Permaculture
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La permaculture est une science systémique qui a pour but la conception, la planification et la réalisation de sociétés humaines écologiquement soutenables, socialement équitables et économiquement viables. Elle se base sur une éthique, d'où découle des principes et des techniques permettant une intégration harmonieuse des activités humaines avec les écosystèmes naturels, qui sont autant de modèles de conception aux caractéristiques souhaitables et de ressources inestimables à préserver ou réhabiliter.
Elle est conçue pour être la plus efficace possible selon l’adage du plus petit effort pour le plus grand changement, et vise donc à ce que le plus grand nombre se l’approprie. C’est pour cela que les principes de design permaculturels sont le prolongement de la position qui veut que “la seule décision éthique est de prendre la responsabilité de notre propre existence et de celle de nos enfants » (Molisson, 1990). L’intention étant que, en formant rapidement les individus à un ensemble fondamental de principes de design, ces individus pourraient aménager leurs propres environnements et construire des territoires toujours plus autonomes, interconnectés, résilients et durables.
Sommaire |
[modifier] Historique
[modifier] Les influences
Le terme de permaculture est un mot-valise issue de l'expression "permanent agriculture" utilisée par l'agronome Américain Cyril G Hopkins qui publia en 1910 "Soil Fertility and Permanent Agriculture". Franklin Hiram King le reprit dans son livre de référence de 1911, « Farmers of Forty centuries: Or Permanent Agriculture in China, Korea and Japan ». Le terme « permanent agriculture » est alors compris comme une agriculture qui peut se maintenir indéfiniment[1]. Cette définition fut confirmée par l’australien P.A. Yeomans (Water for Every Farm, 1973) qui introduit en 1940 en Australie, une approche de l’utilisation de la terre basée sur l’observation et la géologie. Yeomans introduit alors la Méthode des Contours (Keyline Design) comme manière de gérer l’approvisionnement et la distribution en eau d’un site. Holmgren basa le design de son écovillage sur ce principe (voir WikiMapia view).
Le travail de Howard T. Odum fut aussi une influence précoce, surtout pour David Holmgren[2]. Le travail d’Odum s’est surtout axé sur l’écologie des systèmes, en particulier le principe de la puissance maximale, qui examine l’énergie d’un système et comment les systèmes naturels tendent à maximiser l’énergie interne d’un système. Par exemple, la valeur calorifique totale d’une forêt est très importante avec sa multitude de plantes et d’animaux. C’est un convertisseur efficace de la lumière solaire en biomasse[réf. souhaitée].
Une autre influence précoce fut le travail d’Esther Deans, qui fut le pionnier des méthodes de non travail du sol. D’autres influences récentes incluent le système VAC au Vietnam[réf. souhaitée].
[modifier] Mollison et Holmgren : cofondateurs de la permaculture moderne
Au milieu des années 1970, les australiens Bill Mollison et David Holmgren commencèrent a développer des idées qui, ils l’espéraient, pourraient être utilisées pour créer des systèmes agricoles stables. Ce travail résultait de leur perception d’une utilisation toujours plus importante de méthodes agro-industrielles destructrices qui empoisonnaient l’eau et la terre, réduisant la biodiversité et érodaient des millions de tonnes de sol de paysages auparavant fertiles. Une approche de design appelée « permaculture » fut leur réponse et fut rendu public pour la première fois avec la publication de Permaculture 1 en 1978.
Le terme permaculture signifiait initialement “agriculture permanente” mais fut rapidement étendu a “culture permanente”, tant il était évident que les aspects sociaux faisaient partie intégrante d’un véritable système durable. Mollison et Holmgren sont considérés de manière unanime comme les cofondateurs du concept de permaculture moderne.
Après la publication de Permaculture One, Mollison et Holmgren affinèrent et développèrent plus avant leurs idées en effectuant la conception selon la méthode permaculture de centaines de sites et en organisant cette information dans des livres plus détaillés. Mollison enseigna dans plus de 80 pays et son cours certifié de 72 heures fut suivis par des centaines d’étudiants. A partir du début des années 1980, le concept avait évolué, et d’un système de design de systèmes agricoles était passé à un processus de design beaucoup plus holistique de création de sociétés humaines durables.
A partir du milieu des années 1980, un grand nombre d’étudiants s’étaient transformés en pratiquants chevronnés et avaient commencé à enseigner les techniques qu’ils avaient apprises. Très rapidement des groupes, projets, associations et instituts permaculture s’établirent dans plus d’une centaine de pays. En 1991, un documentaire en quatre parties d’ABC production appelé ‘the global gardener’ montrait la permaculture appliquée à différentes situations a travers toute la planète, portant le concept à l’attention d’un public plus large (mais toujours anglo-saxon).
