Pinatubo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Pinatubo
Panache volcanique lors de l'éruption de 1991.
Panache volcanique lors de l'éruption de 1991.
Géographie
Altitude 1 486 m
Massif Monts Zambales
Longueur  km
Largeur  km
Superficie  km2
Coordonnées 15° 08′ Nord
         120° 21′ Est
/ 15.13, 120.35
Administration
Pays Philippines Philippines
Région Luçon central
Provinces Zambales, Tarlac, et Pampanga
Géologie
Âge 1,1 millions d'années
Roches Andésite, basalte
Type Volcan gris
Activité Actif
Dernière éruption février à juillet 1993[1]
Code [1] 0703-083
Observatoire Philippine Institute of Volcanology and Seismology

  Géolocalisation sur la carte : [[]]

Pinatubo

  Géolocalisation sur la carte : Philippines

Pinatubo
Documentation du modèle - Volcan - géographie physique

Le Pinatubo est un stratovolcan actif situé à l'ouest de l'île de Luçon aux Philippines, à moins de 100 kilomètres au nord-ouest de la capitale Manille. Avant 1991, la montagne était couverte de forêts et habitée par des milliers de personnes de l'ethnie Aeta.

En juin 1991, le volcan se réveille après un sommeil de plus de 500 ans ; cette éruption, l'une des plus violentes du XXe siècle, tue entre 900 et 1 000 personnes et cause d'importants dommages à toute la région avoisinante. Des milliers de personnes doivent s'enfuir. Des milliers de tonnes d'aérosols sont éjectés dans l'atmosphère provoquant un hiver volcanique c'est-à-dire une baisse de la température globale du globe de 0,5 °C.

Dans les premiers mois qui ont suivi l'éruption, le cratère s'est rapidement rempli d'eau et un lac s'est formé. Sa température, son pH et son niveau se sont stabilisés, ce qui en fait désormais une destination touristique populaire qui bénéficie à l'économie de la région.

Sommaire

[modifier] Toponymie

Le mot Pinatubo signifie en tagalog et en sambal « qui a fait grandir », ce qui tendrait à prouver qu'il existe une connaissance du caractère volcanique de la montagne aux alentours des années 1500. Cependant, il n'y a pas de tradition orale au sujet d'éruptions violentes encore plus anciennes chez les autochtones. Il pourrait simplement être interprété comme une région fertile où les céréales poussent[2].

[modifier] Géographie

[modifier] Situation

Carte des monts Zambales.

Le Pinatubo fait partie de la chaîne de volcans qui court tout le long du flanc ouest de l'île de Luçon, au nord des Philippines. Ce sont des volcans de subduction, formés par le glissement de la plaque eurasienne sous la plaque philippine, le long de la fosse de Manille[3].

La montagne s'élève à la limite des provinces de Zambales, Tarlac, et Pampanga, et à proximité des villes de Manille (90 kilomètres au sud-est, 1 660 000 habitants), Quezon City (90 kilomètres au sud-est, 2 680 000 habitants), Ángeles (20 à 25 kilomètres à l'est, 264 000 habitants), Tarlac (50 kilomètres au nord-est, 262 000 habitants) et San Carlos (80 kilomètres au nord, 154 000 habitants). Dans un rayon de 40 kilomètres autour du volcan se concentre une population de plus de 500 000 personnes, soit un accroissement démographique de plus de 130 000 personnes depuis 1991. Au nord-ouest d'Ángeles se trouve en particulier la nouvelle zone franche de Clark, à la place de l'ancienne base aérienne de l'United States Air Force, abritant près de 20 000 personnes[4].

[modifier] Topographie

Position du Pinatubo et surface couverte par les dépôts de cendres en 1991.

Avant la catastrophe de 1991, le Pinatubo est une montagne paisible et son sommet culmine à 1 745 mètres d'altitude, dominant de seulement 600 mètres la plaine environnante et d'à peine 200 mètres tous les sommets alentours. À ses pieds, principalement dans des barangays, vivent plus de 30 000 personnes, essentiellement des Aetas, un peuple indigène de chasseurs-cueilleurs qui ont fui les plaines pour échapper aux persécutions des Espagnols vers 1565. Grâce à leurs terres fertiles et à l'abondance des précipitations, les flancs du volcan sont propices à l'agriculture et les Aeta y font pousser du blé, de l'orge et du riz. La majeure partie de la montagne est recouverte d'une dense végétation tropicale où ils vivent en symbiose.

Plusieurs systèmes hydrologiques prennent leur source au Pinatubo, les principaux étant constitués des rivières Bucao, Santo Tomas, Maloma, Tanguay ou encore Kileng. Avant l'éruption, ils formaient des écosystèmes riches mais les dépôts de cendre ont comblé les vallées sur une épaisseur importante. Des études montrent qu'il faudra de nombreuses années pour qu'ils retrouvent leur apparence[3].

