Pompe à chaleur

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Une pompe à chaleur (PAC) est un dispositif permettant de transférer une quantité de chaleur d'un milieu, qualifié d'émetteur, fournisseur ou source froide, vers un autre milieu, considéré comme récepteur ou source chaude.

Selon le but final du dispositif, une pompe à chaleur peut soit être considérée comme un système de chauffage si l'on souhaite augmenter la température de la source chaude, soit être considérée comme un système frigorifique si l'on souhaite abaisser la température de la source froide.

Les pompes à chaleur se retrouvent donc dans de nombreuses installations comme dans les réfrigérateurs, les climatiseurs et les systèmes de chauffage d'habitation.

Le terme de « pompe à chaleur » est un terme générique qui regroupe un grand nombre de dispositifs permettant de réaliser un transfert de chaleur d'une source froide vers une source chaude. On peut citer par exemple :


Éléments extérieurs de pompes à chaleur à usage résidentiel.

Description[modifier | modifier le code]

Généralité[modifier | modifier le code]

On définit deux milieux : la source froide (d'où l'on extrait la chaleur) et la source chaude (où on la réinjecte). La température réelle des sources n'intervient pas dans cette définition, bien que le dispositif soit surtout utilisé dans le cas où la source chaude a une température plus élevée que la source froide[1]. Un circuit frigorifique transfère l'énergie thermique grâce au changement d'état (liquide-gaz) du fluide qu'on oblige à circuler à l'intérieur (cf. enthalpie).

Coefficient de performance d'une PAC[modifier | modifier le code]

On définit l'efficacité \eta d'une PAC par le rapport de l'énergie « utile » Q_{chaud} (la chaleur restituée à la source chaude) sur le travail W, énergie fournie à la PAC au niveau du compresseur :


\eta = - \frac{\ Q_{\mathrm{chaud}}}{\ W}\qquad \textrm{avec} \qquad \ Q < 0 \quad \textrm{ et } \quad \ W > 0 \quad \textrm{donnant} \quad 0\; \leq\; \eta\; < \infty

L'efficacité peut être inférieure à 1 si la PAC rend moins de chauffage qu'elle n'en consomme en énergie. Généralement une bonne partie de l'énergie est restituée en chauffage si l'appareil est situé dans le volume chauffé. Un chauffage à résistance électrique simple a une efficacité de 1.

Dans le cas d'une machine frigorifique (par exemple un réfrigérateur), l'énergie « utile » est la chaleur prise à la source froide :


\eta = \frac{\ Q_{\mathrm{froid}}}{\ W}\qquad \textrm{avec} \qquad \ Q > 0 \quad \textrm{ et } \quad \ W > 0 \quad \textrm{donnant} \quad 0\; \leq\; \eta\; < \infty

L'efficacité d'une pompe à chaleur décroît avec l'écart de température entre sources et est limitée par la deuxième loi de la thermodynamique.

En outre, des contraintes techniques limitent les températures de fonctionnement : impossible de rejeter de l'eau pure à moins de 0 °C, phénomène de givrage (source froide) ; haute pression limitée par la résistance mécanique du circuit 'haute pression' (source chaude) ; transfert effectif d'énergie à chaque source (dimensionnement et encrassement des échangeurs).


COP_{\mathrm{chaud}} = \frac{\ -Q_{\mathrm{chaud}}}{W} \leq \frac{T_{\mathrm{chaud}}}{T_{\mathrm{chaud}}-T_{\mathrm{froid}}} = \frac{1}{\eta_{\mathrm{cycle Carnot}}}

COP_{\mathrm{froid}} = \frac{\ Q_{\mathrm{froid}}}{W} \leq \frac{T_{\mathrm{froid}}}{T_{\mathrm{chaud}}-T_{\mathrm{froid}}}

Le cycle de Carnot est le cycle ditherme présentant la meilleure efficacité. Les températures T sont exprimées en kelvin. T[K]= T[°C] + 273,15 soit par exemple T = 290,15 K pour 17 °C.

Les pompes à chaleur sont décrites par le rapport entre la puissance thermique de leur machine et sa consommation électrique. On lui donne par convention le nom de coefficient de performance, dit couramment le « COP ». Le COP est le nombre de kWh produit pour 1 kWh consommé. Ainsi, une pompe à chaleur ayant un COP égal à 3 produit 3 kWh de chaleur par kWh consommé.

