Économie circulaire

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L'économie circulaire est une expression générique désignant un concept économique qui s'inscrit dans le cadre du développement durable et s'inspirant notamment des notions d'économie verte, d’économie de l'usage ou de l'économie de la fonctionnalité, de l'économie de la performance et de l'écologie industrielle (laquelle veut que le déchet d'une industrie soit recyclé en matière première d'une autre industrie ou de la même).

Son objectif est de produire des biens et services tout en limitant fortement la consommation et le gaspillage des matières premières, et des sources d'énergies non renouvelables ;

Selon la fondation Ellen Mac Arthur (créée pour promouvoir l'économie circulaire[1]), il s'agit d'une économie industrielle qui est, à dessein ou par intention, réparatrice et dans laquelle les flux de matières sont de deux types bien séparés ; les nutriments biologiques, destinés à ré-entrer dans la biosphère en toute sécurité, et des entrants techniques (« technical nutrients »), conçus pour être recyclés en restant à haut niveau de qualité, sans entrer dans la biosphère[1].


Histoire[modifier | modifier le code]

Elle s'inspire notamment de Michael Braungart et de William McDonough ou plus exactement de leur formulation de la théorie du Du berceau au berceau (formalisée en 2002). Le premier livre sur l'économie circulaire en langue française paraît en 2009 (Économie circulaire : l'urgence écologique[2] écrit par Jean-Claude Lévy), et attire alors l'attention des écologistes et des médias[3],[4].

Éléments de définition et d'enjeux[modifier | modifier le code]

L'économie circulaire se veut plus « écologiquement vertueuse » que les modèles économiques classiques qui basent le développement économique sur une production de richesse ou de plus-value se traduisant par une destruction de ressources.

Elle promeut pour cela un système économique et industriel d'une part sobre en carbone et en énergie et d'autre part sobre en ressources naturelles pas, peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelables, fondé sur l'écoconception des produits et services qui doit favoriser le recyclage au meilleur coût.

Pour Arnaud Gossement, spécialiste du droit de l'environnement, malgré un travail et rapport du comité opérationnel no 31 sur « l'économie de fonctionnalité » faisant suite au Grenelle de l'environnement, « l'expression « économie circulaire » n'est pas tout à fait stabilisée »[3] et l'expression ne figure pas dans la feuille de route pour la transition écologique écrite pour mettre en œuvre la conférence environnementale qui évoque elle une « transition écologique de l'économie ».

En tant que théorie, l'économie circulaire est compatible avec les théories de l'économie de la frugalité ou de la décroissance ou de la sobriété heureuse. Elle semble cependant également compatible avec un modèle classique optimisé et intégrant l'écoconception mais reposant toujours sur le recyclage rapide d'objets rendus désuets par la mode et la publicité ou par une obsolescence technique programmée.

Parmi les enjeux figurent l'optimisation de l'utilisation de ressources limitées (dont par exemple le foncier) ou en voie de raréfaction (quatorze minéraux ou métaux dont le béryllium, le cobalt, l’indium, le magnésium, les terres rares et le tungstène sont de plus en plus demandés par l'industrie, ce qui peut être source de tensions sociopolitiques et d'inégalités).

La fondation Ellen Mac Arthur, créée en 2010 avec un groupe de « partenaires fondateurs » — B&Q[4], BT Group Cisco, National Grid et Renault — pour inspirer un monde repensé et un avenir positif, a produit deux rapports[2] sur l'économie circulaire (associée à l'économie de la fonctionnalité) et contribue à diffuser ce concept[1].

En France[modifier | modifier le code]

La notion d'économie circulaire fut médiatisée à l'occasion du Grenelle de l'environnement en 2007.

Elle est parfois associée à la notion de troisième révolution industrielle qui lui ajoute une dimension de production locale et décentralisée de l'énergie (« économie latérale »), via selon Jeremy Rifkin, économiste américain promoteur d'un nouveau paradigme économique, un réseau électrique intelligent (Smart Grids) qui, à l'image d'Internet pour les informations, constituerait une sorte d'Internet de l'énergie.

De par leurs compétences, les collectivités territoriales se trouvent être des acteurs clés de la mise en place d'une économie circulaire[5].

Le député français François-Michel Lambert est cofondateur et président actuel de l'Institut de l'économie circulaire, riche de cent cinquante membres.

Conditions[modifier | modifier le code]

Ce modèle économique pourrait être favorisé par le développement des écotaxes, l'augmentation des coûts de l'énergie et des matières premières.

Il pourrait s'appuyer sur le partage des données environnementales, l'affichage environnemental que la France veut expérimenter[6] alors que la Commission européenne a annoncé en 2013 le lancement pour trois ans de l'expérimentation de calcul de l'empreinte environnementale des produits et organisations[7]. Les apports de l'Open-data, le travail collaboratif, le développement de pièces détachées produites par imprimantes 3D pourraient aussi y contribuer.

Outils[modifier | modifier le code]

Plusieurs outils ont été crées afin de faciliter les échanges pour menant à l'économie circulaire.

Au Canada dans les provinces du Québec et de l'Ontario la compagnie Second Cycle offre « un portail web d'échange avec modérateur ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]