Canton du Jura

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République et Canton du Jura
Blason de République et Canton du Jura
Héraldique
Localisation du canton en Suisse
Localisation du canton en Suisse
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Entrée dans la Confédération 1979
Abréviation JU
Chef-lieu Delémont
Communes 64[1]
Districts 3[1]
Exécutif Gouvernement (5 sièges)[2]
Législatif Parlement (60 sièges)[3]
Conseil des États 2 sièges[4]
Conseil national 2 sièges[5]
Démographie
Population 70 197 hab. (31 décembre 2010)
Densité 84 hab./km2
Rang démographique 20e[6]
Langue officielle Français[7]
Géographie
Coordonnées 47° 22′ N 7° 09′ E / 47.366666666667, 7.15 ()47° 22′ Nord 7° 09′ Est / 47.366666666667, 7.15 ()  
Altitude Min. Allaine à Boncourt 364 m – Max. Mont Raimeux[8] 1 302 m
Superficie 83 855 ha = 838,55 km2
Rang 14e[9]

La République et Canton du Jura, plus souvent appelée Canton du Jura ou Jura, est le vingt-sixième et dernier canton de Suisse, dont le chef-lieu est Delémont. Il se situe en Suisse du Nord-Ouest, dans l'Espace Mittelland, et, la majorité de sa population parlant français comme langue maternelle, fait également partie de la Suisse romande. Son point le plus élevé est le Mont Raimeux, culminant à 1 302 m ; son point le plus bas est l'Allaine à 364 m ; sa superficie est de 838,55 km2.

Le Jura compte 70 197 habitants en 2010 appelés Jurassiens et Jurassiennes.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Le canton du Jura trouve ses racines en 999, lorsque le dernier roi de Bourgogne donne à l'évêque de Bâle l'abbaye de Moutier-Grandval et ses dépendances. À partir de 1032, l'évêché de Bâle est rattaché au Saint-Empire romain germanique. Au début du XVIe siècle, l'évêque est progressivement écarté du pouvoir et doit quitter la ville de Bâle lorsque la Réforme y est adoptée. Il s'installera alors à Porrentruy, ville située dans le Jura actuel. Le territoire restant, sur lequel il régnera jusqu'à l'éclatement de la Révolution française, correspond plus ou moins à ce qui est appelé aujourd'hui le « Jura historique » (canton du Jura, Jura bernois et Laufonnais). Après 1648 et les traités de Westphalie, le Jura, séparé du reste du Saint-Empire, accroît ses liens avec la Confédération helvétique.
  • La situation perdure jusqu'en 1792, quand le dernier prince-évêque de Bâle est chassé de sa résidence de Porrentruy par le vent de la Révolution française. Le 19 décembre est proclamée la République rauracienne, première république « sœur » de la République française. En mars 1793, elle est annexée de fait par la France, la République rauracienne devient un département sous le nom de Mont-Terrible avec pour chef-lieu Porrentruy. La région de Montbéliard y est rattachée en 1797. Par la volonté de Bonaparte, il est rattaché au Haut-Rhin en 1800, avec Colmar comme chef-lieu.
  • En 1815, par décision du Congrès de Vienne, le Jura est attribué à la Suisse et en particulier au canton de Berne pour compenser les pertes de celui-ci : le Pays de Vaud et la Haute-Argovie.
  • Au cours du XIXe siècle, le Jura parvient, malgré le centralisme bernois, à conserver sa langue et sa culture françaises à travers la Société jurassienne d'émulation créée en 1847.
  • Dès lors, les tensions entre le Jura bernois et le reste du canton de Berne s'intensifient et aboutissent en 1917 à la constitution du « Comité pour la création d'un canton du Jura ».
  • En 1947, à la suite de l'éviction du conseiller d'État jurassien Georges Moeckli de la direction cantonale des travaux publics, pour des raisons de langue (un département aussi important ne pouvant décemment pas être dirigé par un francophone aux yeux de la majorité alémanique), le « Comité de Moutier » est créé puis, en 1949, le « Mouvement Séparatiste Jurassien » (MSJ).
  • En 1951, le MSJ se transforme en « Rassemblement Jurassien » et, en réaction, une association anti-séparatiste est créée : l'« Union des Patriotes Jurassiens » (UPJ).
  • En 1963, est fondé le « Groupe Bélier » qui va lancer des opérations spectaculaires bientôt dépassées par celles du « Front de Libération Jurassien » (FLJ), allant jusqu'aux actions à l'explosif.
  • La lutte aboutit à l'organisation d'un plébiscite. Le 23 juin 1974, un vote décide la création du canton du Jura.
  • Le 16 mars 1975, le canton de Berne organise un vote dit « en cascade », et 3 districts du sud restent attachés au canton de Berne, le district de Laufon — qui avait d'abord opté pour Berne — demandant son rattachement au demi-canton de Bâle-Campagne. Mais les mouvements de lutte, notamment le Groupe Bélier, le Mouvement autonomiste jurassien et le Mouvement indépendantiste jurassien poursuivent l'idéal d'une réunification du « peuple jurassien francophone ». Seules quelques communes du district de Moutier décident de rejoindre le canton du Jura. Comme leurs frontières sont communes à l'un des trois districts du nord, elles peuvent être rattachées au district concerné. Seule la commune de Vellerat, qui a décidé de rejoindre le canton du Jura, ne peut être rattachée à ce dernier qu'en 1994, puisqu'elle ne possède pas de frontières communes avec une commune d'un des trois districts du nord.
  • En 1976, le peuple jurassien (c'est-à-dire les habitants des trois districts septentrionaux francophones du canton de Berne) nomme les députés à la Constituante, dont la tâche est d'élaborer la constitution (loi fondamentale) du nouvel État cantonal.
  • La nouvelle constitution cantonale est approuvée par le peuple jurassien en date du 20 mars 1977. Cette constitution comporte 138 articles, dont le dernier n'a pas obtenu la garantie fédérale.
  • Bien que né à la suite du plébiscite, c'est le 24 septembre 1978 que le canton est officiellement créé par le vote positif des cantons suisses. La République et Canton du Jura entre en souveraineté le 1er janvier 1979.
  • En 1993, une commission indépendante est chargée de trouver une solution à la Question jurassienne, et conclut en faveur des séparatistes jurassiens : à savoir la réunification des citoyens et ex-citoyens bernois francophones au sein d'une même entité. Après la signature de l'accord du 25 mars 1994 entre Berne, le Jura et la Confédération, une Assemblée interjurassienne est créée dans ce but la même année. En septembre 2004, cette Assemblée entame les travaux en vue d'étudier la faisabilité d'une telle entité à six districts.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le canton du Jura se trouve au nord-ouest de la Suisse à la frontière française. Au sud se trouve le canton de Berne, à l'est ceux de Soleure et de Bâle-Campagne. Quant à l'ouest et au nord, se trouvent les départements français du Doubs, du Territoire de Belfort (région Franche-Comté) et du Haut-Rhin (région Alsace).

