Grands travaux inutiles

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L'expression « grands travaux inutiles » (abrégée en GTI) désigne des réalisations d'infrastructures qui se sont avérées économiquement et/ou écologiquement contre-productives, inutiles ou déficitaires.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'expression « grands travaux inutiles » est popularisé par le journaliste belge d’investigation Jean-Claude Defossé dans le programme homonyme diffusé sur la RTBF à partir de 1986, puis dans son ouvrage Le Petit Guide des grands travaux inutiles publié chez RTBF Édition en 1990.

Cette expression, qui désigne de grands chantiers n’ayant jamais été terminés, n’ayant pas atteint leurs objectifs ou dont l’utilité est contestée, a continué à être utilisée ensuite en Belgique, y compris par les néerlandophones, comme dans l’ouvrage Blijvende blunders : de grote nutteloze werken (1993) et sa suite Nog meer blijvende blunders (1996) du journaliste belge Douglas De Coninck. Les travaux inutiles ont été revisités par le journaliste Samy Hosni pour l'émission On n'est pas des pigeons sur la RTBF[1].

Avec la publication en France, en juillet 2013, du Petit Livre noir des grands projets inutiles[2], la notion est étendue à des projets qui ne concernent pas uniquement le domaine des travaux publics et des infrastructures ou des réalisations achevées. On parle alors de « grands projets inutiles » (GPI), voire « grands projets inutiles et imposés » (GPII), ce qui suppose une décision prise par le pouvoir politique en relation avec une technostructure, mais sans consultation démocratique des citoyens.

Grands travaux inutiles par pays[modifier | modifier le code]

Cette section recense les constructions qui sont considérées comme des « grands travaux inutiles ».

Autriche[modifier | modifier le code]

Brésil[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

Corée du Nord[modifier | modifier le code]

L’hôtel Ryugyong en 2007.
  • L’hôtel Ryugyong à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Avec ses 329 mètres, cet hôtel était destiné à devenir l’un des plus hauts bâtiments du monde. Mais par manque de fonds, le chantier fut abandonné alors que le gros-œuvre de l’hôtel était terminé. Plusieurs années se sont écoulées entre l’arrêt de la construction et la reprise des travaux pour un achèvement effectif en 2012.

Égypte[modifier | modifier le code]

  • L’ancien barrage d’Assouan inauguré en 1908 et épaissi en 1912 et 1913, est toujours un barrage en activité sur le Nil. Ce barrage long de 2 500 m était destiné à protéger les régions en aval des inondations, et améliorer l’irrigation. Il devait aussi fournir de l’électricité. Mais le lac fut bientôt envahi de plantes aquatiques. De plus, il apparut que le lac retient les boues fertiles, ce qui rend stériles les terrains à fertiliser en aval. Il a perdu totalement son intérêt lorsqu’il a été doublé par le Haut barrage d’Assouan long de 3 600 m situé à 6 km en amont et inauguré en 1970 et qui, tout en protégeant la vallées des crues n’en a pas moins renforcé les effets écologiques sus-cités.

Espagne[modifier | modifier le code]

Golden Gate Park San Francisco pierres issues du monastère Cistercien de Santa Maria de Ovila, Espagne
  • Arthur Byne, un représentant de la « Hispanic Society of America », dans un de ses voyages en quêtes de « bric-à-brac » à acquérir pour les collection du musée, découvre en 1930, près de Burgos en Espagne les ruines d'un monastère Cistercien décrépit, Santa María de Óvila. Il fait du monastère quelques croquis qu'il envoie à William Randolph Hearst, homme d'affaires américain, magnat de la presse écrite. Celui-ci ravi, décide d'acheter le monastère dans son entièreté, de le démonter et de l'envoyer en Californie afin de l'intégrer à son projet de château médiéval, « Wyntoon », dans les forêt du Nord de la Californie, tout près de la rivière McCloud (en). La chapelle elle-même doit devenir une piscine de 150 m de long. Lorsque le monastère est acheminé dans onze bateaux, le coût estimé de la construction explose et va bien au-delà de ce que Hearst peut payer. La Grande Dépression achève de ruiner le projet. Les pierres sont un temps stockées dans des entrepôts qui subissent plusieurs incendies. Les pierres qui subsistent sont maintenant entreposées pèle-mêle dans le Golden Gate Park à San Francisco[3].
  • La centrale nucléaire de Lemoniz, dont la construction est abandonnée suite à des attentats
  • De nombreuses constructions décidées dans les années 2000[4], dont :

France[modifier | modifier le code]