Dans le même temps, à cause de la violence de l'éruption, le sommet est décapité et perd une hauteur de plus de 250 mètres. Désormais son altitude atteint 1 486 mètres et un grand lac, dont la surface varie entre 820 et 840 mètres d'altitude selon les précipitations, comble le fond de la caldeira qui mesure 2,5 kilomètres de diamètre[5].

[modifier] Climat

Le climat des Philippines est de type tropical influencé par la mousson. Celle-ci provient de masses d'air du nord-est donnant une « mousson sèche » de fin octobre à mars, et du sud-ouest avec d'importantes quantités de pluie de mai à octobre, tandis qu'en avril et début mai les alizés dominants du Pacifique nord soufflent sur l'archipel. Hormis leur impact sur les températures, plus basses qu'en plaine, en raison de l'altitude, les monts Zambales orientés selon un axe nord-sud, agissent surtout sur le niveau des précipitations en formant une barrière à la circulation des masses d'air principales. Les versants exposés au vent reçoivent ainsi des quantités d'eau sensiblement accrues[6]. Ainsi, le Pinatubo est soumis à des précipitations approchant quatre mètres par an en moyenne, soit le double d'une ville comme Ángeles. En août, il tombe quotidiennement 36 mm d'eau en moyenne et cette valeur peut atteindre 180 mm certains jours. Le record date du 19 mai 1966 avec 442 mm en 24 heures[3]. En outre, le nord du pays est plus encore que le sud exposé au passage des typhons, durant la période de juin à décembre[6].

  Relevés à Ángeles (25 km à l'est)[7]
Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures moyennes (°C) 26 27 28 29 29 28 28 27 28 28 27 26 27,5
Précipitations moyennes (mm) 11 15 24 41 174 257 392 418 275 187 87 33 1 914

[modifier] Faune et flore

L'intérieur de la caldeira en mars 2006 : la végétation retrouve progressivement sa place.

Après l'éruption de 1991, des échantillons prélevés dans les sédiments de mer de Chine méridionale ont montré une très forte diminution de la quantité de foraminifères benthiques et une baisse de leur diversité. Des espèces pionnières comme Quinqueloculina spp. ont pu dans le même temps bénéficier de l'abondance de nutriments des matériaux pyroclastiques ou ont montré une meilleure capacité d'adaptation à de nouvelles conditions environnementales. L'éruption a donc généré une perturbation écologique forte sur le milieu naturel[8].

Aujourd'hui, bien que certaines zones du volcans sont encore stériles, la plus grande partie de la montagne a retrouvé sa biodiversité depuis la fin des lahars en 1997. Trente-neuf espèces végétales sont endémiques du seul Pinatubo. Le climat humide permet la prolifération des mousses mais aussi sur le plan animal de nombreux insectes dont plusieurs espèces de papillons. La forêt abrite des chauves-souris, en particulier Aethalops alecto ou roussette pygmée, des singes et des rongeurs. Des poissons, des algues, des crustacés, des reptiles et des amphibiens ont repeuplé les écosystèmes aquatiques. Ainsi, les serpents et les grenouilles constituent la source de protéines la plus importante pour les Aetas[9].

[modifier] Géologie

[modifier] Orogenèse

Carte géologique du Pinatubo.

Bien qu'il n'y ait pas de mémoire populaire d'éruptions antérieures, certains Aetas se souviennent que les anciens se rappelaient avoir observé de petites explosions par le passé. La région du Pinatubo était connue pour son activité géothermique, mais ce n'est qu'après l'éruption de 1991 que les géologues s'intéressèrent à l'histoire volcanique de la région. Deux grandes périodes éruptives peuvent être décrites[2].

[modifier] Le Pinatubo primitif

La plupart des terrains présents autour du volcan actuel proviennent de l'ancien Pinatubo. Cette montagne se trouvait à peu près à la même place que le Pinatubo actuel. Son activité volcanique a commencé il y a environ 1,1 millions d'années, formant un dôme d'environ 2 300 mètres de haut. Beaucoup de reliefs qui entourent le Pinatubo moderne, comme le mont Negron, le mont Cuardrado ou le Mataba, sont des anciennes bouches périphériques formées à partir des dômes de lave, ou des restes du volcan original ayant résisté à l'érosion[2],[10].

L'activité du volcan primitif semble être moins explosive que celle du volcan actuel. Cette première phase se termine il y a environ 45 000 ans.

[modifier] Le Pinatubo moderne
Le Pinatubo avant l’éruption de 1991.

