Alfred Rosenberg

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Alfred Rosenberg
Alfred Rosenberg, en janvier 1941.
Alfred Rosenberg, en janvier 1941.
Fonctions
Ministre du Reich aux Territoires occupés de l'Est
1941 – 1945[Note 1]
Gouvernement Cabinet Hitler
Cabinet Goebbels
Biographie
Date de naissance 12 janvier 1893
Lieu de naissance Reval (Empire russe)
Date de décès 16 octobre 1946 (à 53 ans)
Lieu de décès Nuremberg, Allemagne occupée
Nationalité Allemand
Parti politique NSDAP
Alfred Rosenberg (à droite), au procès de Nuremberg, en 1946.

Alfred Rosenberg, né le 12 janvier 1893 à Reval (aujourd'hui Tallinn, capitale de l'Estonie, dans le gouvernement d'Estland appartenant alors à l'Empire russe), exécuté le 16 octobre 1946 à Nuremberg, est un théoricien du parti nazi. Durant la Seconde Guerre mondiale, il occupe le poste de ministre du Reich aux Territoires occupés de l'Est. Condamné à mort lors du procès de Nuremberg, il est exécuté par pendaison.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rosenberg est issu d'une famille germano-balte. Un temps protégé du mystique russe Dimitri Merejkovski[1], il entreprend des études d'ingénieur-architecte à l'École impériale technique de Moscou, aujourd'hui université Bauman. Il fuit la Révolution bolchévique et s'établit à Munich en 1918, où il fréquente l'ordre de Thulé se ralliant alors aux doctrines raciales de Dietrich Eckart (1868-1923), qui le présente à Adolf Hitler.

Membre du NSDAP[modifier | modifier le code]

Il devient un des plus fervents partisans du national-socialisme. Dès 1920, il est ainsi rédacteur en chef du Völkischer Beobachter, organe du parti nazi. Il publie en 1922 Peste en Russie ! le bolchévisme, ses dirigeants, ses exécutants et ses victimes, ouvrage qui, en identifiant bolchévisme et Juifs, marque Hitler. Il participe au putsch manqué de Munich en 1923. Hitler, emprisonné, le désigne pour le remplacer à la tête du parti. Il rend visite à Hitler en prison et aurait influencé certaines parties de Mein Kampf. Devenu idéologue du parti national-socialiste, il diffuse l'antisémitisme par le biais des Protocoles des Sages de Sion. Il développe ses théories raciales et antichrétiennes dans le Mythe du vingtième siècle, édité en 1930. Pour lui, la « race » est le principe déterminant la science, l'art et la culture, au point de considérer le Juif comme issu d'une antirace (Gegenrasse).

Le Troisième Reich[modifier | modifier le code]

Après la prise de pouvoir en 1933, il subit néanmoins l'inimitié personnelle de la part de Hermann Göring, de Heinrich Himmler et de Joseph Goebbels, qui l'écartent de tous les postes ministériels, et il doit alors se contenter d'un rôle secondaire aux Affaires étrangères du parti.

Occupation de fonctions diverses au sein du parti[modifier | modifier le code]

Nommé en 1934 à la tête de la recherche au sein du NSDAP, il développe la recherche nazie vers l'archéologie et l'ethnographie[2]. Avec l'appui de Hans Reinerth (de), il développe au sein de son bureau, le Rosenberg Amt, une fédération de la Préhistoire allemande du Reich, ou Reichsbund für deutsche Vorgechischte[3]. Jusqu'en 1937, cette fédération connaît, sous la houlette de Rosenberg, des succès indéniables, cependant, Rosenberg et son protégé doivent, à partir de ce moment, compter avec l'influence grandissante de l'Ahnenerbe de la SS, et doit, surtout après 1940, céder le pas devant cette institution SS[4].

