Énergie et effet de serre
Le consensus scientifique actuel pointe vers l'origine anthropique de l'actuel réchauffement climatique[Note 1]. Les différentes activités humaines émettent d'importantes quantités de gaz à effet de serre (GES), et ceux-ci influent sur les dynamiques atmosphériques à l'échelle planétaire, empêchant notamment la réémission des rayonnements infrarouges de la Terre vers l'espace.
Une part importante des émissions de gaz à effet de serre est due à la fourniture et à la consommation d'énergie. La combustion des énergies fossiles est prépondérante dans ces émissions. La combustion de charbon, lignite, pétrole (et ses dérivés tels le carburant diesel ou le kérosène) ou de gaz naturel est émettrice d'énergie, de (CO2) et de différents autres sous-produits. C'est cette énergie que les activités humaines recherchent.
Sommaire |
[modifier] Quelques chiffres
En 2003, la consommation finale d'énergie dans le monde s'est montée à 6 265 millions de tep[1] (Tonne d'équivalent pétrole[Note 2]) ; dont 25% pour les États-Unis, 19,5% pour l'Union européenne (27 membres) et 10,8% pour la Chine[1].
[modifier] Secteurs énergétiques
[modifier] Transports
Le transport est le secteur d'activités humaines qui produit le plus de gaz à effet de serre. L'activité du transport génère dans les pays développés environ 25 à 30% des émissions de CO2 et ces émissions sont en forte augmentation[2]
[modifier] Chaleur
En France, la chaleur constitue, avec 35 % des besoins énergétiques, le premier poste énergétique. En effet, le chauffage consomme 56 millions de tonnes d'équivalent pétrole (Mtep) contre 50 pour les transports, 40 pour la production industrielle et 18 pour l'électricité spécifique. Les besoins de chaleur sont actuellement couverts à 80% par les énergies fossiles (données de l'association AMORCE)[réf. souhaitée].
Selon un rapport parlementaire, pour substituer l'usage des fossiles, il faut developper les énergies renouvelables thermiques. Et il appartient aux collectivités territoriales d'accompagner et d'amplifier ce développement[3]. En revanche, pour l'association "sauvons le climat", le développement du chauffage électrique couplé à une meilleure isolation des bâtiments est la solution la plus efficace [4].
[modifier] Électricité
[modifier] Émission de GES des différentes filières de production d'électricité
Le tableau suivant permet de comparer les émissions totales de GES par filière de production d'électricité[5].
| Energie/Technologie | Emission des centrales |
Autres étapes de la filière |
Total |
| LIGNITE | |||
|---|---|---|---|
| Technologie des années 1990 (borne supérieure) | 359 | 7 | 366 |
| Technologie des années 1990 (borne inférieure) | 247 | 14 | 261 |
| Technologie de 2005-2020 | 217 | 11 | 228 |
| CHARBON | |||
| Technologie des années 1990 (borne supérieure) | 278 | 79 | 357 |
| Technologie des années 1990 (borne inférieure) | 216 | 48 | 264 |
| Technologie de 2005-2020 | 181 | 25 | 206 |
| PETROLE | |||
| Technologie des années 1990 (borne supérieure) | 215 | 31 | 246 |
| Technologie des années 1990 (borne inférieure) | 195 | 24 | 219 |
| Technologie de 2005-2020 | 121 | 28 | 149 |
| GAZ NATUREL | |||
| Technologie des années 1990 (borne supérieure) | 157 | 31 | 188 |
| Technologie des années 1990 (borne inférieure) | 99 | 21 | 120 |
| Technologie de 2005-2020 | 90 | 16 | 105 |
| SOLAIRE PHOTOVOLTAIQUE | |||
| Technologie des années 1990 (borne supérieure) | 0 | 76,4 | 76,4 |
| Technologie des années 1990 (borne inférieure) | 0 | 27,3 | 27,3 |
| Technologie de 2005-2020 | 0 | 8,2 | 8,2 |
| HYDRAULIQUE | |||
| Centrales de lac (Brésil, théorique) | 0 | 64,6 | 64,6 |
| Centrales de lac (Allemagne, borne supérieure) | 0 | 6,3 | 6,3 |
| Centrales de lac (Canada) | 0 | 4,4 | 4,4 |
| Centrales au fil de l'eau (Suisse) | 0 | 1,1 | 1,1 |
| BIOMASSE | |||
| Borne supérieure | 0 | 16,6 | 16,6 |
| Borne inférieure | 0 | 8,4 | 8,4 |
| EOLIENNE | |||
| Puissance installée 25% (Japon) | 0 | 13,1 | 13,1 |
| Puissance installée <10%, terrestre (Suisse) | 0 | 9,8 | 9,8 |
| Puissance installée 10%, terrestre (Belgique) | 0 | 7,6 | 7,6 |
| Puissance installée 35%, sites côtiers (Belgique) | 0 | 2,5 | 2,5 |
| Puissance installée 30%, sites côtiers (RU) | 0 | 2,5 | 2,5 |
| NUCLEAIRE | |||
| Borne supérieure | 0 | 5,7 | 5,7 |
| Borne inférieure | 0 | 2,5 | 2,5 |
Une évaluation effectuée à la demande du ministre Allemand de l'écologie Sigmud Gabriel sur les émissions de CO2 produites par filière de production a été réalisée par l’institut allemand Öko-Institut, à partir du modèle GEMIS [4]. Le rapport précise que l'électricité nucléaire émet de 31 à 61 grammes de CO2 par kWh produit et que l'electricité éolienne émet 23 grammes de CO2 par kWh produit. On peut télécharger ce rapport sur le site allemand ici : [5] , ou en lire un compte rendu en français là : [6]. On constate ainsi que des méthodes de calcul différentes donnent des résultats différents.
