Jacques Maritain

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Jacques Maritain (18 novembre 1882 - 28 avril 1973) est un philosophe français. C'est une des figures importantes du thomisme au XXe siècle. Il s'est converti au catholicisme, et la religion a profondément imprégné sa philosophie. Après une phase anti-moderniste, où Maritain était proche de l'Action française, il s'en détacha et finit par accepter la démocratie et la laïcité (Humanisme intégral, 1936). Son œuvre fut liée de près à l'éclosion de la démocratie chrétienne, malgré les réserves de Maritain lui-même à propos de son organisation concrète. Il fut également ambassadeur de France au Vatican de 1945 à 1948.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et conversion[modifier | modifier le code]

Né à Paris, fils de l'avocat Paul Maritain et de Geneviève Favre, la fille de Jules Favre, il fut élevé dans un milieu républicain et anticlérical. Élève au lycée Henri-IV, il étudia par la suite la chimie, la biologie et la physique à la Sorbonne. Il y rencontra Raïssa Oumançoff (orthographié aussi Oumansoff), immigrée juive d'origine russe, ukrainienne, qu'il devait épouser en 1904. Elle fut toujours associée à sa recherche passionnée de vérité.

Le scientisme alors en vogue à la Sorbonne le déçut assez rapidement ; il ne le considérait pas comme étant capable de répondre à des questions existentielles d'ordre vital. Sur le conseil de Charles Péguy, il suivit avec son épouse les cours d'Henri Bergson au Collège de France. Parallèlement à sa déconstruction du scientisme, Bergson leur communiqua le « sens de l'absolu ». Par la suite, grâce notamment à l'influence de Léon Bloy (qui devient leur parrain de baptême), ils se convertirent tous deux à la foi catholique en 1906.

Ils déménagèrent à Heidelberg en 1907. Maritain y étudia la biologie sous la conduite d'Hans Driesch. La théorie néo-vitaliste de Driesch l'attira car elle s'apparentait aux conceptions de Bergson. Raïssa tomba malade, et durant sa convalescence, leur conseiller spirituel depuis 1908, le frère dominicain Humbert Clérissac[1], leur fit découvrir l'œuvre de Saint Thomas d'Aquin. L'enthousiasme de Raïssa conduisit Jacques à s'y intéresser à son tour. Il trouva chez Saint Thomas la confirmation de nombre d'idées qu'il avait déjà entrevues. S'appuyant déjà sur le thomisme, Maritain s'éloigne alors de Bergson qu'il critique durement en le considérant comme un « poison » incompatible avec le catholicisme dans son premier ouvrage publié fin 1913, La Philosophie bergsonienne : études critiques[2].

Du « Docteur Angélique », il passa bientôt au philosophe dont ce dernier avait christianisé la pensée, Aristote. Il se tourna par la suite vers les ouvrages de la néo-scolastique. En 1912, Maritain commença à enseigner au collège Stanislas, puis à l'Institut catholique de Paris. Intime de l'officier Ernest Psichari, qu'il côtoie souvent à cette époque, en compagnie de Péguy, il est à l'origine de l'entrée dans l'ordre dominicain de celui-là[1].

Soutien à l'Action française[modifier | modifier le code]

Sa conversion et l'influence du Révérend père (RP) Clérissac l'amenèrent à avoir des contacts avec des milieux proches de l'Action française.