Cependant, malgré cet échec, il met en place, au cours des années qui suivent, l'institut pour l'étude de la question juive, qui démarre ses activités en 1938, présidées par un proche de Hans Frank, brouillé avec ce dernier[5] pour tenter de prendre le contrôle de la propagande antisémite dans le partie[6]

Une carrière marquée dans un premier temps par la proximité de Hitler puis par de nombreuses déconvenues[modifier | modifier le code]

Rosenberg est, dans les années 1930, un familier de Hitler, l'un de ses premiers « compagnons de routes »[7], auquel il confie durant ces années à de nombreuses reprises, ses objectifs pour le conflit qui se déclenche en 1939[7] ou ses considérations raciales et antisémites, en 1939[8] ou en 1941[9].

Cependant, en dépit de cette relative proximité, de nombreux déboires et déconvenues affectent sa carrière au sein du Troisième Reich, d'abord en 1938 avec la nomination de Joachim von Ribbentrop au ministère des Affaires étrangères, puis en 1939 avec la signature du pacte germano-soviétique, puis durant l'hiver 1941-1942, l'échec de la prise de contrôle des Juifs vivant dans les territoires conquis sur l'URSS[10], ou encore en juillet 1942, face à Himmler, lorsqu'il propose une définition du Juif dans les territoires dont il a la responsabilité[11].

Responsable des biens et des œuvres confisqués[modifier | modifier le code]

Membre historique du NSDAP, il participe à la confiscation du pouvoir par le parti dès les années 1930[12].

Il est chargé à partir de 1940 de la confiscation des œuvres d'art et des bibliothèques volées aux Juifs à travers l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg, dirigé, à Vilnius, par le Dr Muller[13]. Il reçoit également, dans ce cadre, la responsabilité du mobilier confisqué aux Juifs déportés : celui-ci doit être acheminé dans le Reich puis vendu ou donné aux Allemands du Reich[14].

En France, quinze jours après l'armistice, Keitel communique au général Vollard-Beckenberg commandant la place de Paris, "une note ordonnant de recenser et de mettre en sûreté les objets d'art et documents historiques appartenant à l'État français ou à des particuliers, notamment à des Juifs", précisant que "cette mesure ne doit pas constituer une appropriation". Quelques jours après, Hitler charge Rosenberg de récupérer et d'acheminer vers l'Allemagne toutes les œuvres d'art « sans propriétaires »[15]. La première collection visée, d'une valeur estimée à plus de 2 milliards, est celle des Rothschild, cachée dans les domaines de Château Lafite et de Château Mouton Rothschild, dénoncée par un nommé Jurschewitz qui reçoit une prime de 65 000 francs[16]. En mars 1941, un convoi de 28 wagons, contenant près de 4000 œuvres d'art saisies en France, arrive à Neuschwanstein[17].

Le 16 avril 1943, il transmet servilement à Hitler un rapport synthétisant l'ensemble des 20000 œuvres d'art saisis à l'Ouest par ses subordonnés[18].

Ministre des Territoires de l'Est[modifier | modifier le code]

Koch (à droite) et Rosenberg (au centre), visitant le monastère Lawra à Kiev, Reichskommissariat d'Ukraine
À partir de 1942, résidence officielle du ministre pour les territoires occupés de l'Est, Alfred Rosenberg, ensuite transformée en résidence officielle des invités du Gouvernement.

Nommé en mars 1941 conseiller spécial pour les territoires occupés à l'Est[19], il joue un rôle certain dans la préparation idéologique et pratique de l'invasion de l'URSS[19], ce qui n'échappe pas aux services de renseignements soviétiques dans les semaines qui précèdent l'intervention allemande[20].

