Émergence

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L’émergence est un concept philosophique apparu au XIXe siècle grossièrement résumé par l'adage « le tout est plus que la somme de ses parties ». Une propriété peut être qualifiée d’émergente si elle « résulte » de propriétés plus fondamentales tout en demeurant « nouvelle » ou « irréductible » à celles-ci[1].

Ce concept propose ainsi de concilier dans les sciences une approche moniste avec une opposition au réductionnisme, c'est-à-dire postulant une unité fondamentale dans la composition de la nature (que ce soit la matière inerte, les organismes vivants ou le psychisme) mais déniant la possibilité d'une connaissance intégrale de ces phénomènes par la simple connaissance de leurs composants fondamentaux. L'enjeu des divers émergentismes proposés depuis lors étant précisément celui de la clarification des termes « résulter », « nouvelle » ou « irréductible », et de leurs différentes acceptions possibles.

On parle parfois d’émergence synchronique pour qualifier les rapports entre des propriétés considérées à des échelles spatiales différentes, ou d’émergence diachronique pour qualifier l'apparition d'une propriété nouvelle à un moment donné (évolution, embryogenèse...). Selon les auteurs et la définition choisie, l'émergence est aussi souvent associée aux concepts de causalité descendante[2], de survenance[3], de rétroaction[4], d’auto-organisation ou de complexité.

Les deux exemples classiques de phénomènes proposés comme émergents sont la conscience, vue comme une propriété émergente du cerveau, et la vie, vue comme une propriété émergente de la physico-chimie des organismes vivants.

Définitions de l'émergence[modifier | modifier le code]

On retrouve un certain nombre de caractéristiques généralement associées aux différentes formes du concept d'émergence[E 1],[5]:

  • Physicalisme : tout ce qui existe peut se réduire en dernière analyse aux constituants décrits par la physique, et à leurs aggrégats.
  • Émergence de propriétés : À partir d'un certain niveau de complexité et d'organisation des particules matérielles, des propriétés authentiquement nouvelles émergent de ces systèmes complexes.
  • Irréductibilité de l'émergence : les propriétés émergentes sont irréductibles, et ne peuvent être déduits des phénomènes de bas niveaux à partir desquels ils émergent.
  • Causalité descendante : Les entités émergentes peuvent être à l'origine causale d'une influence sur les entités de même niveau ou plus bas niveau, soit directement (émergence forte), soit via les micro-constituants (émergence faible). Cela distingue une entité émergente d'un épiphénomène, qui n'a pas d'influence causale.

Chaque auteur peut formuler différemment, apporter des nuances, voire réfuter certaines propriétés comme la dernière, mais ces quatre propriétés forment le cadre conceptuel de réflexion à propos de l'émergence[E 2].

Par exemple, O'Connors définit l'émergence d'une propriété P à partir d'objets O de la manière suivante[6] :

  • P survient des propriétés de ses parties O.
  • P n'est pas une propriété des objets O.
  • P est distinct de toute propriété structurelle des objets O.
  • P possède une influence causale directe (descendante) sur le comportement des structures constituées par les objets O.

Émergences « faible » et « forte »[modifier | modifier le code]

Même s'il existe de nombreuses formulations et conceptions de l'émergence, il est généralement admis que les théories émergentistes du XXe siècle se répartissent en deux catégories principales[E 3] :

  • On parle d'émergence « faible » lorsque la dynamique causale du tout est entièrement déterminée par la dynamique causale des parties[7], et est subjectivement interprétée comme émergente par un observateur extérieur. Dans le cas des molécules d'eau, leur cristallisation en glace est un phénomène qui n'appartient ni à l'hydrogène, ni à l'oxygène, ses constituants. Il s'agit toutefois d'un phénomène qui peut s'expliquer à partir des propriétés de l'hydrogène et de l'oxygène. Il n'y a donc pas de propriété réellement nouvelle, si ce n'est celle qu'un humain peut observer, et qui peut surprendre ce dernier de premier abord.
  • L'émergence « forte » se caractérise principalement par la mise en avant d'une influence fondamentale et irréductible du tout sur les parties, c'est-à-dire par l'apparition d'authentiques agents ou processus causaux à un haut niveau de complexité influençant causalement les processus de même niveau, ou de niveau inférieur[E 3]. Par opposition à l'émergence faible qui, pour sa part, insiste sur le fait que les causes ultimes de tout phénomène, même émergent, se situent fondamentalement au niveau micro-physique. C'est l'existence de telles propriétés émergentes fortes qui est discutée : l'impossibilité, dans tout système complexe, de voir le lien causal entre le niveau micro et le niveau macro pourrait résulter des limites de l'être humain. On peut toutefois citer deux exemples d'émergence qui semblent fortes : l'apparition de la vie à partir de l'inanimé, et l'émergence de la conscience.

