Charlotte Perkins Gilman

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Charlotte Perkins Gilman

Charlotte Perkins Gilman née le 3 juillet 1860 à Hartford et décédée le 17 août 1935 est une sociologue et écrivaine américaine. Son œuvre a eu une grande influence sur le féminisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Issue de la bourgeoise intellectuelle de la Nouvelle-Angleterre, Charlotte Perkins Gilman naît le 3 juillet 1860 à Hartford dans le Connecticut, de l´union entre Mary Perkins (de son nom de jeune fille Mary Fitch Westcott) et Frederic Beecher Perkins. Charlotte n´a qu´un frère, Thomas Adie, âgé de 14 mois de plus qu´elle. En effet, les médecins avaient mis en garde Mary Perkins contre une éventuelle nouvelle grossesse, qui aurait pu lui coûter la vie. Alors que Charlotte et Thomas étaient encore enfants, leur père quitta leur mère et les abandonna, les laissant dans une situation précaire. Leur mère étant incapable de subvenir à leurs besoins seule, elle fut largement soutenue par les membres de la famille de Frederic Beecher Perkins. Ainsi, les tantes Isabella Beecher Hooker (qui était une suffragette), Harriet Beecher Stowe (auteur du roman abolitionniste La Case de l'oncle Tom) et Catharine Beecher (connue pour ses ouvrages sur l´éducation des femmes) étaient très présentes durant l´enfance de Charlotte.

À l´âge de cinq ans, alors que sa mère était malade, Charlotte Perkins Gilman apprit à lire seule[1]. Leur mère était assez peu affectionnée envers Charlotte et Thomas, et afin d´éviter qu´ils ne souffrent à nouveau comme lors de l´abandon par leur père, elle leur interdisait de nouer des liens affectifs trop forts avec d´autres enfants, et de lire des romans de fiction. Dans son autobiographie, La vie de Charlotte Perkins Gilman, Gilman écrit que sa mère ne lui montrait de l´affection que lorsqu´elle la pensait endormie[1]. Bien qu´elle ait été très isolée pendant son enfance, Charlotte posa les bases de sa vie future en se rendant régulièrement à la bibliothèque et en étudiant les civilisations anciennes. D´autre part, elle fut influencée par le goût de son père pour la littérature et il la contacta des années après son départ, lui envoyant une liste d´ouvrages dont il lui recommandait la lecture[2].

Charlotte Perkins Gilman passa la plus grande partie de son enfance à Providence, sur Rhode Island. Sa famille maternelle compte d´ailleurs un des ancêtres fondateurs du Rhode Island. Elle était surtout amie avec des garçons et dit elle-même qu´elle était un garçon manqué [3]. Elle fréquenta sept différentes écoles publiques, et suivit des cours par correspondance auprès de la "Société pour promouvoir les études à la maison" ( Society to Encourage Studies at Home (en)) [4]. Son intelligence et sa culture générale impressionnaient toujours ses professeurs, qui étaient néanmoins déçus par ses mauvais résultats [4]. Elle aimait particulièrement la Philosophie naturelle, et plus précisément la physique.

En 1878, alors qu´elle avait 18 ans, elle entra à l´École de design de Rhode Island grâce au soutient financier de son père absent[4]. Il la soutint donc dans son choix de devenir une artiste. Elle réalisa des cartes de visite artistiques et encouragea ses camarades à épanouir leur sens artistique. Elle était également peintre.

Âge adulte[modifier | modifier le code]

Premier mariage[modifier | modifier le code]

Charlotte Perkins Gilman

En 1884, Charlotte Perkins Gilman épouse Charles Walter Stetson, bien que son instinct l´ait poussée à refuser en premier lieu sa demande en mariage[4]. De leur union naît un seul enfant, l´année suivant le mariage : Katharine Beecher Stetson. Charlotte a souffert d´une forte dépression post-partum suite à la naissance de Katharine. À cette époque, les femmes étaient considérées comme particulièrement sujettes à l´hystérie, c´est pourquoi une femme se déclarant sérieusement malade après un accouchement n´était pas souvent prise au sérieux [4].

Divorce[modifier | modifier le code]

En 1888, Charlotte se sépare de son mari, allant à l´encontre des mœurs du XIXe siècle. Ils divorcent officiellement en 1894[2]. Suite à sa séparation, Charlotte déménage à Pasadena en Californie. Là-bas, elle s´engagea auprès de nombreuses organisations féministes et réformatrices, telles que la "Pacific Coast Woman's Press Association", "the Woman's Alliance ", ", the Economic Club ", " the Ebell Society ", ", the Parents Association ", " the State Council of Women ". Elle écrivit également pour le "Bulletin", le journal publié par la "Pacific Coast Woman's Press Association"[2].

En 1894, Charlotte Perkins Gilman envoie sa fille vivre avec son père et sa nouvelle épouse, Grace Ellery Channing, qui était une de ses amies proches. Charlotte écrivit dans son journal qu´elle était heureuse pour le couple, et que la deuxième maman de Katharine était "aussi bonne que la première et peut-être même meilleure sous certains aspects"[2]. En outre, Charlotte avait un point de vue progressiste pour l´époque sur les droits parentaux, puisqu´elle considérait que son ancien mari avait le droit de voir Katherine et que cette dernière avait le droit de voir et d´aimer son père[2].