  • Depuis 1911, les lettres qu'il adresse à Charles Maurras témoignent de sa respectueuse admiration et la communauté de combat où il se trouve[3].
  • En 1916-1917, il fit cours au Petit Séminaire de Versailles. En 1917, un groupe d'évêques français chargea Maritain d'écrire une série de manuels destinés à être utilisés dans les universités catholiques et les séminaires. Il vint à bout d'un seul de ces projets (Éléments de Philosophie, 1920). C'est depuis un des ouvrages de référence dans nombre de séminaires catholiques. En 1933, il devint professeur à l'Institut pontifical d'études médiévales de l'Université de Toronto. Il enseigna également à Columbia, Chicago et Princeton.
  • En 1920, il participe, avec Henri Massis et Jacques Bainville, à la fondation de la Revue universelle, dirigeant la rubrique philosophique. Il en est le directeur associé Il rejette alors violemment la modernité et la démocratie libérale (Antimoderne, 1922), qu'il acceptera au contraire par la suite. Directeur associé de La Revue universelle et de se consacrer aux pages philosophiques où il pourra poursuivre son travail en faveur de la renaissance thomiste : Henri Massis espère que la revue il souhaite développer une philosophie politique chrétienne au sein de l'Action française tout en jetant des ponts entre contre-révolutionnaires et libéraux. Le cardinal Mercier que Maurras rencontre en 1922 à Bruxelles donne son patronage à l'entreprise.
  • En 1924, Maritain adresse ses Réflexions sur l'intelligence au « grand aristotélicien poète » en signant « son admirateur, son ami[4].
  • En 1926, lorsqu'interviennent des mises en garde du Vatican à l'égard de l'Action Française, il s'attache à jour un rôle de médiateur ; il incite Maurras à faire preuve d'humilité et à se soumettre publiquement : « Dieu aime votre âme et la veut, il emploie pour arriver à ses fins les durs conseils de l’amour[5],[6]. » Maurras, blessé en voudra personnellement et e; puis, il les justifie, notamment en publiant Primauté du spirituel, Pourquoi Rome a parlé (1927) et Clairvoyance de Rome (1929). L’attitude de Maritain est cependant mal reçue, notamment par des religieux, ignorant qu'il agit sur demande du pape, comme Dom Delatte qui le prie de ne plus venir à l'abbaye de Solesmes : le théologien avait été lancé par l’Action française et son attitude fut ressentie comme un coup de poignard dans le dos et une trahison[4] ; le retournement de celui qui avait été aux côtés de Bainville et Massis un pilier de La Revue universelle et un contempteur du démocratisme, du libéralisme, du modernisme suscita les critiques de Maurras qui lui adressera les paroles adressées aux traîtres ; encore en 1951, Maurras dénoncera le « médiocre professeur naturaliste » et « jurisconsulte vaseux » et l'on a dit que la lecture de ces lignes provoqua l’incident cardiaque dont Maritain fut victime en 1954[7].

Rapprochement avec la démocratie chrétienne[modifier | modifier le code]

Son influence philosophique et religieuse sur certains jeunes intellectuels proches ou ayant été proches de l'Action française comme ses encouragements aux initiatives d'Emmanuel Mounier et à la création de la revue Esprit vont contribuer, au début des années 1930, à favoriser la naissance du personnalisme des non-conformistes des années 30. Lui-même va être amené à approfondir parallèlement la réflexion politique et sociale qui s'exprime dans Humanisme Intégral (1936), en le rapprochant des milieux de la démocratie-chrétienne. Il demeurera cependant très critique à l'égard des partis démocrates-chrétiens, préférant la mise en place d'un mouvement démocrate-chrétien qui transcenderait les seuls partis catholiques[8].

Dans cette œuvre majeure, Maritain entérine les acquis de la Révolution française et du libéralisme, refusant le mélange des sphères temporelle et spirituelle, tout en prônant l'engagement des catholiques dans la vie de la cité, et donc de la politique, non pas par la création de partis confessionnels, catholique, mais en étant inspiré par la religion dans l'action[8],[9].

Le maritainisme en Amérique latine et la démocratie-chrétienne[modifier | modifier le code]

L'influence du « maritainisme » dans les milieux catholiques va alors devenir mondiale, se cristallisant en Amérique latine avec la création, en 1947, de l'Organisation démocrate-chrétienne d'Amérique (OCDA). Maritain entretenait une correspondance étroite avec l'Amérique latine (plus de 180 correspondants[9]). Selon l'historien Olivier Compagnon,

« Aujourd’hui encore, au Chili, au Venezuela et dans certains pays d’Amérique centrale notamment, la lecture d'Humanisme intégral reste un passage obligé de la formation du militant démocrate-chrétien sommé d’intégrer les préceptes qui ont conduit les catholiques à définir de nouvelles formes d’implication dans la vie de la cité[8]. »

