trous, etc., il aurait le même PIB qu'un pays où ces 20 % d'emplois (dont les effets sur le bien-être s'annulent) seraient consacrés à améliorer l'espérance de vie en bonne santé, les niveaux d'éducation et la participation aux activités culturelles et de loisir. Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice, Les nouveaux indicateurs de richesse, La Découverte, 2005, p. 21.
  33. Serge Latouche, L'invention de l'économie, 2005, Albin Michel
  34. Serge Latouche, Sortir de l'économie, Politis
  35. Reynald Evangelista, agronome et responsable développement durable au sein du groupe Dagris, écrit dans les Cahiers d'études et de recherches francophones / Agricultures, volume 15, Numéro 1, 123-7, Janvier-Février 2006 : « Les politiques productivistes, qui ont vu le jour avec l’ère industrielle à la fin du XIXe siècle, ont connu leur pleine expansion, dans le monde occidental, à l’issue de la seconde guerre mondiale. »
  36. Selon un rapport du Fonds des Nations Unies pour la population sur l’État de la population mondiale en 2001, Les pays les plus riches du monde, avec 20 % de la population mondiale, représentent 86 % de la consommation privée tandis que les 20 % les plus pauvres n’en représentent que 1,3 %. Un enfant né aujourd’hui dans un pays industrialisé ajoutera plus à la consommation et à la pollution, tout au long de sa vie, que 30 à 50 enfants nés dans les pays en développement. sources : L’État de la population mondiale en 2001
  37. Thèse développée par Jean-François Lyotard en 1979 puis par l'ensemble des philosophes « post-modernes », avant que ne soit consacrée celle de « la fin des idéologies ».
  38. Jacques Ellul, La technique ou l'enjeu du siècle, 1954. 3e édition, Économica, 2000
  39. Voir en particulier le site de Technologos Marseille-Aix : « Sortie(s) de crise(s) ».
  40. Ellul, ibid. p. 13
  41. D. Janicaud, La puissance du rationnel, Gallimard, 1985 ; B. de Jouvenel, La civilisation de puissance, Fayard, 1976 et A. Gras, Fragilité de la puissance, Fayard, 2003
  42. J.Grinevald, L'effet de serre et la civilisation thermo-industrielle 1896-1996, Revue Européenne des Sciences Sociales, n.51, 1980, p. 59-75. ; A. Gras, Le choix du feu- Aux origines de la crise climatique, Fayard, 2007
  43. Philippe Bihouix, B. de Guillebon, Quel futur pour les métaux ?, EDP Sciences, 2010
  44. Fabrice Flipo, Michelle Dobré et Marion Michot, La face cachée du numérique. L’impact environnemental des nouvelles technologies. Éditions de l'Échapppée, 2013
  45. conférence du 22 mai 2008, à Paris Pic de pétrole et décroissance (5/6)
  46. Serge Latouche, dans Politis le 9 janvier 2003, dans un article intitulé « Sortir de l’économie ».
  47. « Sortir de l'économie ça veut dire quoi ? »
  48. Qu'est-ce qu'une AMAP ?
  49. Hommage d'Illich à Ellul en 1993.
  50. « les baisses d'impact et de pollution par unité se trouvent systématiquement anéanties par la multiplication du nombre d'unités vendues et consommées. » Serge Latouche, Le pari de la décroissance, Fayard, 2006, p. 49.
  51. (en) [PDF] Does Energy Efficiency Save Energy: The Implications of accepting the Khazzoom-Brookes Postulate., sur le site www-dse.ec.unipi.it
  52. (en) Chapitre 3 du Second Rapport (Session 2005-2006) du Comité sur la Science et la Technologie de la Chambre des Lords du Royaume-Uni : The Economics of Energy Efficiency consulté le 6 novembre 2012]
  53. William Stanley Jevons Sur la question du charbon, 1865
  54. Institut d'études économiques et sociales pour la décroissance soutenable
  55. (en) J. Martinez-Alier, U. Pascual,, F. D. Vivien et E. Zaccai, « Sustainable de-growth: Mapping the context, criticisms and future prospects of an emergent paradigm », Ecological Economics, vol. 69, no 9,‎ 15 juillet 2010, p. 1741–1747 (DOI 10.1016/j.ecolecon.2010.04.017)
    Cet article compare des théories de Steady State Economics, comparables à la décroissance soutenable, avec celles de la décroissance française.
