Ernst Jünger

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Ernst Jünger

Nom de naissance Ernst Jünger
Activités Romancier, essayiste et diariste
Naissance 29 mars 1895
Heidelberg, Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Décès 17 février 1998 (à 102 ans)
Riedlingen, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Langue d'écriture allemand
Genres Romans, récits, essais, journaux et souvenirs
Distinctions Pour le Mérite, prix Goethe, Prix mondial Cino Del Duca

Œuvres principales

Ernst Jünger (Heidelberg29 mars 1895Riedlingen17 février 1998) est un écrivain allemand.

En tant que contemporain et témoin de l'histoire européenne du XXe siècle, Jünger a participé aux deux guerres mondiales dans les troupes de choc au cours de la première et sous l'uniforme de la Wehrmacht comme officier de l'administration militaire d'occupation à Paris à partir de 1941. Devenu célèbre après la publication dans Orages d'acier (1920) de ses souvenirs de la Première Guerre mondiale, il a été une figure intellectuelle majeure de la révolution conservatrice à l'époque de Weimar, mais s'est tenu éloigné de la vie politique à partir de l'accession des nazis au pouvoir. Jusqu'à la fin de sa vie à plus de cent ans, il a publié des récits et de nombreux essais ainsi qu'un journal des années 1939-1948 puis 1965-1996. Parmi ses récits, Sur les falaises de marbre (1939) est l'un des plus connus[1]. Francophile et francophone, Ernst Jünger a vu son œuvre intégralement traduite en français et « il fait partie, avec Günter Grass et Heinrich Böll, des auteurs allemands les plus traduits en France »[2]. Figure publique très controversée à partir de l'après-guerre dans son pays, il a reçu le Prix Goethe en 1982 pour l'ensemble de son œuvre.

Julien Hervier, qui a dirigé l'édition des Journaux de guerre de Jünger dans la Bibliothèque de la Pléiade a écrit : « Si l'on voulait conclure sur Jünger, il faudrait avant tout éviter la facilité qui tend à accorder autant d'importance, sinon plus, à sa légende d'homme d'action, engagé dans la guerre, la politique et l'aventure, qu'aux milliers de pages de son œuvre d'écrivain[3] ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse & Première Guerre mondiale sous les « Orages d'acier »[modifier | modifier le code]

Ernst Jünger arborant ses décorations après la Première Guerre mondiale. Photo illustrant la troisième édition allemande d'Orages d'acier.

Ernst Jünger est l'aîné d'une famille de cinq enfants parmi lesquels son frère, Friedrich Georg, devient un de ses compagnons privilégiés. Leur père devient chimiste et pharmacien après avoir été l'assistant de Viktor Meyer à l'Université. Ernst se révèle assez vite rétif à la discipline scolaire. À l'âge de seize ans il rejoint le groupe de jeunesse Wandervogel (« les oiseaux migrateurs »)[4], puis fugue à l'âge de dix-sept ans pour s'engager dans la Légion étrangère française. Il revient sur cette aventure vingt ans après dans le roman autobiographique Jeux africains publié en 1936[5].

Il se porte volontaire dès que l’empereur Guillaume II ordonne la mobilisation en août 1914. Il participe, comme de nombreux autres compatriotes, avec ardeur et enthousiasme à la Première Guerre mondiale[6]. Promu sous-officier, puis officier (lieutenant), il est blessé quatorze fois et reçoit, quelques semaines avant la fin de la guerre, la plus haute décoration allemande, la croix « Pour le Mérite ».

Il raconte après guerre son expérience de la guerre des tranchées, comme simple soldat d'abord, puis comme officier des Sturmtruppen, ancêtres de commandos, dans le livre Orages d'acier publié à compte d'auteur en 1920 sur les conseils de son père[7]. Il y décrit notamment les horreurs vécues, mais aussi la fascination que l'expérience du feu a exercé sur lui. Ce livre connut un grand succès auprès du public et reste aujourd'hui encore son livre le plus lu. André Gide écrit : « Le livre d'Ernst Jünger sur la guerre de 14, Orages d'acier, est incontestablement le plus beau livre de guerre que j'ai lu, d'une bonne foi, d'une honnêteté, d'une véracité parfaites[8] ». Il y décrit notamment la défaite de l'armée allemande, à l'encontre du mythe du coup de poignard dans le dos.

