Cravate
Une cravate est une bande de tissu passée autour du cou, sous le col d'une chemise, et qui se noue par devant. Elle dissimule les boutons de fermeture de la chemise.
Il peut y figurer divers motifs ou teintes et est attachée au cou pour pendre libre devant le buste. Il existe différents nœuds de cravate[1]. Le nœud peut être serré ou lâche. Il existe également les cravates militaires (ou cravates de sécurité) à clip rapide, ayant un nœud permanent.
Elle fait surtout partie de la garde-robe masculine standard, bien que certaines femmes la portent. Il existe plusieurs largeurs de cravates (de 4 cm à 9,5 cm).
L'éventail des prix en est extrêmement ouvert, de quelques euros à une centaine d'euros, autant selon le prestige du fabricant et le mode de commercialisation qu'à partir du coût réel de l'étoffe, du travail et du design.
Sommaire |
Histoire de la cravate [modifier]
Origine [modifier]
La cravate était un attribut vestimentaire particulier d'un régiment de hussards croates créé sous Louis XIII, et dont l'uniforme comprenait une écharpe blanche dont la mode gagnera la Cour de France. Ce régiment de cavalerie légère recevra de Louis XIV, en 1666, le nom de Royal Cravate. Il est aujourd'hui le 10e régiment de cuirassiers de l'armée française. Le mot cravate tire de là son origine, une déformation du mot croate[2].
La mode du port de la cravate en Europe paraît débuter au XVIIe siècle. Elle commence alors à remplacer les jabots de dentelle, qui eux-mêmes avaient supplanté les fraises, plus encombrantes et certainement moins confortables. La cravate est alors généralement une large bande de coton ou de lin, décorée de dentelles. Cette bande est enroulée autour du cou et nouée sur le devant en laissant pendre les deux extrémités.
Sous Louis XIV, on commence à agrémenter ce nœud de rubans multicolores. C'est également le Roi Soleil qui crée la « fonction » de « cravatier ». Celui-ci dépend du « Grand Maître de la Garde Robe » dont la charge a été créée en 1669. Le cravatier appartient donc aux services de la chambre du roi et a le statut d'écuyer. Sa fonction est alors de choisir et d'ajuster la cravate du roi, mais également les boutons de manchette et les diamants.
Vers la fin du XVIIe siècle, c'est au tour de la cravate dite Steinkerque de faire son entrée. Elle apparut lors de la bataille des Flandres du même nom. C'est une cravate au nœud simple dont on passe l'un des pans dans la boutonnière. Celle-ci disparaît au début du XVIIIe siècle pour faire place à de nouvelles modes, notamment le « stock ». Cette dernière est modifiée vers la fin du XVIIIe siècle par l'ajout d'un ruban noir entourant le cou et maintenant les cheveux derrière la tête. Cette cravate est la plus connue de ce siècle, et on la retrouve d'ailleurs dans bon nombre de reconstitutions historiques de l'époque.
Malgré quelques débats houleux sur la place sociale de cet accessoire, la Révolution ne viendra pas à bout de la cravate, bien au contraire. Alors que les Français s'essaient à une cravate très bouffante, dite à la Garat, du nom du comédien l'ayant popularisée, les Britanniques ne jurent que par la cravate blanche aux nœuds complexes, à l'instar de Brummell, grand dandy de son époque. Ce type de cravate, de couleur noire[réf. nécessaire], devient alors à la mode en France.
Peu de temps après, face à la difficulté de nouer ce genre d'accessoires (la plupart étant d'ailleurs vendus déjà montés), apparaît la cravate « Régate » qui est véritablement l'ancêtre de notre cravate actuelle. C'est d'ailleurs au même moment qu'apparaît le nœud papillon moderne. Le cravatier new-yorkais Langdorf aura l'idée en 1924 de la couper en diagonale et de l'assembler en trois parties pour en simplifier l'usage. Une invention de taille qui viendra donner à la cravate son aspect actuel.
