Jacques Rancière

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Jacques Rancière

Philosophe français

Philosophie contemporaine

Description de l'image  Ranciere.jpg.
Naissance 1940
École/tradition marxisme, philosophie postmoderne
Principaux intérêts politique, sociologie, esthétique, cinéma, poésie, littérature, éducation
Idées remarquables « le politique, la politique et la police », « communauté des égaux », « partage du sensible », « littérature », « théâtrocratie »
Influencé par Platon, Aristote, Jacotot, Louis-Gabriel Gauny, Marx, Flaubert, Mallarmé, Virginia Woolf, Conrad, Sartre, Arendt, Althusser, Lefort, Foucault, Deleuze, Lyotard
A influencé Étienne Tassin, Bernard Aspe, Arlette Farge

Jacques Rancière (né en 1940 à Alger) est philosophe français, professeur émérite à l'Université de Paris VIII (Saint-Denis).

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève de Louis Althusser, il participe en 1965 à Lire le Capital avant de se démarquer rapidement de son ancien professeur à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. En 1974, il écrit La Leçon d'Althusser, qui remet en cause sa démarche. À la fin des années 1970, il anime avec d'autres jeunes intellectuels comme Joan Borell, Arlette Farge, Geneviève Fraisse, le collectif Révoltes Logiques qui, sous les auspices de Rimbaud, remet en cause les représentations du social traditionnel et fait paraître une revue. (Les contributions de Jacques Rancière à cette revue ont été regroupées dans un ouvrage Les Scènes du peuple édité chez Horlieu en 2003).

Parallèlement, il se penche sur l'émancipation ouvrière, les utopistes du XIXe siècle (notamment Étienne Cabet) et commence à voyager régulièrement aux États-Unis. De ce travail naîtra sa thèse d'État parue sous le titre : La Nuit des prolétaires. Archives du rêve ouvrier.

Un peu plus tard, dans Le Philosophe plébéien, il rassemble des écrits inédits de Louis Gabriel Gauny, ouvrier parquetier et philosophe. Au milieu des années 1980, il s'intéresse à un autre personnage peu conventionnel : Joseph Jacotot qui au début du XIXe siècle remit radicalement en cause les fondements de la pédagogie traditionnelle. Cette étude donnera lieu à une biographie philosophique : Le Maître ignorant, dans laquelle il pose le postulat de l'égalité des intelligences. Il s'intéresse ensuite à l'ambiguïté du statut du discours historique dans Les Mots de l'histoire (ouvrage qui ne put, pour des raisons de dépôt légal, paraître sous le titre initialement prévu par l'auteur, Les Noms de l'histoire). À la fin de cette période, Rancière, qui est également cinéphile, proche des Cahiers du cinéma, explore les liens entre esthétique et politique. Courts voyages au pays du peuple, sous la forme de trois nouvelles philosophiques est le premier ouvrage directement consacré à ce sujet.

La police, la politique et le politique : la pensée politique de Jacques Rancière[modifier | modifier le code]

