Bonheur national brut

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Slogan sur le mur de l'école des arts traditionnels de Thimphou.

Le bonheur national brut (BNB ; Dzongkha : རྒྱལ་ཡོངས་དགའ་སྐྱིད་དཔལ་འཛོམས་; Wylie : rgyal-yongs dga'a-skyid dpal-'dzoms) est une tentative de définition du niveau de vie en des termes plus psychologiques et holistiques que le produit national brut.

Cet indice a été préconisé par le roi du Bhoutan, Jigme Singye Wangchuck, en 1972. Son but est de bâtir une économie qui serve la culture du Bhoutan reposant sur des valeurs spirituelles bouddhistes. Entre autres objectifs, il sert à guider l'établissement de plans économiques et de développement pour le pays.

Un indice alternatif[modifier | modifier le code]

Il apparaît comme un indice englobant (de manière assez large) le produit intérieur brut (PIB) ou l'indice de développement humain (IDH) qui apparaissent comme insuffisants pour mesurer le bonheur des habitants d'un pays. Cet indice repose sur les quatre principes fondamentaux auxquels le gouvernement du Bhoutan attache une part égale :

  • croissance et développement économiques ;
  • conservation et promotion de la culture bhoutanaise ;
  • sauvegarde de l'environnement et utilisation durable des ressources ;
  • bonne gouvernance responsable[1].

En 2011, ces quatre grands axes sont évalués au travers de 72 critères de mesure[2].

Le site officiel du Bouthan indique que contrairement au PNB, le BNB « devait permettre d’évaluer une économie basée sur les valeurs spirituelles du Bouddhisme », tout en précisant que cet indicateur est encore utilisé dans les statistiques nationales.

Sur cette base, une série de mesures ont été instaurées pour améliorer la croissance économique mais aussi la conservation et le développement de la culture, la sauvegarde de l’environnement et une bonne gouvernance responsable[3]. Le roi a ainsi instauré l’apprentissage de la langue nationale (le dzongkha) dans les écoles et encouragé à porter l’habit traditionnel en public pour préserver la culture bhoutanaise. Une autre de ses mesures a été d'interdire en 2004 la vente de cigarettes, sous le prétexte que leur consommation avait des conséquences sociales, spirituelles et sanitaires négatives, et s'opposait à la doctrine bouddhiste recommandant d'éviter les stupéfiants qui affaiblissent les capacités mentales[4]. Le 1er dimanche de chaque mois est réservé à la journée sans voiture.

Le 20 mars a été décrété journée officielle du BNB par l'ONU[5].

Un indice homonyme[modifier | modifier le code]

Un second indice se basant sur une série de sept facteurs a été proposé par Med Jones, président de l'International Institute of Management[6] :

  • l’économique,
  • l’environnement,
  • la santé physique,
  • la santé mentale,
  • le bien-être au travail,
  • le bien-être social,
  • la santé politique.

Chacun de ces critères est évalué individuellement par des enquêtes auprès de la population et des analyses statistiques (le nombre de plaintes au travail, d’agressions, de divorces, de maladies graves, l’usage des antidépresseurs, etc.) donnant une mesure quantitative du bonheur .

Conférences[modifier | modifier le code]

Cinq conférences internationales se sont tenues sur le BNB :

Limites et remise en cause[modifier | modifier le code]

Le bonheur n'est pas quantifiable et sa mesure ne peut reposer que sur des mesures qualitatives, des indicateurs indirects ou la déclaration, toujours subjective, des personnes interrogées. La fiabilité de ces résultats dépend donc de la manière dont les informations sont collectées et analysées.

Le discours sur le Bonheur national brut est remis en cause par le Premier ministre nommé en juillet 2013, Tshering Tobgay, qui explique que le gouvernement précédent a passé beaucoup plus de temps à en parler qu'à agir, et relève que le pays est confronté à quatre grands défis : l'endettement, la monnaie, le chômage, dont celui des jeunes, et la perception d'une corruption croissante[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. BNB, site officiel du Bhoutan.
  2. Au Bhoutan, le bonheur national brut remplace le PIB, Le Parisien, 10 septembre 2011.
  3. (en), Gunter Pauli, Bhutan says yes to bioplastics, biofuels and happiness, 6 décembre 2010.
  4. Le Bhoutan, 1er pays a interdire la vente de tabac, AFP/La Libre Belgique, 17 décembre 2004.
  5. Document audio-visuel rediffusé le 4-8-13 à l'émission - UNE HEURE SUR TERRE :Dossier BOUTHAN, Société RADIO-CANADA.
  6. (en) Med Jones, The American Pursuit of Unhappiness - Gross National Happiness (GNH) - A New Socioeconomic Policy, Executive White Paper, International Institute of Management (Working Paper Draft V1.1)(original date Jan 15, 2006).
  7. Le « Bonheur National Brut » à l'agenda de l'ONU, Les nouvelles.fr, 26 juillet 2011.
  8. (en)Bhutan’s New PM Tshering Tobgay Questions the Politics of Happiness, The Diplomat, 5 août 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]