La Permaculture s’est développé depuis ses origines en Australie pour devenir un mouvement international. Le professeur anglais de permaculture Patrick Whitefield, auteur de « The Earth Care Manual » et « Permaculture in a Nutshell », suggère qu’il a deux mouvements de permaculture : la permaculture originelle et la permaculture de design.
- La permaculture originelle tente de reproduire fidèlement la nature en développant des écosystèmes comestibles qui ressemblent à leurs équivalents naturels.
- La permaculture de design considère les connections fonctionnelles en service dans un écosystème ainsi que son fonctionnement, et en dérive des principes d’efficacité énergétiques applicables à tous les types de systèmes humains (transport, société, agriculture...). A travers une observation minutieuse des énergies naturelles, des flux et de leurs motifs, des systèmes de design efficaces peuvent être développés. Ceci est maintenant connu sous le nom de Design de Systèmes Naturels (Dr M Millington et A Sampson-Kelly).
[modifier] La permaculture moderne
La permaculture moderne est un outil de conception des systèmes. C’est une manière :
- d’appréhender un système ou problème dans sa globalité
- d’observer comment les parties sont reliées
- de réparer des systèmes défaillants en appliquant des idées apprises de systèmes durables matures en fonctionnement
- de percevoir les connections entre les éléments clefs (parties)
- d’apprendre des systèmes naturels en fonctionnement pour planifier l’intégration de l’homme dans les écosystèmes où il s’est implanté et qu’il a abimé avec ses systèmes agricoles et urbains par manque de connaissance et d’éthique.
- et de se regrouper/inclure dans leur mouvement "les autres", ceux qui n'ont jamais entendu parler de la Permaculture, les paysans, ceux qui ont prouve que leurs semences locales marchent bien, les semences qu'ils produisent de leur terroirs et que les solutions sont locales, et ne viennent que si peu de marchands de semences eloignes. En Australie depuis Byron Bay, un groupe qui a mis en place les stategies permaculture avec Bill Mollisson a la fin des annees 70,ont travailles avec les paysans australiens. Le Seed Savers Network www.seedsavers.net n'a pas hesite a se melanger avec les "red necks" et aider a la creation de dizaines de groupes qui sont connus sous le nom de "Local Seed Networks" un genre de Resaut Local de jardiniers semenceux. C'est un fils de paysan des Hautes-Vosges expatrie dans les sous tropiques, qui a commence et continue ce travail avec se femme Jude Fanton.
Ce mode de pensée est applicable tout aussi facilement à un outil de cuisine qu’au re-design d’une zone industrielle ou d’une ferme. Les pratiquants de la permaculture l’applique à tout ce qui est nécessaire pour construire un futur durable. D’une manière générale, « les initiatives (des permaculteurs) tendent à évoluer :
- en partant de stratégies qui se concentrent sur l’efficacité (par exemple une utilisation plus précise et contrôlée des intrants/entrées et une minimisation des déchets),
- pour passer à des stratégies de substitution (par exemple passer d’interventions très a peu perturbatrices, comme passer des biocides à des moyens de contrôle biologiques plus spécifiques et autres alternatives plus bénignes)
- pour aboutir aux stratégies de re-design- changements fondamentaux dans le design et le management de l’opération (Hill et MacRae 1995, Hill et al 1999) ».
« La permaculture, c’est aider les gens à faire des choix de re-design : fixer de nouveaux buts et apporter un changement dans la manière de penser qui affectent non seulement leurs actions chez eux mais également leurs actions sur leur lieu de travail, leurs emprunts et leurs investissements » (A Sampson-Kelly et Michel Fanton 1991). Des exemples incluent le design et l’emploi de solutions complexes de transport, une utilisation optimale des ressources naturelles comme l’énergie lumineuse, et « le design radical des systèmes de polyculture multi étages riches en information » (Mollison et Slay 1991).
« Cette progression implique généralement un changement dans la nature de sa dépendance – passer d’une dépendance à des interventions universelles, achetées, importées, et basées sur la technologie à une dépendance d’interventions plus spécifiques, locales et basées sur des savoirs faire et connaissances disponibles localement. En général, cela implique finalement un changement fondamental de la vision du monde, de la perception des significations et modes de vie associés (Hill 1991) ».
« Mon expérience est que même si l’efficacité et les initiatives de substitution peuvent apporter des contributions significatives à la soutenabilité sur le court terme, des améliorations bien plus importantes sur le long terme ne peuvent être accomplies que par des stratégies de re-design ; et, de plus, cette étape doit intervenir au début de la réflexion pour assurer que les stratégies d’efficacité et de substitution peuvent servir comme tremplin et non comme barrière au re-design… »(Hill 2000).