Monts, collines[modifier | modifier le code]

Canton du Jura Suisse Reliefs

Rivières[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique du canton du Jura.

Dans le canton du Jura, le pouvoir législatif est détenu par le Parlement jurassien, entièrement reconduit tous les quatre ans.

Institutions[modifier | modifier le code]

Le pouvoir législatif est détenu par le Parlement jurassien qui est constitué de 60 membres (députés) élus au scrutin proportionnel par le corps électoral dans l'une des trois circonscriptions électorales (correspondant aux districts). Le Parlement est reconduit entièrement tous les 4 ans.

Le pouvoir exécutif est détenu par le Gouvernement jurassien, équivalent du Conseil d'État dans les autres cantons romands. Il est composé de 5 membres (ministres) élus au suffrage majoritaire par le corps électoral.

Les ministres actuels sont :

Les anciens ministres, depuis le 1er janvier 1979, sont :

La représentation de la République et Canton du Jura aux Chambres fédérales se compose de la manière suivante :

Conseil national (Chambre du peuple)

  • Jean-Paul Gschwind (PDC)
  • Pierre-Alain Fridez (PS)

Conseil des États (Chambre des cantons)

Le Jura fait partie de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

Partis[modifier | modifier le code]

  1. Parti socialiste jurassien (PSJ)
  2. Parti démocrate-chrétien jurassien (PDC)
  3. Parti libéral radical jurassien (PLRJ)
  4. Parti chrétien-social indépendant (PCSI)
  5. Parti ouvrier et populaire jurassien (POP)
  6. Combat socialiste (CS)
  7. CS-POP
  8. Union démocratique du centre (UDC)
  9. Les Verts jurassiens
  10. Parti Radical Réformiste (PRR)
  11. Jeunesse socialiste et progressiste jurassienne (JSPJ)
  12. Union démocratique fédérale (UDF)

Districts[modifier | modifier le code]

Carte administrative du canton du Jura

Le canton du Jura est divisé en trois districts:

Communes[modifier | modifier le code]

La République et Canton du Jura ne compte statistiquement qu'une seule ville avec Delémont. Mais le Canton du Jura comporte deux autres cités qui, du temps de l'Évêché de Bâle, furent élevées au rang de ville. Il s'agit de Porrentruy (chef-lieu du District de Porrentruy) et de Saint-Ursanne. En 2004, les communes de Delémont, Courtételle, Courrendlin, Courroux et Develier forment une agglomération au sens où l'entend la législation fédérale en vigueur.