Pour la même puissance de chauffe une pompe à chaleur de COP 4 consomme deux fois moins d'énergie qu'une pompe à chaleur de COP 2.

Le COP de toute pompe à chaleur augmente avec la température de la source froide et diminue avec celle de la source chaude, il peut atteindre 5 à 7 en été pour de l'eau de piscine (air à 25 °C pour de l'eau à 28 °C) mais inférieur à 3 en hiver (les valeurs normalisées données par les fabricants sont pour un air à 7 °C et de l'eau de chauffage à 35 °C). Le COP n'a de signification qu'à températures de source froide et de source chaude données.

Rien ne permet de dire qu'un COP ne peut descendre en dessous de 1[2]. Un circuit thermodynamique peut très bien consommer de l'énergie à transporter le fluide frigorigène sans « produire » plus d'énergie qu'il n'en consomme. L'exemple concret d'un circuit vide ou en manque de fluide permet de vérifier une consommation d'énergie électrique pour aucune production d'énergie thermique du coté "source chaude".

Calcul du COP chaleur : pour un chauffage domestique, le maximum théorique est de l'ordre de 15 (en pratique, le COP brut des machines actuellement en vente est de 3 à 5). Précisons que l'énergie absorbée par tout le système doit également comprendre l'énergie absorbée par ses satellites (ventilateurs, pompes…) pour que le COP calculé soit « réaliste ». De plus, le COP dépend des conditions de température de l'environnement dans lequel l'évaporateur absorbe la chaleur. De ce fait, la pompe à chaleur air-eau par exemple présentera par exemple un COP de 3,5 par +7 °C et de 2 à 0 °C extérieur. Notons que les PAC air-eau présentent des COP plus faibles que les PAC géothermiques sol-eau ou eau-eau. Le sol géothermique et l'eau de nappe présentent une température moyenne plus stable (et non négative) comparativement à l'air. Du fait de ses variations de valeurs de COP, on préfère parler de COP saisonnier ou de COP global annuel pour matérialiser la performance annuelle d'une pompe à chaleur.

Historique[modifier | modifier le code]

La pompe à chaleur n'est pas un outil récent. C'est au début du XXe siècle que la première pompe à chaleur a vu le jour dans l'hôtel de ville de Zurich (1931). Ensuite, la pompe à chaleur est revenue en force dans les années 70 et 80 suite aux chocs pétroliers de 1973 et 1979. En effet, à ce moment le prix du pétrole croît sans cesse et la pompe à chaleur devient une alternative convenable. Des recherches ont donc été entreprises mais suite à la baisse du prix de l'énergie et au manque de connaissance de certains installateurs, les ménages se sont détournés de cette solution.

Un peu plus tard, pendant les années 90, on s'est rendu compte que les réserves d'énergie n'étaient pas inépuisables et que la pollution augmentait sans cesse à cause de la consommation trop importante de ces énergies. C'est dans ce contexte que le débat concernant les ressources d'énergie alternative a été relancée et que les recherches concernant les pompes à chaleur ont redémarré. Ce sont ces recherches qui nous permettent aujourd'hui de nous chauffer de manière efficace grâce à une pompe à chaleur [3].

Classification des sources chaudes et froides[modifier | modifier le code]

En fonction de différents critères techniques, la chaleur pompée à la source froide peut être extraite de différents types de milieu. Cette chaleur extraite est ensuite restituée à la source chaude qui peut également être de différents types de milieu. En fonction du domaine d'application et pour différentier les cas d'installations les plus classiques un certains nombre de qualificatifs sont utilisés dans le domaine pour faciliter la communication. Voici une liste de ces qualificatifs.

Pompe à chaleur géothermique[modifier | modifier le code]

Les PAC utilisant la chaleur du sol sont appelées pompe à chaleur géothermique. Cette appellation peut prêter à confusion avec le chauffage urbain géothermique qui utilise la chaleur à haute température du sous-sol profond, mais c'est un système très différent.

Il existe principalement trois types de captages[4]:

  • le captage horizontal au sol (faible profondeur et grande surface) ;
  • le captage vertical au sol (petite surface et grande profondeur, 100 m maximum).
  • le captage vertical sur nappe phréatique (suivant la profondeur de la nappe).

Le captage horizontal au sol est constitué d'un réseau de plusieurs tubes en parallèles, dans lesquels circule un liquide calo-porteur ou le fluide frigorifique dans le cas d'une détente directe. Ces tubes sont enterrés en moyenne entre 60 cm et 1,2 m de profondeur suivant le climat, en général sous une pelouse non arborée.