Sa visite en Argentine, en 1937, déclenche une polémique en Amérique latine (Argentine, Chili, Brésil, Équateur...) ainsi qu'au Canada, où Charles De Koninck s'oppose violemment à lui. En Argentine, où une filiale de Desclée de Brouwer diffuse ses idées, l'abbé Julio Meinvielle mène le combat contre le « libéralisme » de Maritain, avec l'appui du cardinal Caggiano, tandis qu'au Chili, la Phalange nationale (social-chrétienne, malgré son nom) est au contraire fortement influencée par sa pensée, le futur président Eduardo Frei Montalva en étant l'un des défenseurs patentés[10]. Influencée par le national-catholicisme, l'Église argentine menace de fermer la revue maritaine Orden cristiano, dirigée par Alberto Duhau[10], tandis qu'au Venezuela, c'est le futur président Rafael Caldera qui introduit sa pensée[10].

Parmi les penseurs influencés par le maritainisme, on peut citer la poète chilienne Gabriela Mistral, l'éditrice argentine Victoria Ocampo, Esther de Cáceres en Uruguay ou le fondateur de la démocratie chrétienne brésilienne, Alceu Amoroso Lima[10].

Maritain influença également les théologiens de la libération, mais ceux-ci finirent par critiquer plusieurs de ses thèses[9].

La Seconde Guerre mondiale et l'après-guerre[modifier | modifier le code]

Bloqué en Amérique du Nord par la déclaration de guerre, il prend position contre le régime de Vichy. De 1945 à 1948, il fut ambassadeur de France auprès du Vatican. Il participa à la fondation, en 1950, du Congrès pour la liberté de la culture, après quoi il retourna à Princeton, où il devint professeur émérite en 1956. Aux États-Unis, il rencontre le sociologue américain Saul Alinsky, fondateur du community organizing. Il entretiendra une très longue correspondance avec lui jusque dans les années 70.

À partir de 1961, Jacques Maritain vécut chez les Petits Frères de Jésus à Toulouse. Depuis la création de l'ordre en 1933, il y exerçait une certaine influence, et est devenu Petit Frère en 1970.

Il acclame les réformes du président chilien Eduardo Frei Montalva (1964-70), évoquant cette expérience dans sa correspondance avec Gregorio Peces-Barba, et la qualifiant même de « seule tentative authentique de révolution chrétienne »[11].

Dans son dernier livre, De l'Église du Christ. La personne de l'Église et son personnel (1970), Maritain a ramassé sa pensée ecclésiologique. Récusant l'effort d'une apologétique intégrale de l'histoire de l'Église, il plaide au contraire pour un « Adieu au moyen âge » qui puisse garantir en retour la vérité souvent latente de l'Église à toutes les époques.

Cette ecclésiologie fait donc valoir, à côté du modèle moniste du « Corps mystique », le modèle différencié de l'« Épouse du Christ » en vertu duquel s'ouvre l'espace d'un dynamisme eschatologique de l'Église. Occupé d'intégrer et non d'excuser les péchés du « personnel» de l'Église, Maritain propose l'idée d'un transfert du Christ à l'Église de cet office de pénitence dont le « Juste » s'était chargé aux jours de la Pâques: l'« Église Sainte » reçoit de la « sainteté du Seigneur » le devoir solidaire de réparer les fautes de ses membres. Dans cette unité de l'agir ecclésial, Maritain a cru reconnaître la qualité pleine de «Personne» attribuable à l'Épouse.

Il est enterré avec son épouse à Kolbsheim.

Sa pensée[modifier | modifier le code]

La pensée de Jacques Maritain s'est construite d'après Aristote et Saint Thomas d'Aquin. Comme Thomas d'Aquin, Maritain est l'artisan et le défenseur d'une philosophie chrétienne fondée sur l'expérience et la raison, indépendante de la foi, mais en accord parfait avec la Révélation. D'une manière générale, Maritain est un métaphysicien qui défend une conception de la philosophie comme science - contre ceux qui prétendraient la déchoir de son rôle éminent - et revendique pour elle le statut de reine des sciences, chargée de corriger les erreurs des autres sciences, secondaires et traitant de la matière. À partir de ces principes, Maritain cherchera au cours de toute son œuvre à rendre actuelle la pensée du thomisme, et à la situer sans la trahir dans le contexte du XXe siècle. Ainsi, Maritain dialoguera dans ses ouvrages avec des penseurs modernes comme Descartes ou Kant, et son ouverture lui sera reprochée par Étienne Gilson, dont l'optique thomiste se veut plus conservatrice.