En 1922, il écrit La Guerre comme expérience intérieure (Der Kampf als inneres Erlebnis), à la fois roman et essai, où figurent, outre ses souvenirs de la Grande Guerre et l'effet sur l'âme des soldats de conditions de vie extrêmes dans les tranchées, ses premières réflexions philosophiques et politiques sur la bravoure et le pacifisme.

Jünger nourrit de son expérience de la guerre et du combat son analyse historique et politique de la situation allemande après la défaite. Il s'inscrit dans la « Kriegsideologie » qui anime de nombreux intellectuels au temps de la République de Weimar[9],[10].

Entre-deux-guerres : nationalisme et révolution[modifier | modifier le code]

Après la défaite et sa démobilisation, il travaille un temps pour le ministère de la Reichswehr à Hanovre. Il collabore à la rédaction de manuels destinés aux troupes d'infanterie. Le 31 août 1923, il quitte l'armée et entame des études de sciences naturelles et d'entomologie à Leipzig. Il suit également des cours de philosophie auprès de Hans Driesch et Felix Krüger, et lit abondamment, notamment Nietzsche et Spengler. Il effectue plusieurs voyages d'étude de la zoologie à Naples dont un de février à avril 1925. Il quitte l'Université le 26 mai 1926. Il s'installe à son compte comme écrivain et journaliste politique. Il écrit alors dans diverses publications nationalistes « une bonne centaine d'articles en un lustre[11] », celles des ligues d'anciens combattants notamment, et fréquente les cercles nationaux révolutionnaires, constitutifs d'un mouvement de pensée appelé la Révolution conservatrice sous la République de Weimar[12]. Il fréquente aussi bien Otto Strasser qu'Erich Mühsam et devient proche d'Ernst Niekisch, principal idéologue allemand du National-bolchévisme. Il devient une figure dans le milieu intellectuel nationaliste. Il publie en 1930 l'essai historico-politique intitulé La Mobilisation totale, et, en 1932, Le Travailleur, « couronnement des réflexions politiques de l'auteur » selon Louis Dupeux[13]. Dans ces deux publications, le néo-nationalisme de Jünger s'exprime largement, dans une célébration de l'État, de la technique, comme force mobilisatrice, et du vitalisme. Walter Benjamin, très critique à l'égard de ses prises de position, voit en Jünger « le fidèle exécutant fasciste de la guerre des classes[14] ». Pour Éric Michaud de l'EHESS, « c'est certainement lorsqu'il s'emploie à dessiner les traits de [la] figure rédemptrice [du Travailleur] que Jünger est au plus près du national-socialisme » en lui fournissant « les aliments de sa croissance et de son développement[15] ».

Avènement du Troisième Reich et Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Approché par le parti nazi du fait de son passé d'ancien combattant et de ses écrits patriotiques, il refuse toute participation et démissionne même de son club d'anciens du régiment en apprenant l'exclusion des membres juifs. Dès avril 1933, la Gestapo perquisitionne sa maison et il est surveillé en permanence par le régime. Il refuse le 18 novembre de la même année de siéger à l'Académie allemande de littérature où il a été élu le 9 juin[16]. Il quitte Berlin pour Goslar. En 1936, il se retire à la campagne, à Überlingen tout d'abord, puis à Kirchhorst (de). Il entreprend dans les années qui suivent des voyages plus ou moins lointains (Norvège, Brésil, France, Rhodes).

L'hôtel Raphael à Paris où Jünger loge à compter de juin 1941.