Le 16 juillet 1941, lors d'une conférence réunissant Hitler, Lammers, Göring, Bormann et lui-même[21], il est nommé sur décret d'Hitler « ministre du Reich pour les territoires occupés de l'Est » (en allemand, Minister für die besetzten Ostgebiete), planifie la réalisation du Generalplan Ost, et supervise l'admistration civile à travers les Reichskommissariat. Néanmoins, comme il le dit, Rosenberg est un souverain sans pays ni sujet, ses compétences ministérielles étant réduites à peau de chagrin : passant pour un illuminé, mais entouré d'une administration compétente, composée pour une part non négligeable de Germano-Baltes, il doit composer avec les services de Göring qui a la charge de l'économie et qui cherche à l'évincer dès sa prise de poste[22], d'Himmler, dont les compétences policières[23] sont définies clairement le 17 juillet[24] ainsi qu'avec les haut commandements militaires (OKW et OKH). De plus, l'absence d'accès direct à Hitler, dont les visiteurs sont sévèrement contrôlés par Lammers et Bormann, qui lui est hostile[25], le prive dans les faits d'une partie de ses prérogatives[25] : entre avril 1941 et le 17 octobre 1943, date de la dernière visite attestée, Rosenberg rencontre Hitler seize fois[26] ; de plus, à partir de mars 1943, il n'a plus de représentant personnel auprès de Hitler pour faire valoir le point de vue de l'administration qu'il dirige[26].

Par ailleurs, l'autorité réelle du ministre dans les commissariats de l'Est est constamment remise en cause par les pratiques sur le terrain : ainsi, il tente de lutter contre la corruption des fonctionnaires allemands en poste dans ces commissariats, sans grand succès, Koch et Lohse, chacun dans leur circonscription, vivant dans le luxe[27] ; peu soutenu par Hitler, ses directives ne sont pas appliquées par Koch, par exemple[27]. Soutenu cependant par les cadres territoriaux mis en place dans les districts[28] et par des officiers en poste[29], Rosenberg voit ses vues politiques clairement désavoués par Hitler le 19 mai 1943[30].

L'historien Joachim Fest écrit : « les compétences de Rosenberg furent, dès le commencement, sérieusement limitées. Göring était muni des pleins pouvoirs pour la réalisation du plan primordial[Note 2] ; Himmler, envoyé extraordinaire dans le secteur opérationnel de l'armée, exerçait en même temps les fonctions de chef de la police, de Reichsführer SS, de commissaire du Reich chargé des problèmes de transfert des populations et de la consolidation du « Volkssturm » allemand ; Sauckel assumait la responsabilité des problèmes de main-d'œuvre et Keitel la direction de la Wehrmacht ; toutes ces instances grignotaient si bien les compétences de Rosenberg qu'il ne lui restait guère que son titre. […] De fait, la tâche du ministre du Reich se réduisit bientôt à rédiger des textes que personne ne lisait, des mémorandums qui ne franchissaient pas les portes de ses services, des protestations dont nul ne prenait plus connaissance : un compagnon oublié à la tête d'un service non moins oublié ». Il démissionne le 12 octobre 1944, mais tout porte à croire qu'il n'a reçu aucune réponse, ce qui témoigne une nouvelle fois de l’inexistence de son influence politique[31].

Au tribunal de Nuremberg[modifier | modifier le code]

Au procès de Nuremberg, le 1er octobre 1946, il est condamné à mort après avoir été reconnu responsable des massacres organisés dans les pays à l'Est de l'Allemagne, pour plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Il est pendu le 16 octobre suivant. Quand il lui est demandé s'il a quelque chose à déclarer avant son exécution, il répond d'un simple « Non ».

Rosenberg est aussi connu pour son rejet du christianisme[32], et pour avoir joué un rôle important dans le développement du paganisme qu'il percevait comme une transition vers une nouvelle foi nazie[33] ainsi que pour son antimaçonnisme[34]. Se considérant comme le « gardien du temple du national-socialisme », notamment de son idéologie, il fut tout au long de sa carrière raillé par les autres dignitaires du régime, pour son « intellectualisation » de la doctrine du parti, qui, en définitive, comme le note Joachim Fest, « résidait dans l'exercice du pouvoir », et non dans une « façade idéologique[35] ».

Le théoricien du national-socialisme[modifier | modifier le code]

Idéologue du NSDAP dans les années 1920, en concurrence avec Goebbels dans le domaine idéologiques[36], il développe au sein du mouvement une approche intellectuelle du national-socialisme qui suscite l'incompréhension de nombreux membres du parti.