Après une période de répit, le volcan actuel se forme à partir des éruptions qui commencent il y a 35 000 ans. Plusieurs éruptions ont lieu il y a 17 000, 9 000, 6 000 à 5 000 et 3 900 à 2 300 ans[2]. Chacune de ces éruptions semble avoir été suffisamment importante pour éjecter plus de 10 km3 de matières. On estime que la dernière éruption avant celle de 1991 s'est déroulée il y a 500 ans[1]. Le volcan reste ensuite endormi, ses flancs se couvrant de forêts et l'érosion creusant de profondes ravines.

Le Pinatubo actuel naît dans la plus formidable éruption explosive de son histoire ; plus de 100 mètres de dépôts dûs aux coulées pyroclastiques s'accumulent sur tous les flancs de la montagne. On estime à plus de 25 km3 la quantité de matière éjectée. La puissance de cette éruption forme une gigantesque caldeira[2].

[modifier] Pétrologie

Au début de l'éruption de 1991, les roches magmatiques formant le dôme de lave d'andésite sont composées de basalte riche en olivine et pyroxène hydratés. Progressivement, elles sont remplacées par des ejectas constitués de dacite chauffée avant les explosions à environ 800 °C et soumise à une pression de 2,2 ±0,5 kbar entre 7 et 11 kilomètres de profondeur. Les phénocristaux les plus abondants sont la hornblende et les plagioclases, mais des minéraux inhabituels sont présents tels que l'anhydrite composé de sulfate de calcium. Ce magma est plus oxydé qu'à l'accoutumée et probablement à l'origine de la nature sulfurique de l'éruption[11].

D'importantes quantités de minerais et de métaux sont répandus à la surface : 800 000 tonnes de zinc, 600 000 tonnes de cuivre, 550 000 tonnes de chrome, 300 000 tonnes de nickel, 100 000 tonnes de plomb, 10 000 tonnes d'arsenic, 1 000 tonnes de cadmium et 800 tonnes de mercure[12].

[modifier] Histoire

[modifier] Le crash de l'avion présidentiel Mt. Pinatubo en 1957

Élu septième Président des Philippines le 30 décembre 1953, Ramon Magsaysay, natif de Zambales, nomme son avion présidentiel, un C-47 réaménagé par la Philippine Air Force[13], Mt. Pinatubo, du nom du point culminant de sa région d'origine, à l'époque inactif depuis plus de 500 ans[1].

Le 17 mars 1957, alors qu'il est très populaire à huit mois des élections où il est donné favori pour sa succession[14],[15], de retour d'un discours à Cebu et accompagné de plusieurs officiels gouvernementaux et militaires ainsi que de la presse, son avion se crashe peu après le décollage contre le mont Manunggal[16]. Le bilan est de 25 victimes et un seul survivant, Néstor Mata, un journaliste philippin[17]. Après des rumeurs de sabotage, notamment en raison de l'implication de Magsaysay en tant que ministre de la Défense lors du précédent gouvernement contre une révolte communiste[16], les enquêtes concluent à une défaillance mécanique due à une fatigue de la structure de l'avion[18]. Le vice-président Carlos Polistico Garcia assure l'intérim[16] et remporte les élections suivantes. Deux millions de personnes assistent aux funérailles de Ramon Magsaysay le 22 mars 1957.

[modifier] L'éruption de 1991

[modifier] Prémices

Une des premières éruptions explosives.

Le 16 juillet 1990, un tremblement de terre de magnitude 7,8 sur l'échelle de Richter secoue l'île de Luçon et fait 1 450 morts. Son épicentre se trouvant à environ 100 kilomètres au nord-est du Pinatubo, certains volcanologues ont considéré que c'était peut-être l'événement déclencheur de l'éruption de 1991. Deux semaines après cette secousse, des habitants rapportent avoir vu de la vapeur sur le volcan, mais les scientifiques qui inspectèrent la montagne conclurent que cela provenait d'un petit glissement de terrain plutôt que d'une quelconque activité volcanique[19].

Le 15 mars 1991, une succession de secousses est ressentie par des villageois sur le bord nord-ouest du volcan. Dans les deux semaines qui suivent, ces secousses s'intensifient et il devient clair qu'une activité volcanique se prépare. Le 2 avril, le volcan se réveille, provoquant une éruption phréatique le long d'une faille de 1,5 kilomètres près du sommet. Dans les semaines qui suivent, de petites éruptions se produisent, déposant des cendres volcaniques tout autour du volcan. Des centaines de séismes sont détectés chaque jour[19].

L'activité volcanique s'intensifie au cours des mois d'avril et de mai. Les mesures d'émission de dioxyde de soufre montrent une augmentation très rapide, de 500 tonnes par jour le 13 mai à 5 000 tonnes par jour le 28 mai. Preuve d'une remontée du magma à l'intérieur du volcan. Après le 28 mai, on assiste à une chute du taux de dioxyde de soufre émis, preuve que le dégazage du magma semble bloqué quelque part. Une augmentation de la pression dans la chambre magmatique est alors à craindre, entraînant des risques d'une éruption explosive[19].