En 1939, paraît ce que beaucoup de critiques considèrent comme son chef-d'œuvre, Sur les falaises de marbre, un roman allégorique souvent vu comme une dénonciation de la barbarie nazie. Cette allégorie dépasse la simple contestation du totalitarisme triomphant alors en Allemagne. Il s'agit d'une illustration subtile des forces à l'œuvre dans l'établissement d'un régime dictatorial. Le monde intemporel qui y est décrit dépasse le cadre factuel de son époque et fait ressentir l'enfermement intérieur sous le poids du monde extérieur. Cette publication irrite dans le camp nazi et le Reichsleiter Philipp Bouhler intervient auprès de Hitler[17], mais Jünger échappe à toute sanction du fait de la sympathie qu'éprouve le Führer pour le héros de la Première Guerre mondiale (titulaire de la croix Pour le mérite) et ses récits de guerre[18].

Jünger est mobilisé le 30 août 1939 dans la Wehrmacht avec le grade de capitaine. Il participe à la campagne de France puis, après la victoire des Allemands, Hans Speidel lui fait intégrer l'état-major parisien. Il dispose d'un bureau à l'hôtel « Majestic ». « Ce poste le met au cœur des intrigues et des tensions qui opposent le commandement militaire aux différentes unités du parti[19]. » Il peut consacrer son temps libre à rédiger son Journal de guerre ainsi qu'un essai intitulé La Paix, appel à la jeunesse d'Europe et à la jeunesse du monde qu'il commence à rédiger dès l'automne 1941 et qui anticipe la nécessaire réconciliation des nations et l'indispensable construction européenne, essai « très imprégné de valeurs chrétiennes[20] ».

Son journal, dont le premier volume Jardins et routes sort dès 1942 en allemand et en français, est un mélange d'observations de la nature, de comptes rendus de ses fréquentations littéraires dans les salons parisiens, dont celui de Florence Gould, et enfin de remarques d'une lucidité désabusée sur sa position d'officier en temps de guerre, par lesquelles il souligne la nécessité d'un certain retrait dans son monde intérieur : « Paris, 30 juillet 1944. Une ondée me fait passer quelques instants au musée Rodin, que d'habitude je n'aime guère. (…) Les archéologues d'âges futurs retrouveront peut-être ces statues juste sous la couche des tanks et des torpilles aériennes. On se demandera comment de tels objets peuvent être si rapprochés, et on échafaudera des hypothèses subtiles[21]. »

On retrouve également dans ses journaux son horreur de ce qui s'est emparé de l'Allemagne, sa haine de Hitler (qu'il ne désigne que sous le nom de Kniebolo) et de ses partisans (qu'il désigne du nom de lémures) et sa honte devant les étoiles jaunes qu'il croise dans les rues : « Je suis alors pris de dégoût à la vue des uniformes, des épaulettes, des décorations, des armes, choses dont j'ai tant aimé l'éclat[22]. »

Il fait partie de l'entourage de Rommel qui a demandé à lire son essai La Paix. Il ne participe pas au complot à l'origine de l'attentat du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler, mais est dans le secret de sa préparation[23]. « Je ne me consolerai jamais d'avoir brûlé après le 20 juillet le journal que je tenais à cette époque-là » écrit-il le 25 mai 1988[24]. Il est démobilisé et rentre en Allemagne au cours de l'été 1944. Il se retrouve à la tête d'un groupe local du Volkssturm et, à l'arrivée des troupes anglaises et américaines, début avril 1945, il demande à ses hommes de ne pas résister[25]. Il avait appris le 11 janvier 1945 que, le 29 novembre 1944, son premier fils âgé de 18 ans était tombé sous les balles des partisans dans les montagnes de Carrare en Italie centrale. « Depuis l'enfance, il s'appliquait à suivre son père. Et voici que, du premier coup, il fait mieux que lui, le dépasse infiniment[26]. »

Après-guerre : l'« anarque » centenaire[modifier | modifier le code]

Après la capitulation, il est interdit de publication pendant quatre années à cause de son refus de se soumettre aux procédures de dénazification des alliés[27]. Dans l'Allemagne de l'après-guerre il devient plus que jamais une figure controversée. La polémique concerne essentiellement ses articles publiés dans des revues nationalistes de l'entre-deux-guerres, et l'influence qu'il aurait pu exercer sur l'intelligentsia nazie, notamment avec la publication en 1932 de son essai Le Travailleur.

