Graal

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Le roi Arthur, les chevaliers de la Table ronde et le Graal.

Le Graal est un objet mythique de la légende arthurienne, objet de la quête des chevaliers de la Table ronde. À partir du XIIIe siècle, il est assimilé au Saint Calice (la coupe utilisée par Jésus-Christ et ses douze disciples au cours de la Cène, et qui a recueilli le Sang du Christ) et prend le nom de Saint Graal. La nature du Graal et la thématique de la quête qui lui est associée ont donné lieu à de nombreuses interprétations symboliques ou ésotériques, ainsi qu'à de multiples illustrations artistiques.

Origine et évolution de la figure du Graal[modifier | modifier le code]

L'objet légendaire du Graal apparaît pour la première fois à la fin du XIIe siècle (au Moyen Âge) dans le roman Perceval ou le Conte du Graal (chapitres 8, 15 et 19), de Chrétien de Troyes, comme avatar du chaudron d'immortalité du Dagda – talisman de la mythologie celtique. Ce Graal qui produit une nourriture miraculeuse qui se renouvelle chaque jour[1] se présente comme un souvenir des vases et récipients d'abondance au contenu inépuisable, fournisseurs de mets et de boisson, dont la mythologie celtique et les légendes d'autres cultures indo-européennes font souvent mention (le motif de la corne d'abondance par exemple, dans la mythologie grecque). Sa conservation chez le roi et son exhibition dans la fête assurent à la société la reconduction des richesses d'année en année[2].

On suppose que le « Graal » désigne un plat large et peu profond, un récipient creux aux larges bords : le mot « Graal » viendrait du latin médiéval cratella, « vase » qui désigne, en ancien français, une coupe ou un plat creux doté de larges bords. Chrétien de Troyes considère qu'il s'agit d'un plat à poisson (symbole chrétien, cette dénomination de mobilier est retrouvée dans les inventaires après décès). Pour d'autres, le mot « graal » ou « grasal » désigne un plat creux particulier destiné à servir les viandes riches en jus ou désigne plus généralement un plat servi dans les dîners d'apparat [3]. Mario Roques en a découvert plus d'une cinquantaine de formes, toutes issues du latin gradalis, dans les parlers locaux des pays d'oïl, comme greal, greau, gruau, griau, grial, grélot, graduc, guerlaud, etc. Le Languedoc a conservé grazal ou grésal, qui, par métathèse, est devenu, de gradal, le mot gardale, dans le Sud-Ouest. Tous ces mots désignent un récipient creux aux usages divers. Le mot gradal était utilisé avec ce sens en 1150, comme le montre Michel Roquebert. Le mot graal est aussi trouvé avec ce sens en 1204[4].

Chrétien de Troyes mourut avant d'avoir pu terminer son ouvrage, que lui avait commandé Philippe d'Alsace, comte de Flandres. Plusieurs auteurs reprirent et continuèrent l'histoire de Perceval : Wauchier de Denain, Gauvain, Manessier, Gerbert[5]. Au début du XIIe siècle, paraissent Perlesvaus ou Haut livre du Graal, le Parzival de Wolfram von Eschenbach, et Joseph d'Arimathie ou l'Estoire dou Graal, de Robert de Boron qui en fait une relique chrétienne, devenant le véritable Saint Graal[6]. Il est à noter que chez Wolfram von Eschenbach, le plat du Graal est transformé en pierre à caractère sacré[7]. Après 1230, le thème du Graal ne donnera plus lieu à de nouveaux développements littéraires.

Pour Michel Roquebert, tous les développements autour de la quête du Graal coïncident avec la croisade contre les Cathares du Languedoc[8] et constituent de la sorte une machine de guerre idéologique[9]. Ces développements sont aussi le résultat d'une rivalité franco-anglaise : la dynastie des Plantagenêts veut faire concurrence à l'ancienneté de Charlemagne et aux mythes fondateurs des Capétiens (notamment la légende de l'origine troyenne des Francs). Ainsi, à la suggestion d'Henri II, les moines de l'abbaye de Glastonbury entreprennent des fouilles en 1191 et exhument une certaine quantité d'ossements ainsi qu'une croix en plomb identifiant les restes supposés du Roi Arthur et de la Reine Guenièvre.

Chez Chrétien de Troyes[modifier | modifier le code]

Le Graal peint par Dante Gabriel Rossetti en 1860.