La Permaculture a développé un large suivi international de la part des individus qui ont suivi les formations a travers des cours intensifs certifiés de Permaculture, sur deux semaines (72 heures). Cette communauté permaculture continue de grandir sur la base des enseignements de Mollison et de ses associés, intégrant un éventail d’idées d’une culture alternative, à travers un réseau de formations, publications, jardins, forums internet, etc. Dans ce sens, la Permaculture est devenue à la fois un système de design et une philosophie de vie, qui se distingue par ses valeurs éthiques fondamentales.
[modifier] L'ethique de la Permaculture
Au cœur des méthodes de design et de la pratique permaculture se trouve une éthique et un ensemble de valeurs fondamentales qui restent constant pour chaque individu, qu’il crée un système pour la planification d’une ville ou d’une profession, que la terre dont elle s’occupe soit une jardinière de balcon ou une forêt entière.
L'éthique de la permaculture est souvent résumée ainsi :
- Prendre soin de la Terre – reconnaître que la terre, illuminée par les rayons solaires, est la source de toute vie et qu’il faut donc tout faire pour la préserver dans sa complexité et diversité.
- Prendre soin des Hommes – se soutenir et s’aider les uns les autres pour changer vers des manières de vivre qui n’endommagent ni nous (stress, cancers, stérilité…) ni la planète (réchauffement climatique, diminution de la biodiversité, érosion des sols..). En effet, les êtres humains sont ceux qui ont le plus d'impact sur la Terre. Il est donc très important de leur procurer tout ce dont ils ont besoin d'une manière qui préserve la bonne santé de la planète. Ces besoins incluent tous les besoins matériels et non matériels et c'est pour cela que les domaines d'intérêt et d'action de la permaculture sont aussi vastes.
- Créer l’abondance et redistribuer les surplus, consommer et se reproduire de manière sage et équitable – développer des sociétés où l’abondance (nourriture, argent, temps…) et sa redistribution sans laissés pour compte est une situation normale, et ce grâce a l’éthique, l’information et l’imagination ; s’assurer que les ressources limitées de la terre sont consommées de manière sage et équitable et adapter sa croissance démographique en fonction de sa capacité (toujours en évolution) à produire de la nourriture de manière soutenable.
[modifier] Les principes de la permaculture
Les principes de design sont vraiment au cœur de tout système de permaculture. Chaque permaculteur développe sa propre compréhension de ces principes et les enseigne de façon un peu différente. Certains ajoutent aussi de nouveaux principes. Ces principes, dont le nombre limite n’est donc pas fixé, évoluent au fil du temps en fonction de l’affinage de nos connaissances, et constituent une base aggradante qui constitue le filtre, le mode de pensée, la vision et compréhension du monde que l’on peut avoir à un moment donné, qui accompagne le processus de design tout au long de sa création. Plus on comprend, on accepte et on se laisse imprégner par ces principes, plus ils deviennent automatiques, et font partie de notre mode de pensée et d’action, et plus ils font partie de notre culture, en nous faisant évoluer vers une culture (la notre) permanente (adaptée).
[modifier] Les principes de Bill Molisson
- Prévoir l'efficacité énergétique
- Emplacement relatif
- Circulation d'énergie
- Effet de bordure
- Chaque élément doit avoir plusieurs fonctions
- Chaque fonction est remplie par plusieurs éléments
- Travailler avec la nature plutôt que contre elle
- Faire le plus petit effort pour le plus grand changement
- Le problème est la solution
Puisque la stabilité, la richesse, la résilience, et surtout l’efficacité d’un système repose sur les interconnections entre ses éléments, si l’on rencontre un problème à un moment donné dans le système, c’est qu’une connexion manque entre certains éléments. Pour le résoudre, il faut donc relier l’élément problématique à un autre, quitte a l’introduire, et le problème d’un élément devient la solution d’un autre. La vie utilise ce principe de manière omniprésente ; prenons le calcium pour exemple. L’ion calcium, omniprésent à la surface de la terre, est un poison pour la cellule, car il s’entoure d’une très grande couche d’eau lorsqu’il est en solution et si sa concentration n’est pas régulée, il peut facilement faire exploser la cellule. La cellule a donc inventé des pompes à calcium pour l’évacuer mais cela lui coute de l’énergie, ce qui constitue un problème. Pour le tourner en solution, elle a relié cette situation avec le besoin de protection et de structure porteuse, et s’est mise à stocker le calcium en excès qui constituait pour elle un déchet à évacuer coûteux en énergie pour en faire des exosquelettes (coquilles des escargots) et des endosquelettes (mammifères), tournant ainsi le problème en solution. On voit bien ici que le gain d’efficacité apporté par cette élégante solution est la raison de son succès, et que c’est cela que recherchera le permaculture dans tous ses designs.