Pour un mouvement comme le NSDAP, le contrôle de l'idéologie, entre autres par le contrôle de l'Histoire, est déterminant pour asseoir le pouvoir de Rosenberg sur l'idéologie du parti, et au-delà, sur les domaines dans lesquels son bureau exerce une compétence, sans cesse remise en question par d'autres membres de la « nébuleuse » national-socialiste[2]. Si il essuie des échecs dans sa lutte pour le contrôle de l'agitation antisémite, il parvient cependant à imposer la ligne idéologique la plus radicale sur les questions raciales et culturelles, parvenant à imposer de nombreuses modifications dans les textes religieux mis en musique par Mozart ou Haendel[37].

Une vision nationale-socialiste du passé[modifier | modifier le code]

À ses yeux, le combat des races constitue la raison d'être de l'Histoire humaine[38]. En cela, il fait totalement siennes les conceptions historicistes de Hitler : une lutte gigantesque, qui prend la forme d'une gigantomachie, oppose la race aryenne à la race sémitique depuis une longue éternité[39]. Ainsi, il développe une conception déterministe de l'Histoire selon deux principes : tout d'abord, l'existence d'une loi de l'Histoire, la lutte des races pour leur survie, qui serait intangible ; ensuite, cet affrontement racial met aux prises deux mêmes races, malgré les oripeaux extérieurs, pouvant connaître des modifications de forme[40].

De même, il développe une conception de l'histoire antique très personnelle. À ses yeux, tout peuple qui a renoncé à une pureté raciale a été balayé par un peuple dans lesquels les éléments indogermaniques n'ont pas encore perdu l'essentiel de leur force[38].
En effet, pour l'auteur du Mythe du Vingtième Siècle, Alexandre le Grand ne veut pas réaliser la monarchie universelle, mais souhaite réaliser la fusion de deux aristocraties, deux élites, la grecque et la perse, « racialement » parentes[41] : aux yeux de Rosenberg, Alexandre jouit du supposé de la bonne foi raciale, en écartant de manière systématique les Sémites, les Babyloniens et les Syriens de la direction de l'empire qu'il édifie[42]. Cependant, le bilan de son règne reste négatif car, selon Rosenberg, Alexandre n'a pas été en mesure de léguer un héritage durable, les races asiatiques ayant plié sous le joug indo-germanique perso-macédonien ayant rapidement repris le dessus[42].
Ainsi, c'est seulement après la défaite raciale et politique des Grecs que Rome participe de façon importante à la lutte des races, dans un premier temps en s'opposant à la sémitique Carthage : pour Rosenberg, cette série de guerres représente aussi un choc entre deux races antagonistes et son issue a sauvé l'Occident de l'essor dans ses contrées de la civilisation phénicienne et de ses miasmes[43]. Ainsi, il donne au discours de Caton une signification raciale : il lui confère le sens d'un appel à la destruction de la race punique[44] ; il regrette malgré tout que Rome n'ait pas poussé son avantage jusqu'au bout et entrepris une campagne dans l'est du bassin méditerranéen pour éradiquer de façon définitive les foyers de peuplement sémitiques[44].
De même il regrette que les guerres menées par Vespasien et Titus en Judée ne se soient pas soldées par l'extermination du peuple juif ; cependant, conscient que cette mesure n'était pas nécessaire du point de vue stratégique, il développe l'idée qu'elle est néanmoins nécessaire d'un point de vue racial car, à la suite de la diaspora, la figure du Juif fait alors son entrée dans la guerre des races, qu'il ne mène ouvertement qu'en de très rares occasions, notamment pendant la révolte juive[45] : en effet, aux yeux de Rosenberg, le peuple juif mène la guerre raciale de façon insidieuse : l'ayant perdue du point de vue militaire et politique, il va la gagner, en s'appuyant sur le christianisme en général, et plus spécifiquement, sur la lecture de saint Paul[45].