Son œuvre (une cinquantaine d'ouvrages) aborde presque tous les aspects de la philosophie : nature, métaphysique, logique, épistémologie, morale, politique, histoire et art.

Métaphysique[modifier | modifier le code]

Il est le promoteur d'un réalisme critique et d'une philosophie de l'être et de l'exister supérieure, d'après lui, aux philosophies de l'un, du vrai, du bien, de la liberté, de la durée, de l'existence (coupée de l'essence). Le principe fondateur de cette doctrine de l'être est le principe d'identité qui justifie en droit une « raison d'être » intelligible (causalité, finalité). Du principe d'identité découle toutes les catégories de l'être (essence/existence ; acte/puissance ; substance ; quantité ; qualité ; relation, etc), d'où l'on déduit l'être même subsistant (Dieu) qu'Heidegger a confondu à tort avec un existant suprême.

Épistémologie[modifier | modifier le code]

En 1910, Maritain acheva sa première contribution importante à la philosophie contemporaine, un article de 28 pages intitulé « Raison et Science contemporaine », qui parut dans le numéro de juin de la Revue de Philosophie. Il y dénonçait la divinisation de la science, et la confiscation par celle-ci du rôle de la raison et de la philosophie, et le surcroît d'importance qu'acquérait la science sur les lettres. De fait, son épistémologie est défensive. Contre la phénoménologie et les existentialismes, elle distingue différents niveaux d'abstraction (voir Sept leçons sur l'être). Les degrés du savoir analyse les formes de la connaissance scientifique à la lumière de sa théorie thomiste de l'abstraction.

Éthique[modifier | modifier le code]

Maritain est un fervent défenseur d'une éthique fondée sur la loi naturelle. Il conçoit les normes éthiques comme enracinées dans la nature humaine. Pour lui, la connaissance de la loi naturelle est première, et ne se constitue pas par le débat philosophique ou par la démonstration, mais plutôt au travers de la conaturalité. La connaissance conaturelle est un type de connaissance obtenu par la confrontation avec la réalité. Ainsi, nous connaissons la loi naturelle en y étant directement confrontés dans le cadre de l'expérience humaine. Maritain défend également l'idée selon laquelle les droits naturels se fondent sur la loi naturelle. Sa morale plénière participe de la théologie par subalternation de la raison aux données de la foi chrétienne, faute de quoi, elle serait inachevée par manque d'information sur les fins dernières.

De son œuvre, dans laquelle il s'est constamment employé à dénoncer la récupération de certaines valeurs spirituelles par des doctrines, politiques ou autres, la postérité chrétienne a retenu la distinction qu'il opère entre l'action « en tant que chrétien », qui consiste à l'obéissance aux rites et aux dogmes de l'Église, et l'action « en chrétien », qui consiste en la mise en œuvre, individuellement, des idées chrétiennes dans des domaines « temporels », des organisations laïques où l'Église n'a pas à s'immiscer.

Combat contre l'antisémitisme[modifier | modifier le code]

Fidèle au dreyfusisme de sa jeunesse, Jacques Maritain a longtemps combattu l'antisémitisme. Ainsi, après s'être séparé de Charles Maurras en 1926, il devient l'un des principaux théoriciens et militants du philosémitisme chrétien dans la France des années 1930[12]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Maritain protesta contre la politique du régime de Vichy ; il enseignait à l'époque à l'Institut pontifical d'études médiévales du Canada. Il fit partie des catholiques qui intervinrent pour que fût modifiée l'oraison Oremus et pro perfidis Judaeis.