La maison d'Ernst Jünger à Wilflingen, devenue après sa mort un musée consacré à l'écrivain et son frère Friedrich Georg.

De 1950 jusqu'à sa mort, il vit dans un petit village de Souabe, Wilflingen, et il voyage à travers le monde pour assouvir sa passion de l'entomologie, passion qui a fait l'objet du livre Chasses subtiles[28]. À Wilflingen, il emménage dans une vaste maison que lui loue un cousin du comte Stauffenberg impliqué dans l'attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler. Maison qu'avait occupée quelques années plus tôt Pierre Laval alors que le gouvernement de Vichy en exil s'était replié à Sigmaringen. Comme le remarque Elliot Neaman : « Que Jünger ait élu domicile dans la maison du grand forestier où le principal collaborateur français Laval avait vécu est un exemple des nombreuses interactions ironiques entre la vie et la littérature générées par la guerre. Que le fils de Jünger ait été tué dans les carrières de marbre de Carrare en est une autre[27]. »

Lui qui avait été jusqu'en 1933 une figure de la droite nationaliste défend après 1945 un individualisme anarchisant, radicalement hostile à l'État-Léviathan, avec ses essais Passage sur la ligne (1950) et Traité du rebelle (1951), puis son roman Eumeswill (1977). Dans ce roman, Jünger forge la figure de l'« anarque », qui prolonge celle du « rebelle » (« Waldgänger ») décrite deux décennies plus tôt. Comme l'explique Patrick Louis : « L'Anarque a renoncé au combat, il a choisi l'émigration intérieure. Il se replie sur lui-même […] Son souci est son intimité, et parce qu'il ne s'engage pas, il pense préserver son intégrité[29]. » Jünger a été en la matière influencé par la pensée de Max Stirner[30].

Rencontre entre Jünger et Philipp Jenninger (en), président du Bundestag, en 1986.

L'œuvre de Jünger semble devoir être considérée sous l'éclairage des expériences vécues par l'homme dans sa vie intime. Il est en particulier un des rares écrivains à avoir consacré une œuvre à l'ivresse au sens large, celle donnée par les drogues les plus diverses (éther, haschich, opium, cocaïne, LSD…) et les boissons traditionnelles (bière, vin, thé). L'auteur entend le mot ivresse au sens de modification de la perception des sens et du rapport au temps. Son expérience personnelle de ces substances est relatée dans l'essai Approches, drogues et ivresses (1970) qui n'est pas sans rappeler Du vin et du haschisch de Charles Baudelaire ou surtout Les portes de la perception d'Aldous Huxley.

En 1982, l'attribution à Jünger du prix Goethe déclenche de violentes protestations en Allemagne et une polémique nourrie pendant plusieurs mois. Ces protestations émanent en majorité de la gauche en général et des Verts en particulier. Ces voix — qui se font entendre jusque devant les marches de l'église Saint-Paul de Francfort où a lieu la cérémonie de remise du prix le 28 août — n'acceptent pas que le prix allemand le plus prestigieux soit remis à une personne qui incarne à leurs yeux un passé militariste et anti-démocratique[31]. Mais, contrastant avec cette manifestation nationale de rejet, son centième anniversaire, en 1995, est l'occasion de plusieurs célébrations officielles et il est invité à déjeuner au Palais de l'Élysée par le président François Mitterrand qui éprouve une grande admiration pour lui[32]. Il s'est également lié après guerre avec Julien Gracq, qui a souvent exprimé l'admiration qu'il éprouve pour l'œuvre de Jünger et notamment pour Sur les falaises de marbre[33]. Il est le deuxième grand écrivain européen à devenir centenaire après le français Fontenelle au XVIIIe siècle[34].