& Toute forme de vie a un effet sur son environnement
Comme nous le montre la géophysiologie (La théorie Gaia de Lovelock et Margulis), la vie exerce des rétrocontroles sur l’environnement, ce qui a pour conséquence de le modifier. Or, une modification dans un système peut être vécue comme une nuisance, puisqu’une nuisance est l’effet d’un élément qui n’est pas utilisé au bon endroit, ou pas utilisé du tout. Comme chaque élément a un effet sur son environnement, comprendre sa stratégie est capital afin de le relier à bon escient à d’autres éléments afin de tirer partie de ses effets et de ne pas en souffrir. On voit ici l’importance de l’alliance entre l’information (connaissances…) et l’imagination (ingéniosité créative). Par exemple une limace a comme stratégie de consommer des plantes qui sont tendres, en mangeant en priorité les plus tendres. Comprendre cette stratégie permet de luter contre les limaces car on constate que si des mauvaises herbes coupées des allées du jardin sont placées a décomposer sur un jardin qui comporte des limaces, celles-ci vont en priorité se nourrir de ce mulch tendre avant de s’attaquer a des plantes en croissance forcément plus dures que les herbes coupées, aussi tendre soit elles. On a donc tourné l’effet de la limace sur son environnement à son avantage, en acceptant qu’elle ait un effet sur son environnement plutôt que d’essayer de l’annuler.
& le rendement d’un système est théoriquement illimité, il n’est limité que par l’information et l’imagination
Avoir à l’esprit que nous n’avons pas atteint les limites de la connaissance, qui évolue sans cesse et que par conséquent lorsque nous agissons à un instant donné, c’est avec les connaissances du moment, qui seront toujours incomplètes. Au fil du temps et de l’accumulation des connaissances (information), de nouvelles perspectives se présenteront donc qui permettront toujours d’améliorer l’efficacité d’un design. Il en est de même pour l’imagination, qui trouve toujours ses racines dans le monde réel et la compréhension que l’on en a.
&Chaque fonction est assurée par plusieurs éléments
Ce principe a pour objectif d'assurer la solidité, la stabilité et la résilience du système. Au cas où un élément arrête de fonctionner, ce principe prévoie un remplaçant pour cet élément. Ce principe est très important, surtout dans le cas de fonctions vitales. Il est aussi appelé principe de redondance. Si vous ne faites pousser qu'une variété de pommes de terre et qu'elles sont attaquées par un parasite, vous n'aurez pas de pommes de terre pour l'hiver. Si vous faites pousser plusieurs variétés et les faites pousser dans différents endroits, vous avez beaucoup plus de chance d'obtenir quand même un récolte. D'autres fonctions, comme l'approvisionnement en eau et le chauffage sont des fonctions vitales. Celles-ci doivent absolument être remplies par plusieurs éléments. Plus la fonction est importante pour la résilience de votre système, plus vous devez prévoir qu'elle soit remplie par plusieurs éléments de ce système.
[modifier] Les principes de David Holmgren
La reformulation des principes de permaculture apparaît dans l’ouvrage de David Holmgren « Permaculture : Principles and Pathways Beyond sustainibility ».
- Appliquer l’autorégulation et accepter les rétroactions (feedback) - il faut décourager les activités inappropriées pour s’assurer que le système continue de fonctionner correctement.
- Intercepter et stocker l’énergie - en développant des systèmes qui collectent les ressources quand elles sont abondantes et que nous pouvons utiliser à besoin.
- Utiliser et répondre créativement au changement - on peut avoir un impact positif sur des changements inévitables en observant avec attention et en intervenant au bon moment.
- Concevoir en passant des motifs généraux (structure) aux détails - en prenant du recul on peut observer les motifs dans la nature et la société et les reproduire. Ils peuvent alors devenir la colonne vertébrale de nos designs et les détails mis en place à mesure que nous progressons.
- Intégrer plutôt que ségréger - en mettant les bons éléments aux bons endroits, des relations se développent entre ces éléments et ils travaillent ensemble pour s’entraider.
- Observer et interagir - En prenant le temps de s’engager avec la nature on peut concevoir des solutions qui correspondent a la situation.
- Obtenir un résultat - s’assurer que l’on reçoit réellement des récompenses utiles pour le travail qui est fait.
- Ne pas produire de déchets - en trouvant une valeur à chaque ressource disponible et en les utilisant toutes, rien n’est un déchet.
- utiliser et valoriser la diversité - la diversité réduit la vulnérabilité à une variété de menaces et tourne à son avantage la nature unique de l’environnement dans lequel il réside.