Hugues Bersini[8] dénie à la physique et la chimie, dont la pratique se doit d'être réductionniste, la possibilité de nous éclairer sur ce concept d'émergence. En physique et en chimie, le meilleur niveau d'explication reste celui qui sous-tend le phénomène collectif. À ces niveaux, l'émergence n'existe que dans sa version « faible ». La température n'est en rien "davantage" que l'agitation erratique d'un ensemble de particules. En revanche, la biologie offre la possibilité d'une émergence « forte » car tout phénomène biologique collectif (vol d'oiseau, insectes sociaux, métabolisme cellulaire, ...) ne peut être expliqué qu'à la faveur d'un environnement intégratif (jouant le rôle du macro-observateur) et de la sélection naturelle. Deux ingrédients épistémologiques additionnels s'avèrent indispensables à la pleine compréhension du phénomène : l'environnement et la sélection naturelle. Ces deux ingrédients épistémologiques sont absents de la modélisation physico-chimique des phénomènes naturels.

Émergence faible[modifier | modifier le code]

Selon le point de vue de l'émergence faible, qui est de loin le plus répandu parmi les scientifiques et philosophes modernes[E 4], les structures émergentes possèdent bien d'authentiques caractéristiques autonomes, irréductibles, et qui peuvent servir de fondement à des descriptions ou à des théories scientifiques. Ces structures peuvent même être perçues et décrites par ces théories comme des agents causaux. Mais les processus causaux réels et ultimes résident au plus bas niveau, probablement au niveau microphysique[E 4].

Émergence forte[modifier | modifier le code]

Comme le note Timothy O’Connor, la relation causale du tout sur les parties mise en avant par l'émergentisme fort doit bel et bien être conçue comme une influence directe, au plus haut niveau, et non comme une influence macroscopique indirecte via les propriétés des micro-constituants[6],[E 5], car sinon cela reviendrait à de l'émergentisme faible.

Les défenseurs de l'émergence forte font - d'un point de vue philosophique - souvent appel à la théorie aristotélicienne de la causalité qui distingue non seulement les causes efficientes et matérielles, qui correspondent à la notion de cause dans la science moderne, mais aussi la cause formelle, provenant de la forme, structure ou fonction d'un objet qui retrouve un sens en émergentisme fort, qui tente de refonder une théorie de la causalité sur cette base[E 5]. La cause finale aristotélicienne, qui met en jeu des notions comme le vitalisme, le dualisme ou le surnaturel, a tendance à être évitée par la plupart des émergentistes scientifiques[E 5].

Ian Stewart[réf. nécessaire] et Jack Cohen[9] montrent que le concept d'émergence est un point de passage obligé pour expliquer des propriétés macroscopiques que l'on ne sait pas reporter sur des propriétés des seuls composants, et ainsi de suite : en effet, si l'on constate que les chats sont vivement attirés par les souris, il semble absurde d'en inférer que ce sont les molécules des chats qui sont directement attirées par les molécules des souris. La cause de cet attrait doit donc être cherchée dans l'organisation interne de celles-ci, ou de structures plus complexes encore comme, ici, celles des systèmes nerveux et hormonaux.

Exemples[modifier | modifier le code]

Exemple de l'émergence de la propriété enzymatique

L'émergence est un phénomène physicaliste, c'est-à-dire qu'il peut être expliqué par les propriétés physiques, chimiques ou biologiques de la matière.