Le 26 septembre 1996, il se convertit au catholicisme[35]. Après avoir été actif jusque dans les derniers jours de sa vie, il meurt dans son sommeil à l'aube du 17 février 1998 à l'hôpital de Riedlingen[36].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Du vivant de l'auteur, ont été publiées successivement deux éditions générales de ses œuvres : la première en dix volumes de 1960 à 1965 chez Ernst Klett (titre original : Gesammelte Werke), la seconde en dix-huit volumes de 1978 à 1983 chez Klett-Cotta (titre original : Sämtliche Werke)[37]. Il ne s'agit pas d'œuvres véritablement « complètes » dans la mesure où aucun de ses nombreux articles politiques publiés dans des journaux entre 1920 et 1933 n'y figure[38]. Ils ont fait l'objet d'une édition en 2002 par S. O. Berggötz sous le titre Politische Publizistik également chez Klett-Cotta[39]. Ses « journaux de guerre » en deux tomes – tome I (1914-1918) et tome II (1939-1948) – ont été publiés en février 2008 dans la Bibliothèque de la Pléiade[40].

Récits et romans[modifier | modifier le code]

Couverture de l'édition originale de Sur les falaises de marbre (1939).

Essais[modifier | modifier le code]

Couverture de l'édition originale de Le Combat comme expérience intérieure (1922).
  • Le Travailleur (Der Arbeiter - 1931)
  • Feu et mouvement- 1934
  • La Paix (Der Friede - 1946)
  • Le traité du Rebelle ou le recours aux forêts (Der Waldgänger - 1951)
  • Le Nœud Gordien (Der Gordische Knoten - 1953)
  • Traité du Sablier (Das Sanduhrbuch - 1954)
  • Mantrana (Mantrana, Einladung zu einem Spiel - 1958)
  • Le Mur du temps (An der Zeitmauer - 1959)
  • L'État universel (Der Weltstaat - 1960)
  • Chasses subtiles (Subtile Jagden - 1967)
  • Approches, drogues et ivresse (Annäherungen, Drogen und Rausch - 1970)
  • Rivarol et autres essais (1974)
  • Le contemplateur solitaire (1975)
  • L'Auteur et l'Écriture (Autor und Autorschaft - 1982)
  • Les ciseaux (Die Schere - 1990)

Journaux[modifier | modifier le code]

  • Jardins et routes - pages de journal 1939-1940 (trad. fr. Plon 1942)
  • Journal de guerre (Strahlungen 1949, trad. fr. René Julliard 1951 et 1953)
  • Sous le signe de Halley, Paris, Gallimard, coll. Du monde entier, 1989. (ISBN 9782070716739)
  • Soixante-dix s'efface (Siebzig verweht 1977)
    • Soixante-dix s’efface, I – Journal 1965-1970 (Siebzig verweht)
    • Soixante-dix s’efface, II – Journal 1971-1980 (Siebzig verweht II)
    • Soixante-dix s’efface, III – Journal 1981-1985 (Siebzig verweht III)
    • Soixante-dix s’efface, IV – Journal 1986-1990 (Siebzig verweht IV)
    • Soixante-dix s’efface, V – Journal 1991-1996 (Siebzig verweht V - 1997)

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Ernst Jünger & Martin Heidegger, Correspondance 1949-1975, Christian Bourgois, 2010.

