Suisse alémanique

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Les langues de la Suisse : en orange, la partie germanophone

La Suisse alémanique (ou Suisse allemande) est la partie germanophone de la Suisse. Elle couvre environ 65 % du pays et doit son nom aux Alamans, une peuplade germanique qui s'installa dans la région à partir du Ve siècle.

Langues parlées en Suisse[modifier | modifier le code]

Les zones géographiques en Suisse sont marquées par l'usage de langues différentes, intrinsèquement lié aux pays limitrophes de ces régions : l'allemand en Suisse alémanique, le français en Suisse romande, l'italien en Suisse italienne.

L'allemand est la langue officielle unique de 17 des 26 cantons suisses : Uri, Schwytz, Obwald, Nidwald, Lucerne, Zurich, Glaris, Zoug, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures, Appenzell Rhodes-Intérieures, Saint-Gall, Argovie et Thurgovie.

Trois autres cantons sont bilingues allemand-français :

  • Berne à majorité allemande (84 %)
  • Fribourg et le Valais, où l'allemand est en minorité (près de 30 %)

Enfin, le canton des Grisons est officiellement trilingue allemand (68 %), romanche et italien.

Identités suisses alémaniques[modifier | modifier le code]

Les Suisses alémaniques ont relativement peu d'affinités avec leurs voisins allemands, malgré la parenté linguistique de part et d'autre du Rhin. Les raisons en sont essentiellement historiques : la Suisse alémanique a été séparée de facto du reste des régions germanophones à partir de la fin du Moyen Âge, et officiellement à partir des Traités de Westphalie en 1648.

Une autre raison tient au statut accordé au dialecte. Bien que la langue officielle des cantons suisses alémaniques soit l'allemand standard (Hochdeutsch), dans la vie quotidienne, la population s'y exprime presque exclusivement en dialecte suisse allemand (Schwytzerdütsch), apparenté à la langue du sud-ouest de l'Allemagne et à l'alsacien (voir alémanique). Celui-ci est également très présent dans la production cinématographique helvétique. Ainsi, À vos marques, prêts, Charlie! (Achtung Fertig Charlie!) ou encore Grounding sont des réalisations en version originale suisse allemande. En Allemagne, en revanche, l'usage du dialecte est beaucoup plus limité.

Les Suisses alémaniques ne se sentent pas comme formant un groupe uniforme : selon les régions, chacun se sentira plutôt Bernois, Zurichois, Bâlois, Lucernois, etc. Le fédéralisme très poussé en Suisse, où les décisions politiques sont souvent prises au niveau cantonal ou communal, renforce encore cette attitude.

Culturellement parlant, la Suisse alémanique ne constitue pas non plus un ensemble homogène. Au Moyen Âge déjà, des différences marquées existaient entre cantons ruraux et urbains. Après la Réforme, les clivages ont surgi entre les régions devenues protestantes et celles restées catholiques. Aujourd'hui, avec le brassage des populations et le recul du fait religieux, les clivages confessionnels ont perdu en importance ; on assiste par contre à un regain des différences entre les villes (progressistes) et les campagnes (conservatrices).

Caractéristiques linguistiques[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Suisse allemand et Alémanique.

Les dialectes suisses allemands (Schwytzerdütsch) sont proches des dialectes germaniques (alémanique) parlés dans les pays voisins (par exemple les parlers de l'ancien Pays de Bade en Allemagne, l'alsacien, ceux du Liechtenstein et du Vorarlberg autrichien). Ils ont notamment maintenu certaines monophtongues du moyen haut-allemand : cf. ziit (« temps »), huus (« maison »), devenus respectivement Zeit et Haus en allemand standard.

Plat traditionnel suisse alémanique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine suisse.
 Photo d'un plat de roesti (galette de pommes de terre râpées), spécialité suisse.
Roesti (galette de pommes de terre râpées), spécialité suisse.

Les rösti sont le plat par excellence de la Suisse alémanique. Chaque région possède sa recette avec ses particularités : les Bernois ajoutent à la préparation de base des oignons et du lard, les Appenzellois y mettront du fromage en plus. Parfois, la galette est recouverte d'un œuf cuit sur le plat. D'autres plats sont typiques d'une région ou de plusieurs cantons comme l'Älplermagronen (ou Alpen Makronen), sorte de gratin fait de pommes de terre, macaronis, crème et oignons accompagné de compote de pommes ou de poires.

Chaque canton possède toutefois ses spécialités : l'émincé de veau à la zurichoise, le gâteau au fromage à la mode d'Obwald ou encore les Chügelipastete de Lucerne.[1]

Il existe également des produits alimentaires propres aux cantons alémaniques : l'appenzeller d'Appenzell, la Kalbsbratwurst de Saint-Gall, le kirsch de Zoug, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cuisine typique », sur myswitzerland.com (consulté le 21 mars 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Präsenz Schweiz: Die Schweiz in ihrer Vielfalt. Kümmerly & Frey, 2004, (ISBN 3-259-05522-3)
  • (de) Marc Stampfli, Christian Sonderegger (Hrsg.): Aktuelle Schweizde, Sauerländer, Aarau 2004, (ISBN 3-0345-0115-3)
  • (de) Manfred Hettling, Mario König, Martin Schaffner: Eine kleine Geschichte der Schweiz. Suhrkamp, Frankfurt am Main, 1998, (ISBN 3-518-12079-4)


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]