Le captage vertical est similaire au captage horizontal dans le principe, mais au lieu d'être à l'horizontal, le capteur est constitué de tubes créant des boucles verticales. Le système demande moins de boucles et de longueurs de tubes mais le forage nécessaire à sa mise en œuvre est plus coûteux que le décaissement du capteur horizontal. Son avantage est qu'il ne dénature pas le sol et permet la plantation d'arbres dans le reste de la propriété.

Exemple de dimensions de capteurs pour un PAC eau eau de 11kW calorifique:

  • Capteur horizontal : 11 boucles de 50 m espacées de 50 cm sur 272 m3.
  • Capteur vertical : 3 puits de 90 m

Le captage par nappe phréatique, nécessite que l'eau pompée soit à une température supérieure à 10 °C ce qui est la plupart du temps le cas. La puissance calorifique et le COP obtenus du captage surpassent tous les autres modes, cependant il ne faut pas que l'énergie nécessaire au pompage grève les gains obtenus. L'idéal est d'utiliser une pompe à vitesse variable et de rejeter l'eau dans un second puits, en aval de la nappe phréatique.

Le chauffage au sol dans l'habitat (plancher chauffant), alternative aux radiateurs traditionnels, permet une performance optimale car il ne nécessite pas une température élevée. Dans le cas de radiateurs, il est préférable que ceux-ci soient dimensionnés pour pouvoir fonctionner à « basse température ». S'ils ne le sont pas, une autre source d'énergie sera nécessaire pour augmenter la température du circuit et assurer leur fonctionnement (voir limitation de la température dans le chapitre précédent).

Pompe à chaleur marine[modifier | modifier le code]

La chaleur est dans ce cas pompée dans un grand volume d'eau, comme l'océan, un lac ou une rivière.

Ci-dessous une liste d'installation exploitant un pompe à chaleur marine :

  • Monaco[5] utilise l'équivalent de 4,8 mégawatts de thermies prélevées dans l'eau du « Port Hercule » (Quai Antoine 1er) pour chauffer 400 000 m2, via 3 échangeurs thermiques à plaques d’une capacité unitaire d’échange de 1 600 kW.
  • La Seyne-sur-Mer (France, 83) peut depuis 2009 alimenter 54 000 m2 de bâtiments tertiaires et de logements construits sur les anciens chantiers navals avec 4 800 kW tirés de la mer via des PAC réversibles « eau-eau » à haut-rendement[6].
  • Le « Quartier de la Divette » de Cherbourg construit une chaufferie collective qui utilisera (été 2013) la chaleur de l'eau du « Bassin du Commerce » pour chauffer de plus de 1 300 logements (évitant 1 730 t/an d'émissions de CO2)[7], via 2 pompes à chaleur de 1,092 MW chacune. Ceci couvrira 84 % des besoins de chauffage du quartier, les chaudières gaz déjà présentes complèteront le système pour les 16 % nécessaires en période froide (équivalent des émissions de 850 voitures), avec 30 % de coûts en moins pour les habitants.

Pompe à chaleur air-air[modifier | modifier le code]

La chaleur est extraite de l'air extérieur pour être restituée à l'air intérieur. Ce montage peut également se trouver sur des systèmes pompant la chaleur de l'air évacué (vicié) d'un local pour la restituer à l'air neuf injecté. C'est le cas de certaines VMC double flux.

D'autres pompes à chaleur utilisent l'air comme source froide (refroidissement de l'air pour chauffer l'eau d'une piscine par exemple) mais le rendement est moindre et dépend de la température de l'air extérieur. Les risques de givrage du radiateur extérieur peuvent être importants lorsque la température de l'air extérieur est basse et l'hygrométrie élevée, le rendement devenant alors très faible.

Certains modèles sont inversibles (ou, improprement, « réversibles »), c'est-à-dire capables de transférer de la chaleur de la maison vers l'extérieur. Ces machines ont l'avantage de pouvoir servir de climatisation si les échangeurs de chaleur s'y prêtent : le plancher chauffant a une capacité relativement limitée à devenir plancher rafraîchissant mais les radiateurs ne conviennent pas (question d'aire d'échange et de génération de condensats) : il faut les remplacer par des ventilo-convecteurs nettement plus coûteux et générant d'autres contraintes (alimentation électrique, évacuation des condensats, bruit).