Postérité[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études, témoignages et biographies[modifier | modifier le code]

  • Banine, Ernst Jünger aux faces multiples, Lausanne, L'Âge d'Homme,‎ 1989 (ISBN 978-2-825-12338-6)
  • Philippe Barthelet (dir.), Ernst Jünger, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Les Dossiers H »,‎ 2000, 591 p. (ISBN 2-825-11425-1)
  • Danièle Beltran-Vidal, Chaos et renaissance dans l'œuvre d'Ernst Jünger, vol. 30, Berne, Peter Lang, coll. « Contacts : Sér III. Études et documents »,‎ 1995, 388 p. (ISBN 3-906-75371-9)
  • Alain de Benoist, Ernst Jünger : une bio-bibliographie, Paris, Guy Trédaniel,‎ 1997, 186 p. (ISBN 2-857-07972-9)
  • Jean-Luc Evard, Ernst Jünger. Autorité et domination, Paris/Tel-Aviv, Éditions de l'Éclat,‎ 2004 (ISBN 978-2-841-62090-6)
  • Isabelle Grazioli-Rozet, Ernst Jünger, Pardès, coll. « Qui-suis je ? »,‎ 2007, 127 p. (ISBN 978-2-867-14358-8)
  • Julien Hervier, Deux individus contre l'histoire : Pierre Drieu la Rochelle, Ernst Jünger, Paris, Klincksieck,‎ 1978, 485 p. (ISBN 2-252-02020-2)
  • Julien Hervier, Ernst Jünger : Dans les tempêtes du siècle, Paris, Fayard,‎ 2014, 500 p. (ISBN 2-213-64363-6)
  • (de) Helmuth Kiesel, Ernst Jünger : die Biographie, Munich, Siedler,‎ 2007, 715 p. (ISBN 978-3-886-80852-6)
  • (en) Elliot Y. Neaman, A dubious past : Ernst Jünger and the politics of literature after Nazism, Berkeley, University of California Press,‎ 1999, 315 p. (ISBN 0-520-21628-8)
  • (en) Thomas Nevin, Ernst Jünger and Germany: into the abyss, 1914-1945, Durham, NC, Duke University Press,‎ 1996, 284 p. (ISBN 0-822-31879-2)
  • Jean-Michel Palmier, Ernst Jünger. Rêveries sur un chasseur de cicindèles, Hachette,‎ 1995, 236 p. (ISBN 978-2-012-35183-7)
  • (de) Heimo Schwilk, Ernst Jünger : Ein Jahrhundertleben, Munich, Piper,‎ 2007, 623 p. (ISBN 978-3-492-04016-7)
  • Frédéric de Towarnicki , Ernst Jünger. Récit d'un passeur de siècle, Monaco, Éditions du Rocher,‎ 2000, 171 p. (ISBN 2-268-03573-5)
  • Michel Vanoosthuyse, Fascisme et littérature pure : la fabrique d'Ernst Jünger, Marseille, Agone, coll. « Banc d'essais »,‎ 2005, 330 p. (ISBN 2-748-90042-1)
  • Philippe Barthelet et Eric Heitz, Le voyage d'Allemagne, Paris, Gallimard, coll. « Le sentiment géographique »,‎ 2010, 241 p. (ISBN 978-2-070-12920-1)
  • Bernard Maris, L’Homme dans la guerre. Maurice Genevoix face à Ernst Jünger, Paris, Grasset,‎ 2013, 174 p. (ISBN 978-2-246-80338-6)

Articles[modifier | modifier le code]

  • Bernd Weisbrod, « Violence guerrière et fondamentalisme masculin : Ernst Jünger », Genèses, décembre 1998, no 33, p. 107-127. [lire en ligne]

Film[modifier | modifier le code]

  • La guerre d'un seul homme documentaire réalisé en 1981 par Edgardo Cozarinsky (105'). Images d'archives tournées sous l'occupation de la France par les allemands, et lecture du journal d'Ernst Jünger, alors officier caserné à Paris. La comparaison de ce point de vue de l'autre camp avec la relation - toujours partielle - des faits historiques par le camp vainqueur donne un éclairage nouveau et hautement instructif.

Revues[modifier | modifier le code]

  • Cahier Ernst Jünger, La Table ronde, hiver 1976.
  • « Ernst Jünger », L'Œil de bœuf, no 5/6, décembre 1994.
  • « Ernst Jünger », Nouvelle École no 48, 1996.
  • Auguste Francotte, « Ernst Jünger ou l’entomologiste écrivain », Lambillionea, no  spécial, 1998.
  • Les Carnets Ernst Jünger, publication annuelle du Centre de Recherche et de Documentation Ernst Jünger (CERDEJ) animé par Danièle Beltran-Vidal. Dix volumes parus entre 1996 et 2005. Nouvelle série à partir de 2012.