La première éruption magmatique survient le 3 juin et la première grosse explosion le 7 juin, générant une colonne de fumée de sept kilomètres de haut. L'institut de volcanologie et de sismologie philippin, le PHIVOLCS, en partenariat avec l'U.S. Geological Survey émet alors une alerte d'une menace d'éruption majeure dans les deux semaines[19].

[modifier] Évacuation

Les zones d'évacuation autour du Pinatubo.

Devant les signes de plus en plus évidents d'une éruption majeure, le PHIVOLCS et les organismes volcanologiques internationaux tentent de convaincre les autorités locales du danger réel. La difficulté majeure tient dans la bonne évaluation de ce risque : un catastrophisme trop grand peut entraîner un discrédit des autorités compétentes, alors qu'une négation du danger peut entraîner des milliers de morts[19].

Après de multiples concertations, trois zones d'évacuation sont définies : une zone centrale de 10 kilomètres de diamètre centrée sur le sommet du volcan, une zone intermédiaire entre 10 et 20 kilomètres du sommet et une troisième zone entre 20 et 40 kilomètres, recouvrant notamment la base aérienne de Clark et la ville d'Angeles City. Plus de 40 000 personnes vivent dans les deux premières zones et près de 331 000 dans la troisième[19].

Cinq niveaux d'alertes sont définis et chaque jour un bulletin émis par les journaux, les radios et les télévisions quantifie pour chaque zone le niveau d'alerte[19].

Beaucoup d'Aetas qui vivent sur les flancs du volcan quittent leurs villages de leur propre chef. La première évacuation officielle débute dans la première zone le 7 avril. L'évacuation de la deuxième zone est décrétée le 7 juin après que le niveau 4 d'alerte a été atteint. Le 14 juin, le niveau 5 est atteint dans la troisième zone entraînant l'évacuation de 60 000 personnes. La plupart se réfugient à Manille et à Quezon City et plus de 30 000 personnes sont installées au Stadium Amoranto à Quezon City[19].

[modifier] Intensification de l'éruption

Éruption explosive, début juin 1991.

Début juin, les capteurs de déformation montrent que le volcan se dilate, apportant la preuve d'une remontée de magma sous le massif. Dans le même temps, les séismes deviennent de plus en plus superficiels et se rapprochent du sommet. Le 7 juin, la première éruption magmatique entraîne la formation d'un dôme de lave au sommet du volcan. Ce dôme grossit durant les 5 jours suivants jusqu'à atteindre un diamètre de 200 mètres et une hauteur de 40 mètres[19].

À 3h41 le matin du 12 juin, une petite explosion marque le début d'une phase plus violente. Quelques heures plus tard, de grosses explosions qui durent plus de trente minutes génèrent une colonne éruptive de 19 kilomètres de haut et des coulées pyroclastiques qui dévalent les vallées sur 4 km. Quatorze heures plus tard, une éruption de quinze minutes génère un panache de 24 kilomètres de hauteur[19].

Une troisième éruption démarre à 8h41 le matin du 13 juin, elle dure cinq minutes et une colonne de 24 kilomètres se forme à nouveau. Après trois heures d'accalmie, l'activité sismique reprend de plus en plus intense au cours des 24 heures suivantes jusqu'à l'éruption du 14 juin à 13h09 qui forme une colonne éruptive de 21 kilomètres de haut[19].

Une quantité remarquable de matière est éjectée au sud-ouest du volcan durant ces quatre éruptions majeures. Deux heures après la dernière de ces quatre explosions, une série d'éruptions se déroulent sur une période de 24 heures générant d'importantes coulées pyroclastiques qui dévalent les vallées sur des kilomètres[19].

[modifier] Apogée

Le nuage de cendres juste après l'éruption principale.

Le 15 juin, c'est l'apogée de l'activité éruptive. De fortes secousses sont enregistrées à 13h42 saturant les sismographes de la base de Clark et à 14h30 ils tombent en panne à cause de la forte concentration de poussières. Des variations brutales de la pression atmosphérique sont également enregistrées[19].

Le même jour, le typhon Yunya atteint l'île de Luçon à 75 kilomètres au nord du volcan. Les pluies diluviennes empêchent une observation directe de l'éruption mais les mesures montrent que les particules sont éjectées sur une hauteur de 34 kilomètres, des nuées ardentes déferlent sur une distance de plus de 16 kilomètres durant le paroxysme qui dure trois heures. Les pluies en se mêlant aux cendres créent des coulées de boue appelées lahars[19].