  • Le projet du SK 6000 de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, transport automatique léger. La ligne fut achevée et le matériel acheté mais des problèmes de fiabilité récurrents conduisirent à l’abandon du projet en 1999 après l’engagement d’un milliard de francs. Une partie de l’infrastructure a cependant été réutilisée pour la ligne du CDGVAL.
  • Le SK de Noisy-le-Grand devait relier la gare RER à une école de Police jamais construite à quelques centaines de mètres de là.
  • Le projet de Grand Abattoir de La Villette à Paris (la structure en béton longtemps vide a cependant servi pour la construction de la Cité des sciences).
  • Le projet de l'aéroport d'Ancenis construit en prévision d'une infrastructure business-class à l'entrée de la Bretagne et de Nantes, finalement inutilisé; les bâtiments à proximité sont vides et en friche.
  • L’Aérotrain.
  • Dans le métro de Paris : les stations inachevées ou pas construites Haxo, Porte Molitor, Orly-Sud, La Défense - Michelet et Élysées La Défense, principalement pour des raisons économiques.
  • La ligne de Petite Ceinture, aujourd'hui désaffectée, et qui fait le tour de Paris ; elle n'a pas été utilisée pour la construction du tramway T3.
  • La gare de Lorraine TGV, qui n'est pas reliée aux réseaux départementaux qui se trouve en rase campagne et qui sera peut-être déplacée. Ceci a été dénoncé par la Cour des comptes, en 2012, plusieurs années après l'inauguration.
  • La centrale nucléaire de Brennilis : réacteur nucléaire expérimental, modéré à l’eau lourde et refroidi au gaz carbonique (filière HWGCR) est mis en service en 1967. Il produira de l’électricité pendant 12 ans seulement car en 1971 le gouvernement décide que sa technologie, d’origine américaine, doit être abandonnée. De plus, en 1975, des attentats revendiqués par le FLB-ARB endommagent la prise d’eau d’une turbine mais échouent dans la tentative d’abattre la cheminée de ventilation de l’enceinte dite étanche. En 1979, c’est le tour de deux pylônes électriques, compromettant l’évacuation de l’énergie produite. La centrale doit s’arrêter après ces deux types d’attentats, sans dommage. Elle se trouve maintenant au cœur du parc naturel régional d’Armorique.
  • Le parc Barbieux, situé à Roubaix, doit son origine à un ambitieux projet des années 1840, consistant à creuser un canal à partir de Roubaix pour relier la ville à la Marque. Différentes difficultés techniques liées à la topographie conduisent à son abandon. En 1859, Henri-Léon Lisot imagine de remplacer les terrains laissés par les débuts du chantier du canal par un parc urbain. Ce dernier en garde aujourd’hui un caractère très vallonné.
  • La ligne de Saint-Maurice-sur-Moselle à Wesserling, comportant un tunnel de 8 287 mètres sous le col de Bussang, jamais achevée[5].
  • La rocade périphérique de Marseille dont la première réservation de l’emprise au plan d’urbanisme date de 1933[6] et dont la livraison partielle d'un projet modifié et plus modeste est actuellement prévue pour 2016, et un second en 2026, a pour particularité d'avoir été délaissé faute de moyens pendant une vingtaine d'années, laissant certains ouvrages d'art en pleine ville à l'abandon, comme le viaduc de Frais-Vallon, achevé en 1998 mais non mis en service à ce jour[7], ou d'autres, comme l'échangeur Florian, inachevé mais partiellement en service (et toujours considéré comme en travaux) depuis les années 1960[8].

Haïti[modifier | modifier le code]

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

  • Le polder du Markermeer dont le chantier est interrompu et qui est à l’origine d’un bouleversement écologique près d’Amsterdam. La digue devant permettre l’assèchement du polder est bien en place et relie les villes d’Enkhuizen et de Lelystad mais retient dans le Markerwaard une grande quantité d’eau saumâtre, stagnante et polluée.
  • Le canal de la Hollande-Septentrionale, dont la construction a été décidée au début du XIXe siècle par le roi Willem II, mais il s’avéra rapidement trop petit et trop sinueux. Il est plus tard remplacé par le canal de la Mer du Nord ou Noordzeekanaal, qui fut construit à partir de 1865.
  • Un petit GTI est le tramway jamais utilisé entre la gare centrale d’Amsterdam et la place de Haarlem. En 1985, la rue du Haarlemmer Houttuinen avait été équipée de rails mais les caténaires n’ont jamais été installés.
  • À Katwijk avait été commencé en 1996 une ligne de tramway dans la rue de la Mer par l’entreprise RijnGouweLijn. Un mois plus tard, la construction a été interrompue et les rails démontés car probablement la ligne devait plutôt passer par le nouveau quartier de Zanderij.

République démocratique du Congo[modifier | modifier le code]

Roumanie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. RTBF Info – Le Journal des travaux inutiles.
  2. Camille (nom du collectif de rédaction), Le Petit Livre noir des grands projets inutiles, éditions le passager clandestin (ISBN 978-2-36935-002-6).
  3. Unbuilt America, forgotten architecture of the United States from Tomas Jeferson to Space Age. A site book by Allison Sky and Michelle Stone. Abeville Press. Publishers. New York.1983
  4. Elodie Cuzin, [1], 07/01/2012
  5. Voir sur histoiredurail.free.fr.
  6. Voir sur paca.developpement-durable.gouv.fr.
  7. Voir sur routes.wikia.com.
  8. Voir sur routes.wikia.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]