Les pompes à chaleur air-air peuvent utiliser l’air issu d’un puits canadien (ou puits provençal) pour alimenter l’entrée d’air et améliorer ainsi leur efficacité. Dans la pratique, le débit important d'air brassé réduit très fortement cet intérêt : le puits canadien ou provençal n'est efficace qu'avec un débit et une vitesse d'air limités.

En général, un puits canadien sert plutôt à réchauffer un tant soit peu l'air neuf admis dans le bâtiment. Avec de tels débits d'air, il vaut mieux récupérer l'énergie sur l'air rejeté et, éventuellement, réchauffer l'air neuf avec l'énergie récupérée. Il existe des PAC à double flux air-air qui réalisent cet échange tout en assurant les débits d'air et donc le renouvellement d'air contrôlé à l'intérieur du bâtiment.


Fonctionnement de la PAC[modifier | modifier le code]

Pour comprendre le fonctionnement d'une pompe à chaleur (PAC) qu'elle soit géothermique (utilisant la chaleur contenue dans le sol), aérothermique (celle contenue dans l'air) ou aquathermique (celle contenue dans l'eau des rivières où dans les nappes libres), il est nécessaire d'isoler le fluide caloporteur et d'appliquer le principe de conservation de l'énergie au cours d'un cycle. Ce principe permet de dire que les flux thermiques « entrant » et « sortant » de ce fluide s'équilibrent au cours du cycle en ce sens que le flux thermique émis par le fluide à la source chaude lors de la réaction exothermique dans le condenseur est vue négativement par le fluide caloporteur alors que les deux formes d'énergie qu'il reçoit de l'extérieur, à savoir l'apport d'énergie primaire payante entretenant le cycle et l'apport thermique provenant de la source froide lors de la réaction endothermique dans l'évaporateur sont vues positivement par ce même fluide. Ce qui est vu négativement par le fluide caloporteur équilibre ce qui est vu positivement au titre de la loi sur la conservation de l'énergie.

Cette technique, connue depuis plus d'une trentaine d'années, a subi de notables évolutions techniques qui lui permettent de rivaliser voire de surpasser en termes de performances les moyens de chauffage « traditionnels ». Une PAC est dite réversible (ou inversible) lorsque le circuit du fluide caloporteur comprend une valve 3 voies permettant d'inverser les fonctions du condenseur et de l'évaporateur ce qui permet dans une faible mesure dans le cas du plancher de rafraîchir les pièces de vie en période estivale.

La pompe à chaleur aquathermique (à eau), la plus performante, utilise une source d'eau : puits, rivière, lac, ruisseau, eaux souterraines. Il faut vérifier que cette source est disponible en quantité suffisante, que son utilisation est autorisée (administration des eaux et services sanitaires), Le fait que le rejet ou retour d'eau soit plus froid que l'eau pompée à l'exhaure augmente la teneur en oxygène ce qui est favorable pour l'environnement et la vie aquatique[réf. souhaitée].

La pompe à chaleur aérothermique (à air) utilise l'air extérieur, toujours disponible en abondance en rejetant un air plus froid dans l'atmosphère. Le brassage de l'air peut être bruyant et sa température plus froide être handicap lorsque les besoins de chauffage sont importants.

Circuit de captage[modifier | modifier le code]

Pour les habitations individuelles ou les petits immeubles, la plupart des pompes à chaleur « géothermiques » captent l'énergie du sol par un circuit constitué de tuyaux de cuivre recouvert de PE pour les installations avec fluide frigorigène ou de polyéthylène pour les installations à eau glycolée. Il existe deux types de captage :

capteurs horizontaux 
enterré entre 60 et 120 cm de profondeur, le circuit est constitué de boucles (par exemple sous le jardin). La surface occupée par les capteurs dépend de la nature du sol, il peut occuper environ deux fois la surface à chauffer, soit par exemple 400 m2 pour une surface à chauffer de 200 m2. Cet espace peut être planté de gazon ou de petits arbustes, mais ne peut accepter d'arbres aux longues racines.
capteurs verticaux 
le circuit comporte un tuyau formant une seule boucle verticale. Il nécessite un forage en profondeur (environ 80 m), ou en faible profondeur (environ 30 m) dans le cas d'un captage à détente directe. Plus coûteux, il présente l'avantage d'occuper moins de surface au sol. Les capteurs verticaux sont également appelés « sondes géothermiques ».