Voir aussi : La liste des communes du canton du Jura

Hymne officiel[modifier | modifier le code]

La Rauracienne

Culture[modifier | modifier le code]

  • Association pour la promotion de la lecture
  • FARB (Fondation Anne et Robert Bloch)
  • Société jurassienne d'Émulation

Châteaux, monuments[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Le Jura possède plusieurs musées :

  • le Musée jurassien d’art et d’histoire (MJAH) à Delémont (histoire régionale et artistes régionaux)
  • le Musée de l'Hôtel-Dieu à Porrentruy (trésor de l'église Saint-Pierre, pharmacie du 19e, horlogerie, atelier de pierres fines, estampes de l'évêché de Bâle)
  • le Musée jurassien des sciences naturelles à Porrentruy (minéraux, fossiles, géologie, champignons, dioramas thématiques, l'histoire de l'évolution)

Certains sont moins importants :

  • Musée de la poterie à Bonfol
  • Musée rural jurassien aux Genevez (Habitat rural ancien, toît de bardeaux, fours, voûtes, outillage, 600 objets)
  • Musée Chappuis-Fähndrich à Develier (plusieurs milliers d'objet de la vie quotidienne du Jura de 1700 à 1950)
  • Musée de la Balance à Asuel (iconographie, maquette et objets archéologiques du château d'Asuel + présentation des châteaux médiévaux du Jura)
  • Musée du Mont-Repais située dans la chapelle de la Caquerelle à Asuel (pérenniser l'histoire de la région des Rangiers)
  • Musée du Löwenburg (objets archéologiques du Néandertal à l'époque moderne)
  • Musée des métiers d'antan à Fahy
  • Musée des vieilles traditions à Grandfontaine (Musée agricole et des Vieilles Traditions)
  • Musée lapidaire à Saint-Ursanne (tombeaux carolingiens et mérovingiens)
  • L'Arche de Noé à Vicques (Plus de 2000 animaux naturalisés).

Littérature et poésie[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La damassine est le nom d'une eau-de-vie régionale produite principalement en Ajoie à partir de la sorte de prune appelée damassine, issue d'une des variétés du prunier de Damas: le damassinier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [xls] « Liste officielle des communes de la Suisse - 01.01.2010 », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 21 septembre 2010)
  2. « L'exécutif du canton », sur jura.ch (consulté le 10 décembre 2008)
  3. « Le pouvoir législatif partagé par 60 députés », sur jura.ch (consulté le 10 décembre 2008)
  4. « Liste des conseillers aux Etats par canton », sur parlement.ch (consulté le 8 décembre 2008)
  5. « Liste des conseillers nationaux par canton », sur parlement.ch (consulté le 8 décembre 2008)
  6. « Population résidante permanente et non permanente selon la région, le sexe, le lieu de naissance et l'état civil, en 2010 », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 15 décembre 2011).
  7. Art. 3 de la Constitution cantonale
  8. [xls] « Les points culminants des cantons suisses », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 8 décembre 2008)
  9. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilbert Ganguillet, Le conflit jurassien. Un cas de mobilisation ethno-régionale en Suisse, Zürich 1986.
  • Harder, Hans-Joachim, Der Kanton Jura. Ursachen und Schritte zur Lösung eines Schweizer Minderheitenproblems, Frankfurt am Main 1978.
  • Claude Hauser, Aux origines intellectuelles de la Question jurassienne. Culture et politique entre la France et la Suisse romande (1910-1950), Diss. Fribourg 1997.
  • Hans Peter Henecka, Die jurassischen Separatisten. Eine Studie zur Soziologie des ethnischen Konflikts und der sozialen Bewegung, Meisenheim am Glan 1972.
  • John R.G. Jenkins, Jura Separatism in Switzerland, Oxford 1986.
  • Christian Ruch, Struktur und Strukturwandel des jurassischen Separatismus zwischen 1974 und 1994, Bern 2001.
  • Marcel Schwander, Jura. Konfliktstoff für Jahrzehnte, Zürich/Köln 1977.
  • Burkard Steppacher, Die Jurafrage in der Schweiz, München 1985.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]