La cravate aujourd'hui [modifier]
Au fil des siècles, la cravate a évoluée en suivant les codes de la mode. Pour preuve, entre les années 60 et le début des années 80, la largeur de la cravate a augmentée de 14 centimètres. Ces cravates extra larges accessoirisaient très bien les pantalons "pattes d'éléphant" et les chemises à col "pelle à tarte" des années disco. Pendant la décennie suivante (années 1980) la cravate fine, également appelée « slim », la cravate tricot (appelée aussi cravate en tricot de laine) ou la cravate en cuir connaissent leurs heures de gloire.
Accessoire masculin elle s'est par la suite déclinée en un accessoire féminin, mais demeure, dans cet usage, assez marginal.
Aujourd’hui la cravate « standard » varie entre 7,5 cm et 8,5 cm de largeur sauf pour la « slim fit » des années 1960 qui fait son grand retour avec une largeur de 5 à 7 cm.
Accessoire usuel de la mode, la plupart des maisons de mode masculine en réalise. Elle concurrence le nœud-papillon comme accessoire du costume pour les grandes occasions et reste un élément de la tenue habituelle voire de la tenue règlementaire de certaines professions. Certains la considèrent cependant comme un accessoire trop sérieux, symbole du conformisme, surtout depuis les années 1980.[réf. nécessaire] Face à ce sentiment, une mode venue des États-Unis, autorise les cadres à ne pas porter la cravate le vendredi, veille du week-end. C'est le Friday Wear, ou Casual Friday.
En Allemagne, la cravate portée dans le cadre professionnel indique souvent les orientations politiques du porteur[réf. nécessaire], sauf dans le cas d'un uniforme (comme celui des policiers).
Principes de fabrication [modifier]
L'étoffe d'habillage [modifier]
Toutes les cravates utilisent une étoffe d'habillage.
L'étoffe d'habillage est une étoffe au moins choisie pour son aspect esthétique, sa première fonction est en effet de donner les motifs de la cravate : motifs géométriques et figuratifs, couleurs, reflets.
Au delà des motifs une matière peut être par ailleurs préférée en raison de sa tenue spécifique, de son caractère précieux ou pour la facilité de son nettoyage.
Cette étoffe est souvent en une des matières suivantes : polyester, laine, lin, soie ou cuir.
Il existe trois procédés employés pour obtenir des motifs. Ces procédés peuvent être utilisés cumulativement pour l'obtention des motifs, c'est alors le dernier procédé employé pour la fabrication des motifs de l'étoffe qui est généralement déterminant sur les motifs obtenus et qui donne spécifiquement son nom à la cravate.
Les cravates tissées [modifier]
Les cravates tissées sont les cravates dont les motifs sont formés lors du tissage par l'entrelacement de fils préalablement sélectionnés pour leur matière, leur texture et la couleur dont ils ont été teintés. L'obtention des motifs par tissage est privilégié pour les cravates en laine et en lin. La méthode de tissage est également employée avec le polyester afin d'obtenir un effet moiré ; elle permet avec la soie d'en orienter la brillance afin d'obtenir des contrastes variant avec le mouvement de la cravate et l'exposition à la lumière, voire d'obtenir un effet métallique spécialité de la maison traditionnelle Charvet.
Les cravates imprimées [modifier]
Les cravates imprimées sont les cravates dont les motifs sont obtenus par la soumission d'un tissu, généralement tissé de fils teintés d'une couleur, ou d'une matière à la technique d' impression des motifs. Cette méthode permet de réaliser des cravates avec des motifs figuratifs, des motifs plus fins que ceux obtenus par le tissage, ou encore aux couleurs très diversifiées et complexes. Cette technique donne un rendu généralement mat ou uniformément brillant. Elle est privilégiée par la grande maison italienne E. Marinella.
Les cravates teintées [modifier]
Les cravates teintées sont les cravates dont les motifs sont obtenus par la soumission d'un tissu ou d'une matière à la technique de la teinture. Essentiellement utilisée pour le cuir, elle permet par ailleurs d'obtenir un effet de nuages ou brouillard de couleurs.