Dans Perceval ou le Conte du Graal, Perceval voit, au château du Roi pêcheur, un jeune homme tenant dans sa main une lance d'un blanc éclatant de la pointe de fer de laquelle perlent des gouttes de sang, deux jeunes hommes tenant des chandeliers d'or et une demoiselle tenant un graal (qui répand une telle clarté que les chandelles en perdent leur éclat) enchâssé de rubis rouge sang[10]. Perceval échoue à cette « épreuve du Graal », puisqu'il garde le silence devant cette apparition, au lieu de demander pourquoi la lance saigne et à qui on apporte ce récipient (voir texte en ancien français, ci-dessous). Aucune signification de cette énigme symbolique n'est avancée par Chrétien de Troyes. Ses continuateurs interpréteront chacun à leur façon, en rattachant généralement ce récipient au sacré chrétien.

Dans ce conte, lorsque Perceval se rend au château du Roi pêcheur :

« un valet d'une chambre vint, qui une blanche lance tint … la lance blanche et le fer blanc, s'assoit une goutte de sang … I. graal antre ses .ii. mains une dameisele tenoit… »

Il relate ensuite cet épisode à la cour du roi Arthur :

«Chiés le Roi Pescheor alas, si veïs la lance qui sainne, et si te fu lors si grant painne d'ovrir ta boche et de parler que tu ne poïs demander por coi cele gote de sanc saut par la pointe del fer blanc ! Et le graal que tu veïs, ne demandas ne anqueïs quel riche home l'an an servoit.»

puis chez un ermite :

«Sire, chiés le Roi Pescheor fui une fois, et vi la lance don li fers sainne sanz dotance, et del graal que ge i vi ge ne sai cui l'an an servi. »

Chez les continuateurs[modifier | modifier le code]

Une continuation du texte de Chrétien de Troyes, la Rédaction courte de Wauchier de Denain, explique que le Graal donne à chacun les nourritures qu'il désire, et l'associe avec la Sainte Lance, qui a percé le flanc du Christ sur la Croix (dont li fius Diu fu voirement ferus tres parmi le costé). Pour Wolfram von Eschenbach, comme il le présente dans son Parzival, le Graal est une pierre dont le nom ne se traduit pas : « Lapsit Exillis ». Certains auteurs ont voulu le traduire par « Lapis Exilis » ou « Lapis Ex Coelis » : émeraude tombée, selon la légende, du front de Lucifer, et qui, creusée en vase, recueillit le sang du Christ s'écoulant des cinq plaies.

Au début du XIIIe siècle, Robert de Boron explique dans L'Estoire dou Graal que le Graal n'est autre que le Saint Calice, c'est-à-dire la coupe avec laquelle Jésus a célébré la Cène et dans laquelle a ensuite été recueilli son sang. Emporté en terres lointaines (sur l'île de Bretagne ?) par Joseph d'Arimathie, le « Saint Graal » (le Graal en tant que Saint Calice) devient le centre d'un mystère (car l'objet est d'abord caché, puis perdu), auquel certains élus participent autour d'une table ronde — d'où l'intégration dans les récits de la Table ronde. Cette christianisation de la légende du Graal est parachevée par la Queste del Saint-Graal, roman anonyme écrit vers 1220, probablement par un moine, qui fait du Graal la Grâce divine. Selon la légende, celui qui boit dans cette coupe accède à la vie éternelle.

Vision du Saint Graal
Galahad, Bohort et Perceval découvrant le Graal, ici clairement identifié au Saint Calice. Peinture de William Morris (1890).

La légende du « Saint Graal »[modifier | modifier le code]

Le Christ sur la croix recevant un coup de lance, et un ange tenant une coupe.

D'après Robert de Boron, le Graal est le « Saint Graal » : le calice contenant le sang de Jésus-Christ, recueilli par Joseph d'Arimathie quand le Christ fut descendu de sa Croix. Ce calice est par ailleurs présenté comme étant celui dont Jésus s'est servi lors de la Cène, dernier repas avec les apôtres. Cette forme achevée de la légende du Graal, construite autour du personnage de Joseph d'Arimathie, a été écrite en vers par Robert de Boron à partir d'un texte grec apocryphe du IVe siècle : l’Évangile selon Nicodème. Ce dernier texte a inspiré de nombreuses légendes.