Entretiens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur les falaises de marbre est retenu parmi les 25 premiers livres de littérature de langue allemande dans Pierre Boncenne (dir), La Bibliothèque idéale, Albin Michel, collection La Pochotèque, 1992, p. 12.
  2. Danièle Beltran-Vidal 1995, p. 5
  3. Julien Hervier, « Ernst Jünger 1895-1998 », Universalia 1999, Encyclopædia Universalis, 1999, p. 458.
  4. Wandervogel de Hans Blüher, un des fondateurs du mouvement, avec une lettre d'Ernst Jünger en 1994.
  5. Jünger rapporte : « Les événements sont assez exacts, mais transcrits dans un style plus élaboré. » Julien Hervier 1986, p. 40
  6. Ses quatre années de guerre font l'objet en France d'un DVD-Rom édité par les éditions Hors_œil.
  7. Julien Hervier 1986, p. 26
  8. André Gide, Journal, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, t. II : 1926-1950, p. 848. À rapprocher des lettres et poèmes de guerre de Walter Flex (Der Wanderer zwischen beiden Welten - Le vagabond entre deux mondes, allusion au Wandervogel), bréviaire de toute une génération après la défaite allemande voir Walter Flex : une éthique du sacrifice. Les critiques mentionnent souvent en contraste À l'Ouest, rien de nouveau (Im Westen nichts Neues) du pacifiste Erich Maria Remarque « très éloigné des valeurs des nationalistes, et aussi, finalement, de l'éthique hégélienne de la vieille Prusse » voir Réflexion
  9. Servanne Jollivet, « De la guerre au polemos : le destin tragique de l’être », Astérion, Numéro 3, septembre 2005. Lire en ligne
  10. Massimiliano Guareschi et Maurizio Guerri analysent ainsi les réflexions de Jünger : « le fait qu'[il] parle d’"armée du travail absolu" n’est pas un hasard. C’est seulement en se transformant en masse qui agit selon les lois du travail, c’est-à-dire en "chair disciplinée et uniformisée", que la masse bourgeoise assume la disponibilité de ne plus s’ordonner selon un système stable, mais de fonctionner selon un processus de déploiement de la force, de travailler en conformité avec les lois de la mobilité et du risque, de telle sorte que la guerre n’a plus d’espace limité dans l’ordre de l’État, mais occupe de façon illimitée le corps du simple individu et de la collectivité : la structure du travail est la structure de la guerre  ». Massimiliano Guareschi et Maurizio Guerri, « La métamorphose du guerrier », Cultures & Conflits, 67, automne 2007. Lire en ligne
  11. Louis Dupeux, « Ernst Jünger, du nationalisme absolu à la gnose totalitaire de l’Arbeiter (1925-1932) » in Philippe Barthelet (dir) 2000, p. 287.
  12. Voir « Le néo-nationalisme et l'évolution des idées politiques d'Ernst Jünger » in Louis Dupeux, Stratégie communiste et dynamique conservatrice. Essai sur les différents sens de l'expression « National-bolchevisme » en Allemagne, sous la République de Weimar (1919-1933), (Lille, Service de reproduction des thèses de l'Université) Paris, Librairie Honoré Champion, 1976, p. 309-333.
  13. Louis Dupeux, op. cit., p. 310.
  14. Michel Izard, « Un moment de la conscience européenne », Terrain, Numéro 17 - En Europe, les nations, octobre 1991. [lire en ligne]
  15. Éric Michaud, « Figures nazies de Prométhée, de l'« homme Faustien » de Spengler, au « Travailleur » de Jünger », Communications, 78, 2005. « L'idéal prométhéen », p. 163-173. [lire en ligne]