Le nuage de cendres se déploie sur une surface de 125 000 km2, plongeant dans l'obscurité totale une grande partie de l'île de Luçon. Des cendres qui forment comme des flocons de neige grise se déposent sur la majeure partie de l'île. Des blocs volcaniques tombent sur toute la mer de Chine méridionale et la cendre est emportée jusqu'au Viêt Nam, au Cambodge et en Malaisie.

Vers 22h30, soit neuf heures après le début de la phase paroxysmique, la pression atmosphérique décroît vers des valeurs normalisées. Les volcanologues considèrent cet horaire comme marquant la fin de l'apogée éruptive[19].

[modifier] Conséquences humaines directes

Pluie de cendres.

Au total, l'éruption a éjecté 10 km3 de matière, cela en fait l'explosion la plus importante depuis celle du Novarupta en 1912. Cela représente dix fois la quantité de matière générée par le mont Saint Helens en 1980[19]. On estime à 6 l'indice d'explosivité volcanique de cette éruption colossale[20]. Le sommet du volcan décapité est remplacé par une caldeira de 2,5 kilomètres de diamètre. Le point le plus haut du bord de la caldeira culmine à présent à 1 485 mètres d'altitude soit 260 mètres de moins que le sommet primitif.

Environ 300 personnes sont mortes directement à cause de l'éruption, la plupart dans l'effondrement des toits sous le poids de la cendre humide. Ce bilan relativement faible pour une éruption de cette importance est dû à une bonne prévision des risques par les volcanologues et à la décision d'évacuer les populations.

Avant et après l'éruption : une vallée recouverte de cendres.

Malheureusement, la saison des pluies qui a suivi a créé d'autres coulées de boue, déplaçant des populations dans des camps de réfugiés. Des centaines de personnes y sont mortes à cause des conditions d'hygiène sanitaires.

Toute vie a disparu dans un rayon de 14 kilomètres autour du volcan. L'agriculture a souffert : des centaines d'hectares de terres arables ont été rendues impropres à la culture, détruisant les revenus de milliers de fermiers. Les États-Unis possédaient deux bases militaires dans la région, la base navale de Subic Bay à 75 kilomètres au sud-ouest et la base aérienne de Clark à 25 kilomètres à l'est. Elles furent toutes les deux abandonnées après avoir été sévèrement endommagées par l'éruption.

[modifier] Impacts économiques et sociaux

Hangars détruits par la pluie de cendre sur la base aérienne de Clark.

L'éruption du Pinatubo a fortement pesé sur le développement économique de la région. Cette région représentant 10 % de la richesse nationale produite, la catastrophe a aussi pesé sur l'économie nationale, l'augmentation du PIB philippin a été d'à peine 2 % pour l'exercice 1990-1991 contre 5 % les années précédentes. La destruction des bâtiments et des infrastructures ont coûté des milliards de pesos à l'État et les efforts furent immédiatement portés à l'édification de digues et de barrages pour se prémunir des lahars[21].

Au total, 364 communautés et 2,1 millions de personnes furent impactés par l'éruption. 8 000 maisons furent complètement détruites et plus de 73 000 endommagées. Les nuées ardentes ont détruit les routes et les moyens de communication, le coût estimé des dommages sur les infrastructures est de 3,8 milliards de pesos[21].

Les efforts dépensés dans de nombreux travaux de reboisement furent annihilés par la destruction de 150 km2 de forêt représentant une valeur de 125 millions de pesos. 800 km2 de rizières furent rendu impropre à toute culture et 800 000 têtes de bétail et volailles furent tués. Le coût pour l'agriculture est estimé à 1,5 milliards de pesos[21].

La destruction des équipements de santé et les conditions d'hygiène difficile dans les camps de réfugiés, expliquent l'augmentation du taux de mortalité dans les mois qui suivirent l'éruption. Les dommages sur les écoles ont perturbé la scolarité de milliers d'enfants[21].

[modifier] Effets sur le climat mondial

Mesures satellites des émissions de cendres et d'aérosols.
Photographie prise de la navette spatiale (mission STS 43) au dessus de l'Amérique du Sud le 8 août 1991, montrant la double couche du nuage d'aérosols.
Émissions de dioxyde de soufre.
Réduction du rayonnement solaire due à l'éruption volcanique.
Émissions de dioxyde de soufre par les volcans.

La gigantesque explosion a émis une importante quantité d'aérosols et de poussières dans la stratosphère. Les volcans rejettent en particuliers des mégatonnes de dioxyde de soufre. Celui-ci réagit avec l'eau pour former des aérosols d'acide sulfurique qui se sont répandus dans toute la stratosphère dans l'année qui a suivi l'éruption. Cet apport d'aérosols dans la stratosphère est le plus important depuis l'éruption du Krakatoa en 1883, avec un total estimé de 17 millions de tonnes de dioxyde de soufre. C'est la quantité la plus importante jamais enregistrée par les instruments modernes[22].