Selon ces légendes, un juif (ou bien un homme de Ponce Pilate) aurait dérobé le Saint Calice au Cénacle, puis l'aurait remis à Pilate. Certaines légendes ajoutent même que Pilate y aurait puisé l'eau avec laquelle il s'est lavé les mains.

«Uns Juis le veissel trouva
chiés Symon, se l' prist et garda
car Jhesus fu d'ilec menez
et devant Pilate livrez.»
Robert de Boron

Dans toutes les légendes inspirées par l’Évangile de Nicodème, Joseph d'Arimathie recueille dans le Saint Calice (que Ponce Pilate lui a remis ou qu'il est allé chercher au Cénacle) quelques gouttes du sang émanant de la plaie faite aux côtes de Jésus par un coup de la Sainte Lance : le Saint Sang. L’Évangile de Nicodème donne le nom du soldat qui infligea le coup de lance : Longin.

Il existe d'autres légendes :

Selon l’Évangile de Nicodème, Joseph d'Arimathée est ensuite capturé et mis au cachot (généralement, le soir même (Vendredi saint), vers la dixième heure. Certaines versions de la légende situent toutefois son arrestation trois jours après, après la découverte du tombeau vide.

Il est raconté que Jésus est apparu à Joseph d'Arimathée (le vendredi soir à minuit, précisent l’Évangile selon Nicodème ainsi que certaines légendes).

Dans certaines légendes, Jésus lui remet le Saint Calice (soit il le lui rend à nouveau, soit il le lui donne pour la première fois).

Tandis que dans l’Évangile selon Nicodème, Jésus « téléporte » Joseph d'Arimathée chez lui en lui demandant de ne pas bouger de là pendant quarante jours. Dans la légende, il reste enfermé dans son cachot, pendant trente à quarante ans (dans certaines légendes, une colombe vient déposer tous les jours une galette dans la coupe).

La légende vient généralement se rattacher à une autre légende, celle de la maladie de l'empereur romain Vespasien.

Un pèlerin (dans certaines légendes, il s'agit de l'ange Gabriel déguisé), raconte à Vespasien qu'il a vu en Judée un prophète ayant accompli de nombreux miracles. Bien que ce prophète, Jésus, soit mort, Vespasien peut être guéri s'il touche quelque chose lui ayant appartenu de son vivant. Il envoie ses hommes à la recherche d'un tel objet à Jérusalem. Sainte Véronique l'apprend (ou est prévenue par Gabriel) et se rend chez Vespasien pour lui apporter son voile.

Dans la légende de Joseph de Boron, Joseph d'Arimathée transmet le Saint Calice à son beau-frère (Hébron, ou Bron), époux de sa sœur (Enygeus), qui le transmet à son tour à son fils, Alain, qui le transporte aux "Vaux d'Avaron", un endroit inconnu que certains interprètent comme étant l'île d'Avalon, elle-même identifiée à Glastonbury.


«A son veissel et si l'a pris,
Et lau li sans couloit l'a mis,
Qu'avis li fu que mieuz seroient
Les goutes ki dedenz cherroient
Qu'ès vaus d'Avaron s'en ira
Et en ce païs demourra
Enygeus par non l'apeloit;
Et sen serourge par droit non,
Quant vouloit, apeloit Hebron
Robert de Boron


Dans d'autres légendes, Joseph d'Arimathée transmet le Saint Calice à son propre fils, Josephé (Josephus).

Les interprétations au Graal[modifier | modifier le code]

La symbolique traditionnelle du Graal[modifier | modifier le code]

Arthur Rackham, "How at the Castle of Corbin a Maiden Bare in the Sangreal and Foretold the Achievements of Galahad", dans Le Roman du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table ronde d'Alfred W Pollard, 1917.

Le Graal est un objet mystérieux :

  • C'est un objet sacré aux pouvoirs puissants : seul un être pur pourra le trouver et en prendre possession.
  • Selon certaines légendes, sa découverte annonce la fin des Temps Aventureux.

