Sylvie Brunel

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Sylvie Brunel

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Sylvie Brunel en 2008

Nom de naissance Sylvie Brunel
Activités Géographe, Économiste, Universitaire, Écrivain
Naissance 13 juillet 1960
Drapeau : France Paris
Langue d'écriture Français
Mouvement Géographie critique

Œuvres principales

  • Famines et politique (2002)
  • Frontières (2003)
  • Cavalcades et dérobades (2008)
  • Manuel de guérilla à l'usage des femmes (2009)
  • Géographie amoureuse du monde (2011)
  • La Planète disneylandisée. Pour un tourisme responsable (2012)

Sylvie Brunel est une géographe, économiste et écrivain française, née le 13 juillet 1960. Spécialiste des questions de développement, elle a travaillé pendant plus de quinze années dans l’humanitaire (Médecins sans frontières, Action contre la faim) et a publié une vingtaine d’ouvrages consacrés au développement, en particulier aux questions de famine. Elle est à ce jour professeur des universités à l'Université Paris IV-Sorbonne.

Elle a également une activité d’élevage de chevaux dans la Drôme. Son roman Cavalcades et dérobades, paru en 2008, a obtenu en 2009 le prix Pégase, décerné chaque année par l’École nationale d'équitation (Saumur) pour « récompenser un ouvrage qui contribue à une large diffusion de la culture équestre ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Outre une maîtrise en droit public, Sylvie Brunel est agrégée en géographie, docteur en économie et diplômée du Centre de formation des journalistes.

Elle s'est également investie pendant plus de quinze ans dans l'action humanitaire. De 1984 à 1989, Sylvie Brunel travaille pour Médecins sans frontières puis de 1989 à 2002 pour Action contre la faim (ACF) en tant que conseillère stratégique, directrice entre 1992 et 1993 et présidente de juin 2001 à mars 2002.

Elle a été élue « femme de l'année » en 1991, a fait partie d'un groupe de personnalités sur le développement de l'Afrique auprès du Secrétaire général des Nations unies de 1991 à 1996. Elle a également été membre du Haut Conseil de la coopération internationale.

De 2002 à 2007, elle est professeur à l'Université Paul-Valéry de Montpellier (Montpellier III) et, de 1988 à 2007, à l'Institut d'études politiques de Paris. Elle est professeur des universités en géographie à l'Université Paris IV-Sorbonne depuis 2007, où elle dirige un master professionnel consacré aux pays du Sud face au développement durable.

Elle est administratrice de la Fondation pour l'Agriculture et la Ruralité dans le monde (FARM), membre associée de l'Académie Royale de Belgique et de l'Académie Pégase.

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Mariée à Éric Besson de 1983 à 2009[1], elle est mère de trois enfants, dont l’aînée, née en 1989, est elle-même écrivain sous le nom d’Ariane Fornia. Sylvie Brunel se sépare de son mari en 2009, après trente ans de vie commune, et publie un livre sur le sujet en novembre 2009, Manuel de guérilla à l'usage des femmes, où elle mêle, dit-elle, une analyse de la situation des femmes aujourd'hui, trop souvent délaissées à mi-vie, à son histoire « personnelle et singulière ».

Prises de position[modifier | modifier le code]

Critique de l'humanitaire[modifier | modifier le code]

Après avoir passé une dizaine d'années à des postes décisionnels stratégiques dans l'humanitaire, elle est faite chevalier de la Légion d'honneur en 2002.

Dans les semaines qui suivent, elle démissionne de sa qualité de présidente d'Action contre la faim, en même temps qu'elle sort un roman, Frontières, dans lequel elle expose plusieurs critiques de l'humanitaire, en particulier la dérive marchande de certaines ONG[2],[3].