Second mariage[modifier | modifier le code]

En 1893, la mère de Charlotte Perkins Gilman décède. Charlotte retourne vivre sur la côte est, où elle n´avait pas été depuis 8 ans. Elle contacte son cousin Houghton Gilman, qu´elle n´avait pas vu depuis environ 15 ans, et qui était avocat à Wall Street. Très vite, ils passèrent beaucoup de temps ensemble et entamèrent une relation amoureuse. Lorsqu´elle partait en tournée pour donner des lectures, Houghton et Charlotte s´écrivaient régulièrement. Ils passaient autant de temps que possible ensemble avant chacun de ses départs. Dans son journal, elle le décrit comme une personne plaisante[2]. Ils se marièrent en 1900, et vécurent à New York jusqu´en 1922.

En 1922, Charlotte quitta New-York pour s´installer dans la propriété de Houghton à Norwich dans le Connecticut. Suite au décès soudain de Houghton en 1934, suite à une hémorragie cérébrale, Charlotte retourna vivre à Pasadena en Californie, où sa fille habitait[2]. En janvier 1932, un cancer du sein incurable avait été diagnostiqué chez Charlotte[5]. Partisane de l´euthanasie pendant la phase terminale de sa maladie, Charlotte se suicida le 17 août 1935, par overdose de chloroforme. Dans son autobiographie tout comme dans la lettre laissée avant son suicide, elle écrit avoir choisi le chloroforme plutôt que le cancer. Elle mourut rapidement et paisiblement [2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Pendant un temps, Charlotte faisait du porte-à-porte, vendant des savons. Après son déménagement à Pasadena, elle s´impliqua dans des mouvements de réformes sociales. En 1896, elle représenta la Californie lors de la Women´s Suffrage Convention qui eut lieu à Washington D.C., ainsi que lors du Congrès international ouvrier socialiste tenu à Londres du 27 juillet au 1er août[6],[4]. En 1890, elle fut présentée au mouvement Nationalism, un mouvement qui visait à "mettre fin à la cupidité du capitalisme et aux distinctions de classes afin de promouvoir une humanité pacifique, éthique et réellement progressiste"[7]. Son poème Similar Cases, publié dans le magazine Nationalist, était une pièce satirique dénonçant les personnes averses au changement social. Elle reçut de bons retours de la critique pour cet écrit. Cette même année, en 1890, elle rédigea 15 essais, poèmes, un roman court ainsi que la nouvelle The Yellow Wallpaper (littéralement : le papier peint jaune). Sa carrière débuta avec ses conférences données dans le cadre du mouvement Nationalism, et elle accéda à la reconnaissance du public avec son premier recueil de poèmes In This Our World, publié en 1893[2]. Elle devint connue dans les cercles d´activistes pour le mouvement féministe grâce aux conférences qu´elle tenait, et grâce auxquelles elle gagnait sa vie.

"The Yellow Wallpaper" (en français "La séquestrée")[modifier | modifier le code]

Bien que ce ne soit ni sa première œuvre, ni la plus longue, c´est de loin la pièce la plus connue de Charlotte Perkins Gilman et un des best-sellers de l´éditeur Feminist Press. Ce roman court a été rédigé les 6 et 7 juin 1890 à Pasadena, puis imprimé un an et demi plus tard en janvier 1892 dans l´édition de The New England Magazine. Depuis cette première publication, le texte a été réimprimé dans de nombreuses anthologies de la littérature féminine et américaine[8], incluant parfois des modifications.

Réception de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Charlotte Perkins Gilman a écrit aussi bien des nouvelles, dont la plus célèbre est The Yellow Wallpaper, que des essais dont le plus important est Women and Economics.

Sous-estimée aux États-Unis et ailleurs pendant plusieurs décennies, notamment après l'obtention du droit de vote des femmes américaines en 1920, mais toujours lue par les féministes, l'œuvre de Perkins Gilman fut remise à l'honneur dans les années soixante.

Hommage[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • Benigna Machiavelli, traduction de Benigna Machiavelli par Pascale Voilley, V. Hamy, 2008 (ISBN 978-2-87858-268-0)
  • Le Papier peint jaune, traduction de The Yellow Wall-Paper par le collectif de traduction des éditions "Des femmes", Des femmes-A. Fouque, 2007 (ISBN 978-2-7210-0550-2)
  • La Séquestrée, traduction de The Yellow Wall-Paper par Diane de Margerie, Phébus, 2002 (ISBN 2-85940-812-6)
  • « L'Aventure », traduction par Katherine Roussos du premier chapitre de Herland, Le Champ des lettres, no 1, 2010 www.citedesdames.com

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Gilman, Living
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en)Denise D. Knight, The Diaries of Charlotte Perkins Gilman, (Charlottesville, VA: University Press of Virginia: 1994) xiv.
  3. (en) Polly Wynn Allen, Building Domestic Liberty, (Amherst : University of Massachusetts Press, 1988)30.
  4. a, b, c, d, e et f (en) Gilman, Autobiography
  5. (en) Polly Wynn Allen, Building Domestic Liberty, 54.
  6. Pierre Kropotkine Les temps nouveaux n°14 (3/9 août 1895), consultable sur [1]
  7. to "end capitalism's greed and distinctions between classes while promoting a peaceful, ethical, and truly progressive human race."
  8. (en) Julie Bates Dock, Charlotte Perkins Gilman's "The Yellow Wall-Paper" and the History of Its Publication and Reception. University Park, PA: The Pennsylvania State University Press, 1998; p. 6.