Pourtant, tous les chevaliers le cherchent, et le monde n'aura de paix qu'après sa découverte, mais, paradoxalement, c'est à celui qui ne le cherchait pas qu'il sera donné de le trouver, selon Wolfram. On peut ainsi donner plusieurs interprétations à la quête des chevaliers :

  • L'énergie dépensée et les épreuves rencontrées font grandir ou révèlent les qualités des chevaliers, éventuellement leur permettent d'en acquérir de nouvelles. Il s'agit donc d'une quête initiatique.
  • La recherche d'un objet sacré comme but dans la vie, et même au risque de sa vie, montre que la finalité peut être plus importante que sa propre existence : vision chrétienne de la vie terrestre, vécue comme un passage avant un monde meilleur.
  • Le Saint Graal déposé au centre de la Table Ronde, lieu de rencontre des puissants, marque symboliquement l'instauration du christianisme grâce aux pouvoirs temporels (politiques ou militaires). Il montre aussi la primauté du religieux sur le temporel, puisqu'il justifie les efforts accomplis par les chevaliers.
  • L'ancienne civilisation celtique druidique puis médiévale païenne, chaotique, faite de magie, de sorcellerie et de superstition, se termine pour laisser place à la civilisation chrétienne.

Le Graal face à la science[modifier | modifier le code]

Le Graal vu comme un récipient contenant le sang du Christ serait ainsi une invention de la toute fin du XIIe siècle. La légende générale du Graal elle-même serait une invention de Chrétien de Troyes et daterait des années 1180. Goulven Péron a d'ailleurs montré que l'apparition du Graal au château du Roi Pêcheur est un emprunt direct aux Métamorphoses d'Ovide, le "livre préféré" de Chrétien de Troyes[11].

Sens figuré du mot[modifier | modifier le code]

La quête du Graal a un sens moderne concret : il décrit un objectif difficilement réalisable, mais qui apportera au monde des nouvelles connaissances ou permettra une application originale sur la matière. Ainsi, en physique, on qualifie la théorie de grande unification (théorie du tout) de « Graal des physiciens ». De même, la compréhension du mécanisme par lequel les gènes contrôlent la physionomie des organes serait le « Graal des généticiens ».

Sangreal[modifier | modifier le code]

On retrouve dans « Pantagruel », le livre de François Rabelais publié en 1532, par deux fois l'utilisation de « Sangreal »[M 1] que le médecin Rabelais écornerait au passage, mais qu'il utiliserait ici pour railler une croyance répandue à l'époque en France et en Angleterre, que les rois (Le vent miraculeux que le roi de l'île « guardoit religieusement comme ung aultre Sangreal et en guarissoit plusieurs enormes maladies »), posséderaient le don de guérir miraculeusement les écrouelles[M 2]. Le terme Sangreal ferait référence à la coupe qui aurait recueilli le sang du Christ, « cette partie du sang de Jésus-Christ laquelle on dit qui court le monde qui opère un grand nombre de guérisons miraculeuses mais qui n'est visible qu à des yeux bien chastes », la tradition du Saint Graal initiée dans le Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes vers 1182[M 1]. « Sangreal » est utilisé dans une autre locution[M 3] où il est question d'andouille, au sens allégorique de « messer priapus »[M 4] - « la moutarde étoit le sangreal des andouilles »(au même titre que Henri V d'Angleterre dira dans le même sens que « guerre sans feu ne valait rien non plus qu'andouilles sans moutarde[M 4]»). Rabelais comme médecin a fort bien pu dans ce passage où il donne la moutarde comme le grand baume des « andouilles navrées » faire allusion à la graine de moutarde employée comme aphrodisiaque externe[M 4].

Sangreal, signifie « sainte Jatte[M 3] », au sens que donne l’étymologie classique du graal, mais par ce nom les « anciens romans » entendaient, tantôt le saint vase où était le sang de Jésus-Christ (Le « Saint Gréal »), tantôt le sang lui même (Le « Sang réal » pour « Sang Royal »)[M 3]. Il confondaient aussi allègrement d'une part, la relique du Précieux Sang, conservée dans l'Abbaye de la Trinité de Fécamp, confiée selon la légende à la mer par Isaac, fils de Joseph d'Arimathie, et venue s'échouer miraculeusement sur les plages du Pays de Caux, et le Sacro Catino, exposé à la cathédrale Saint-Laurent de Gênes, dérobée par les Génois qui la choisirent comme butin lors du sac de Césarée par les croisés en 1101[12], relique en vogue supposée être un plat utilisé lors de la dernière Cène, mais pas la coupe ayant servi à recueillir le sang du Christ[M 3]. Cette confusion fut entérinée par les étymologistes du XVIIe siècle tels Pierre Borel (1620-1677)[13]. Faut-il le rappeler, à cette époque, l’étymologie en était à ses balbutiements. Et Pierre Borel de conclure, de manière ingénue aux yeux de l’étymologiste moderne[14] (sans savoir ce qu'en dira le phénoménologue): « J'ai voulu mettre tous ces passages pour débrouiller la confusion qui était en la connaissance de ce mot et pour en remarquer les diverses significations ».