Développement durable[modifier | modifier le code]

En 2008, elle publie un ouvrage À qui profite le développement durable dans lequel elle développe une vision critique du développement durable. Elle s’interroge en particulier sur les fondements idéologiques du développement durable :

  • Elle s’oppose ainsi à la dualité entre un état de nature idéalisé et un homme vu comme un parasite. Elle souligne à l’inverse que l’action humaine peut être utile pour la bio-diversité et réhabilite les bienfaits du développement économique[4]. La nature sauvage est dangereuse et non pas bienveillante. Cette position est cependant vivement critiquée par les spécialistes de la biodiversité, qui considèrent l'analyse de Sylvie Brunel fondée sur des contre-vérités : l'action humaine au cours du XXe siècle a considérablement diminué la biodiversité globale, qu'elle soit sauvage ou agricole, et ce processus pourrait à terme mettre en danger la survie de l'espèce humaine[5].
  • Elle estime en outre que l’invocation du développement durable peut servir de paravent à la défense des intérêts des pays du Nord contre ceux du Sud, en particulier aux riches des pays du Nord, aux entreprises et aux organisations non gouvernementales (ONG) de l’environnement. Pour Sylvie Brunel, le développement durable « légitime un certain nombre de barrières à l’entrée »[6]. Offrant ainsi un prétexte au protectionnisme des pays développés, « le sentiment que donne le développement durable, c'est qu’il sert parfaitement le capitalisme »[6].

Le développement durable tel qu’il est actuellement présenté sert donc les intérêts des riches plus que ceux des pauvres, qu’ils soient dans le Tiers Monde ou dans les pays développés.

Pour atteindre vraiment ses objectifs, le développement durable doit cesser d’être, comme il l’est actuellement pour Sylvie Brunel, un gadget « écolo-responsable », une religion avec ses fanatiques néo-convertis ou une culpabilisation allant jusqu’à la déformation, à la peur et au « flicage »[7]. Mener une politique de développement durable efficace doit consister non pas à rechercher « un vaste retour en arrière », comme c’est actuellement le cas selon elle, mais à prendre en compte tous les éléments, en particulier la dimension sociale[8]. Pour elle, « il faut toujours garder présent à l'esprit que sa finalité doit être l’humain. La planète n’existe pas indépendamment de l’homme »[9].

Le développement durable doit donc passer par une réflexion en profondeur de nos modes de production qui prenne en compte cet impératif social. Dans la même veine, elle rappelle qu’il ne suffit pas d’invoquer l’écologie pour justifier des actions mais que les choix effectués doivent se fonder sur une réflexion globale. L'urgence écologique ne vaut que si elle est mise au service du bien-être de l'humanité, et particulièrement des plus pauvres.

Faim et famines[modifier | modifier le code]

Sylvie Brunel travaille depuis la fin des années 1980 sur les questions de la faim, notamment sur la problématique des famines qui constitue le sujet de son habilitation à diriger des recherches (HDR) en géographie et de son doctorat en économie. Convaincue que la terre peut nourrir une humanité bien plus nombreuse qu'aujourd'hui, elle montre que les famines actuelles n’ont rien à voir avec la malnutrition — laquelle est toujours la conséquence de la pauvreté — et sont généralement liées à une volonté politique de soumettre, déplacer ou éliminer des minorités indésirables. Elle plaide pour des politiques agricoles qui garantiraient une juste rémunération et une protection foncière des paysans. Elle ne s’oppose ni aux organismes génétiquement modifiés (OGM) ni aux agrocarburants à condition que leur utilisation soit sévèrement encadrée et orientée dans le sens de l’intérêt général.