  • Biochimie : l'émergence de la fonction enzymatique s'explique principalement par le repliement de la protéine d'une forme linéaire en une forme compacte (voir figure ci-contre). C'est le rapprochement dans l'espace tridimensionnel des acides aminés chimiquement actifs (rectangles rouges) qui fait apparaître (émergence) de nouvelles propriétés physico-chimiques dans une région localisée de l'espace : le site actif de l'enzyme.
  • Anatomie : des considérations sur l'apparition de variantes de l'œil dans plusieurs branches très différentes de la classification du vivant incitent à penser que l'apparition de l'œil fait partie des propriétés émergentes prévisibles là où existe une source lumineuse. Dans son livre L'horloger aveugle, le biologiste Richard Dawkins étudie plus en détail le mécanisme de cette émergence à partir d'une simple cellule se trouvant douée au départ de photosensibilité[10], par le biais de sélections naturelles successives. Il utilise pour cela des simulations sur ordinateur. Dans sa théorie de la complexité en mosaïque, Georges Chapouthier vise à expliquer cette émergence par la différenciation et l’intégration d’entités à l’origine juxtaposées et identiques[11].
  • Zoologie (Éthologie et entomologie) : chez les insectes sociaux comme les fourmis ou les termites, il apparait un comportement émergent, effet global qui résulte de l'application de règles locales. « Les études réalisées par les éthologistes ont montré que certains comportements collectifs des insectes sociaux étaient auto-organisés. L’auto-organisation caractérise des processus au cours desquels des structures émergent au niveau collectif, à partir d’une multitude d’interactions simples entre insectes, sans être codées explicitement au niveau individuel. »[12],[13]. Par exemple, par le fait qu'un termite ait plus de chance de déposer une motte de terre en un lieu où il y en a déjà, on verra émerger la construction d'une termitière au sein d'un groupe de termites.
  • Intelligence artificielle : des robots programmés avec des règles simples peuvent avoir des comportements émergents : « An agent typically has certain sensory-motor abilities, i.e. it can perceive aspects of the environment, and depending on this information and its own state, performs a particular behavior [...]. One point of interest has been the emergence of complex global behavior from simple rules and local interactions »[14]
  • Sciences sociales : les institutions, les langages sont des exemples de phénomènes émergent décrits par les sciences sociales[15]. Si, comme l'explique Bernard Walliser, les « phénomènes d'émergence sont tout aussi pertinents dans les sciences sociales qu'en physique ou en biologie »[15], les premiers se distinguent par l'intentionnalité des comportements humains, qui en ayant conscience du phénomène d'émergence peuvent en influencer le cours.
  • Botanique : les brousses tigrées sont des communautés végétales caractérisées par une structure spatiale périodique dite émergente. En effet, cette structure en motif périodique décimétrique à hectométrique, échelle largement supérieure aux individus végétaux qui la composent, est le résultat d'interactions locales entre ces individus et leurs plus proches voisins[16].
  • Neurosciences : des règles simples d'interactions neurales implantées comme des règles d'apprentissage non-supervisé permettent de voir l'émergence de structures complexes. Un exemple est l'organisation du cortex visuel primaire et en particulier l'émergence de la selectivité de ces neurones à de orientations locales dans l'image rétinienne[17]
  • Systémique : l'accent est mis sur le phénomène d'émergence : « Emergence is a concept embedded in system theory »[18]. Ce n'est plus une somme de comportements simples, mais le résultat d'une interaction entre ces comportements et la complexité du système.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'émergentisme britannique[modifier | modifier le code]

Bien qu'on puisse certainement rechercher des positions proches chez des auteurs antérieurs, c'est au XIXe siècle, chez un certain nombre de philosophes britanniques, que le concept d'émergence fait explicitement son apparition. Le premier à l'employer avec une définition philosophique précise est George Henry Lewes dans Problems of Life and Mind (« Problèmes de la vie et de l'esprit ») en 1875. Mais John Stuart Mill est présenté généralement comme la première source d'inspiration de ce courant[19], bien qu'il n'utilise pas directement le terme. Dans son Système de logique déductive et inductive publié en 1843, celui-ci propose une distinction entre des lois homopathiques, dont les effets se combinent selon le principe de « composition des causes » (sur le modèle de l'addition vectorielle des forces en termes contemporains), et des lois hétéropathiques, dont les effets se combinent en violant ce principe de composition des causes. Les réactions chimiques en particulier mobilisent des lois hétéropathiques. Pour Mill, les organismes vivants sont donc strictement composés de matière inorganique mais leurs propriétés, résultant de lois hétéropathiques, diffèrent d'une simple composition des propriétés de leurs constituants.