Interprétations pseudo-historiques[modifier | modifier le code]

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Le terme médiéval Sangréal peut se lire "San gréal" (Saint Graal, la lecture habituelle) mais aussi "Sang réal" (sang réel ou sang royal). Si c'est un sang royal, de quel roi pourrait-il s'agir? Dans une perspective catholique, cela ne pouvait être que le Christ, qui a offert son sang à ses disciples, lors de la dernière cène. L'interprétation a été reprise par Jean Markale, qui pense plutôt qu'elle ferait allusion à la dynastie de Pellès, le "Roi Pêcheur".

Dans les années 1980, Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh reprennent à nouveau cette interprétation dans leur essai L'Énigme sacrée : le Graal serait une métaphore pour désigner une descendance cachée qu'aurait eue Jésus, du fait d'une union supposée avec Marie-Madeleine. Saint-Graal serait ici aussi une déformation de Sangréal signifiant "sang royal", et désignerait la lignée du Christ. Ce pourrait être aussi, par métonymie, Marie-Madeleine elle-même en sa qualité de "porteuse" de cette descendance (la fonction du Graal étant de "recueillir le sang du Christ"). Cette interprétation sera reprise par Lynn Picknett et Clive Prince dans leur essai La Révélation des Templiers, et par Dan Brown dans son roman Da Vinci Code (où il exprime un hommage caché à Michael Baigent et Richard Leigh à travers le personnage de Sir Leigh Teabing, Leigh étant le nom de l'un et Teabing une anagramme de Baigent). En 1996, Laurence Gardner avait publié Le Graal et la lignée royale du Christ dans lequel il soutient la thèse d'une descendance cachée avec Marie-Madeleine.

Le Graal et la quête du Graal dans la culture contemporaine[modifier | modifier le code]

La thématique du Graal dans les nouveaux mouvements religieux[modifier | modifier le code]

Les nouveaux mouvements religieux profitent de la fascination suscitée par le mystère du Graal. L'aspect magique et symbolique du Graal favorise l'interprétation ésotérique (voir la pléthore de forums sur Internet actuellement consacrés au Graal et à son interprétation "véritable"). Voir à ce sujet le premier rapport (paru en 1995) de la "Commission parlementaire sur les sectes en France".

Adaptations artistiques ou médiatiques du Graal[modifier | modifier le code]

Le thème du Graal se retrouve dans la pièce Le Roi Pêcheur de Julien Gracq (1948), dans les romans de T.H. White "The Once and Future king" et "The Sword in the Stone", et par Boris Vian le Chevalier de neige représenté par Jo Tréhard en 1945, à Caen et à Strasbourg dans une version "opér" sur un livret de Georges Delerue. Montsalvat, de l'académicien Pierre Benoit (1957) reprend la thématique de l'exode du Graal présente chez Wolfram jointe à des références cathares.

Plus récemment : Michel Rio, Merlin, Barjavel, L'Enchanteur (1984), Jean-Pierre Le Dantec, Graal-Romance (1985), Florence Trystram, La Nuit du motard (1986), Lancelot (1987), Marion Zimmer Bradley, Les Dames du lac, Les Brumes d'Avalon, Le Secret d'Avalon proches du légendaire celtique, Gilles Nadin, Le Retour d'Avalon (1993). Le Graal est également évoqué dans Le Pendule de Foucault d'Umberto Eco (1988).

On retrouve également ce thème sur le plan cinématographique, de Richard Thorpe Les Chevaliers de la Table ronde (1953) à Jerry Zucker (1995) en passant par Robert Bresson, Éric Rohmer, Les Monthy Python, Walt Disney, John Boorman Excalibur, Hans-Jürgen Syberberg Parsifal (1981) et Steven Spielberg Indiana Jones et la Dernière Croisade.