D'une manière générale, la montée du communisme et du fascisme oriente sa réflexion dans le sens de la défense des droits de la personne humaine et vers un renouveau de la démocratie. Humanisme intégral en est le fruit.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • La Philosophie bergsonienne, 1914 (1948)
  • Éléments de philosophie, I: Introduction générale à la philosophie 1920; II. L'ordre des concepts, (Petite logique), 1923.
  • Art et scolastique, 1920
  • Théonas ou les entretiens d’un sage et de deux philosophes sur diverses matières inégalement actuelles, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1921
  • Antimoderne, Paris, Édition de la Revue des Jeunes, 1922
  • Réflexions sur l’intelligence et sur sa vie propre, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1924.
  • De la Vie d'oraison par Jacques et Raïssa Maritain, Paris : Art catholique. Achevé d’imprimer le 18 février 1925
  • Trois réformateurs : Luther, Descartes, Rousseau, avec six portraits, Paris [Plon], 1925
  • Réponse à Jean Cocteau, 1926
  • Une opinion sur Charles Maurras et le devoir des catholiques, Paris [Plon], 1926
  • Primauté du spirituel, 1927
  • Pourquoi Rome a parlé (coll.), Paris, Spes, 1927
  • Quelques pages sur Léon Bloy, Paris 1927
  • Clairvoyance de Rome (coll.), Paris, Spes, 1929
  • Le docteur angélique, Paris, Paul Hartmann, 1929
  • Religion et culture, Paris, Desclée de Brouwer, 1930 (1946)
  • Le thomisme et la civilisation, 1932
  • Distinguer pour unir ou Les degrés du savoir, Paris 1932
  • Le songe de Descartes, Suivi de quelques essais, Paris 1932
  • De la philosophie chrétienne, Paris, Desclée de Brouwer, 1933
  • Du régime temporel et de la liberté, Paris, DDB, 1933
  • Sept leçons sur l'être et les premiers principes de la raison spéculative, Paris 1934
  • Frontières de la poésie et autres essais, Paris 1935
  • La philosophie de la nature, Essai critique sur ses frontières et son objet, Paris 1935 (1948)
  • Lettre sur l’indépendance, Paris, Desclée de Brouwer, 1935.
  • Science et sagesse, Paris 1935
  • Humanisme intégral. Problèmes temporels et spirituels d'une nouvelle chrétienté; espagnol 1935), Paris (Fernand Aubier), 1936 (1947)
  • Les Juifs parmi les nations, Paris, Cerf, 1938
  • Questions de conscience : essais et allocutions, Paris, Desclée de Brouwer, 1938
  • La personne humaine et la société, Paris 1939
  • Le crépuscule de la civilisation, Paris, Éd. Les Nouvelles Lettres, 1939
  • Quatre essais sur l'esprit dans sa condition charnelle, Paris 1939 (1956)
  • De la justice politique, Notes sur le présente guerre, Paris 1940
  • Scholasticism and politics, New York 1940
  • À travers le désastre, New York 1941 (1946)
  • Confession de foi, New York 1941
  • Ransoming the time (Redeeming the time), New York 1941
  • La pensée de St.Paul, New York 1941 (Paris 1947)
  • Les Droits de l'Homme et la Loi naturelle, New York 1942 (Paris 1947)
  • Saint Thomas and the problem of evil, Milwaukee 1942;
  • Essays in Thomism, New York 1942;
  • Christianisme et démocratie, New York 1943 (Paris 1945)
  • Education at the crossroad, New Haven 1943
  • Principes d'une politique humaniste, New York 1944 (Paris 1945);
  • De Bergson à Thomas d'Aquin, Essais de Métaphysique et de Morale, New York 1944 (Paris 1947)
  • À travers la victoire, Paris 1945;
  • Messages 1941-1944, New York 1945;
  • Pour la justice, Articles et discours 1940-1945, New York 1945;
  • Le sort de l'homme, Neuchâtel 1945;
  • Court traité de l'existence et de l'existent, Paris 1947;
  • La personne et le bien commun, Paris 1947;
  • Raison et raisons, Essais détachés, Paris 1948
  • La signification de l'athéisme contemporain, Paris 1949
  • Man and state, Chicago 1951
  • Neuf leçons sur les notions premières de la philosophie morale, Paris 1951
  • Approches de Dieu, Paris 1953.
  • L'Homme et l'État (engl.: Man and State, 1951) Paris, PUF, 1953
  • Creative intuition in Art and Poetry (engl.), 1953
  • On the philosophy of history, ed. J.W. Evans, New York 1957
  • Truth and human fellowship, Princeton 1957
  • Reflections on America, New York 1958
  • Pour une philosophie de l'éducation, Paris 1959
  • Le philosophe dans la Cité, Paris 1960
  • The responsibility of the artist, New York 1960;
  • La philosophie morale, Vol. I: Examen historique et critique des grands systèmes, Paris 1960
  • Man's approach to God, Latrobe/Pennsylvania 1960
  • On the use of philosophy, Princeton 1961
  • A preface to metaphysics, New York 1962
  • Dieu et la permission du mal, 1963
  • Carnet de notes, Paris, DDB, 1965
  • L'intuition créatrice dans l'art et dans la poésie, Paris, Desclée de Brouwer, 1966 (engl. 1953)
  • Le paysan de la Garonne. Un vieux laïc s’interroge à propos du temps présent, Paris, DDB, 1966
  • Challenges and renewals, ed. J.W. Evans/L.R. Ward, Notre Dame/Ind. 1966
  • The education of man, The educational philosophy of J.M., ed. D./I. Gallagher, Notre Dame/Ind. 1967
  • De la grâce et de l'humanité de Jésus, 1967
  • De l'Église du Christ. La personne de l'église et son personnel, Paris 1970
  • Approches sans entraves, posthum 1973.
  • Œuvres complètes de Jacques et Raissa Maritain, 16 Bde., 1982-1999.
  • Deux ouvrages ont été réédités en 2007 par les Éditions Ad Solem :
    • Jacques et Raïssa Maritain, Liturgie et contemplation
    • Le Feu nouveau (réédition du Paysan de la Garonne accompagné d'un dossier critique de Michel Fourcade)

