Énergie grise

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L’énergie grise est la quantité d'énergie nécessaire au cycle de vie d'un matériau ou d'un produit : la production, l'extraction, la transformation, la fabrication, le transport, la mise en œuvre, l'utilisation, l'entretien puis pour finir le recyclage. Chacune de ces étapes nécessite de l'énergie, qu'elle soit humaine, animale, électrique, thermique ou autre. En cumulant l'ensemble des énergies consommées sur l'ensemble du cycle de vie, on peut prendre la mesure du besoin énergétique d'un matériau ou d'un produit. Cette connaissance peut guider ou renseigner les choix notamment en vue de réduire l'impact environnemental.

Dans la filière du bâtiment, la recherche d'économies d'énergie permet d'atteindre depuis les années 2000 le stade du « Bâtiment passif » c'est-à-dire sans chauffage central, ou encore du « Bâtiment Basse Consommation ». Leur performance énergétique a atteint un tel niveau qu'il n'y a pratiquement plus besoin d'énergie pour les chauffer ou les éclairer. Les enjeux se sont maintenant déplacés sur l'énergie grise : il y a beaucoup d'énergie grise incorporée dans les matériaux et dans la construction du bâtiment. Elle représente de 25 à 50 ans de consommation dudit bâtiment.

La connaissance de l'énergie grise incorporée dans un bâtiment permet d'apprécier la pression que sa construction exerce sur les ressources naturelles.

En théorie, un bilan d'énergie grise additionne l'énergie dépensée lors :

  • de la conception du produit ou du service ;
  • de l'exploitation de la ressource ou de la matière première ;
  • de l'extraction et du transport des matières premières ;
  • de la transformation des matières premières et la fabrication du produit ou du service ;
  • de la commercialisation ;
  • de l'usage ou la mise en œuvre du produit ou lors de la fourniture du service ;
  • de l'entretien, des réparations, des démontages du produit dans son cycle de vie ;
  • du recyclage du produit en fin de vie.

L'énergie incorporée désigne généralement l'énergie nécessaire à la fabrication du matériau (mais non à sa mise en œuvre ou fin de vie).

Exemples de bilan d'énergie grise[modifier | modifier le code]

Les métaux et les matières synthétiques incorporent beaucoup d'énergie grise. Les produits qui viennent de loin également. Les matériaux les moins transformés et consommés proches de leur lieu de production contiennent peu d'énergie grise.

Dans le bâtiment, pour minimiser l'énergie grise, on recherche autour du lieu de la construction les matériaux végétaux (chanvre, bois, paille, lin, liège), animaux (laines de mouton, plumes de canard) ou minéraux (terre crue, pierres, galets).

Les matériaux suivants ont été classés dans l’ordre du moins gourmand au plus gourmand en énergie grise :

Attention cependant à ne pas confondre le volume du matériaux et l'utilisation qu'on en fait, la performance de ce matériaux. Par exemple si 1 mètre cube de bois a une énergie grise inférieure à 1 MWh alors qu'un mètre cube d'acier représente plus de 50 MWh, les utilisations et performances de ces matériaux sont difficilement comparables.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Prospective et entreprise, Quelle place pour l’énergie dans la compétitivité industrielle ? Usages, énergie grise, efficacité énergétique. Mathieu Bordigoni et Marc Berthou. Chambre de commerce et d'industrie de Paris, 3 Avril 2014
  • moodlearchive.epfl.ch/2007-2008/file.php/721/EnerbatIntro07.pdf Énergétique du Bâtiment, Nicolas Morel (Laboratoire d'Energie Solaire et de Physique du Bâtiment (LESO-PB), ENAC), Edgard Gnansounou (Laboratoire des systèmes énergétiques (LASEN), ENAC)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]