Günther Anders

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Günther Anders

Philosophe allemand

Époque contemporaine

Naissance 12 juillet 1902
à Breslau (Silésie),
actuelle Wrocław (Pologne)
Décès 17 décembre 1992 (à 90 ans)
à Vienne
Nationalité Allemand puis Autrichien
École/tradition Matérialisme, Technique
Principaux intérêts Technique, Médias, Shoah, Technologie
Œuvres principales Die Antiquiertheit des Menschen (1956)
Hiroshima ist überall (1995)
Influencé par Heidegger, Husserl

Günther Anders (né Günther Siegmund Stern) est un penseur et essayiste autrichien juif d'origine allemande, né en 1902 à Breslau et mort à Vienne en 1992. Il est surtout connu pour avoir critiqué la modernité technique, notamment envers le développement de l'industrie nucléaire. Anders s'est intéressé aux défis techniques et éthiques contemporains. Son sujet principal fut la destruction de l'humanité. Depuis Hiroshima, il est l'auteur de nombreuses œuvres du mouvement antinucléaire ainsi qu'un critique de la technologie déterminé. Il a traité du statut de philosophe, de la Shoah et des médias de masse (jusqu'à vouloir être considéré comme un « semeur de panique »[1]).

Biographie[modifier | modifier le code]

Günther Anders est né le 12 juillet 1902 à Breslau, actuellement Wrocław, en Pologne. Il est le deuxième enfant des psychologues William et Clara Stern mais aussi le cousin de Walter Benjamin. Il est enrôlé à 15 ans, en 1917, de force dans une association scolaire paramilitaire et est envoyé à Rimogne pour détruire les cultures sous couvert de les récolter. Il voit des soldats estropiés et des traitements humiliants infligés aux populations civiles. Il est lui-même torturé par les autres membres du groupe car il est le seul juif.

Anders obtient son doctorat en 1924 sous la direction d'Edmund Husserl, et étudie ensuite durant les années 1920 avec le philosophe Martin Heidegger. Il participe à ses séminaires avec Hans Jonas et Hannah Arendt, avec qui il est marié de 1929 à 1937. Günther tente en 1929 d'obtenir une habilitation à l'université de Francfort sous la direction de Paul Tillich avec ses recherches philosophiques sur les situations musicales : c'est un échec, dû aux réserves de Theodor W. Adorno. Bertolt Brecht lui trouve un travail dans un journal de Vienne ; c'est là qu'à la demande du rédacteur en chef il prend le pseudonyme d'Anders qui veut dire 'Autre' en allemand) pour remplacer son nom Stern qui sonne trop juif. Quand Bertold Brecht est arrêté, il fuit à Paris de peur d'être arrêté à son tour.

A Paris il retrouve son cousin Walter Benjamin et fait la connaissance de Stefan Zweig ainsi que d'Alfred Döblin. Puis il émigre aux États-Unis, s'installe en Californie à Los Angeles où son père a une chaire de professeur et va exercer divers petits métiers tels que répétiteur d'une fille d'Irving Berlin et travailleur en usine. En 1939, il épouse Elisabeth Freundlich à Hollywood et essaye sans succès d'écrire des scripts mais se retrouve à travailler comme accessoiriste. Il réside pendant quelque temps dans la maison de Herbert Marcuse à San Diego.

Günther Anders décide de rentrer en Europe en 1950. Il refuse de retourner en Allemagne et un poste de professeur à l'université de Halle, en RDA, proposé par Ernst Bloch. Il vit d'abord à Vienne, puis s'installe à Bad Ischl, une station thermale située près de Salzbourg. En 1959, il commence une correspondance avec Claude Eatherly, commandant de bord de l'avion météorologique qui accompagnait le bombardier d'Hiroshima. Il refuse de nouveau un poste de professeur à l'université libre de Berlin et devient en 1968 membre du jury du tribunal Russell sur les crimes contre l'humanité[2]. Anders décède le 17 décembre 1992 à Vienne à l'âge de 90 ans.

Günther Anders a reçu de nombreux prix, dont le prix de la critique allemande (1967), le prix de littérature de l'Académie bavaroise des beaux-arts (Bayerische Akademie der Schönen Künste) (1978), le prix de l'État autrichien pour la publication culturelle (1979), le prix de la ville de Vienne (1980), et le prix Theodor W. Adorno de la ville de Francfort (1983).

L'exagération comme méthode[modifier | modifier le code]

L’étrange exagération méthodique de Günther Anders semble tout d’abord s’inscrire dans ce rapport problématique à la notion traditionnelle de vérité. Qui plus est, Anders ne motive pas sa démarche critique par des raisons métaphysiques, logiques, ou même épistémologiques ou linguistiques. Avant toute chose, l’exagération d'Anders correspond à une intention politique  :

« Le mignon est donc une catégorie politique.»