C.D. Broad[modifier | modifier le code]

La publication en 1925 de The Mind and Its Place in Nature (« L'esprit et sa place dans la Nature ») de Charlie Dunbar Broad constitue le second moment majeur de l'émergentisme britannique[20]. Broad propose l'émergence comme une troisième voie permettant de dépasser le débat entre vitalistes — qui défendent l'idée d'une différence fondamentale entre matière inerte et vivant – et mécanistes — qui défendent l'idée d'une nature entièrement mécanique, y compris dans les organismes vivants. Il introduit pour cela l'idée de niveaux d'organisation successifs, qui restera souvent associée à l'émergence par la suite. Pour Broad, même s'il n'existe bien qu'un seul type de substance physique composant tous les corps (monisme), on peut tout de même distinguer des agrégats de différents ordres, dont l'étude relève d'une hiérarchie de différentes sciences spéciales non réductibles à la physique (biologie, psychologie…). Pour cela, il distingue deux types de lois : les lois « intra-ordinales » qui décrivent l'interaction entre les propriétés d'agrégats d'un même ordre, et les lois « trans-ordinales » qui connectent les propriétés d'un agrégat avec les propriétés des agrégats de l'ordre immédiatement inférieur. Par exemple, une loi intra-ordinale propre à la biologie peut caractériser l'interaction de neurones entre eux, une autre loi intra-ordinale propre à la psychologie peut caractériser l'évolution des états mentaux d'un individu, et une loi trans-ordinale pourrait connecter la présence de certains états mentaux avec certaines propriétés neuronales du cerveau. Dans ce schéma, il est important de noter que chaque loi trans-ordinale est considérée comme fondamentale, impossible à déduire des lois intra-ordinales inférieures, et se contente de décrire la covariation synchronique de propriétés d'un ordre donné avec une propriété émergeant à l'ordre supérieur.

Ces principes sont compatibles de l'émergence faible, mais c'est dans le traitement spécifique du problème corps-esprit que Broad exprime des considérations plus proches de l'émergence forte[E 6]. Selon lui, les lois intra-ordinales ne sont pas suffisantes pour expliquer l'esprit. Il postule l'existence d'un "centre" mental qui unifie les événements mentaux en un seul "esprit", fondé sur l'existence de "particules mentales" analogues, mais fondamentalement différentes, des particules physiques. Cette position est presque dualiste, mais selon Clayton, elle s'en distingue et constitue plutôt une position d'émergentisme fort, dans le sens où un dualiste postule a priori l'existence d'une substance mentale et en déduit l'existence d'événement mentaux, tandis que Board procède à l'inverse et considère l'esprit en émergence d'éléments mentaux élémentaires[E 6].

C.L. Morgan[modifier | modifier le code]

Un concept réinvesti depuis les années 1970[modifier | modifier le code]

Le développement de la mécanique quantique, qui a fourni une explication physique aux liaisons chimiques, puis de la biologie moléculaire, ont consacré l'approche réductionniste dans les sciences de la nature à partir de l'entre-deux-guerres[21]. Mais un intérêt renouvelé pour le concept d'émergence se fait jour depuis les années soixante-dix, avec l'essor de deux nouveaux champs scientifiques : d'une part les sciences cognitives et la philosophie de l'esprit, qui vont réintroduire l'émergence dans leur analyse des rapports entre le cerveau et l'esprit ; d'autre part l'étude des systèmes complexes, à l'interface entre physique, mathématiques, informatique et biologie, qui va mobiliser cette idée pour mieux appréhender l'apparition de comportements collectifs globaux dans toute une classe de systèmes composés d'un grand nombre de constituants en interaction.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

L'émergentisme britannique[modifier | modifier le code]