- Utiliser et valoriser les ressources et les services - faire la meilleure utilisation de l’abondance de la nature pour réduire notre comportement consommateur et notre dépendance vis-à-vis des ressources non renouvelables.
- Utiliser les bordures et valoriser le marginal - l’interface entre deux choses est l’endroit ou les événements les plus intéressants se produisent. Ce sont souvent les éléments qui ont le plus de valeur, et qui sont les plus divers et productifs.
- Utiliser des solutions petites et lentes - Les systèmes lents et petits sont plus faciles a maintenir que les gros, en faisant un meilleur usage des ressources locales et en produisant des résultats durables.
[modifier] L’innovation principale de la Permaculture : le design
Le fondement de la permaculture a toujours été de fournir un ensemble d’outils de design basés sur ses éthiques fondamentales, afin de planifier l’occupation terrestre humaine en fonction de l’environnement, de la culture, et du potentiel créatif des peuples concernés. Ce jeu d’outil aide le designer à modéliser le design final basé sur l’observation de la manière dont les écosystèmes interagissent. Une des innovations de la conception permaculture est d’apprécier l’efficacité et la productivité des écosystèmes naturels par l’observation minutieuse, et d’en dériver des principes directeurs universels, applicables par tous.
[modifier] Les éléments du design
Les principes de la permaculture se sont fortement inspirés des applications pratiques des théories de l’écologie (biologie des populations et des écosystèmes, géophysiologie) et de l’évolution pour analyser les caractéristiques et les relations potentielles entre les éléments du design. Chaque élément d’un design est attentivement analysé en termes de ses besoins, produits et propriétés. Les éléments du design sont ensuite assemblés en relation les uns aux autres pour que les produits d’un élément subviennent aux besoins d’un élément adjacent. La synergie entre les éléments du design est obtenue en minimisant les déchets et le besoin de travail humain ou le besoin d’énergie. Un design de permaculture exemplaire évolue au fil du temps, et peut devenir une mosaïque extrêmement complexe de systèmes conventionnels et inventifs qui produisent une haute densité de produits (nourriture, matériaux, organisation sociale, infrastructures, information) pour un effort minimum. Tandis que les techniques et les technologies utilisées sont empruntées à chaque domaine d’intervention spécifique en fonction de ses liens avec les éthiques fondamentales (l’agriculture biologique, la construction écologique, l’économie alternative, l’éducation alternative…), la contribution fondamentale de la permaculture au design écologique est le développement d’un ensemble concis de principes organisant larges et applicables qui peuvent être transmis à travers une formation brève et intense.
[modifier] Les étapes du design : la méthodologie O’BREDIM
Une fois les éthiques acceptées et les principes dans sa sacoche, le permaculteur est prêt à se lancer dans l’aventure et faire un design pour un système considéré, par exemple le quartier d’une ville. Pour cela, la permaculture utilise le fameux O’BREDIM, acronyme qui signifie Observation, Bordures, Ressources, Examen, Design, Implémentation et Maintenance. C’est un outil de planification que la permaculture emprunte au génie civil et auquel elle applique ses principes et éthiques, afin de faire le design d’un site (une maison d’habitation, une région, une zone industrielle…).
- Observation vous permet tout d’abord de voir comment le site fonctionne a l’intérieur de lui-même, d’avoir une compréhension de ses interrelations initiales. Certains recommandent une observation du site sur une année avant toute intervention. Pendant cette période tous les facteurs, comme la topographie, la flore locale, les flux d’énergies, etc. peuvent être inclus dans le design. Une année permet d’observer le site au travers des quatre saisons, même s’il faut prendre en compte le fait qu’il peut y avoir de substantielles variations entre les années.
- Bordures désigne les limites physiques du site.
- Ressources inclus les personnes impliquées, les finances, ce que vous pouvez faire pousser ou produire dans le futur, ce que vous voulez voir et faire sur le site.
- Evaluation de ces trois premières étapes vous permet maintenant de vous préparer pour les trois suivantes. C’est une phase ou l’on prend en considération toutes les choses a portée de main avec lesquelles on va travailler, existantes ou que l’on souhaite avoir, et ou l’on regarde en détails leurs besoins spécifiques, afin d’identifier ses propres besoins en terme d’information (besoin d’un personne ressource compétente dans un domaine).
- Design est toujours un processus créatif et intense et l’on doit utiliser au maximum ses capacités à voir et à créer des relations synergiques entre tous les éléments listés dans la phase ressources.
- Implémentation est littéralement la première pierre posée à l’édifice, quand on aménage soigneusement le site en fonction de la chronologie et de l’agenda décidé.