« La contre-action : l’activité de ceux qui mènent les faits minimisés à la hauteur du visible, qui rendent leur format approprié aux phénomènes réprimés, qui corrigent le défiguré, est désignée [sic] d'« exagération ». L’expression est d’un usage si courant que nous ne voyons aucune raison de ne pas la reprendre. […] Si les philosophes, habitués à travailler à l’œil nu, rejettent l’exagération comme non sérieuse – et la plupart le font évidemment – ils ne valent nullement mieux, c’est-à-dire : ils ne sont pas moins obsolètes et ridicules que ne le seraient des virologues qui rejetteraient les microscopes, qui défendraient donc une « virologie à l’œil nu ». »

— Günther Anders[3]

Dans l’optique d’une vérité comme correspondance entre chose et pensée, objet et jugement, l’exagération paraît inadmissible. La pensée ou le jugement exagéré ne représente pas les choses telles qu’elles sont, ne dit pas de l’être qu’il est, mais le déforme dans son expression. L’exagération relève du discours faux, de l’inadéquation des choses et de l’intellect. Dans ce cas, il n’y aurait sans doute pas lieu de s’intéresser davantage à l’exagération.

Anders ajoute néanmoins une nuance ontologique nouvelle à la situation épistémique traditionnelle : les faits ne paraissent pas tels qu’ils sont, ils sont minimisés. Que l’on ne s'empresse pas d'y reconnaître une variante de la critique de la connaissance traditionnelle. Pour ne citer qu’un exemple, Anders n’est pas kantien au sens où il affirmerait une non-adéquation de principe entre la chose en soi et son phénomène. Le non-rapport n’est ni d’essence, ni de principe, ni même une donnée contingente. La chose, le monde auquel s’intéresse Anders n’est pas celui de la théorie de la connaissance traditionnelle, n’est pas le monde de la nature, ou celui des outils artisanaux. Le monde d'Anders est celui de l'« immense accumulation de marchandises » (Marx).