  • (en) John Stuart Mill, A System of Logic, Ratiocinative and Inductive : Being a Connected View of the Principles of Evidence and the Methods of Scientific Investigation, Londres, John W. Parker,‎ 1843.
    Traduction française par Louis Peisse : Système de logique déductive et inductive, Paris, Librairie philosophique de Ladrange,‎ 1866 (lire en ligne).
  • (en) George Henry Lewes, Problems of Life and Mind, Londres, Kegan Paul, Trench, Trübner & Co, 1875-1879, 4 vol. [vol. 1] [vol. 2] [vol. 3] [vol. 4].
  • (en) Charlie Dunbar Broad, The Mind and Its Place in Nature, Londres, Routledge & Kegan Paul,‎ 1925 (lien notice BnF?) [PDF][lire en ligne].

Ouvrages contemporains[modifier | modifier le code]

  1. Introduction, p.2, Ph. Clayton qualifie ainsi la définition de el-Hani et Pereira
  2. p. 2
  3. a et b p. 7 "Weak and Strong Emergence"
  4. a et b p. 21
  5. a, b et c p. 4
  6. a et b p. 10

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autour de l'émergence[modifier | modifier le code]

Notions concurrentes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « We might roughly characterize the shared meaning thus: emergent entities (properties or substances) ‘arise’ out of more fundamental entities and yet are ‘novel’ or ‘irreducible’ with respect to them. » O'Connor et Wong 2012, introduction.
  2. En anglais downward causation.
  3. En anglais supervenience.
  4. En anglais feedback.
  5. el-Hani, Charbel Nino, and Antonio Marcos Pereira (2000), Higher-level Descriptions : Why Should We Preserve Them? in Peter Bøgh Andersen, Claus Emmeche, Niels Ole Finnemann, and Peder Voetmann Christiansen (eds.), Downward Causation: Minds, Bodies and Matter (Aarhus, Denmark: Aarhus University Press), p. 133
  6. a et b Timothy O’Connor, (1994), Emergent Properties, American Philosophical Quarterly, 31: 97–8.
  7. Bedeau M.A "Weak emergence" Philosophical Perspectives, vol. 11, 1997
  8. Hugues Bersini, Qu'est-ce-que l'émergence, éditeur Ellipse, 2007, (ISBN 978-2729834425)
  9. Jack Cohen, (en) The Collapse of Chaos: Discovering Simplicity in a Complex World, éditeur Perguin, 2000, 512 pages, (ISBN 9780140291254)
  10. Dawkins, R., 1986. The Blind Watchmaker: Why the evidence of evolution reveals a universe without design. W.W. Norton and Company, New York, p. 93.
  11. Chapouthier G., 2001. L'homme, ce singe en mosaïque, Editions Odile Jacob, Paris
  12. Intelligence collective des fourmis et nouvelles techniques d'optimisation, CNRS Info n° 386, septembre 2000
  13. Etude de l'INRIA sur les "Modèles d'inspiration biologique"
  14. Iida F. et al., 2004, Embodied Artificial Intelligence, Springer, p. 9. Voir aussi Langton, C. G. (1995). Artificial life: an overview, Cambridge, Mass.: MIT Press.
  15. a et b B. Walliser "Deux modes d'émergence" Hors série Sciences & Avenir n°143 "L'énigme de l'Emergence"
  16. Rietkerk, M., Dekker, S. C., De Ruiter, P. C. & Van De Koppel, J. (2004a) Self-organized patchiness and catastrophic shifts in ecosystems. Science, 305, 1926-1929.
  17. B. A. Olshausen and D. J. Field. Emergence of simple-cell receptive field properties by learning a sparse code for natural images. Nature, 381(6583):607–9, jun 1996.
  18. Beckenkamp, Martin, The Herd Moves? Emergence and Self-organization in Collective Actors (July 2006). MPI Collective Goods Preprint No. 2006/14 Available at SSRN
  19. O'Connor et Wong 2012, 1.1 J.S. Mill.
  20. « British Emergentism reaches its zenith with C. D. Broad's monumental The Mind and Its Place in Nature (1925) » O'Connor et Wong 2012, 1.2 C.D. Broad.
  21. Hervé Zwirn, « Qu'est-ce que l'émergence ? », Sciences et Avenir Hors-série, no 143,‎ juillet-août 2005, p. 19.