  56. Vincent Cheynet et Bruno Clémentin sont, à partir de 1999, les animateurs de la revue Casseurs de Pub.
  57. Défaire le développement, refaire le monde, ouvrage collectif, Parangon, 2003.
  58. La position des Verts vis-à-vis de la décroissance peut être analysée à partir de la lecture de cette page
  59. decroissance.info - Création du Parti pour la décroissance
  60. - Historique du Parti pour la décroissance
  61. Êtes-vous prêts à voter décroissant ?
  62. Face au défi écologique, trois révolutions sont nécessaires, sur le site alternativelibertaire.org
  63. Face au défi écologique, trois révolutions sont nécessaires, acte du VIIIe congrès d'Alternative libertaire, Agen, octobre 2006.
  64. Ainsi, Paul Ariès dénonce Alain de Benoist sur la base de son passé politique, ainsi que sur l'anti-égalitarisme professé selon lui dans le livre (cf. « Demain la décroissance d'Alain de Benoist : un livre dangereux ! » La Décroissance, février 2008)
  65. (Cf. « Les ponts du Potomac », Politis, 30 avril 2008)
  66. Cf. « La Décroissance est-elle réactionnaire ? », Revue du MAUSS, 10 avril 2008.
  67. http://www.institutmomentum.org/language/fr
  68. http://technologos.fr/textes/ateliers_d_ete_2014.php
  69. http://technologos.fr/textes/assises_nationales_2014.php
  70. http://www.decroissance.qc.ca
  71. http://www.objecteursdecroissance.be
  72. Les références à Ghandi et plus généralement les réflexions sur la non-violence et désobéissance civile sont omniprésentes lors des marches pour la décroissance, par exemple lors des Ateliers de la marche du Nord-Pas de Calais en 2006.
  73. decroissance.info - En Avant Marches !
  74. Marche pour la décroissance
  75. Denis Clerc, « De l'état stationnaire à la décroissance », in L'Économie politique.
  76. lexique d'éconoclaste, l'économie pour les nuls et les autres
  77. (en) William D. Sunderlin, Ideology, Social Theory, and the Environment, Rowman & Littlefield Publishers, 2002, p. 154-155.
  78. malthusianisme économique : « Ce terme désigne l'attitude ou des pratiques reposant sur la réduction volontaire de la production. », Dictionnaire d'Économie et de sciences sociales, Hatier, p. 490 (« Malthusianisme économique »)
  79. Brunel, 2008, p. 133
  80. Brunel, 2008, p. 134 et 136.
  81. Raymond Aron in Mémoires p. 457 : « Jean Pouillon reprenait la thèse favorite de Jean-Paul Sartre (note de bas de page : il l'avait emprunté à Alfred Sauvy sans bien comprendre la pensée de celui-ci.) : le malthusianisme des capitalistes français, leur refus de la croissance parce que celle-ci mettrait en péril leur pouvoir et leurs privilèges. »
  82. Solow, Robert M. 1986 “On the intergenerational allocation of natural resources.” Scandinavian Journal of Economics 88:141-9.
  83. cité par Peter A. Victor - Bigger isn’t Better (2009)
  84. Bjorn Lomborg, L'écologiste sceptique, Cherche-midi, p. 178
  85. Cette soi-disant prévision ne se trouve pas dans le rapport.
  86. Cécile Philippe, C'est trop tard pour la terre, 2006, Éditions Jean-Claude Lattès, p. 29. (ISBN 2709629194).
  87. « Le monde n'est pas près de manquer de pétrole : Grand angle avec Daniel Yergin, spécialiste américain de l'énergie », Les Échos, 14 novembre 2007.
  88. Jean-Luc Wingert, La Vie après le pétrole, p. 49-51.
  89. BP Statistical Review, 2008.
  90. Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, p. 144.
  91. Claude Allègre, op. cit., p. 145.
  92. « Les enjeux des nouveaux matériaux métalliques », Christian Hocquard, BRGM, 2005.