Une forte hostilité envers le christianisme[modifier | modifier le code]

Comme Hitler, Rosenberg ne développe de rhétorique anti-chrétienne que parce que, à ses yeux, la religion mise en place à partir de Paul a contaminé le christianisme naissant et lui a donné une dimension de réaction contre la domination indo-germanique des Romains[46]. Ainsi, Rome s'est écroulée sous les coups d'un assaut venu du Sud et de l'Est ; de la sorte, Rosenberg reprend les thèses d'une abondante littérature antisémite, prônant l'idée d'une défense de la romanité, et de sa forme politique, l'Empire romain, rendue possible par l'apport des populations germaniques à partir du IIIe siècle, mais tenue en échec par les influences méridionales[47]. De plus, les idées véhiculés par le christianisme, constituent, selon Rosenberg, la preuve que le peuple romain avait perdu sa vitalité raciale : pour ce dernier, la honte du péché, notamment celui de la chair, entraîne la honte vis-à-vis de la conscience raciale, qui a pour conséquence la perte de la confiance en soi et l'irrésolution dans l'action[48].

Cette hostilité envers le christianisme l'incite à encourager, d'accord avec Himmler, un culte spécifiquement germanique. Ainsi, il préconise la mise en place d'un culte spécifiquement national-socialiste : ces célébrations, encouragées auprès des membres du parti nazi, ces Lebenfeiern, sont mises en avant par Rosenberg comme un nouveau calendrier, destiné à se substituer au calendrier chrétien[49] : le soin apporté à l'organisation de ces fêtes publiques et privées témoigne de la politisation de la vie privée, mais l'agencement bureaucratique de Rosenberg, pour tenter d'encadrer certains excès, fait craindre à ce dernier, ainsi qu'à Himmler, autre ordonnateur du culte néo-païen national-socialiste, la mise en place d'un nouveau clergé[50]; pour éviter cet écueil, il préconise de donner à ces célébrations un caractère privé[50]. La mise en place de nouveau culte à visée très clairement politique rencontre peu de succès, en dehors des cercles nationaux-socialistes[50].

Une vision eschatologique de la lutte des races[modifier | modifier le code]

Dans le Mythe du Vingtième Siècle, l'auteur prophétise la plongée du monde dans le chaos en cas de défaite de la race aryenne dans la lutte l'opposant au monde asiatique[51], qui a pris la forme du bolchevisme juif. La lutte, il l'annonce dès 1935 dans un discours devant une société savante, la Nordische Gesellschaft, et en définit les principaux caractères : elle sera décisive, terrible et sans pitié, elle aura les traits d'une guerre raciale et idéologique et se soldera par la victoire ou la défaite totale de l'un des protagonistes[52]. En cas de défaite des Aryens, le sort serait terrible : le métissage et la submersion du sang aryen, réputé pur, dans le sang impur des races inférieures[40].

Le journal de Rosenberg[modifier | modifier le code]

Lors du procès de Rosenberg, le Tribunal Militaire International avait décidé le 19 août 1945 de donner à la défense accès au journal que l'inculpé avait tenu avant et pendant la guerre, mais Alfred Thoma, avocat de Rosenberg, nota : « Kempner[Note 3] ne nous le remet pas. » Selon Thoma, l'accusation lui déclara que le journal était introuvable[53]. En fait, le substitut Robert Kempner, accusateur de Rosenberg, détourna frauduleusement de nombreuses pièces du procès, parmi lesquelles le journal, et, quand son rôle à Nuremberg fut terminé, emporta ces pièces avec lui aux États-Unis[54]. Le journal fut récupéré par des agents de l'U.S. Immigration and Customs Enforcement en juin 2013[55],[56], auprès de l’ancienne secrétaire de Robert Kempner[57], et, tout en restant propriété du gouvernement américain[58], déposé le 17 décembre 2013 à l'United States Holocaust Memorial Museum[59].

Selon l'United States Holocaust Memorial Museum, le bureau du procureur avait donné à Kempner l'autorisation d'emporter les pièces[60], mais selon l'U.S. Immigration and Customs Enforcement, la soustraction des documents par Kempner était contraire à la loi et à une procédure correcte[61]

D'après Jurgen Matthaus, directeur de recherches au Center for Advanced Holocaust Studies de l'United States Holocaust Memorial Museum, Rosenberg était obsédé par les Juifs, mais cela n'apparaît guère dans son journal. Il aborde parfois le sujet, par exemple le 28 mars 1941 pour dire que cette race doit être séparée de toute l'Europe (« diese Rasse aus ganz Europa auszusondern[62] »), mais le journal ne contient rien sur l'extermination des Juifs. Jurgen Matthaus conjecture que le motif de ce silence est que Rosenberg n'avait pas de raison d'entrer dans des détails sur les buts fondamentaux du nazisme parce que, pour lui, ils allaient de soi[63].