Dans le livre Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger[4], il tente une critique qui se veut radicale de l'ontologie heideggerienne présente dans ses textes d'avant la Seconde Guerre mondiale, notamment dans Être et Temps, (1927) et sur le concept de Dasein[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette expression est tirée des phrases : « On nous a traités de « semeurs de panique ». C'est bien ce que nous cherchons à être. C'est un honneur de porter ce titre. La tâche morale la plus importante aujourd'hui consiste à faire comprendre aux hommes qu'ils doivent s’inquiéter et qu'ils doivent ouvertement proclamer leur peur légitime. Mettre en garde contre la panique que nous semons est criminel. La plupart des gens ne sont pas en mesure de faire naître d'eux-mêmes cette peur qu'il est nécessaire d'avoir aujourd'hui. Nous devons par conséquent les aider. » Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j'y fasse ?, Allia, 2010, p. 92.
  2. Voir Günther Anders, Visit Beautiful Vietnam.
  3. Philosophische Stenogramme, Munich, C.H. Beck, 1965, 2002, p. 65 ; trad. par Thierry Simonelli.
  4. Anders 2003.
  5. Édouard Jolly, Nihilisme et technique : étude sur Günther Anders, EuroPhilosophie et Bibliothèque de Philosophie Sociale et Politique,‎ 2010 (lire en ligne).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • 1928 : Über das Haben : Sieben Kapitel zur Ontologie der Erkenntnis, Cohen, Bonn (sous le nom de Günther Stern).
  • 1935 : « Une interprétation de l'a posteriori », dans Recherches philosophiques (sous le nom de Günther Stern).
  • 1936 : « Pathologie de la liberté », dans Recherches philosophiques, (sous le nom de Günther Stern).
  • 1948 : (en) « On the Pseudo-Concreteness of Heidegger's Philosophy », dans Philosophy and Phenomenological Research, vol. 3, (sous le nom de Günther Stern).
  • 1951 : Kafka pro und contra : Die Prozess-Unterlagen, C. H. Beck, Munich.
  • 1956 : Die Antiquiertheit des Menschen 1. Über die Seele im Zeitalter der zweiten industriellen Revolution, C. H. Beck, Munich.
  • 1959 : Der Mann auf der Brücke : Tagebuch aus Hiroshima und Nagasaki, C. H. Beck, Munich.
  • 1961 :
    • George Grosz, Arche, Zurich.
    • Off limits für das Gewissen : Der Briefwechsel zwischen dem Hiroshima-Piloten Claude Eatherly und Günther Anders, Rowohlt, Berlin.
  • 1962 : Bert Brecht : Gespräche und Erinnerungen, Arche, Zurich.
  • 1967 : Die Schrift an der Wand. Tagebücher 1941 bis 1966, C. H. Beck, Munich.
  • 1968 :
    • Nürnberg und Vietnam : Synoptisches Mosaik, Voltaire, Berlin.
    • Visit beautiful Vietnam : ABC der Aggressionen heute, Pahl-Rugenstein, Cologne.
  • 1972 : Endzeit und Zeitende, C. H. Beck, Munich.
  • 1978 : Kosmologische Humoreske und andere Erzählungen, Suhrkamp, Francfort.
  • 1980 : Die Antiquiertheit des Menschen 2. Über die Zerstörung des Lebens im Zeitalter der dritten industriellen Revolution, C. H. Beck, Munich..
  • 1985 : Besuch im Hades : Auschwitz und Breslau 1966, 2e éd., C.H. Beck, Munich.
  • 1987 : Günther Anders antwortet : Interviews und Erklärungen, Elke Schubert (éd.), Éd. Tiamat, Berlin.
  • 1988 :
    • Der Blick vom Turm. Fabeln, 3e éd., C.H. Beck, Munich.
    • Wir Eichmannsöhne : Offener Brief an Klaus Eichmann, 2e éd., C.H. Beck, Munich.
  • 1989 : Lieben gestern : Notizen zur Geschichte des Liebens, 2e éd., C.H. Beck, Munich.
  • 1991 : Ketzereien, C. H. Beck, Munich.
  • 1992 :
    • Die molussische Katakombe. Roman, C. H. Beck, Munich.
    • Über philosophische Diktion und das Problem der Popularisierung, Wallstein Verlag, Göttingen.
  • 1993 :
    • Die atomare Drohung : Radikale Überlegungen zum atomaren Zeitalter, 6e éd., C.H. Beck, Munich.
    • Mariechen, C. H. Beck, Munich.
    • Mensch ohne Welt., 2e éd., C.H. Beck, Munich.
    • Philosophische Stenogramme., 2e éd., C.H. Beck, Munich.
  • 1994 :
    • Blick vom Mond, 2e éd., C.H. Beck, Munich.
    • Obdachlose Skulptur, C. H. Beck, Munich.
    • Tagebücher und Gedichte., C. H. Beck, Munich.
    • Übertreibungen in Richtung Wahrheit, C. H. Beck, Munich.
  • 1995 : Hiroschima ist überall, C. H. Beck, Munich.
  • 2001 : Über Heidegger, Gerhard Oberschlick (éd.), C. H. Beck, Munich.
  • 2011: Die Kirschenschlacht. Dialoge mit Hannah Arendt, C. H. Beck, Munich

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Kafka pour et contre, Circé, Strasbourg, 1990.
  • George Grosz suivi de Un mort est mort, trad. Catherine Wermester, Allia, Paris, 2005.
  • Hiroshima est partout, préface Dupuy, trad. Trierweiler, Morabia, Veyret et Cazenave, Seuil, Paris, 2008.
  • Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger, trad. Luc Mercier, Sens et Tonka, Paris, 2003
  • Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j'y fasse ? : Entretien avec Mathias Greffrath, trad. Christophe David, Allia, Paris, 2001. (Extraits, trad. Catherine Weinzorn, dans Austriaca, no 35)
  • L'Obsolescence de l'homme, t.  1, trad. Christophe David, éditions Ivrea et éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, Paris, 2002.
  • L'Obsolescence de l'homme, t.  2 : Sur la destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle, trad. Christophe David, éditions Fario, Paris, mars 2011.
  • Nous, fils d'Eichmann, trad. Sabine Cornille et Philippe Ivernel, Payot et Rivages, Paris, 1999 ; éd. de poche, 2003.
  • La Haine à l'état d'antiquité, trad. Ph. Ivernel, Payot & Rivages, Paris, 2007.
  • La Menace nucléaire : Considérations radicales sur l'âge atomique, trad. Christophe David, Le Serpent à plumes, Paris, 2006. (Le dernier chapitre de cet ouvrage a été repris sous le titre Le Temps de la fin, L'Herne, Paris, 2007.
  • Divers chapitres de livres sont parus dans les revues Conférence et Fario.
  • Aimer hier. Notes pour une histoire du sentiment, Fage Éditions, 2012
  • Journaux de l'exil et du retour, Fage Éditions, 2012
  • La Bataille de cerises. Dialogues avec Hannah Arendt, trad. Philippe Ivernel, Payot et Rivages, Paris, 2013.
  • Sculpture sans abri., trad. Christophe David, Éditions Fario, Paris, 2013.
  • La Violence: oui ou non, trad. Christophe David avec Elsa Petit et Guillaume Plas, Éditions Fario, Paris, 2014