La plupart de ses manuscrits sont conservés au Cercle d'études Jacques et Raïssa Maritain à Kolbsheim (Bas-Rhin, France), association fondée par le philosophe lui-même. Le Maritain Center de l'Université Notre-Dame, fondé en 1957, conserve une partie importante des archives américaines du philosophe. L'objectif de ces centres est d'encourager l'étude et la recherche au sujet de la pensée de Maritain, mais aussi de développer ses réflexions.

Le Cercle d'études Jacques et Raïssa Maritain a entrepris la publication des Œuvres complètes en 16 volumes de Jacques et Raïssa Maritain aux éditions Saint-Paul :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Frédérique Neau-Dufour (2001), Ernest Psichari: l'ordre et l'errance, Le Cerf, 2001, p. 239 sq.
  2. Péguy et ses Cahiers de la quinzaine, p. 271-272 de František Laichter, MSH, 1985, (ISBN 2735101290 et 9782735101290).
  3. Stéphane Giocanti, Maurras – Le chaos et l'ordre, éd. Flammarion, 2006, p. 283.
  4. a et b Stéphane Giocanti, Maurras – Le chaos et l'ordre, éd. Flammarion, 2006, p. 329.
  5. Lettre à Maurrras du 27 décembre 1926.
  6. G. Lafargue ; « Maritain et Maurras », BCM, no 22, p. 19.
  7. Stéphane Giocanti, Maurras – Le chaos et l'ordre, éd. Flammarion, 2006, p. 330.
  8. a, b et c Olivier Compagnon, « Avril 1947 : la « Déclaration de Montevideo ». Le projet démocrate-chrétien en Amérique latine », Nuevo Mundo Mundos Nuevos, BAC - Biblioteca de Autores del Centro, 2005, mis en ligne le 14 février 2005.
  9. a, b et c Olivier Compagnon, « Maritain et l’Amérique du Sud. », Nuevo Mundo Mundos Nuevos, BAC - Biblioteca de Autores del Centro, 2005.
  10. a, b, c et d Olivier Compagnon, Jean-Marie Mayeur (2003), Jacques Maritain et l'Amérique du sud: le modèle malgré lui, Presses universitaires du Septentrion, 2003, p. 235 sq.
  11. Olivier Compagnon, « Le 68 des catholiques latino-américains dans une perspective transatlantique », Nuevo Mundo Mundos Nuevos, Materiales de seminarios, 2008, Mis en ligne le 17 décembre 2008.
  12. Simon Epstein, Les dreyfusards sous l'Occupation, Albin Michel, 2001, 358 pages, p. 268