Le circuit de captage de la pompe à chaleur à air est généralement absent quand la pompe est extérieure: elle aspire et rejette dans son environnement; certains modèles intérieurs ou dans des locaux techniques aspirent et rejettent par des conduits.
Les capteurs distants doivent néanmoins être raccordés par le circuit frigorifique chargé de fluide frigorigène.

Le circuit de captage de la pompe à chaleur à eau est constitué d'une pompe de circulation, d'un point de prélèvement avec crépine et filtre et d'un rejet.

L'appareil de la PAC[modifier | modifier le code]

Schéma de principe d'une PAC à détente directe.

L'appareil, qui prélève de la chaleur à la source froide grâce au circuit de captage, dispose de quatre organes principaux (cf. schéma ci-contre) :

  1. le condenseur (source chaude) : le fluide frigorigène libère sa chaleur au fluide secondaire (eau, air...) en passant de l'état gazeux à l'état liquide,
  2. le réducteur de pression (souvent improprement appelé détendeur) : il réduit la pression du fluide frigorigène en phase liquide.
  3. l'évaporateur (source froide) : la chaleur est prélevée au fluide secondaire pour vaporiser le fluide frigorigène.
  4. le compresseur : actionné par un moteur électrique, il élève la pression et la température du fluide frigorigène gazeux en le comprimant

Il existe deux techniques différentes :

la détente directe 
elle se compose d'un seul circuit. Le fluide frigorigène passe directement dans le sol chauffant ou les convecteurs. Le circuit de captage joue le rôle d'évaporateur et le circuit de chauffage celui de condenseur. Cette technique est couramment appelée sol-sol.
les systèmes indirects ou PAC eau glycolée 
la PAC possède un circuit séparé pour le captage, la pompe à chaleur et le chauffage.

Il existe également des systèmes mixtes : le capteur géothermique contient du fluide frigorigène, les émetteurs de l'eau (PAC sol-eau).

Avantages et inconvénients des techniques :
Techniques sol-sol et sol-eau
Avantages :

  • L'échange thermique sol-fluide frigorigène est accru, ce qui permet une réduction de la longueur de l’échangeur.
  • pas d’échangeur supplémentaire eau-fluide frigorigène
  • pas de pompe de circulation requise puisque pas de circuit eau glycolée
  • pas de problème de purge en comparaison avec les systèmes indirects

Inconvénients :

  • la charge en fluide frigorigène peut être importante; notamment dans les techniques sol-sol.
  • pas adapté pour les terrains trop pentus (nécessité de pièges à huile)

Techniques à eau glycolée-eau
Avantages :

  • adapté aux terrains pentus
  • fonctionnement en free-cooling

Inconvénients :

  • le rendement est inférieur au rendement des PAC à détente directe : un échangeur supplémentaire eau glycolée-fluide frigorigène est nécessaire ainsi qu'une pompe de circulation.
  • il existe un danger de pollution des nappes phréatiques dû au glycol. Dans cette optique, les entreprises d'installation devraient utiliser du monopropylène glycol. Celui-ci a une viscosité plus grande que le monéthylène glycol, est plus coûteux mais est de qualité alimentaire (selon les fabricants, biodégradable à 98 %)[8]. Cette précaution est parfois négligée par les fabricants de PAC eux-mêmes[9].

Le circuit de chauffage[modifier | modifier le code]

On utilise principalement trois types d'émetteurs de chauffage :

Il est important de retenir que les pompes à chaleur n'offrent une efficacité intéressante qu'à la condition d'être reliées à des émetteurs dimensionnés pour des températures basses. En effet, les coefficients de performance annoncés par certaines publicités à des températures d'eau élevées sont fantaisistes. Les radiateurs peuvent parfois être réutilisés s'ils sont adaptés au chauffage à basse température ; ce peut être le cas pour des installations anciennes dimensionnées pour un fonctionnement en thermosiphon : les dimensions de canalisations et de radiateurs peuvent permettre de chauffer à basse température avec un débit très supérieur à celui du thermosiphon grâce aux accélérateurs modernes. Il est également possible de redimensionner certains radiateurs en fonction du besoin propre au local concerné afin de compenser la baisse de température par une surface d'émission supérieure. C'est la solution retenue le plus couramment en cas de rénovation d'une installation existante.