- Maintenance est nécessaire pour garder le site à son maximum de santé, en faisant des ajustements mineurs si nécessaire. Un bon design évitera le besoin de recourir à des ajustements majeurs.
[modifier] Les motifs (patterns) et les zones
L’utilisation des motifs dans la nature et de motifs réutilisables d’autres sites est souvent la clef des design permaculture. Ceci fait écho au livre de Chrisopher Alexander, « the Pattern language » utilisé en architecture et qui a été une inspiration pour beaucoup de designers en permaculture. Toutes les choses, même le vent, les vagues et la terre sur son axe orbitant autour du soleil forment des motifs.
Dans l’application de motifs, les designers sont encouragés à développer :
- la conscience des motifs existant déjà dans la nature (et comment ils fonctionnent)
- l’application de ses motifs sur le site afin de satisfaire des besoins spécifiques au design.
Les zones en permaculture sont une manière d’organiser les éléments du design dans un environnement humain basé sur la fréquence de ses utilisations. Les éléments fréquemment récoltés ou manipulés ou visités sont situés près de la maison en zones un et deux, alors que les éléments moins fréquemment manipulés sont situés plus loin.
[modifier] Applications de la permaculture
Bien que le premier champ d'étude de la permaculture fut l'agriculture et plus généralement la gestion responsable des territoires, la permaculture a évolué vers la conception de sociétés dans leur ensemble. L'éthique et les principes de la permaculture peuvent donc être appliqués à n'importe quel domaine d'activité humaine, qu'il soit formel comme l'architecture ou les transports, ou informel comme les structures sociales ou l'économie.
[modifier] Agriculture
L’agriculture est historiquement le premier objet de la permaculture et est donc très étudiée. La compréhension du fonctionnement des écosystèmes, même s’il elle n’en est qu’à ses débuts, l’écologie et l’évolution étant des sciences jeunes, a montré qu’un écosystème naturel mature est largement plus productif que n’importe quel système humain de production de nourriture, de part une utilisation de l’énergie, de l’eau et des nutriments beaucoup plus efficace que celle de l’agriculture. La permaculture s’est donc orientée vers la recherche de la mise en place d’agroécosystèmes productifs s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes naturels. L’agriculture naturelle de Fukuoka et de l’ITAN, ou les travaux sur les variétés pérennes des plantes courantes en agriculture du land institute de Wes Jackson en sont de bons exemples.
Dans cette optique de comprendre et copier l’efficacité de la nature, on s’attache à augmenter la diversité en utilisant les stratégies évoluées par les écosystèmes pour maximiser la production en diminuant les efforts, ce qui donne les principes suivants :
Couches/empilement
En permaculture et jardinage forestier, on va s’attacher a reproduire les 7 couches identifiées dans les écosystèmes matures:
- la canopée
- la couche des arbres intermédiaires (fruitiers nains)
- les arbustes
- les herbes annuelles
- les plantes de couverture
- les racines
- la dimension verticale (lianes, vignes)
- la mycosphère
Un écosystème mature comme une forêt ancienne possède un nombre gigantesque de relations entre ses composants : les arbres, l’étage intermédiaire, la couverture du sol, le sol, les champignons les insectes et les autres animaux. Les plantes poussent à des hauteurs différentes. Cela permet à une communauté diversifiée de pousser dans un espace relativement confiné. Les plantes débourrent et produisent des fruits à différents moments de l’année.
Par exemple au Royaume Uni, l’ail sauvage qui pousse dans la couche la plus basse débourre ses feuilles avant que les arbres qui forment la canopée ne débourrent a leur tour. Une forêt ne souffre quasiment pas de l’érosion du sol, puisqu’il y a des racines dans le sol en permanence. Elle fournit un habitat à large éventail de vie animale, dont les plantes ont besoin pour la pollinisation et la dissémination des graines. La productivité d’une telle forêt, en terme de nouvelle croissance produite, dépasse celle du plus productif des champs de blé. C’est dans l’observation de comment une forêt est beaucoup plus productive avec un apport bien moindre de fertilisant que le potentiel de productivité des designs permaculturels sont fabriqués. Les nombreuses connections dans une forêt contribuent ensemble a une prolifération d’opportunités pour que des rétroactions amplifiantes évoluent qui a leur tour maximise le flux d’énergie à travers le système.
Polyculture
La polyculture est une agriculture utilisant de multiples espèces dans le même espace et au même moment, en imitation de la diversité des écosystèmes naturels, et qui évitent les grandes étendues d’une seule espèce ou monoculture. Cela inclut les rotations, les cultures multiples, les cultures sous couvert et les cultures intercalaires. La culture en allées est une simplification des systèmes en couches empilées qui utilise typiquement 2 couches, avec des rangs alternés d’arbres et de plantes plus petites.
