Îles Spratleys

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Îles Spratleys
Carte des Îles des Spratleys
Carte des Îles des Spratleys
Géographie
Revendication par Brunei, République populaire de Chine, République de Chine, Malaisie, Philippines et Viêt Nam
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 8° 38′ 00″ N 111° 55′ 00″ E / 8.633333, 111.9166678° 38′ 00″ N 111° 55′ 00″ E / 8.633333, 111.916667  
Superficie 5 km2
Côtes 926 km
Nombre d'îles + 750
Île(s) principale(s) Île de Itu Aba, Île Thitu, Southwest Cay, Île West York
Point culminant 4 m
Démographie
Population 2 200 hab. (pour raisons stratégiques, ravitaillement constant des pays revendicateurs)
Densité 440 hab./km2
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Asie

(Voir situation sur carte : Asie)
Îles Spratleys
Îles Spratleys

Géolocalisation sur la carte : mer de Chine méridionale

(Voir situation sur carte : mer de Chine méridionale)
Îles Spratleys
Îles Spratleys

Les Îles des Spratleys sont un archipel de petites îles coralliennes inhabitées situés en Mer de Chine méridionale. Elles sont souvent nommées également sous l'orthographe de Spratlys (proche de la phonétique).

Un conflit territorial majeur s'y joue entre la Chine et ses voisins, car les îles Spratleys recèlent du pétrole, du gaz et la plus grande ressource halieutique de la région, et se situent sur la route maritime d'un tiers du trafic mondial.

Géographie[modifier | modifier le code]

Aussi nommées îles Nansha' par les Chinois (南沙群島), en pinyin : nānshāqúndāo, Quần đảo Trường Sa' par le Viêt Nam, et en filipino : Kalayaan. Elles se situent approximativement aux deux tiers de la distance séparant le Viêt Nam des Philippines et la Malaisie insulaire. Elles sont constituées d'une centaine d'îlots coralliens inhabités et de récifs répartis sur une zone de 500 km de long sur 400 de large.

Aucune terre n'est cultivable, et aucune n'abrite d'habitants indigènes. On estime toutefois qu'environ une vingtaine d'îles peuvent suffire à nourrir une population minime, dont la principale île, Itu Aba. Les ressources sont la pêche, le guano. Il n'existe aucun port, mais il y a quatre aérodromes.

La zone économique exclusive de l'archipel est de 439 820 km2.

Histoire[modifier | modifier le code]

Soldats de l'armée populaire vietnamienne sur les îles Spratley disputées, en 2009.

L'exercice de la souveraineté au nom d'un Ètat sur les îles des Spratleys a été initialement réalisé par le Royaume de Champā.

Au XIIIe siècle, les anciennes cartes vietnamiennes et les "Phủ biên tạp lục" (Chronique des frontières) mentionnent les "Bãi Cát Vàng" (Bancs de sable doré), tandis que les cartes et chroniques chinoises, les nomment "Qianli Changsha" (千里長沙 : Mille Li de bancs de sable) ou les "Wanli Shitang" (萬里石塘 : Dix mille Li de hauts-fonds et tourbillons).

Aujourd'hui, les régimes vietnamien et chinois affirment que ces îles sont en réalité les Spratleys. Se considérant comme successeur du Champa dans l'exercice de la souveraineté sur ces îles inhabitées, ils les revendiquent chacun de leur côté.

Le Japon occupe les îles pendant la Seconde Guerre mondiale et y installe une base sous-marine. Après la défaite japonaise, les troupes chinoises ont été chargées par les Alliés en 1946 d'y venir désarmer les militaires nippons. Tokyo a entièrement renoncé à revendiquer ces îles en 1951, tandis que la Chine les considère comme faisant partie de son territoire. Elle n'occupe toutefois que sept îles sur plus d'une trentaine. Il s'agit alors de la Chine nationaliste, dirigée par Tchang Kaï-Chek.

Après la décolonisation française en Indochine, le gouvernement de la République du Vietnam (Viêt Nam du Sud), puis depuis 1976 celui de la République socialiste du Viêt Nam continue à revendiquer la souveraineté de l'ensemble de ces îles, mais n'est physiquement présent que sur 21 d'entre elles.

En 1978 et 1988, la Chine communiste a recouru à la force pour enlever certaines de ces îles aux Vietnamiens et aux Taïwanais : elle occupe à présent neuf îles (un seul îlot est encore occupé par Taïwan, l'Île de Itu Aba ou Taiping, le point culminant de l'archipel).

Les Spratleys sont aussi partiellement revendiquées par la Malaisie (qui occupe trois îles), les Philippines (qui en occupent cinq) et le sultanat du Brunei (qui en occupe deux)[1].

Revendication de souveraineté[modifier | modifier le code]

L'occupation actuelle (2009) des îles Spratleys

Les îles n'ont pas d'eau douce et sont par conséquent inhabitables. Selon le droit maritime international, elles sont considérées comme des écueils et non des îles et, à ce titre, les revendications de souveraineté sur les parties émergées ne peuvent pas s'appliquer aux eaux territoriales. Selon la limite des 200 milles marins, le quart ouest de l'archipel se trouve dans la Zone économique exclusive (ZEE) vietnamienne, le quart sud dans la ZEE de Malaisie et du Brunei, le quart est dans celle des Philippines et le quart nord au-delà de cette limite. Or chacun des pays riverains de la Mer de Chine méridionale revendique l'ensemble de l'archipel et les eaux afférentes, et refuse tout plan de partage. La situation est donc particulièrement complexe et tendue, et c'est pourquoi pas moins de cinq États y ont placé des garnisons : environ 1 500 Vietnamiens, 450 Chinois, une centaine de Malaisiens, une vingtaine de Brunéiens et une centaine de Philippins. Tous sont ravitaillés à partir du continent. Sur le terrain, un statu quo s'est établi et chacun campe sur ses positions. Cet intérêt partagé est expliqué par la possibilité de gisements de pétrole et la position des îles sur la route maritime très fréquentée qui mène au Japon et à la Chine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : National Geographic Maps

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Webographie[modifier | modifier le code]