Écovillage

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Un écovillage (ou éco-village, éco-lieu, éco-hameau), est une agglomération, généralement rurale, ayant une perspective d'autosuffisance variable d'un projet à l'autre et reposant sur un modèle économique alternatif. L'écologie y a également une place prépondérante. La priorité est en effet de redonner une place plus équilibrée à l'homme en harmonie avec son environnement, dans un respect des écosystèmes présents[1].

Le principe de base est de ne pas prendre à la terre plus que ce qu'on peut lui retourner. Les modes de culture alternative, comme l'agroécologie y sont mis en pratique.

Description[modifier | modifier le code]

Représentation graphique du développement durable

Le mot écovillage est né de la fusion des termes écologie et village. Il s'inscrit dans la vague de modèles de projet de micro-société tel que le cohabitat ou les communautés intentionnelles. Le terme est utilisé indifféremment pour désigner des modèles de communautés éclectiques, ce qui engendre souvent de la confusion dans la distinction des différents types de projet de micro-société.

Certains éléments de base se retrouvent d'un écovillage à l'autre sous trois grandes sphères : environnement, social, et économique, eventuellement culturel-spirituel[2]. Sont intégrés différents aspects tel que la permaculture, construction écologique, production verte, énergie renouvelable, agriculture auto suffisante, prise de décision collective, processus de gestion des conflits, communication non-violente, arts, et plus encore.

La difficulté de rassembler les projets vient du fait qu'aucun des écovillages ne fonctionne de la même manière. Certains ont une vocation politique tandis que d'autres s'attachent surtout à la qualité de vie ou développent la création artistique. Les différences sont énormes entre un lieu rural alternatif, composé d'une population jeune et de passage, et une Société civile immobilière créée par plusieurs couples retraités autour de valeurs écologiques. C'est pourquoi plusieurs adeptes vont parler d'une communauté intentionnelle, plutôt que d'un écovillage. Le point commun de toutes ces initiatives est un lieu de vie collectif, écologique et solidaire.

Vécus comme des laboratoires d'expérimentations alternatives, les écovillages peuvent accueillir une production potagère, des constructions écologiques, un centre de ressources, un espace d'accueil, ou encore des ateliers artistiques. L'objectif est de créer, ensemble, un mode de vie convivial et juste, avec une empreinte écologique minimale. C'est l'aspect collectif qui constitue la plus grande des difficultés. Décider, construire, avancer ensemble est un véritable défi dans une société où l'individualisme prime. Derrière un projet avorté se trouve généralement un problème de relations humaines. Mais la collectivité est également un atout : échange de connaissances, mutualisation des savoirs, partage d'outils et machines (véhicules ou électroménager par exemple) et surtout, stimulation permanente pour approfondir sa démarche.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'expression écovillage a été utilisée et définie par Diane et Robert Gilman en 1991 dans un rapport pour Gaia Trust[3] et a été reprise lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro au Brésil en 1992. Suite au rapport Brundtland de la Commission mondiale sur l'environnement produit en 1987 faisant le constat alarmant du réchauffement de la planète[4], de la raréfaction de l'eau, d'espèces vivantes et de l'accroissement de la pauvreté dans le monde, les dirigeants de 178 pays se sont réunis à Rio pour discuter de l'avenir de la planète.

S'en est suivi le fastidieux Agenda 21 fixant des objectifs ambitieux à atteindre. Parmi ceux-ci, Gaia Trust et Global Ecovillage Network (GEN) ont proposé « La Terre est notre habitat » afin de supporter financièrement les projets d'écohabitats comme exemples vivants de communautés viables pouvant résoudre la multitude et variété des problèmes complexes soulevés par le rapport Brundtland. Ils pourraient servir de champs expérimentaux reproductibles autant en zone urbaine que rurale, à travers le monde, dans divers types d'habitats, de climats, de cultures où une volonté et des habiletés de développer un mode de vie durable ont déjà été démontrées.

Sans doute à cause de leur longue expérience dans les communautés de cohabitation, les Danois étaient prêts en 1993 à créer la première association de communautés viables. Par la suite, Gaia Trust ciblait ainsi 20 projets d'écohabitats à travers le monde qui pourraient devenir des projets d'écovillages puisqu'ils avaient déjà développé plusieurs facettes du concept global d'écovillage par leur culture et leur mode de vie différent de ceux des sociétés dites modernes.