Agriculture de conservation, agroforesterie
C’est l’agriculture du carbone et du sol vivant, qui vise a terme au non travail du sol et au semis direct, et a nourrir le sol et non la plante en accumulant sur le sol une litière qui fait office de mulch et de nourriture pour le sol, et en sous sol du carbone par les racines des plantes pérennes (agroforesterie) ou annuelles (intercultures en agriculture de conservation) qui meurent selon des cycles réguliers (racines fines). Le sol étant vivant car constamment nourri par des apports de matières organiques réguliers, le travail du sol n’est plus nécessaire, il se fait par le travail de la vie du sol. Le plus délicat dans ce genre d’agriculture est la transition entre les deux phases, ou la compaction et le salissement des parcelles sont des problèmes dont les solutions sont à planifier sur plusieurs années pour les éradiquer.
Augmenter les bordures/interfaces
Les permaculteurs maintiennent qu’à l’endroit où des écosystèmes très différents se rejoignent (l’écotone des écologues), il y a une surface de productivité et de connections utiles plus importantes que dans les écosystèmes pris séparément. Le plus grand exemple en est la côte. Là ou la terre rejoint la mer il y une surface particulièrement riche qui suffit à un pourcentage disproportionné de besoins animaux et humains. La preuve en est que l’écrasante majorité de l’humanité vit à moins de 100km de la mer. L’idée est utilisée dans les designs permaculture en utilisant des spirales d’herbes dans les jardins ou en créant des mares avec des berges ondulées plutôt qu’en simple cercle ou ovales. Les bordures entre les bois et les plaines sont reconnues pour être les plus productives (dans le cas d’écosystèmes en équilibre ou matures).
Les plantes pérennes
Les plantes pérennes sont souvent utilisées dans les conceptions permaculture. Puisqu’elles n’ont pas besoin d’être replantées chaque année, elles ont besoin de moins de maintenance et de fertilisants. Elles sont importantes surtout dans les zones extérieures et dans les systèmes à étages. Ken Fern de Plants for a future a passé de nombreuses années à faire des recherches sur les plantes pérennes appropriées et met à disposition sur internet une liste impressionnante de plantes pérennes comestibles. De la même manière Wes Jackson et son équipe du Land Insitute ont mis au point des variétés pérennes de blé, tournesol mais, etc,
Les animaux
Beaucoup de designs permaculture essayent d’utiliser des animaux plutôt que des humains. Les poules peuvent être utilisées comme méthode de contrôle des adventices et fournissent de multiples produits œufs, viande, guano, chaleur... Quelques types de systèmes agro forestiers combinent les arbres et les animaux brouteurs. Ces animaux sont des animaux domestiques utilisés comme co-travailleurs, en mangeant une nourriture non comestible pour l’humain comme les limaces, les termites, et font intégralement partie de la lutte contre les nuisibles, en fournissant de plus des fertilisants a travers leurs excréments et en contrôlant certaines espèces de mauvaises herbes.
L’énergie
Appliquer les valeurs de la permaculture signifie utiliser moins de sources d’énergie non renouvelables, en particulier les formes dérivées du pétrole. Bruler des combustibles fossiles contribue à l’effet de serre et au réchauffement climatique, mais utiliser moins d’énergie veut dire plus que combattre le réchauffement climatique. La production de nourriture devrait être un processus complètement renouvelable et non pas basé sur le pétrole. La permaculture appliquée a l’agriculture a pour vocation de créer un système renouvelable qui ne dépend que d’une quantité minimale d’énergie. L’agriculture traditionnelle pré industrielle était intensive en terme de travail, l’agriculture industrielle est intensive en terme d’énergies fossiles, et la permaculture agricole est intensive en design et information. La permaculture est une manière de travailler plus intelligemment pas plus durement ; et quand c’est possible, l’énergie utilisée doit provenir de ressources renouvelables comme le vent le solaire passif, ou les biocarburants.
Un bon exemple de ce genre de design efficace est la serre poulailler. En accolant la poulailler a une serre solaire on réduit la besoin de chauffer la serre avec des énergies fossiles vu que la serre est réchauffée par le métabolisme des poulets. On utilise également leurs « déchets » (plumes, déjections, chaleur, grattage du sol) pour diminuer le travail : les déjections fertilisent, les plumes mulchent (mulcher désigne l'action de répandre des matières organiques sur le sol autour des plantes et bordures pour étouffer les mauvaises herbes, matières appelées à se transformer en engrais ), la chaleur diminue la quantité d’énergie à apporter pour garder une température voulue constante, le grattage permet de se débarrasser des mauvaises herbes et des insectes. Dans une production en batterie, tous ces sous produits sont considérés comme des déchets, toute l’énergie étant concentrée sur la production d’œufs : la pollution est de l’énergie à la mauvaise place.