L'acide sulfurique absorbe et réfléchit le rayonnement solaire, entraînant une diminution de la lumière de l'ordre de 10 % à la surface terrestre dans le cas du Pinatubo. Il se produit alors un refroidissement à l'échelle mondiale : on estime la diminution de la température moyenne au sol entre 0,5 et 0,6 °C dans l'hémisphère Nord et 0,4 °C sur tout le globe. Dans le même temps les températures dans la stratosphère se sont accrues de plusieurs degrés en raison de l'absorption du rayonnement solaire par les aérosols[22].

Les cendres propulsées dans la stratosphère, se dispersèrent et firent plusieurs fois le tour de la Terre ; elles y restèrent près de trois ans. Après l’éruption du Pinatubo il y eut, d'ailleurs pendant plusieurs semaines, une série de magnifiques couchers de soleil dans l’hémisphère Nord. La présence, dans la stratosphère, d’un nuage de fines particules volcaniques était perceptible car celui-ci accentuait la diffusion du rayonnement solaire ce qui donnait un véritable flamboiement du ciel. Le temps pluvieux sur l'Amérique du Nord en 1992 et l'inondation du Midwest américain de 1993 sont en partie attribuables à l'augmentation de ces poussières atmosphériques qui ont servi à un ensemencement des nuages plus prononcé que la normale[23].

Cette éruption a aussi eu un effet sur la couche d'ozone, en augmentant de manière significative le taux de destruction. Dans les zones tempérées les niveaux d'ozone ont atteint un minimum historique, alors que dans l'hémisphère Sud durant l'hiver 1992 le trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique a atteint la plus grande taille jamais observée. L'éruption du mont Hudson au Chili en août 1991 a aussi participé à cette destruction de la couche d'ozone[22].

[modifier] Le site depuis 1991

Les dépôts de cendres volcaniques observés de la navette spatiale Atlantis en 1992.

Après l'apogée du 15 juin, l'activité volcanique continue de manière régulière jusqu'au mois d'août avec des éruptions de cendre, puis de manière épisodique le mois suivant. L'activité reste faible jusqu'en juillet 1992, où un nouveau dôme de lave se forme à l'intérieur de la caldeira. Ce dôme semble se composer de lave fraîche en provenance d'un réservoir profond, plutôt que des « restes » de l'éruption de 1991. Les volcanologues émettent alors l'hypothèse de nouvelles éruptions violentes, et certaines zones sont de nouveau évacuées. Heureusement, cette éruption ne sera pas violente[24]. Depuis 1993, le volcan est en sommeil[1].

Le Pinatubo et son lac de cratère, mai 2005.

Après la fin des éruptions, un lac acide s'est formé dans la caldeira, le dôme de lave de 1992 y formant une île. Au début, le lac était petit, chaud (40 °C) et très acide (pH de 2). Puis les pluies ont refroidi et dilué le lac et, en 2003, il avait une température de 26 °C et un pH de 5,5. Le lac gagnait un mètre de hauteur par mois jusqu'en septembre 2001, le gouvernement philippin craignant alors que les parois ne cèdent sous la pression, décida de faire vidanger partiellement le lac. 9 000 personnes furent à nouveau évacuées et on pratiqua une ouverture de cinq mètres pour vider le lac d'un quart de son volume[25].

Les Aetas furent les plus touchés par la catastrophe. La destruction de nombreux villages a complètement bouleversé leur mode de vie. Relogés pour la plupart dans des campements, leurs conditions de vie demeurent difficiles. Incapables de subvenir à leurs besoins alimentaires avec les petites parcelles offertes par le gouvernement, beaucoup d'Aetas travaillent de ferme en ferme pour le compte des grands propriétaires des plaines, fragmentant leur société et la rendant dépendante de l'économie régionale[26].

[modifier] Risques futurs et prévention

Bien que l'éruption de 1991 soit une des plus vastes et des plus violentes du XXe siècle, elle reste plus faible que nombre d'autres éruptions historiques. Il existe des preuves montrant que l'intensité des éruptions du Pinatubo diminue dans le temps mais elles ne sont pas définitivement établies[2],[24].

En attendant, trois questions continuent de se poser, alors que les traumatismes sont toujours présents parmi la population, malgré la communication rassurante du PHIVOLCS : combien de temps peut durer la phase de faible activité ? est-ce qu'une nouvelle éruption majeure peut se produire ? et comment prévoir la fin de l'éruption ? En décembre 1992, les critères de niveau d'alerte sont révisés : le niveau 1 correspond au plus bas niveau d'alerte, avec de légers signes d'activité tectonique, magmatique ou hydrothermale ; le niveau 2 correspond à une activité sismique modérée avec des signes de remontée de magma pouvant amener à une éruption ; le niveau 3 correspond à un risque relativement élevé avec des déformations du sol et des émissions de gaz importantes avec probabilité forte d'une éruption sous quelques jours à quelques semaines ; le niveau 4 ramène cette probabilité à quelques heures avec l'intensification des secousses et l'apparition de petites explosions ; le niveau 5, le plus élevé, est déclenché lorsqu'une éruption majeure est déclarée avec risques pour les populations. Ainsi, en 1993, le niveau 3 est atteint pour la dernière fois à ce jour[24].