[modifier] Analyses complémentaires
Selon le cabinet d'étude Wise-Paris, "la prétention de l’industrie nucléaire à offrir une alternative à l’effet de serre resterait contestable même si son affirmation qu’elle n’émet pas de carbone était vraie. En effet la progression de la production nucléaire est parallèle dans sa forme à la progression de la consommation d’énergies fossiles[6]. Ce qui suggère que le nucléaire n’est pas une alternative, mais une composante du problème (de l'effet de serre)."
Cependant, c'est grâce à sa forte proportion d'électricité d'origine nucléaire que la France est très peu émettrice de gaz à effet de serre comparativement aux autres pays industrialisés.
Selon les conclusions d'une étude de Jean-Marc Jancovici qui évalue la diminution des gaz à effet de serre des États-Unis si 100% de la production électrique était d'origine nucléaire, la contribution du nucléaire civil serait dans l'état actuel des prix et techniques bien plus considérable que celle des énergies renouvelables[7].
Selon un rapport de l'expert hollandais Jan Willem Storm Van Leeuwen, après 2034, la qualité du minerai d'uranium extrait de terre chutera radicalement. Cela fera que l'énergie nucléaire deviendra de plus en plus inefficace et chère, menant à une augmentation des émissions de dioxyde de carbone. Les résultats de ce rapport sont paradoxalement jugés peu convaincants par Yves Marignac, de l'association anti-nucléaire Wise-Paris, qui met en avant l'accumulation d'hypothèses pénalisantes à la base de cette étude.
Même si aucune énergie renouvelable ne peut résoudre la question à elle seule, la démarche prônée par l'association négaWatt va dans ce sens : elle montre que, dans un scénario dit de la "Sainte Trinité" (car il conjugue renouvelables avec sobriété volontaire et efficacité énergétique), le recours à un "mix adéquat de renouvelables" (photovoltaïque, éolien, hydraulique, co-génération et biomasse), et surtout par du gaz naturel[8] peut, d'ici 2050, contribuer pour environ 1/3 au fameux facteur 4 (de réduction de nos émissions de GES ).
L’Islande produit 81% de son énergie primaire par des sources renouvelables. Cependant, les émissions de gaz à effet de serre par habitant y sont plus élevées qu'en France [9].
[modifier] Notes et références
- Notes
- Le rapport 2007 du GIEC utilise le terme « très probable ». cf p.49 : « L’essentiel de l’élévation de la température moyenne du globe observée depuis le milieu du XXe siècle est très probablement attribuable à la hausse des concentrations de GES anthropiques. Cette constatation marque un progrès par rapport à la conclusion du troisième Rapport d’évaluation, selon laquelle l’essentiel du réchauffement observé au cours des 50 dernières années est probablement dû à l’accroissement de la concentration de GES ». Le même texte, p.37, précise les termes utilisés pour indiquer la probabilité estimée, selon les experts, d’une donnée ou d’un résultat : « pratiquement certain (probabilité supérieure à 99 %) ; extrêmement probable (probabilité supérieure à 95 %) ; très probable (probabilité supérieure à 90 %) ; probable (probabilité supérieure à 66 %) ; plus probable qu’improbable (probabilité supérieure à 50 %) ; à peu près aussi probable qu’improbable (probabilité de 33 % à 66 %) ; improbable (probabilité inférieure à 33 %) ; très improbable (probabilité inférieure à 10 %) ; extrêmement improbable (probabilité inférieure à 5 %) ; exceptionnellement improbable (probabilité inférieure à 1 %). ». Ainsi, l’estimation du rôle probable de l’homme dans le changement climatique a augmenté entre 2001 et 2007, puisque dans le rapport de 2001, ce rôle n’était qualifié que de probable (likely). cf [1]
- 1 tep = 41,855 GJ= 11 628 kWh
- Références
- Commissariat à l'énergie atomique, Mémento sur l'énergie - 2006, Gif-sur-Yvette, (ISSN 1280-9039), p. 16.
- Transports, énergie et gaz à effet de serre : vers un rationnement ? - Université Lumière Lyon 2
- Energies renouvelables et développement local : l'intelligence territoriale en action
- http://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/best_of/negatep%202011.pdf
- L’énergie nucléaire et le protocole de Kyoto ; OCDE/AEN ; NDD ; Paris
- cité d'après [2]
- Voir [3]
- [PDF] Synthèse relative au scénario négawatt, p.4, graphique p.7
- http://mdgs.un.org/unsd/mdg/Data.aspx