[modifier] Villes
Le mouvement des villes en transition a été initié par le permaculteur Rob Hopkins, tout d'abord en 2005 en Irlande, avec les étudiants de l'université de Kinsale, puis en 2006 dans la ville anglaise de Totnes. L'initiatve des villes en transition vise à créer des communautés résilientes face à la double menace du pic pétrolier et du dérèglement climatique.
[modifier] Économie
Un principe de base est d’ajouter de la valeur à une production existante. Un design permaculture cherche donc à fournir un large éventail de solutions incluant ses éthiques de base (voir ci-dessus) comme partie intégrante du design final qui a ajouté de la valeur au système considéré. De manière cruciale, il pose la question économique de savoir comment faire soit de l’argent en vendant la production soit de l’échanger contre du travail ou des services comme dans un SEL. Chaque design final doit donc inclure des considérations économiques ainsi que donner un poids égal pour maintenir l’équilibre écologique, en s’assurant que les besoins des gens travaillant sur le projet sont satisfaits et que personne ne soit exploité.
L’économie de la communauté nécessite un équilibre entre les trois aspects que comprend une communauté: la justice, l’environnement et l’économie, aussi appelée le triple facteur décisif, ou triple E (écologique- économique-éthiques). Un marché coopératif de paysans serait un bon exemple d’une telle structure. Les agriculteurs sont les travailleurs et les propriétaires. De plus, toute l’économie est pondérée par son écologie. Aucun système économique ne peut exister indépendamment de son écosystème ; par conséquent tous les couts externes doivent être pris en compte quand on parle d’économie.
[modifier] La structure nationale française
En 2008 est née l’association française de permaculture, pour l’instant nommée brin de paille. Parallèlement, l’Université Populaire de Permaculture a vu le jour, sous l’impulsion d’un maitre designer, Steve Read. Ces deux structures ont été conçues pour être itinérantes et s’implanter dans des endroits en besoin de dynamique, afin de concentrer pendant le temps ou elles y sont les énergies nécessaires a l’émergence d’une association locale qui deviendra autonome. Ce principe de structures pondeuses vise à enclencher une dynamique de groupes locaux de permaculteurs afin de doter toutes les biorégions d’une structure permaculture.
L’association nationale est en charge du site internet et du forum des permaculteurs, et sert d’interface entre le mouvement permaculture et le grand public ; elle organise également des événements nationaux (festivals, chantiers participatifs…) et participe au subventionnement des stages certifiés 72 heures.
L’Université Populaire de Permaculture a pour fonction d’organiser des stages certifiés de 72heures, première étape pour devenir professeur de permaculture (maitre designer), et de suivre les étudiants qui suivent la formation de deux ans de maitre designer et de leur délivrer le diplôme après passage devant un jury. Elle est en train de s’organiser pour fonctionner comme les compagnons du devoir et proposer aux étudiants un tour de France chez des maitres designers. L’Université est également en train de s’organiser pour devenir centre de recherches, qui sera par conséquent disséminé sur tout le territoire avec des expériences et des travaux conduits par les groupes locaux. De plus, c’est un centre de ressources et de publication sur les thématiques utilisées par la permaculture.
[modifier] Voir aussi
- Culture associée
- Développement durable
- Éthique
- Éthique de l'environnement
- les semences locales ou les Seed Savers ( voir youtube/com/seedsavers)
- (en) Forest gardening
[modifier] Liens externes
- Permaculture France Site Français de la Permaculture
- permaculturefrancophone.org Un site d'informations sur la permaculture en zone francophone.
- Portail Permaculture de Passerelle Eco textes autour de la permaculture, notamment l'exposé des 10 principes, et écolieux permaculturels.
[modifier] Notes et références
- ↑ F.H. King, Farmers of Forty centuries: Or Permanent Agriculture in China, Korea and Japan, Kessinger Publishing Co, 1911, 24 p. (ISBN 978-1419119347) "This intensive, continuous cropping of the land spells soil exhaustion and creates demands for maintenance and restauration of avilable plant food or the adding of large quantities of something quickly convertible into it." Traduction: La culture continue et intensive de la terre provoque l'épuisement du sol et crée la nécessité d'entretenir et de restaurer l'alimentation disponible pour les plantes ou bien l'ajout d'une grande quantité de quelque chose convertible en cela.
- ↑ David Holmgren, Permaculture: Principles and Pathways Beyond Sustainability, Holmgren Design Services, 2002 (ISBN 978-0646418445), p. xvi