  16. Alain de Benoist 1997, p. 23
  17. Julien Hervier 2014, p. 284
  18. Julien Hervier 1986, p. 91
  19. Alain de Benoist 1997, p. 26
  20. Julien Hervier 2014, p. 316
  21. à préciser
  22. Hédi Kaddour, « Ernst Jünger, guerrier appliqué », Le Monde des Livres, 21 mars 2008, p. 3--("Lors d'une tournée d'inspection sur le front du Caucase, entend parler de tunnels à gaz empoisonné, et se découvre pris….")
  23. Julien Hervier 2014, p. 334
  24. Ernst Jünger, Soixante-dix s'efface IV - 1986-1990, Gallimard, p. 305.
  25. Julien Hervier 2014, p. 336-337
  26. Second journal parisien, journal III 1943-1945, Le livre de poche, p. 394.
  27. a et b Elliot Y. Neaman 1999, p. 48
  28. Jean-Michel Palmier écrit : « Je n'ai jamais vu l'auteur d’Orages d'acier exhiber ses médailles ou ses décorations. Mais le sourire de l'homme qui montrait l'un de ses cartons vitrés où étaient méthodiquement classés, impeccablement étalés, des séries de longicornes ou de carabes était bien celui d'un enfant qui dévoile ses trésors », Jean-Michel Palmier 1995, p. 148-149.
  29. Patrick Louis, « Du Rebelle à l'Anarque » in Philippe Barthelet (dir) 2000, p. 59-60.
  30. Elliot Y. Neaman 1999, p. 237
  31. Elliot Y. Neaman 1999, p. 220-233
  32. Photos [view]=detail&search[focus]=326 1 et [view]=detail&search[focus]=327 2 d'une visite officielle en compagnie d'Helmut Kohl le 20 juillet 1993 à Wilflingen.
  33. Admiration évoquée par Gracq dans deux textes : l'un, radiodiffusé en 1959, intitulé Symbolique d'Ernst Jünger (œuvres complètes, tome 1, p. 976) ; l'autre intitulé L'œuvre d'Ernst Jünger en France publié dans le numéro spécial de la revue Antaios en l'honneur du 70e anniversaire de Jünger (œuvres complètes, tome 2, p. 1158.)
  34. Elliot Y. Neaman 1999, p. 1
  35. Voir par exemple Helmuth Kiesel, « Eintritt in ein kosmisches Ordnungswissen. Zwei Jahre vor seinem Tod: Ernst Jüngers Konversion zum Katholizismus », Frankfurter Allgemeine Zeitung, no 74 du 29 mars 1999, p. 55. et Bernhard Gajek, « La onzième heure d'Ernst Jünger », Catholica, printemps 1999, p. 98-103.
  36. Elliot Y. Neaman 1999, p. 65
  37. (de) Sämtliche Werke sur le site de Klett-Cotta
  38. La bibliographie la plus complète en France se trouve dans l'ouvrage d'Alain de Benoist, Ernst Jünger : une bio-bibliographie, 1997. En allemand l'ouvrage de Nicolai Riedel, Ernst Jünger — Bibliographie 1928–2002, Stuttgart, J.B. Metzler, 2003, fait autorité.
  39. (de) Présentation du livre sur le site de l'éditeur.
  40. Cette publication ne laisse pas l'hebdomadaire français L'Express de marbre qui s'étonne de la publication de « cet auteur controversé, alors que des géants comme Thomas Mann, Robert Musil ou Joseph Roth […] restent encore à la porte de ce panthéon des lettres » in Dufay, F. « Ernst Jünger. Un occupant si korrekt », L'Express, no 2954, 14-20 février 2008, p. 108-110.
  41. Liste établie par Auguste Francotte in Philippe Barthelet (dir) 2000, p. 222-223.
  42. Raphaël Estève, « Jünger et la technique dans Nocturno de Chile » in Karim Benmiloud et Raphaël Estève (coord.), Les astres noirs de Roberto Bolaño, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2007, p. 135-159.

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