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Vache du riche mange le grain… du riche, LSF, 1985
  • Asie, Afrique : grenier vides, greniers pleins, Economica, « Économie agricole », 1986
  • Le Nordeste brésilien, les véritables enjeux, LSF, 1986
  • Tiers Mondes. Controverses et réalités, Economica, 1987
  • Une Tragédie banalisée, la faim dans le monde, Hachette-Pluriel, 1991
  • Les Tiers Mondes, La Documentation photographique, no 7014, La Documentation française, 1992
  • Le Gaspillage de l'aide publique, Seuil, 1993
  • Le Sud dans la nouvelle économie mondiale, PUF, 1995
  • Le Sous-développement, PUF, « Que sais-je? », 1996
  • Ceux qui vont mourir de faim, Seuil, 1997
  • La Coopération Nord-Sud, PUF, « Que sais-je ? », 1997
  • La Faim dans le monde. Comprendre pour agir, PUF, 1999
  • Action contre la faim, sous la coord. de Sylvie Brunel : Géopolitique de la faim (2001) (ISBN 2-13-050132-X)
  • Famines et politique, Presses de Sciences Po., 2002 (ISBN 2-7246-0873-9)
    Prix Sciences po du meilleur livre 2002
  • Frontières, Denoël, 2003. (ISBN 2-207-25462-3)
    Roman
  • Le Développement durable, PUF, « Que sais-je ? », 2004, nouvelle édition 2009
  • L'Afrique. Un continent en réserve de développement, Éditions Bréal, 2004 (ISBN 2-84291-866-5)
    Prix Robert Cornevin de l'Académie des Sciences d'Outre mer
  • L'Afrique dans la mondialisation, La documentation photographique, no 8048, La Documentation française, 2005
  • La Déliaison, Denoël, 2005 Roman coécrit avec sa fille Ariane Fornia.
  • La Planète disneylandisée. Chroniques d'un tour du monde, Éditions Sciences humaines, 2006, nouvelle édition enrichie en 2012
  • Cavalcades et dérobades, éditions Jean-Claude Lattès, 2008
    Roman. Prix Pégase-ENE 2009
  • À qui profite le développement durable, Larousse, 2008
    Prix Luc Durand-Réville de l'Académie des sciences morales et politiques
  • Nourrir le monde. Vaincre la faim, Larousse, 2009
  • Manuel de guérilla à l'usage des femmes, Grasset, 2009
    Essai en partie autobiographique
  • Le voyage à Timimoun, JC Lattes, 2010
  • Géographie amoureuse du monde, JC Lattes, 2011
  • Géographie amoureuse du maïs, JC Lattes, 2012
  • Un escalier vers le paradis, JC Lattes, 2014

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • « Femme de l'année »[Quoi ?] en 1991
  • Chevalier de la légion d'honneur en 2002
  • Prix Robert Cornevin de l'Académie des Sciences d'Outre mer[Quand ?]en 2004 pour L'Afrique. Un continent en réserve de développement
  • Prix Conrad Malte-Brun de la Société de géographie en 2002, pour La Faim dans le monde. Comprendre pour agir
  • Prix Sciences po du meilleur livre en 2002, pour Famines et politique
  • Prix Luc Durand-Réville de l'Académie des sciences morales et politiques en 2009 [Quand ?], pour À qui profite le développement durable
  • Prix Pégase de l’École nationale d'équitation en 2009, pour Cavalcades et dérobades
  • Grand prix Jules Verne de l'Académie littéraire de Bretagne et des pays de Loire en 2012 pour Géographie amoureuse du monde
  • Prix Jean Sainteny de l'Académie des sciences morales et politiques en 2013 pour l'ensemble de son oeuvre

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gala.fr : l’ex-épouse d’Éric Besson lève les voiles
  2. « Les dérives de l’humanitaire », Libération, 7 mars 2002
  3. Le Monde, 19 décembre 2002, « Quand la famine fait des heureux »
  4. Brunel, 2008, p.78 et suivantes.
  5. Le Temps, 19 octobre 2010, « Non, l’homme ne peut guère produire de la biodiversite. » par Antoine Guisan, Pascal Vittoz, Frédéric Bastian, Danielle Mersch, Luigi Maiorano, Morgan Pearcy, Blaise Petitpierre, Christelle Vangenot, Sophie Cotting et Nicolas Perrin.
  6. a et b « Les enjeux internationaux », entretien avec Sylvie Brunel sur France Culture, 11 juin 2008.
  7. Brunel, 2008, p.38.
  8. Brunel, 2008, p.29 et 39.
  9. Brunel, 2008, p.39.