Le journal de Rosenberg est consultable sur le site de l'United States Holocaust Memorial Museum[64].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il démissionne pourtant le 12 octobre 1944.
  2. Le Plan quadriennal probablement.
  3. Le substitut Robert Kempner, accusateur de Rosenberg.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stern 1990, p. 205
  2. a et b Olivier 2012, p. 79
  3. Olivier 2012, p. 81
  4. Olivier 2012, p. 83
  5. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 220
  6. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 222
  7. a et b Friedländer, Les Années d'extermination, p. 42
  8. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 50
  9. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 360
  10. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 429
  11. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 669
  12. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 120
  13. Marc Jarblum, La lutte des Juifs contre les Nazis, Paris, Éditions Réalité,‎ 1945, 95 p. (OCLC 493699793), p. 41
  14. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 616
  15. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 223
  16. Henri Amouroux, La Vie des Français sous l'occupation, Paris, Fayard lien éditeur=Fayard (maison d'édition),‎ 1961, p. 393
  17. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 224
  18. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 596
  19. a et b Friedländer, Les Années d'extermination, p. 189
  20. Gorodetsky, Le grand jeu de dupes, p. 529.
  21. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 264
  22. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 309
  23. Baechler 2012, p. 287
  24. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 304
  25. a et b Baechler 2012, p. 314
  26. a et b Baechler 2012, p. 313
  27. a et b Baechler 2012, p. 289
  28. Baechler 2012, p. 290
  29. Baechler 2012, p. 289 et 291
  30. Baechler 2012, p. 291
  31. Fest 2011, p. 323-324
  32. (en) Irving Hexham, « Inventing ‘Paganists’: a Close Reading of Richard Steigmann-Gall's the Holy Reich », Journal of Contemporary History (en), SAGE Publications, vol. 42, no 1,‎ 2007, p. 59–78 (DOI 10.1177/0022009407071632, lire en ligne)
  33. (en) « Alfred Rosenberg », Jewish Virtual Library (American-Israeli Cooperative Enterprise) (consulté le 7 mai 2008)
  34. Alfred Rosenberg, Das Verbrechen der Freimaurerei, Judentum, Jesuitismus, Deutsches Christentum, 1922, J. F. Lehmann (München)
  35. Fest 2011, p. 302-303
  36. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 151
  37. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 152
  38. a et b Chapoutot 2008, p. 439
  39. Chapoutot 2008, p. 478
  40. a et b Chapoutot 2008, p. 479
  41. Chapoutot 2008, p. 522
  42. a et b Chapoutot 2008, p. 523
  43. Chapoutot 2008, p. 440
  44. a et b Chapoutot 2008, p. 441
  45. a et b Chapoutot 2008, p. 442
  46. Chapoutot 2008, p. 461
  47. Chapoutot 2008, p. 463
  48. Chapoutot 2008, p. 468
  49. La Quête de la race, p. 26
  50. a, b et c La Quête de la race, p. 27
  51. Chapoutot 2008, p. 526
  52. Chapoutot 2008, p. 527
  53. Ernst Piper, « Nazi-Hetzer Alfred Rosenberg : Der Krimi um die Tagebücher von Hitlers Chef-Ideologen », Der Tagesspiegel, 15 juin 2013, en ligne; Sven Felix Kellerhoff, « Was Hitlers Chefideologe wirklich dachte », Die Welt, 11 juin 2013, en ligne.
  54. U.S. Immigration and Customs Enforcement, "Long-lost Nazi diary recovered after HSI investigation", June 13, 2013, online. Der Spiegel : Verschollene Dokumente: US-Behörden präsentieren Tagebücher, 13 juin 2013.
  55. Patricia Cohen, « Diary of a Hitler Aide Resurfaces After a Hunt That Lasted Years », The New York Times,‎ 13 juin 2013 (lire en ligne)
  56. (es) Reuters, « Encontrado el diario de un confidente de Hitler », La Vanguardia, Barcelone,‎ 10 juin 2013 (lire en ligne)
  57. « Le journal d'Alfred Rosenberg, un dirigeant nazi condamné à mort au procès de Nuremberg, réapparaît », sur le site Slate.fr, 10 juin 2013.
  58. « The Alfred Rosenberg Diary », site de l'United States Holocaust Memorial Museum.
  59. « ICE Transfers Lost Nazi Diary to United States Holocaust Memorial Museum », site de l'United States Holocaust Memorial Museum, 17 décembre 2013.
  60. « The Alfred Rosenberg Diary », site de l'United States Holocaust Memorial Museum. Sur une page de contenu semblable du même site, « The Alfred Rosenberg Diary », site de l'United States Holocaust Memorial Museum, il n'est pas affirmé que Kempner avait reçu l'autorisation d'emporter les pièces. Voir aussi Maurin Picard, « Le journal de l'hitlérien Alfred Rosenberg retrouvé », in lefigaro.fr, 18 juillet 2013.
  61. U.S. Immigration and Customs Enforcement, "Long-lost Nazi diary recovered after HSI investigation", June 13, 2013, online.
  62. p. 507 du journal, consultable sur le site de l'United States Holocaust Memorial Museum.
  63. Michael E. Ruane, « Long-lost diary of Nazi Alfred Rosenberg turned over to Holocaust Museum », The Washington Post, 17 décembre 2013, en ligne.
  64. Site de l'United States Holocaust Memorial Museum, section Collections.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications d'Alfred Rosenberg[modifier | modifier le code]

