Néguentropie

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La néguentropie ou entropie négative, est un facteur d'organisation des systèmes physiques, et éventuellement sociaux et humains, qui s'oppose à la tendance naturelle à la désorganisation: l'entropie.

Présentation[modifier | modifier le code]

Ce concept a été initialement introduit par le physicien autrichien Erwin Schrödinger, dans son ouvrage Qu'est-ce que la vie ? (1944) pour expliquer la présence de « l'ordre » à l'intérieur des êtres vivants et leur tendance à s'opposer au chaos et à la désorganisation qui régit les systèmes physiques, puis développé et mis en perspective avec les travaux de Claude Shannon par le physicien français Léon Brillouin dans son ouvrage La Science et la théorie de l'information (1956).

L'entropie est énoncée dans le second principe de la thermodynamique comme spontanément croissante en système isolé. Sous cette condition, la notion de néguentropie est donc nécessairement limitée dans le temps ou l'espace ou ne peut s'appliquer qu'à un système ouvert.

Il est en effet impossible de parler de néguentropie dans le domaine de la physique pure, car cela reviendrait pour un système à dégager davantage d'énergie qu'il n'en consomme (sans consommer l'énergie qu'il contient), donc à produire spontanément sa propre énergie ex-nihilo. La seule interrogation qui se pose dans ce domaine concerne les trous noirs.

D'origine thermodynamique, la néguentropie est donc utilisée en systémique comme synonyme de la force de cohésion. Norbert Wiener la décrit ici socialement comme une traduction physique de l'information.

On parle dans l'étude de système dynamique de dysentropie. Dans un tel système, une néguentropie partielle mène a un état d'auto-organisation de niveau supérieur par un phénomène de percolation.

Exemple et application[modifier | modifier le code]

Physique et biologique[modifier | modifier le code]

On peut imager avec la cellule que la vie est une forme de néguentropie. Elle tend à conserver sa néguentropie, c’est-à-dire une organisation, une structure, une forme, un fonctionnement, et cela grâce à la consommation d'énergie, venant de l'extérieur de la cellule. Une cellule morte n'entretient plus cette néguentropie, donc elle se désagrège.

Contrairement aux apparences, ce n'est pas contraire au 2e principe de la thermodynamique. Ce qui rend possible cette évolution vers plus d'ordre, ce sont les voies de communication sélectives entre le corps de la cellule et son environnement (NB : les membranes des cellules sont poreuses mais seulement de façon sélective; si une cellule perd cette capacité de sélection dans ses échanges avec son environnement elle meurt rapidement, notamment sous l'effet de toxines dont elle ne peut plus se protéger).

À une échelle beaucoup plus large, la planète Terre n'est pas un système isolé : elle reçoit de l'énergie, essentiellement solaire, réémet une partie vers l'univers et au passage une partie est captée par les formes de vie sur Terre contribuant à donner cette vision de néguentropie présentée par Schrödinger.

Sociale[modifier | modifier le code]

Les sociétés humaines sont organisées de façon de plus en plus sophistiquée, à la fois plus flexible et plus institutionnalisée pour s'adapter aux diverses évolutions technologiques, économiques, sociales, culturelles, etc. Cette complexification se fait malgré certaines périodes de stagnation ou de régression. Vue sous l'angle des termes physiques de l'entropie (synonyme de désorganisation) et la néguentropie (synonyme d'organisation), l'évolution des sociétés humaines repose sur un équilibre entre ces deux tendances. La néguentropie tirant vers la multiplication des "cellules" d'organisation, et la seule entropie menant à l'anomie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (histoire des sciences) La néguentropie précisée par Brillouin dans un texte de 1956, en ligne et commenté sur le site BibNum.