Procédés de montage [modifier]
Il existe deux grands procédés de montage d'une cravate : l'assemblage et le 7 plis.
Le procédé d'assemblage [modifier]
Les cravates artisanales comme industrielles sont aujourd'hui généralement réalisées par l'assemblage de trois principales étoffes : une étoffe de matelassage est enveloppée de deux étoffes ; l'étoffes d'habillage du côté exposé et sur la longueur de la partie destinée à être contre le corps ; l'étoffe de doublure aux extrémités de la partie destinée à être contre le corps.
L'étoffe du matelassage est une étoffe légère mais relativement épaisse. Sa fonction est de donner l'épaisseur, la tenue et de maintenir la forme de la cravate. Cette étoffe est généralement de la ouate. Les étiquettes des cravates indiquant le tissu employé [100 % soie, 80 % soie 20 % lin…), ne concernent en fait que l'étoffe d'habillage.
L'étoffe d'habillage est découpée de façon à simplement envelopper complètement l'étoffe de matelassage et à être fermée avec des points de couture. L'étoffe de doublure est découpée de façon à simplement couvrir les extrémités de la cravates dont l'étoffes de matelassage n'est pas cachée par l'étoffe d'habillage ; la doublure est cousue à l'habillage.
La cravate 7 plis [modifier]
Le nom cravate 7 plis désigne des cravates formées avec un seul morceau d'étoffe qui en constitue l'épaisseur.
L'origine du nom 7 pli renvoi au procédé de montage : l'étoffes (soit que d'habillage, soit d'habillage doublée finement sans matelassage) est découpée en une forme spécifique. Ce morceau d'étoffe est ensuite replié 7 fois sur lui-même de façon à donner la forme, l'épaisseur et la tenue à la cravate. Le pliage est enveloppé sur lui-même et fermé par des points de coutures.
Il existe aussi des cravates 9 plis sur le même principe.
Il existe enfin de fausses cravates 7 plis. L'apparition de ces fausses cravates repose sur le fait qu'extérieurement, sans démonter la cravate, le moyen de vérifier le procéder de fabrication 7 plis est de constater 6 (le 7ème étant au-delà du point de couture) ou 7 des plis aux extrémités de la cravate. Partant de ce moyen de vérification faillible, certaines entreprises ont donc eu l'idée de fabriquer et vendre sous le nom "7 plis" des cravates sur lesquelles elles ont faits des plis à l'extrémité large ou au deux extrémités, mais, au-delà de ce pliage, en ayant fabriqué cette cravate par la méthode de l'assemblage décrite ci-dessus : le démontage de ces cravates révèle alors que les plis s'arrêtent juste au dessus des points de couture, et que l'intérieur de la cravate est rempli d'un matelassage. La production d'une cravate 7 plis impliquant une grande quantité de tissu d'habillage, souvent de soie, un prix identique ou inférieur à des cravates fabriqué par assemblage est un indice d'une fausse cravate 7 plis.
Faire un nœud de cravate [modifier]
La galerie ci-dessous donne la méthode pour l'exécution du nœud Windsor. Les images donnent l'aperçu du porteur de la cravate (sauf pour la dernière étape).
Il existe de nombreux nœuds de cravate dont certains avec des variantes :
- le nœud simple ou « quatre en main » (variante : le nœud italien et le nœud Onassis)
- le nœud Victoria ou nœud Double simple (variante : le nœud Prince Albert)
- le nœud William Thomson ou nœud Kelvin ou nœud double simple inversé (variante : le nœud de David)
- le Windsor ou nœud double
- le demi Windsor
- le Saint-André
- le Plattsburgh
- le Cavendish
- le Grantchester
- le Hanovre
- le Balthus
Il existe également des "variantes" à la cravate :
- la lavallière
- la cravalière
- l'ascot