  • Le Mythe du vingtième siècle
  • Das Verbrechen der Freimaurerei, Judentum, Jesuitismus, Deutsches Christentum (Les crimes de la franc-maçonnerie, Judaïsme, Jésuitisme, Christianité allemande), 1922, J. F. Lehmann (München)
  • Peste en Russie! Le Bolchevisme, ses dirigeants, ses exécutants et ses victimes, 1922.
  • Die Protokolle der Weisen von Zion und die jüdische Weltpolitik (Les Protocoles des Sages de Sion et la politique juive mondiale) Dt. Volksverlag Böpple, München 1922 & 1924; Neubearb. von A. Philipp, 20. Tausend, ebd. 1933. Wieder Eher, München 1938. Wieder Hoheneichen, München ca. 1940. Auch enthalten in A. R.: „Schriften & Reden“. Auszug in « Antisemitismus im RT Unsere Aussichten » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 20130318
  • An die Dunkelmänner unserer Zeit. Eine Antwort auf die Angriffe gegen den „Mythus des 20. Jahrhunderts“ (Aufl. 620.000) 1937
  • Dietrich Eckhart. Ein Vermächtnis (2. Auflage) München 1935
  • Protestantische Rompilger. Der Verrat an Luther und der „Mythus des 20. Jahrhunderts“ Hoheneichen (1. Aufl.) München 1937
  • Letzte Aufzeichnungen. Nürnberg 1945/46. Ideale und Idole der Nationalsozialistischen Revolution Jomsburg, Uelzen 1996 ISBN 3-931637-01-8 (2. Auflage)
  • Heinrich Härtle (Hg.): Großdeutschland. Traum und Tragödie. Rosenbergs Kritik am Hitlerismus Selbstverlag, München 1970 (2. Auflage) (enthält die letzten Aufzeichnungen Rosenbergs aus dem Nürnberger Gefängnis 1946)
Avant-propos d'Alfred Rosenberg
  • Arthur Ruppert (Hg): Waffenbruder Finnland. Ein Buch für die deutschen Soldaten in Finnland Geleitwort von Alfred Rosenberg; bearb. Heinz Hünger & Anitra Karsten, Lühe, Leipzig & Berlin 1942 (DNB am Standort Leipzig gelistet; Rosenberg nicht angeführt)