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Raïssa Maritain | Thomas d'Aquin | Néo-thomisme | Thomisme | Philosophie réaliste | Bénédictines de la rue Monsieur | Julien Green | Jean de Menasce | Jean Cocteau | Charles Journet

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Allard, Jean-Louis (1985), Jacques Maritain, philosophe dans la cité, Ottawa, Éditions de l’Université, 1985.
  • Barré, Jean-Luc (1996), Jacques et Raïssa Maritain, Les Mendiants du ciel, Paris, Stock, 1996.
  • Bars, Henry (1959), Maritain en notre temps.
  • Belley, Pierre-Antoine (2003), Connaître par le cœur: la connaissance par connaturalité dans les œuvres de Jacques Maritain, éd. Pierre Téqui, 2003. Texte partiellement en ligne
  • Bobrik, Olessia (2011), « La famille de Jacques Maritain et les musiciens russes, d'après les archives de Kolbsheim », in L'Alsace et la Russie, Institut d'études slaves, Paris, p. 125-141
  • Chenaux, Philippe (1999), Entre Maurras et Maritain : une génération intellectuelle catholique (1920-1930), Cerf, 1999.
  • Chenaux, Philippe (2006), « Humanisme intégral » (1936) de Jacques Maritain, Cerf, 2006.
  • Compagnon, Olivier (2003), Jacques Maritain et l'Amérique du Sud. Le modèle malgré lui, Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2003
  • Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l'Occupation, éd. Albin Michel, 2001.
  • Floucat, Yves (1996), Jacques Maritain ou la Fidélité à l'Éternel, Paris, Fac-éditions, 1996.
  • Floucat, Yves (1997), Julien Green et Jacques Maritain. L'amour du vrai et la fidélité du coeur, Paris, Téqui, 1997.
  • Floucat, Yves (1999), Pour une restauration du politique. Maritain l'intransigeant, de la Contre-Révolution à la démocratie, Paris, Téqui, 1999.
  • Floucat, Yves (2003), Maritain ou le catholicisme intégral et l'humanisme démocratique, Paris, Téqui, 2003.
  • Hubert, Bernard, Floucat, Yves et Collini, André, Jacques Maritain et ses Contemporains, Centre Indépendant de Recherche Philosophique, Paris, Desclée, 1991.
  • Lafargue-Dickès, Godeleine, Le dilemme de Jacques Maritain, L'évolution d'une pensée en philosophie politique, thèse de doctorat soutenue à la Sorbonne sous la direction de Claude Polin (2003) et publiée aux éditions de Paris, 2005.
  • Lorenzini, Daniele (2012), Jacques Maritain e i diritti umani. Fra totalitarismo, antisemitismo e democrazia (1936-1951), Brescia, Morcelliana (coll. Storia), 208 p.
  • Peces-Barba, Gregorio (1970), El pensamiento social y politico de Jacques Maritain, thèse de doctorat soutenue à la faculté de droit de l'Université de Madrid sous la direction de Joaquin Ruiz-Giménez Cortès.
  • Nora Possenti Ghiglia, Les Trois Maritain, Parole et silence, 2006
  • Schall, James V. (1998), Jacques Maritain: The Philosopher in Society, Rowman and Littlefield, 1998.
  • Thieulloy, Guillaume de (2005), Le Chevalier de l'absolu. Jacques Maritain entre mystique et politique,, Paris, Gallimard, 2005 - l'ouvrage a été très critiqué - voir les Cahiers Jacques Maritain, Kolbsheim, recension de René Mougel.
  • Valadier, Paul (2007), Maritain à contre-temps : Pour une démocratie vivante, Paris, DDB, 2007.

Revues[modifier | modifier le code]

  • Maritain 2006. Entrée en catholicisme, Journées d'études des 15-16 novembre 2006, compte rendu dans Revue des sciences religieuses, vol. 81, no 3 et 4, juillet et octobre 2007.