Révolution philippine

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Révolution philippine
Carte des Philippines à la fin du XIXe siècle.
Carte des Philippines à la fin du XIXe siècle.
Informations générales
Date 1896–1898
Lieu Philippines
Issue Victoire des Philippines
Belligérants
1897 Katipunan flag.png Katipunan
Drapeau des États-Unis États-Unis
Flag of Cross of Burgundy.svg Empire espagnol
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Indes orientales espagnoles
Commandants
1897 Katipunan flag.png Andrés Bonifacio
Drapeau des Philippines Emilio Aguinaldo
Drapeau des États-Unis George Dewey
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Ramón Blanco y Erenas
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Camilo García de Polavieja
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Fernando Primo de Rivera y Sobremonte
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Basilio Augustín
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Fermín Jáudenes
Forces en présence
80 000 soldats 60 000 soldats
Guerre hispano-américaine

La Révolution philippine est un conflit armé entre les forces espagnoles et le mouvement sécessionniste Katipunan. Les États-Unis entrent en guerre avec l'empire espagnol le 25 avril 1898, dans le cadre de la guerre hispano-américaine.

Historique[modifier | modifier le code]

Les Philippines étaient une colonie espagnole depuis que l'explorateur portugais Fernand de Magellan avait revendiqué ces îles au nom de la couronne d'Espagne, en 1521. Les Philippines connurent plusieurs révoltes sous la domination espagnole, dont la dernière, la révolution philippine, fut d'abord soutenue par les États-Unis dans le contexte de la lutte contre la puissance coloniale espagnole déclinante.

Le 7 juillet 1892, Andrés Bonifacio fonda la société secrète « Katipunan » dans le but d'organiser une lutte armée contre le joug colonial espagnol pour l'indépendance des Philippines. José Rizal en est élu 'président d'honneur', sans qu'il ait été consulté. En fait, tout en partageant les objectifs du mouvement il en reprouve l'option faite pour la lutte armée. Le Katipunan eut bientôt de nombreux membres à travers les différentes provinces de l'archipel. Ils dirigèrent la révolution qui commença en 1896[1].

Bien que charismatique, Bonifacio subit plusieurs défaites face aux Espagnols, dont la première grande bataille à San Juan del Monte[2]. Contrairement à ses troupes, les combattants de la province de Cavite remportèrent tôt des victoires. Leur leader le plus influent et le plus populaire était Emilio Aguinaldo, alors maire de Cavite El Viejo (l'actuelle Kawit), qui avait sous son contrôle la majorité de l'est de la province de Cavite. Aguinaldo et ses hommes finirent par prendre la tête de la révolte, le Katipunan fut remplacé par un gouvernement révolutionnaire dont Aguinaldo fut élu président et Bonifacio fut exécuté pour trahison[3].

Les affrontements prirent fin en 1897. Des négociations pour conclure un armistice avaient été ouvertes en août 1897 entre Aguinaldo et le gouverneur général espagnol Fernando Primo de Rivera. Le 14 décembre 1898, un accord fut convenu et stipulait que le gouverneur s'engageait à payer en trois fois à Aguinaldo 800 000 dollars mexicains si celui-ci quittait les Philippines[4]. Aguinaldo s'exila alors à Hong Kong[4]. Avant son départ, il dénonça la révolution et exhorta les combattants philippins à déposer les armes et déclara illégales toutes poursuites des hostilités[5]. Cependant certains révolutionnaires philippins continuèrent à se battre contre l'administration coloniale espagnole[6].

Aguinaldo écrivit rétrospectivment en 1899 qu'il avait rencontré les consuls américain E. Spencer Pratt et Rounceville Wildman à Singapour entre le 22 et le 25 avril 1898 et qu'ils l'avaient persuadé d'abandonner son soutien à la révolution, Pratt affirmant qu'il avait contacté par télégramme le commodore George Dewey et que celui-ci assurait à Aguinaldo que les États-Unis reconnaîtraient l'indépendance des Philippines avec la protection de la Navy, et qu'il ajoutait qu'une preuve écrite de ce qu'il avançait n'était pas nécessaire, que la parole d'un commodore de la Navy et celle d'un consul américain étaient aussi sûres que le plus solennel des serments, que cet engagement verbal serait confirmé par une lettre et que cela n'avait rien à voir avec les promesses des Espagnols et leur conception de l'honneur dans la parole donnée[7].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les Philipines proclamèrent leur indépendance le 12 juin 1898, lorsque les troupes révolutionnaires commandées par Emilio Aguinaldo (futur premier président de la nouvelle république) se soulevèrent contre l'Espagne colonisatrice, après sa défaite contre les États-Unis lors de la bataille de la baie de Manille, le 1er mai 1898, pendant la guerre hispano-américaine.

Cette déclaration ne fut cependant reconnue ni par États-Unis ni par l'Espagne et les deux pays signèrent le traité de Paris le 10 décembre 1898. Les Espagnols cédèrent alors les Philippines aux États-Unis contre 20 millions de dollars[8].

Article connexe : Guerre américano-philippine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) History of the Filipino People, Teodoro Agoncillo (1990), huitième édition, R.P. Garcia Publishing Company, p. 149-166
  2. (en) History of the Filipino People, Teodoro Agoncillo (1990), huitième édition, R.P. Garcia Publishing Company, p. 173
  3. (en) History of the Filipino People, Teodoro Agoncillo (1990), huitième édition, R.P. Garcia Publishing Company, p. 180-181
  4. a et b Aguinaldo, Emilio (1899), Chapter II. The Treaty of Biak-na-bató, True Version of the Philippine Revolution (consulté le 4 juin 2008).
  5. (en) Constantino, Renato (1975), The Philippines: A Past Revisited
  6. (en) Miller, Stuart Creighton (1982), Benevolent Assimilation: The American Conquest of the Philippines, 1899–1903, Yale University Press, p. 34
  7. Aguinaldo, Emilio (1899), Chapter III. Negotiations, True Version of the Philippine Revolution, Authorama: Public Domain Books (consulté le 4 juin 2008).
  8. Histoire des États-Unis, Denise Artaud et André Kaspi, éd. Armand Colin, collection U, 1971, p. 140.