Lieux rattachés au Graal[modifier | modifier le code]

Reliques du Saint Calice[modifier | modifier le code]

Le calice d'Antioche

Autres Graals célèbres[modifier | modifier le code]

  • La coupe Nanteos : située au Pays de Galles dans un monastère, il s'agit d'un fragment de bol taillé dans du bois d'olivier, usé par les pèlerins venus y boire. Réputée pour les vertus curatives de l'eau à son contact.
  • La coupe d'onyx de Victoria Palmer, anciennement des souverains du Pays de Galles, découverte par l'historien britannique Graham Phillips, et présentée à la presse en août 1995[15].
  • La coupe de l'Ordre des templiers d'Italie, donnée à ce dernier en 1976 par l'un de ses membres, Antonio Ambrosini, et présentée à la presse par le grand maître Rocco Zingaro di San Fernandino en août 1995[15].
  • La cuvette en or d'origine celtique repêchée dans le lac de Chiemsee (Munich) en 2001[16]

Remarque[modifier | modifier le code]

La cruche dont se serait personnellement servi le Christ lors des noces de Cana fit quant à elle partie du trésor des rois de France en la basilique Saint-Denis jusqu'au 11 septembre 1793, date à laquelle ce trésor fut en grande partie dispersé et ensuite perdu[17].

Lieux en rapport avec Munsalwäsche et le château du Graal[modifier | modifier le code]

Château de Montségur[modifier | modifier le code]

En 1931-1932, l'écrivain et archéologue allemand Otto Rahn (1904-1939) a exploré de manière approfondie la région de Montségur. En 1934, il a publié un ouvrage intitulé : Kreuzzug gegen den Graal (Croisade contre le Graal) qui conduira Heinrich Himmler à envoyer le capitaine Günter Alquen et une vingtaine de soldats SS au château de Montségur et à Montserrat, en 1940, pour y chercher (en vain) cette coupe mythique. L'association de Montségur (bastion cathare) au Graal est en fait due à une confusion étymologique : dans son Parzival, Wolfram von Eschenbach place le château du roi Pellès sur le Munsalwäsche, et les Allemands croyaient à tort que Montségur en était la signification et le lieu. La traduction précise de Munsalwäsche est « mont sauvage » ou « mont du salut », et non « Montségur ».

Autres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes[modifier | modifier le code]

  • Chrétien de Troyes, Le conte du Graal ou le Roman de Perceval, nombreuses éditions.
  • Robert de Boron, Le Roman du Graal (édition de Bernard Cerquiglini, Union générale d'édition, collection 10/18, 1981).
  • Le Haut Livre du Graal ou Perlesvaus. Texte établi, présenté et traduit par Armand Strubel (Paris: Librairie générale française, Le Livre de Poche, collection "Lettres gothiques" dirigée par Michel Zink, 2007).
  • Wolfram d'Eschenbach, Parzival, plusieurs traductions françaises.
  • Le Livre du Graal, Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade"
    • t. I : Joseph d'Arimathie, Les premiers faits du roi Arthur, 2000 p.
    • t. II : Lancelot : La marche de Gaule, Galehaut, La première partie de la quête de Lancelot, 1984 p.
    • t. III : Lancelot (suite) : La seconde partie de la quête de Lancelot, La quête du saint Graal, La mort du roi Arthur, 1728 p. (malheureusement, ce 3e volume ne renferme pas l'index des noms annoncé dans le 1er).
  • La Quête du Graal, édition présentée et établie par Albert Béguin et Yves Bonnefoy (Paris: éditions du Seuil, collection Points "Sagesse", 1982 et réimpressions).

