Consommation collaborative

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The S.W.A.P. Team (en) favorisant l'échange de vêtements.

La consommation collaborative désigne un modèle économique où l'usage prédomine sur la propriété :
l'usage d'un bien, service, privilège, peut être augmenté par le partage, l'échange, le troc, la vente ou la location de celui-ci.

Cette optimisation de l'usage est une réaction à la sous-utilisation classique supposée des :

  1. biens ;
  2. services ;
  3. privilèges ;

principalement permise par l'échange d'information via Internet et à l'essor, dans un cadre légal, sécurisé, dans la transparence, de cette tendance depuis les années 2000 est donc fortement lié à l'essor des échanges en ligne ; des immenses places de marché, publiques, telles qu'eBay, aux secteurs émergeant de :

La consommation collaborative bouscule les anciens modèles économiques en changeant non pas ce que les gens consomment mais la manière dont ils le consomment[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Le terme avait été introduit par Ray Algar dans la revue Leisure Report d'avril 2007. Il s'agissait alors de faire remarquer que les acheteurs, mieux informés par le web avaient un plus grand pouvoir de négociation face au vendeur et pouvaient même, s'ils en avaient la patience, organiser des commandes groupées pour faire baisser les prix. La réaction des vendeurs ayant été une fixation dynamique des prix : des prix bas pour ceux qui semblaient sensibles aux prix et des prix hauts pour ceux qui semblaient avoir d'autres priorités.

La croissance des formes d’échanges directs entre particuliers que décrit la consommation collaborative a été notamment permise par l’avènement et la démocratisation des nouvelles technologies. Si les formes de troc et d’échange ne sont pas nouvelles, Internet et les systèmes Pair-à-pair ont permis leur développement à une toute autre échelle, grâce à deux leviers :

  • Internet et les places de marchés Pair-à-pair ont rendu possible le déploiement de masses critiques d'internautes intéressés par les mêmes types d’échanges en permettant et en optimisant la rencontre entre ceux qui possèdent et ceux qui recherchent (des biens, services, compétences, argent, ressources, …) comme jamais auparavant ;
  • Internet et les systèmes de réputation ont permis de créer et de maintenir la confiance nécessaire entre inconnus utilisateurs de ces systèmes d’échanges. Derrière ces plateformes d’échanges se trouvent des systèmes de réputation (références, notation) des utilisateurs qui les incitent à « bien se comporter » et qui expliquent en grande partie leur succès fulgurant. La confiance reste une des dernières barrières à l'explosion de la consommation collaborative. De nouveaux acteurs, comme IDN La Poste (Identité Numérique) ou encore Fidbacks tentent de lever cette barrière en offrant aux utilisateurs de ces places de marché une solution trans-plateforme.

Types de consommation collaborative[modifier | modifier le code]

Jenna Wortham dans le New York Times[réf. nécessaire], suggère de distinguer deux formes de consommation collaborative :

  • les formes où l’on se regroupe pour acheter en commun pour obtenir un meilleur prix ou savoir ce que et à qui on achète ou financer un projet sur le principe de la finance participative (Kickstarter, en France Ulule, Kisskissbankbank, Reservoirfunds ou Wiseed) ;
  • les formes qui organisent le prêt, le don, le troc ou l’échange de biens, de temps, de compétences ou la location d'objets entre particuliers (exemples : Zilok, E-loue, Bird Office, Bureaux À Partager, e-syrent.ch en Suisse ...).

Rachel Botsman propose de distinguer trois systèmes de consommation collaborative :

  • Les product service systems permettent de transformer un produit en service : l’autopartage, les vélos en libre-service ou encore la location (organisée par un intermédiaire ou entre particuliers) seraient à placer dans cette catégorie. C'est le principe des plateformes de location de voiture entre particuliers comme Drivy ou Buzzcar. Ces plateformes s’inscrivent dans le cadre plus général de l’économie de fonctionnalité.
  • Les systèmes de redistribution organisent le passage de biens d’une personne les possédant à une personne les recherchant. C’est le principe du C to C et des plateformes comme PriceMinister, LeBonCoin mais aussi du troc, du don (Freecycle), de l’échange…
  • Les styles de vie collaboratifs regroupent les formules de partage de ressources immatérielles entre particuliers : espace, temps, argent, compétences. couchsurfing, colunching, coworking, cohabitat, prêt entre particuliers, achat groupé, repas chez l'habitant feraient ainsi partie de cette catégorie.

Théoriciens et promoteurs[modifier | modifier le code]

Rachel Botsman et Roo Rogers ont publié, en 2010, What's Mine Is Yours: The Rise of Collaborative Consumption (en français, Ce qui est à moi est à vous : la montée de la consommation collaborative)[2]. On trouve également une conférence TED de Rachel Botsman[3]. Elle a aussi réalisé une vidéo[4].

La même année, Lisa Gansky (en) publie The Mesh: Why the Future of Business is Sharing. En juillet 2010, elle lance « Global Mesh Directory », un site pour soutenir la croissance de la communauté de la consommation collaborative.

En France, en 2005, le portail consoGlobe a créé son premier service collaboratif : une bourse d'échange basé sur un système de points : digitroc.com. En 2006, 2007, 2009 et 2010 sont apparus les autres services de don, de location et d'entraide, offrant "sous un même toit" toutes les formes de services collaboratifs en complément d'un pôle éditorial faisant la pédagogie d'une consommation collaborative, et de transactions non monétaire entre particuliers. En 2005, ces services comptaient 60 000 membres contre 2 millions fin 2011. Dès 2005, la modélisation d'un service de troc sur internet a été faite pour démontrer la puissance d'un service fondé sur un système de points par opposition au système classique du troc (ou d'un SEL) dans lequel un échange devait être bilatéral, instantané et basé sur deux objets de même valeur.

Le collectif OuiShare s'est formé en 2011 autour du blog consocollaborative.com[5]. Il rassemble une communauté constituée d'entrepreneurs, de journalistes, blogueurs, activistes du logiciel libre et d'autres professionnels du secteur[6]. En Juillet 2012, le collectif lance le site OuiShare.net[7]'[8], média collaboratif dédié aux nouvelles tendances de l'économie collaborative. Chaque année depuis 2013, Ouishare organise le OuiShare Fest, premier événement mondial autour de l'économie collaborative, qui a réuni en 2014 plus de 1 000 acteurs de cette nouvelle économie pour trois jours de conférences, de co-création et de rencontres. En juin 2013, Anne Sophie Novel a publié en partenariat avec Ouishare "La vie share", un guide complet la consommation collaborative en France.

Aux États-Unis, le site Shareable.net est également un média de référence sur le sujet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. consocollaborative, La Consommation Collaborative en 10 Infographies, 5 janvier 2012
  2. (en) Rachel Botsman et Roo Rogers, What's Mine Is Yours: The Rise of Collaborative Consumption, Simon & Schuster,‎ 2010 (ISBN 978-0-0619-6354-4)
  3. (en)/(fr) [vidéo] Rachel Botsman, « À propos de la consommation collaborative »,‎ mai 2010, Conférence TED à Sydney.
  4. (en) [vidéo] Rachel Botsman, « Collaborative Consumption Groundswell Video », sur Vimeo,‎ 2010
  5. http://consocollaborative.com/
  6. Consommer en garde partagée, Libération, 10 décembre 2012
  7. http://ouishare.net OuiShare.net
  8. OuiShare, le média qui partage plus que l'utopie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]