Fonctionnement d'une pompe à chaleur géothermique à fluides intermédiaires

Cycle thermodynamique[modifier | modifier le code]

Le fluide circulant dans une pompe à chaleur subit un cycle de transformation composé de quatre étapes :

  • À la sortie du compresseur, le fluide est sous forme gazeuse à haute pression et sa température est élevée.
  • Dans le condenseur, le fluide passe à l'état liquide et cède de l'énergie qui est transférée vers l'extérieur (circuit de chauffage) sous forme de chaleur.
  • À la sortie du condenseur, le fluide (liquide) voit sa température fortement diminuer.
  • Dans le détendeur, l'énergie du fluide (son enthalpie) reste constante.
  • À la sortie du détendeur, le fluide est à l'état liquide basse pression. Sa température baisse dès qu'il peut (un tant soit peu) s'évaporer.
  • Dans l'évaporateur, le fluide récupère de l'énergie sous forme de chaleur en s'évaporant. La pression reste constante et le fluide devient totalement gazeux.
  • À la sortie de l'évaporateur, le fluide est tempéré (environ 5 °C) et à faible pression.
  • Dans le compresseur, le gaz est comprimé et passe donc d'une basse pression à une pression plus élevée grâce à l'énergie mécanique fournie par le compresseur. Sa température s'élève suivant la loi de Mariotte.

Fluide frigorigène[modifier | modifier le code]

Article détaillé : fluide frigorigène.

Les fluides frigorigènes les plus couramment utilisés pour les PAC sont :

Les plus anciennes fonctionnent encore avec des gaz qui sont maintenant interdits dans les nouveaux équipements, comme le R22 qui ne sera plus commercialisé en Europe à partir de 2015. Ces fluides sont soumis à une récupération obligatoire du gaz dans une bouteille de transfert pour être traitée. Ces gaz sont nocifs pour la couche d'ozone.

Il existe également des PAC utilisant du CO2 supercritique comme fluide frigorigène, commercialisées sous le nom générique EcoCute. Encore peu diffusées en Europe, elles le sont de manière beaucoup plus large au Japon[10].

La pompe à chaleur gaz naturel[modifier | modifier le code]

Il existe deux types de pompes à chaleur gaz naturel :

  • Les PAC à compression gaz naturel, appelées aussi les PAC moteur gaz,
  • Les PAC à absorption gaz naturel.

La PAC à absorption gaz fonctionne sur la base d'un cycle thermochimique avec l'énergie gaz :

  • principe: La pompe à chaleur à absorption gaz fonctionne sur le principe de l’absorption. Le chauffage direct au gaz permet le transfert de chaleur d’une source froide vers une source chaude via un fluide frigorigène, comme la pompe à chaleur électrique. La différence est que le cycle n’est pas à compression mécanique comme pour la pompe à chaleur électrique, mais de type thermochimique. Le fluide frigorigène est tout d’abord un fluide composé d’un mélange eau-ammoniac, sans impact sur l’effet de serre, et le compresseur est si l’on peut dire remplacé par un brûleur gaz identique à une chaudière..
  • Le rendement est de l'ordre de 140 % à 170 % sur PCI et est relativement stable en fonction des conditions extérieures.
  • Pour le moment les gammes de puissances sont de l'ordre de 20 à 70 kW, ce qui oriente ce type de pompe à chaleur vers l'habitat collectif et le petit tertiaire.
  • Le coefficient de transformation d'énergie primaire étant de 1 pour le gaz naturel, (2,58 pour l'électricité), la pompe à chaleur gaz naturel présente une étiquette énergétique et environnementale intéressante pour les bâtiments BBC[11].

Utilisation de la pompe à chaleur en thermique du bâtiment[modifier | modifier le code]

Marché en France[modifier | modifier le code]

Un total de 53 510 pompes à chaleur domestiques ont été installées en France en 2006 contre seulement un millier en 1997. Ce chiffre permet à ce pays de devenir le second marché européen pour cet appareil derrière la Suède mais devant l'Allemagne et la Suisse. Cependant, dans les pays nordiques, 95 % des maisons neuves en sont équipées contre seulement 10 % en France où, pourtant, le marché double de valeur d'une année sur l'autre[12].

Le gouvernement français proposait en 2009 un crédit d'impôt à hauteur de 40 % sur le matériel, plafonné à une valeur de 16 000 € pour un couple marié et 8 000 € pour un célibataire ou un couple non marié ; ce plafond s'appréciant sur cinq années consécutives. Ce crédit d'impôt 2009 était exclusivement lié au seul coût du bloc principal de la pompe à chaleur, hors pose. Il couvrait les PAC géothermiques et les PAC air-eau ; depuis le 1er janvier 2009, les PAC air/air ne sont plus prises en charge.