Dès 1994, la stratégie de GEN devient plus claire et un réseau est mis sur pied ayant pour objectifs l'échange d'idées, de technologies, le développement culturel et éducatif dans le but de développer et démontrer des modes de vie respectueux de l'environnement et durables pour les générations futures.

À la conférence internationale des Nations Unies Habitat II de 1996 à Istanbul, le GEN présentait les écovillages comme des modèles positifs vivants de principes de développement durable alliant l'usage de technologies avancées et une spiritualité satisfaisante, tout en vivant harmonieusement avec la nature.

Les 20 écovillages désignés par Gaia Trust y ont présenté leurs réalisations et le GEN et Gaia Trust demandèrent 100 millions d'euros ? (référence ?) pour supporter la mise en place du programme « La Terre est notre habitat ».

Depuis ce temps, les 3 réseaux régionaux ont le vent dans les voiles. À ce jour, on peut dénombrer 243 membres du Réseau mondial. Certains membres sont des écovillages, alors que d'autres sont des associations d'écovillages tels que le Réseau français des Écovillages qui regroupe 34 projets d'écovillages[5]. De plus, on doit tenir compte du fait que ne sont listés sur les sites Internet que les membres des associations et réseaux. Il faut aussi rajouter que seulement très peu de projets d'écovillages en France ou dans le monde se décrivent comme écovillage et sont en réalité des éco-hameaux ou communautés intentionnelles.

Mise en pratique[modifier | modifier le code]

Une maison de Findhorn Ecovillage en Écosse

Le modèle de l'écovillage tente le plus possible d'intégrer l'habitat humain dans l'écosystème naturel, par la création de communautés viables basées sur le développement durable. Le modèle est déjà appliqué dans plusieurs pays et met l'accent sur les aspects suivants :

Pour l'environnement
Pour l'humain
  • Fournir une meilleure qualité de vie basée sur la satisfaction des besoins fondamentaux
  • Créer un environnement propice à l'épanouissement intellectuel, affectif et spirituel
  • Processus décisionnel collectif
  • Procurer un sentiment d'appartenance et de sécurité favorisant une participation active à l'effort collectif
  • Diminuer la charge de travail individuelle
  • Réduire les dépenses, en accordant à l'individu plus de temps pour ses loisirs et ses rapports sociaux
  • Améliorer la santé physique et mentale grâce à un mode de vie sain
  • Participer activement à la vie sociale et économique de la communauté
Pour la communauté
  • Ramener les jeunes dans les zones rurales
  • Stimuler l'économie rurale
  • Développer la vie culturelle dans les campagnes
  • Permettre la recherche et le développement sur les collectivités viables sous la forme d'un modèle nouveau.

Se former[modifier | modifier le code]

Pour se lancer dans la construction d'un écovillage, il peut être important de se former au préalable, car de très nombreux projets échouent dans les premières années par manque d'outils relationnels[6].

Exemples de projet en cours[modifier | modifier le code]

Le Hameau des Buis[7], au sud de l'Ardèche, près de Berrias-et-Casteljau, est un projet en cours, qui fait suite à La Ferme des Enfants. Il comprend, en 2013, une vingtaine de logements, du studio au T4, pour une cinquantaine d'habitants. Le hameau du buis a été lauréat de la subvention régionale du PREBAT[8].

Une coopérative d'habitants est prévue pour 20 foyers, avec pépinière d'activités sur un domaine de 20 hectares près de Bourbon-Lancy[9]. L'acquisition foncière est prévue pour juillet 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel-Yves Monin, Chez les bâtisseurs d'utopies : Des pays de Cocagne, phalanstères, communautés, ashrams, aux éco-villages et autres alternatives post-new-age,  éd. Yves Monin, 2009, (ISBN 978-2910097110)
  • (en) Jan Martin Bang, Ecovillages: a practical guide to sustainable communities, New Society, 2005, (ISBN 9780865715387)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Passerelle Eco, portail des écovillages en France

Liens externes[modifier | modifier le code]