  93. Sylvie Brunel, A qui profite le développement durable, Larousse, 2008, p. 42.
  94. Sylvie Brunel, op. cit., p. 12.
  95. Serge Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, Éditions Mille et une nuits, p. 91 "Le défi de la décroissance pour le Sud" : (Serge Latouche répète habituellement cette phrase "il faudrait être Fou ou économiste pour croire a une croissance infinie sur un monde fini") Paradoxalement, l'idée de décroissance est née en quelque sorte au Sud, et plus particulièrement en Afrique."
  96. « …l’avènement de l’homme marque un palier entièrement original, d’une importance égale à ce que fut l’apparition de la vie, et que l’on peut définir comme l’établissement sur la planète, d’une sphère pensante, surimposée à la biosphère, la noosphère. En elle, l’immense effort de cérébralisation qui commença sur la terre juvénile va s’achever, en direction de l’organisation collective ou socialisation… » Pierre Teilhard de Chardin
  97. « Tempête sur les terres rares : l'économie verte en danger », sur le site pro-at.com du 10 octobre 2009 - consulté le 17 octobre 2012.
  98. Gestion des E-Déchets - Quand les ordinateurs de seconde main polluent l'atmosphère sénégalais, sur le site balancingact-africa.com de juillet 2009 - consulté le 17 octobre 2012
  99. « Déchets, les recycleurs et les recyclés », de février 2006 - consulté le 17 octobre 2012.
  100. « le programme de décroissance [...] tourne le dos au progrès », Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, p. 31. Il écrit ainsi à propos de la décroissance : « Or, c’est exactement le contraire qui est souhaitable pour développer l’écologie. Il faut en faire le moteur d’une croissance vigoureuse, un élément essentiel du progrès économique et social ! ».
  101. Rapporté par le journaliste S. Kaufman, dans Le Monde du mardi 13 février 2007
  102. « Qu'est-ce que l'équation de Kaya ? », sur manicore.com
  103. Article de Jean Zin dans EcoRev' « Entropie et décroissance », critiquant l'argument entropique de Nicholas Georgescu-Roegen
  104. Jacques Ellul, Les nouveaux possédés, 1973. 2e édition, Les mille et une nuits, 2003, p. 316
  105. Jacques Ellul, La subversion du christianisme, 1984
  106. Frédéric Rognon, Générations Ellul. Soixante héritiers de la pensée de Jacques Ellul, Labor et Fides
  107. Dossier de Lutte Ouvrière contenant des textes sur la décroissance
  108. Croissance, décroissance ou nouveau type de développement, compte-rendu de la Commission territoires - écologie - décentralisation du PCF.
  109. Jean Zin, L'écologie politique à l'ère de l'information, Ere, 2006, p. 68-69.
  110. Politis, no 1115, jeudi 26 août 2010.
  111. Claude Allègre écrit : « Aux objecteurs de croissance. Toute limitation de la croissance se fait au détriment des pauvres ! C'est une vision de riches ! » dans Le Monde le 8 novembre 2006.
  112. Biographie de Christian Blanc, sur premier-ministre.gouv.fr.
  113. La face cachée de la décroissance par Cyril Di Méo, sur le site alternatives-economiques.fr - Alternatives Economiques no 252 - novembre 2006 - consulté le 17 octobre 2012
  114. Blog de Cyril Di Méo, sur le site cyril-dimeo.over-blog.com - consulté le 17 octobre 2012.
  115. Huit volummes ont paru dans cette collection : Cornelius Castoriadis ou l’autonomie radicale par Serge Latouche ; André Gorz : pour une pensée de l’écosocialisme par Françoise Gollain ; Léon Tolstoï contre le fantasme de toute-puissance par Renaud Garcia ; Jean Giono pour une révolution à hauteur d’hommes par Édouard Schaelchli ; Lanza del Vasto ou l’expérimentation communautaire par Frédéric Rognon ; Charles Fourier ou la pensée en contre-marche par Chantal Guillaume ; Jacques Ellul contre le totalitarisme technicien par Serge Latouche ; Épicure ou l'économie du bonheur par Étienne Helmer
  116. Demain La Décroissance
  117. L'Objecteur de croissance
  118. La Vie est à nous!/Le Sarkophage
  119. Vingt ans plus tard, Barillé a fait une nouvelle série de 26 épisodes à destination des enfants, nommée Il était une fois... notre Terre consacré au développement durable