Dès le 15 juin 1991, la population, davantage effrayée par les projections, fut informée des risques représentés par les lahars, notamment à l'aide d'une vidéo tournée en 1985 au Nevado del Ruiz en Colombie, puis grâce à des affichages promulguant des conseils à suivre. Les scientifiques mandatèrent trois groupes pour éduquer les habitants : des journalistes, des officiels experts et élus, et les forces de la police et de l'armée. Les années suivantes, la population fut progressivement bien informée des mesures à prendre durant les saisons successives où les risques sont demeurés élevés, selon les cartes établies par les autorités avec l'aide des scientifiques[27].

[modifier] Activités

[modifier] Écotourisme

Suite à une volonté du ministère philippin du tourisme datant de 1994, le Pinatubo est devenu une destination touristique populaire bénéficiant à l'économie de la région. Les visiteurs paient 500 pesos pour bénéficier des services d'un des trente guides ou vingt porteurs et 20 pesos de taxes au profit de la conservation de la nature. Les devises permettent aussi de financer des projets communautaires, des services publics et des rénovations de bâtiments religieux, mais aussi la construction de centres d'accueil des touristes. Des itinéraires ont été tracés vers le volcan à la fin des années 1990 : l'approche s'effectue en une heure en véhicule tout-terrain jusqu'à cinq kilomètres du cratère représentant par la suite approximativement trois heures de marche, avec une fois l'objectif atteint la possibilité de se baigner dans les eaux du lac (sous certaines restrictions). En 2000, ils drainaient déjà en moyenne 1 200 randonneurs par mois et parfois 100 par jour durant la saison haute de mars à mai. Environ 80 % venaient de l'agglomération de Manille, les étrangers étant principalement Européens. Le 30 novembre 2001, les autorités ont organisé une procession vers la montagne, similaire au pèlerinage du mont Fuji, afin de commémorer le dixième anniversaire de l'éruption de 1991 et offrir des fleurs et des fruits aux divinités des Aetas[28]. Depuis, tous les ans, une « marche de la paix et de la tranquillité » a lieu. Ces dernières années, un centre de relaxation coréen s'est installé au pied du volcan, et des projets de téléphérique aussi bien que de terrain de golf à 18 trous sont à l'étude.

[modifier] Recherches géothermiques

Des explorations géothermiques sont menées en surface entre 1982 et 1986 puis en profondeur entre 1988 et 1990. En effet, des études géologiques en surface, hydrogéochimiques et géoélectriques laissent entrevoir des possibilités de développement dans la géothermie comme nouvelle source de production d'électricité grâce à des aquifères abritant de l'eau à plus de 200 °C, principalement au nord-ouest du volcan, au niveau de systèmes de failles. Des résultats décourageants, en raison de la faible perméabilité des nappes et de l'acidité de leurs eaux, contraignent finalement à l'arrêt des recherches un an environ avant l'éruption. Une des principales leçons tirées du Pinatubo concerne la nécessité de prendre en compte la pertinence pour le développement à long terme de systèmes géothermiques associés à de jeunes volcans. Un des moyens de s'assurer de leur pérennité est de suivre les compositions chimique et isotopique de l'eau et des gaz qui sont un bon indice des remontées de magma dans les systèmes hydrothermiques, mais ce suivi n'est généralement possible qu'après avoir dépensé d'importantes sommes d'argent dans le forage[29].

[modifier] Annexes

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

  • (en) R. Decker, B. Decker, Volcanoes, 3e édition, WH Freeman, New York, 1997
  • (en) Hiromu Shimizu, Struggling for Existence after the Pinatubo Eruption 1991: Catastrophe, Suffering and Rebirth of Ayta Communities, 2002 : papier présentant le Congrès de l'Union Internationale des Sciences Anthropologiques et Ethnologiques à Tokyo, Japon
  • (en) C.G. Newhall, R.S. Punongbayan, et al., Fire and Mud: Eruptions and Lahars of Mount Pinatubo, Philippines, 1997 (ISBN 0295975857)
  • (en) J.A. Stimac, F. Goff, D. Counce, A.C.L. Larocque, D.R. Hilton, « The crater lake and hydrothermal system of Mount Pinatubo, Philippines: evolution in the decade after eruption », Bulletin of Volcanology, vol. 66, 2003, pages 149-167
  • (en) M.G. Wiesner, A. Wetzel, S.G. Catane, E.L. Listanco, H.T. Mirabueno, « Grain size, areal thickness distribution and controls on sedimentation of the 1991 Mount Pinatubo tephra layer in the South China Sea », Bulletin of Volcanology, vol. 66, 2004, pages 226-242

[modifier] Filmographie

  • Surviving the Eruption at Mt. Pinatubo, docufiction de Gareth Harvey, 2005

[modifier] Liens externes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur le Pinatubo.

