Sicherheitsdienst

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52° 30′ 26″ N 13° 22′ 57″ E / 52.50722222, 13.3825

Reinhard Heydrich en août 1940.

Le Sicherheitsdienst (SD), littéralement le « service de la sécurité », était le service de renseignements de la SS.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le SD est créé dès 1931 par Reinhard Heydrich, sous le nom de ND Nachrichtendienst (service de renseignement). Officiellement dénommé SD en juillet 1932, son pouvoir augmente avec celui des nazis sur l’Allemagne. Il est en compétition avec les SA qu’il aide à éliminer lors de la Nuit des Longs Couteaux, et en rivalité constante avec l’Abwehr, le service de contre-espionnage militaire dirigé par l'amiral Wilhelm Canaris.

Lors de la prise du pouvoir, le 30 janvier 1933, le SD ne compte qu'une centaine de fonctionnaires, ainsi qu'une centaine de membres honorifiques, il n'y participe d'ailleurs quasiment pas (même l'extension du pouvoir du Reichsführer-SS — Himmler — aux polices régionales se fait sans son concours). Il ne peut donc pas faire ses preuves, et est, par conséquent, complètement méprisé, mais il n'en demeure pas moins la seule organisation centralisée d'information dont dispose la direction du Parti. Fin 1933, le SD voit son prestige être complètement compromis, à tel point que, sur ordre de Hitler, Martin Bormann rédige une circulaire afin de mettre fin aux rumeurs selon lesquelles l'organisation allait être incessamment dissoute.

Le SD permet aux hauts dirigeants du Parti, s'étant emparé des postes clés de l'État, de garder sous surveillance les « petits princes provinciaux » (car le SD, précisément, n'a pas participé à la course au pouvoir). C'est pourquoi, en juin 1934, Rudolf Hess proclame le SD seul service officiel d'information du parti nazi.

Toute une génération de jeunes intellectuels nationaux-socialistes voulant « rendre le national-socialisme meilleur » (par exemple, Gunter d’Alquen (de)) est attiré par l'aspect romanesque de la notion de service secret. Ils sont les descendants de la bourgeoisie ruinée, de formation juridique, élevée dans le mépris de la République de Weimar, prônant un régime spécifiquement allemand, dictatorial où l'État est tout-puissant (État-Dieu). Cette génération est marquée par son antisémitisme qui, pour eux, est le sérum de la révolution économique.

En 1936, le SD est intégré au RSHA, toujours sous le commandement de Heydrich, aux côtés de la SIPO, qui regroupe la Gestapo (Geheime Staatspolizei, « police secrète d’État »), dirigée par Müller, et la Kripo (Kriminalpolizei), avec à sa tête Artur Nebe.

À partir de ce moment, il ne dispose plus que de deux départements, l'Amt III, SD-Inland, qui s'occupe, au sens large, de contre-espionnage et de recueil de renseignements à l'intérieur du Reich, sous la direction d’Ohlendorf et dont le service central comptait 500 à 600 hommes, et l'Amt VI, SD-Ausland, service de renseignements à l'étranger, dirigé par Schellenberg, avec 300 à 500 agents.

Organigramme du RSHA en 1941

À son tour, l'Amt VI entre dans une logique de conflit permanent, cette fois avec la Gestapo qui entretient et développe son propre réseau d'informateurs, et qui détient en outre, contrairement au SD, le pouvoir d'interner tout opposant ou supposé tel.

Ayant la tâche de détecter les ennemis réels et potentiels du Parti, il met en place des centaines d’agents et des milliers d’informateurs. Après l’attentat contre Hitler de juillet 1944 son pouvoir quasi absolu de terreur (d’État) ne devant des comptes qu'à Himmler et Hitler est encore renforcé avec la prise de contrôle de l’Abwehr.

Organisation[modifier | modifier le code]

[réf. nécessaire]

Le SD était organisé en quatre départements :

  • Section A avec l’ordre légal et la structure du Reich sous-divisée en :
    • A 1 Question générales du travail dans les sphères de la vie en Allemagne.
    • A 2 Lois.
    • A 3 Constitution et administration.
    • A 4 Vie nationale en général.
    • A 5 Questions générales de règlement de police et toutes questions d’applications de la législation.
  • Section B traitait de la nationalité et de l’ethnicité :
    • B 1 Nationalité.
    • B 2 Minorités.
    • B 3 Ethnicité et santé.
    • B 4 Citoyenneté et naturalisation.
    • B 5 Territoires occupés.
  • Section C traitait de la culture :
    • C 2 Éducation religieuse.
    • C 3 Culture, folklore et art.
    • C 4 Presse, littérature, radio, évaluation et censure.
  • Section D avec l’économie :
    • D a la presse.
    • D b colonies.
    • D S questions spéciales.
    • D W régions occupées à l’ouest.
    • D O régions occupées à l’est.
    • D 1 alimentation.
    • D 2 commerce, artisanat et transport.
    • D 3 finance, monnaie, banques, assurances et changes.
    • D 4 industrie et énergie.
    • D 5 questions sociales et syndicales.

Uniformologie[modifier | modifier le code]

Symbole du SD cousu au bas de la manche gauche des uniformes SS.

Les agents du SD portaient sur leur uniforme, au bas de la manche gauche, un losange noir avec les lettres « S » et « D » brodées côte à côte. De plus, alors que les autres membres de la SS arboraient les runes germaniques « SS » sur le côté droit de leur col, les membres du SD n'avaient que l'écusson noir sans les runes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Ingrao, « Croire et détruire : les intellectuels dans la machine de guerre SS », éd. Fayard, 2010 (ISBN 2213655502)