Publications sur Alfred Rosenberg[modifier | modifier le code]

  • (de) Johannes Baur, Die russische Kolonie in München (1900-1945). Deutsch-Russische Beziehungen im 20. Jahrhunderts, Wiesbaden, Harrassowitz,‎ 1998
  • Joseph Billig, Alfred Rosenberg dans l'action idéologique, politique et administrative du Reich hitlérien, Paris, Editions du Centre,‎ 1964
  • (en) Robert Cecil, The Myth of the Master Race, Alfred Rosenberg and Nazi ideology, Londres, Dood Mead,‎ 1972
  • (en) Albert Chandler, Rosenberg Nazi Myth, New York, Greenwood Press,‎ 1945
  • (en) Michael Kellog, The Russian Roots of Nazism, Cambridge,‎ 2005
  • (en) Ernst Piper, Alfred Rosenberg. Hitlers Chiefideologe, Munich, Pantheon,‎ 2007
  • Fritz Stern, Politique et Désespoir, les ressentiments contre la modernité dans l'Allemagne préhitlérienne, Armand Colin,‎ 1990 (ISBN 2-200-37188-8) (édition française)

Publications sur le Troisième Reich[modifier | modifier le code]

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  • (de) Claus-Ekkehard Bärsch, Die politische Religion des Nationalsozialismus,‎ 1998
  • (de) Raimund Baumgartner, Weltanschauungkampf im Dritten Reich,‎ 1997
  • Johann Chapoutot, Le nazisme et l'Antiquité, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige »,‎ 2008 (ISBN 978-2-13-060899-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Johann Chapoutot, « La Charrue et l'Épée : Paysan-soldat, esclavage et colonisation nazie à l'Est (1941-1945) », Hypothèses 2006, Paris, Publications de la Sorbonne,‎ 2006 (ISBN 978-2-85944578-2, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Hildegard Chatellier, La politique artistique du national-socialisme, Paris, L'Âge d'Homme,‎ 1959
  • Édouard Conte et Cornelia Essner, La Quête de la race : Une anthropologie du nazisme, Paris, Hachette, coll. « Histoire des gens »,‎ 1995, 451 p. (ISBN 978-2-010-17992-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Alexander Dallin, La Russie sous la botte nazie, Paris, 1963, Fayard
  • (it) Emma Fattorini, Pio XI, Hitler e Mussolini. La solitudine di une Papa, vol. 15, Turin, Giulio Einaudi Editore, coll. « Einaudi storia »,‎ 2007, 252 p.
  • Joachim Fest, Les Maîtres du IIIe Reich, Grasset, coll. « Le Livre de Poche Référence »,‎ 2011 (1re éd. 1965), 409 p. (ISBN 2-253-13443-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Saul Friedländer, Les Années d'extermination : L'Allemagne nazie et les Juifs. 1939-1945, Paris, Seuil,‎ 2008, 1032 p. (ISBN 978-2-7578-2630-0)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Nicholas Goodrick-Clarke, Les Racines occultistes du nazisme : Les aryosophistes en Allemagne et en Autriche (1890-1933), Paris, Pardès, coll. « Rix »,‎ 1980, 343 p. (ISBN 978-2-867-14069-3)
  • Gabriel Gorodetsky, Le Grand Jeu de dupes : Staline et l'invasion allemande, Paris, Les Belles Lettres,‎ 2000, 727 p. (ISBN 978-2-262-03402-3)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Peter Longerich (trad. Jeremy Noakes et Lesley Sharpe), Himmler : L'Éclosion quotidienne d'un monstre ordinaire [« Heinrich Himmler: A Life »], Paris, Héloise d'Ormesson,‎ 2010, 1031 p. (ISBN 978-2-350-87137-0, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Laurent Olivier, Nos ancêtres les Germains, Les archéologues au services du nazisme, Paris, Tallandier,‎ 2012, 314 p. (ISBN 978-2-84734-960-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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