[modifier] Notes

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Mount Pinatubo ».
  1. abcd (en) Global Volcanism Program - Pinatubo - Eruptive History
  2. abcdef (en) Christopher G. Newhall, et al., Eruptive History of Mount Pinatubo, Fire and Mud: Eruptions and Lahars of Mount Pinatubo, Philippines, 1997
  3. abc (en) Kelvin S. Rodolfo, et al., Two Years of Lahars on the Western Flank of Mount Pinatubo: Initiation, Flow Processes, Deposits, and Attendant Geomorphic and Hydraulic Changes, Fire and Mud: Eruptions and Lahars of Mount Pinatubo, Philippines, 1997
  4. Le Pinatubo sur Wikimapia
  5. (en) Global Volcanism Program - Pinatubo
  6. ab (en) FAO - Information and reporting system for water and agriculture in Asian monsoon areas - Philippines
  7. (en) Average weather for Angeles - Temperature and precipitations
  8. (en) E.J. Marquez, « The 1991 Mount Pinatubo eruption and Eastern South China Sea foraminifera: occurrence, composition and recovery », The Island Arc, vol. 9, n° 4, décembre 2000, Blackwell Publishing, pages 527-541
  9. (en) Zambales rainforest & its people
  10. (en) VolcanoWorld - Pinatubo
  11. (en) U.S. Geological Survey - A story in the rocks, Fire and Mud: Eruptions and Lahars of Mount Pinatubo, Philippines, 1997
  12. (en) R.G. Garret, « Natural sources of metals in the environment », Human and Ecological Risk Assessment, vol. 6, 2000, pages 945–963
  13. (en) Ford Wilkins, Plane is missing with Magsaysay over Philippines, The New York Times, 17 mars 1957, page 1
  14. (en) Lewis E. Gleeck Jr., The Third Philippine Republic: 1946-1972, Quezon City: New Day Publishers, 1993, page 190 (ISBN 971-10-0473-9)
  15. (en) Death of a Friend, Time magazine, 25 mars 1957
  16. abc (en) The Associated Press, Magsaysay dead with 24 in plane; Garcia successor, The New York Times, 18 mars 1957, page 1
  17. (en) Those on Magsaysay's plane, The New York Times, 18 mars 1957, page 8
  18. (en) United Press International, Magsaysay death clue, The New York Times, 28 avril 1957, page 28
  19. abcdefghijklmnop (en) Edward W. Wolfe, Richard P. Hoblitt, Overview of the Eruptions, Fire and Mud: Eruptions and Lahars of Mount Pinatubo, Philippines, 1997
  20. (en) Pinatubo - Facts and figures
  21. abcd (en) Remigio A. Mercado, Jay Bertram T. Lacsamana, Greg L. Pineda, Socioeconomic Impacts of the Mount Pinatubo Eruption, Fire and Mud: Eruptions and Lahars of Mount Pinatubo, Philippines, 1997
  22. abc (en) Stephen Self, et al., The Atmospheric Impact of the 1991 Mount Pinatubo Eruption, Fire and Mud: Eruptions and Lahars of Mount Pinatubo, Philippines, 1997
  23. (en) Clayton L. Sneed, « Mount Pinatubo », 2001-05-21, Emporia State University. Consulté le 2007-10-23
  24. abc (en) Arturo S. Daag, et al., Growth of a Postclimactic Lava Dome at Mount Pinatubo, July-October 1992, Fire and Mud: Eruptions and Lahars of Mount Pinatubo, Philippines, 1997
  25. (en) BBC News - Filipinos return as volcano lake drains
  26. (fr) [pdf]L'éruption du Pinatubo et la minorité Aeta
  27. (en) Richard J. Janda, et al., Assessment and Response to Lahar Hazard around Mount Pinatubo, 1991 to 1993, Fire and Mud: Eruptions and Lahars of Mount Pinatubo, Philippines, 1997
  28. (en) Marge C. Enriquez, « Shooting Pinatubo », Inquirer, 6 avril 2001
  29. (en) F.G. Delfin, et al., Geothermal Exploration of the pre-1991 Mount Pinatubo Hydrothermal System, Fire and Mud: Eruptions and Lahars of Mount Pinatubo, Philippines, 1997

Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Pinatubo ».
Créer un livre