Articles[modifier | modifier le code]

  • « Écrire de la poésie aujourd’hui », trad. Laurent Margantin ; « La Désuétude de la réalité », trad. Thierry Simonelli, dans Conférence, no 21, automne 2005, Paris.
  • « Obsolescence des machines », trad. Vincent Deroche, dans Conférence, no 20, printemps 2005, p. 423-437.
  • « La Mort du monde devant les yeux », trad. Thierry Simonelli ; « Obsolescence du travail », trad. Vincent Deroche, dans Conférence, no 17, automne 2003, p. 81-104.
  • « Les Morts. Discours sur les trois guerres mondiales », trad. Ariel Morabia dans Esprit, no 5, mai 2003, p. 127-156.
  • « L’Humanité dépassée », trad. Pauline Bouteiller, Clémence Fallet et Pierre Peigné, dans Conférence, no 14, printemps 2002, p. 249-276.
  • « L'Homme sans monde », trad. Michèle Colombo, dans Conférence, no 12, printemps 2001, p. 311-338.
  • « Désuétude de la méchanceté », trad. Michèle Colombo, dans Conférence, no 9, automne 1999, p. 167-187.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Raimund Bahr et Dirk Röpcke (éd.), Geheimagent der Masseneremiten : Günther Anders, Ed. A & S, Vienne, 2002.
  • (de) Detlef Clemens, Günther Anders. Eine Studie über die Ursprünge seiner Philosophie, Haag und Herchen, Francfort, 1996.
  • Philippe Gruca, « De Günther Anders à l'obsolescence de la décroissance », dans Entropia, no 10 : Aux sources de la décroissance, Parangon, printemps 2011.
  • Philippe Gruca, « Le Principe immanence », dans Entropia, no 8 : Territoires de la décroissance, Parangon, printemps 2010.
  • Édouard Jolly, Nihilisme et Technique : Étude sur Günther Anders, EuroPhilosophie Editions, coll. « Bibliothèque de philosophie sociale et politique », février 2010. (Texte intégral. Consulté le 29 janvier 2012.)
  • (de) Volker Kempf, Günther Anders : Anschlusstheoretiker an Georg Simmel.
  • (de) Jürgen Langenbach, Günther Anders : Eine Monographie, Falter, Vienne, 1986.
  • (de) Konrad Paul Liessmann, Günther Anders, C. H. Beck, Munich, 2002.
  • (de) Konrad Paul Liessmann (éd.), Günther Anders kontrovers, C. H. Beck, Munich, 1992.
  • (de) Ludger Lütkehaus, Schwarze Ontologie  : Über Günther Anders, zu Klampen Verlag, Lüneburg, 2002 ; 2eéd. : Philosophieren nach Hiroshima : Über Günther Anders, S. Fischer Verlag, Francfort, 1992.
  • (de) Werner Reimann, Verweigerte Versöhnung : Zur Philosophie Günther Anders, Passagen, Vienne, 1990.
  • Mathias Rollot, Günther Anders et l’obsolescence de la méchanceté, in Dictionnaire de la Méchanceté, Max Milo Éditions, 2013.
  • Daglind Sonolet, Günther Anders, phénoménologue de la technique, Presses universitaires de Bordeaux, 2006.
  • (de) Elke Schubert, Günther Anders : In Selbstzeugnissen und Bilddokumenten, rororo Bildmonographien, Rowohlt Verlag, Hambourg, 1982.
  • Thierry Simonelli, « Vérité et Exagération : Remarques sur la méthode de Günther Anders », dans Conférence, no 21, automne 2005.
  • Thierry Simonelli, Günther Anders : De la désuétude de l’homme, éditions du Jasmin, coll. « Désaccords », dirigée par Angèle Kremer-Marietti, Paris, 2004. (Publié avec le concours du Centre national du livre), (Descriptif)
  • (en) Paul Van Dijk, Anthropology in the Age of Technology : The Philosophical Contribution of Gunther Anders, Éditions Rodopi, Amsterdam/Atlanta, GA, 2000.
  • (de) Eckhard Wittulski, Kein Ort. Nirgends : Zur Gesellschaftskritik Günther Anders, Francfort, Haag und Herchen, 1998.
  • Christophe David et Karin Parienti-Maire (dir.), Günther Anders : Agir pour repousser la fin du monde, Revue Tumultes, no 28-29, octobre 2007.
  • Christophe David, Günther Anders, in Radicalité. 20 penseurs vraiment critiques, L'Échappée, 2013, (ISBN 978-29158304-1-5).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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