À partir de janvier 2010, la loi de finances (LFR 2009 article 28 ter) prévoit un maintien du taux de 40 %, mais uniquement pour les PAC géothermiques et thermodynamiques (eau-eau), y compris la pose du capteur géothermique. Le crédit d’impôt applicable aux autres pompes à chaleur (autres que air-air et thermodynamiques) a été ramené de 40 à 25 %.

En 2011, l’État réduit le crédit d'impôt pompe à chaleur à 36 % pour les PAC géothermiques (y compris la pose des capteurs en sol) et de 22 % pour les pompes à chaleur aérothermiques autres que air-air. Le marché français de la pompe à chaleur est ainsi assujetti aux diverses lois de finances. Ainsi en France le nombre de PAC air-eau et géothermie passe de 153 000 unités en 2008 à 121 000 unités en 2009 et à 63 000 unités en 2010[13],[14].

Selon l'AFPAC (Association française de la PAC), sur le premier quadrimestre de 2014, le marché français de la PAC a beaucoup progressé, grâce à la RT2012 : une PAC était installée dans 40 à 50% des maisons neuves ; un groupe de travail associant l’AFPAC et l’AFPG (Association française des professionnels de la géothermie) venait d’être constitué pour relancer la PAC géothermique, réduire le coût des installations et permettre à ce marché de revenir, à terme, à un niveau « naturel » de 15 à 20 000 pièces par an[15].

A classer[modifier | modifier le code]

Le système peut être optimisé et même renforcé en le combinant à une autre source d'énergie, photovoltaïque, permettant une amélioration des rendements respectifs, comme l'a montré l'expérimentation (+ 20 % de rendement à Chambéry en Savoie). C'est un des moyens (breveté en France sous le nom «Aedomia») d'atteindre la « basse consommation » voire le bâtiment à énergie positive ; La chaleur accumulée par les panneaux photovoltaïques peut être récupérée pour améliorer le rendement d'une pompe à chaleur, elle-même alimentée par l'électricité produite. De plus le module photovoltaïque produit plus d'électricité quand il est ainsi refroidi. Un stockage intermédiaire de calories (ballon d'eau chaude) est nécessaire, car les pompes à chaleur classiques s'arrêtent (sécurité) au-dessus de 40 °C alors que l'air chauffé par le soleil peut atteindre 50 °C[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le cas inverse se présente notamment lorsqu'on dégèle ou dégivre un évaporateur en inversant le cycle. Voir la section « L'appareil de la PAC ».
  2. « Coefficient de performance »
  3. Pompe à chaleur
  4. Pompe à chaleur géothermique : Fonctionnement QuelleEnergie.fr, juin 2011
  5. Philippe Nunes, Pompe à chaleur sur eau de mer ou géothermie eau de mer (4 800 kW), XPAIR, 2012-08-01
  6. Philippe Nunes, Pompe à chaleur sur eau de mer pour 54 000 m2 à la Seyne/Mer 2010-02-01
  7. Marie-Jo Sader, De l'eau de mer pour chauffer des habitations, Actu environnement
  8. [PDF] État de l’art des modes de captage géothermique Sur le site groundmed.eu/, 9 novembre 2010
  9. Lexique Pompe à chaleur Sur le site dimplex.de - consulté le 23 avril 2012
  10. Yomiuri Shimbun, 12 novembre 2009, 13 ver.13S, page 8
  11. « Pompe à chaleur gaz pour le collectif BBC », août 2010.
  12. « Pompes à chaleur : la France rattrape son retard », sur le site Novethic.fr, 24 août 2007
  13. AFPAC - Conférences juillet 2011 premières rencontres de la pompe à chaleur sur media.xpair.com, consulté le 1er août 2011.
  14. [PDF] AFPAC - Marché de la pompe à chaleur de 1976 à 2010, sur le site media.xpair.com, consulté le 20 novembre 2012
  15. Perspectives plutôt favorables pour la géothermie française, site Xpair consulté le 29 avril 2014.
  16. Bati Actu, interview d'Alain Guiavarch (CEP Mines ParisTech), Présentation des résultats du Projet PACAirPV couplant la pompe à chaleur à des capteurs photovoltaïques, sur le site batiactu.com du 18 septembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]