Études[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des mythes littéraires, sous la direction de Pierre Brunel, Éditions du Rocher, 1998. Notamment l'article de Jean-Louis Backes « Le Graal », p. 675-687 et celui de Pierre-François Kaempf, « Parsifal », p. 1150-1154.
  • Lumière du Graal, René Nelli éd., Paris, Les Cahiers du Sud, 1951.
  • Georges Bertin, La quête du saint Graal et l'Imaginaire, Corlet, 1997, et La Pierre et le Graal, Vega, 2006.
  • Jean Frappier, Autour du Graal, Genève, Droz, 1977.
  • Jean Marx, La Légende arthurienne et le Graal, Paris, PUF, 1952.
  • Goulven Péron, Le Graal, La naissance d'un mythe, Rennes, Ar Strobineller, 2014.
  • Claude Lévi-Strauss, De Chrétien de Troyes à Richard Wagner, dans Parsifal, L'Avant-Scène Opéra no 213.
  • Jean-Jacques Vincensini, Pensée mythique et narrations médiévales, Paris, Champion, 1996.
  • Werner Greub, La Quête du Graal, Wolfram von Eschenbach et la réalité historique, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève 2002
  • Wolfram von Eschenbach, Parzival, deux tomes, Éditions Aubier Montaigne, Paris 1977
  • Chrétien de Troyes, Perceval ou le Roman du Graal, Éditions Gallimard Folio, Paris 1974
  • Otto Rahn, Croisade contre le Graal, (1933), Éditions Philippe Schrauben, 1985
  • Jean-Paul Bourre,"La Quête de Graal, du paganisme indo-européen à La Chevalerie chrétienne"Ed. Dervy,1993.
  • Antonin Gadal, Sur le Chemin du Saint-Graal, Rozekruis-Pers, Haarlem
  • Michel Roquebert, Les Cathares et le Graal, Éditions Privat, Toulouse 1994
  • Jean Markale, L'Énigme du Saint Graal, Éditions du Rocher, 2005
  • Au-delà du Code Da Vinci, Marie Madeleine et ses descendants, le grand secret des Templiers, le Saint Graal, René Chandelle, Ed. Exclusif (2006) ISBN 2-84891-055-0
  • Marie Madeleine et le Saint Graal, Margaret Starbird, Ed. Exclusif (2006) ISBN 2-84891-051-8
  • Dernières révélations sur le Graal, Pascal le Charpentier, Ed. Exclusif (2006) ISBN 978-2-84891-061-1
  • L'Enchanteur, René Barjavel, Éd. Denoël (1984)
  • L'Islam et le Graal, Pierre Ponsoye, Éd. Denoël (1957)
  • Le livre du Graal, en 3 tomes, collection Bibliothèque de la Pléiade (tome 1 en 2001, tome 2 en 2003, tome 3 en 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes - Articles et essais[modifier | modifier le code]

Liens externes - Cours à écouter[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Frappier, Le Graal et l'hostie, In Les romans du Graal dans la littérature des XIIe et XIIIe siècles, Paris, 1956, p. 70-71
  2. Jean-Marc Pastré, Structures littéraires et tripartition fonctionnelle dans le Parzival de Wolfram von Eschenbach, éditions Klincksieck, collection Sapience, 1993, p. 270 (ISBN 2-252-02804-1))
  3. Jean Frappier, Autour du Graal, Librairie Droz,‎ 1977 (lire en ligne), p. 144
  4. Michel Roquebert, Les Cathares et le Graal, Éditions Privat Toulouse, 1994, p. 70.
  5. Le nom des continuateurs n'est pas certifié, les textes ont été étiquetés par commodité.
  6. Jean Frappier, op. cité, p. 44
  7. Jean-Marc Pastré, op. citée p. 255-299
  8. Michel Roquebert, Les Cathares et le Graal, Éditions Privat.
  9. Catharisme et Chrétienté, José Dupré, La Clavellerie.
  10. (« Traduction en français moderne du passage concernant le cortège du Graal » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  11. La Publication de l'Observatoire Zététique, n°76, septembre 2012. Lire en ligne
  12. Antoine Claude Pasquin Valéry. Voyages historiques et littéraires en Italie, pendant les années 1826, 1827 et 1828 ; ou l'indicateur italien, Volume 5. Le Normant, 1833 (Consulter en ligne)
  13. Gilles Menage, Claude Chastelain, Pierre de Caseneuve, Pierre Besnier, Pierre I Borel. Dictionnaire étymologique de la langue francoise.Consulter en ligne
  14. Gégou Fabienne. Un dictionnaire d'ancien français au XVIIe siècle : le « Trésor de recherches » de Pierre Borel. In: Cahiers de l'Association internationale des études françaises, 1983, N°35. pp. 23-39. (Consulter en ligne)
  15. a et b Querelle autour du Saint-Graal, Le Figaro, 19 août 1995
  16. Le Matin, 27 février 2007
  17. Énigmes inexpliquées de l'Histoire de France, Didier Audinot, éd. Grancher, 2005

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Rabelais François, Esmangart et Éloi Johanneau, Œuvres de Rabelais., Dalibon,‎ 1823 (lire en ligne)

  1. a et b p. 410
  2. p. 402
  3. a, b, c et d p. 398
  4. a, b et c p. 356