Qu’est-ce que le politique ? Selon Rancière, il faut entendre par « le politique » ce lieu de rencontre, ce point de confluence où se rejoignent deux processus hétérogènes : le processus que l’on pourrait nommer de « gouvernemental » : la police, et le processus d’émancipation : la politique. La police est l’organisation de la société comme un tout, comme un organisme où chacun se voit assigné une place. Le processus d’émancipation, quant à lui, « consiste dans le jeu des pratiques guidées par la présupposition de l’égalité de n’importe qui avec n’importe qui et par le souci de le vérifier » (in Aux bords du politique). L’émancipation est, ainsi, à saisir comme l’affirmation d’un partage commun du monde, comme la vérification de la présupposition selon laquelle l’on peut jouer le même jeu que l’adversaire. Évidemment, si l’on considère que toute police dénie l’égalité – comme paraît le spéculer, suivant Rancière, Joseph Jacotot – il ressort que les deux processus sont incommensurables l’un à l’autre. De fait, « nous dirons que toute police fait tort à l’égalité » (idem). Par là, l’on considérera le politique comme le lieu où se joue la vérification d’égalité qui s’opère sous forme du traitement d’un tort.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Leçon d'Althusser, Gallimard, Idées no 294, 1975; La Fabrique édition, 2012.
  • La Parole ouvrière, avec Alain Faure, 10/18, 1976 - La Fabrique, 2007 (avec une postface inédite)
  • La Nuit des prolétaires. Archives du rêve ouvrier, Fayard 1981, Hachette Pluriel (Poche), 1997
  • Le Philosophe et ses pauvres, Fayard, 1983, Flammarion (Poche), 2007 et 2010
  • Louis-Gabriel Gauny : le philosophe plébéien (édition de Jacques Rancière), Presses universitaires de Vincennes, 1985
  • Le Maître ignorant : Cinq leçons sur l'émancipation intellectuelle, Fayard 1987 - 10/18 Poche, 2004
  • Courts voyages au Pays du peuple, Le Seuil, 1990
  • Les Noms de l'histoire. Essai de poétique du savoir, Le Seuil, 1992
  • Mallarmé, la politique de la sirène, Hachette, 1996
  • Aux bords du politique, Osiris, 1990, La Fabrique 1998, Folio, 2003
  • La Mésentente, Galilée, 1995
  • Arrêt sur histoire, avec Jean-Louis Comolli, Centre Georges-Pompidou, 1997
  • La Chair des mots. Politique de l'écriture, Galilée, 1998
  • La Parole muette. Essai sur les contradictions de la littérature, Hachette, 1998
  • La Fable cinématographique, Le Seuil
  • Le Partage du sensible, La Fabrique, 2000
  • L'Inconscient esthétique, La Fabrique, 2001
  • Le Destin des images, La Fabrique, 2003
  • Les Scènes du Peuple, Horlieu, 2003 (réédition des articles parus dans Les Révoltes logiques)
  • Malaise dans l'esthétique, Galilée, 2004
  • L'Espace des mots : De Mallarmé à Broodthaers, Musée des Beaux Arts de Nantes, 2005
  • La Haine de la démocratie, La Fabrique, 2005
  • Chronique des temps consensuels, Le Seuil, 2005
  • La Philosophie déplacée. Autour de Jacques Rancière, Actes du colloque de Cerisy. Horlieu, 2006
  • (en) The Politics of Aesthetics, Continuum, 2006
  • Politique de la littérature, Galilée, 2007
  • Le Spectateur émancipé, La Fabrique, 2008
  • Et tant pis pour les gens fatigués. Entretiens, Éditions Amsterdam, 2009
  • Moments politiques — Interventions 1977-2009, La fabrique (pour l'édition française) et Lux (pour l'édition canadienne), 2009.
  • Les Écarts du cinéma, La Fabrique, 2011
  • Aisthesis, Scènes du régime esthétique de l'art, Galilée, 2011
  • Béla Tarr, le temps d'après, Capricci éditions, coll. « Actualité critique »,‎ 29 novembre 2011, 1e éd., 96 p. (ISBN 9782918040378)
  • Figures de l'histoire, PUF, coll. « Travaux Pratiques »,‎ 29 août 2012, 1e éd., 91 p. (ISBN 9782130595113)
  • Le fil perdu, La Fabrique,‎ 2014, 128 p. (ISBN 978-2358720588)

Sur Jacques Rancière[modifier | modifier le code]

  • Politica delle immagini. Su Jacques Rancière, édité par Roberto De Gaetano, Pellegrini, Cosenza 2011.
  • L'interruption, Jacques Rancière et la politique de Christian Ruby, La Fabrique, 2009.
  • Disaccordo, no 9 de la revue italienne Fata Morgana - Quadrimestrale di Cinema e Visioni, Pellegrini, Cosenza 2009.
  • Badiou, Balibar, Ranciere: Re-thinking Emancipation de Nick Hewlett, Continuum, 2007
  • Rancière et Jacotot. Une critique du concept d'autorité de Maria Beatriz Greco, L'Harmattan, 2007.
  • La philosophie déplacée : autour de Jacques Rancière Colloque de Cérisy - Horlieu éditions (Bourg en Bresse), 2006.
  • Bourdieu/Rancière : la politique entre sociologie et philosophie de Charlotte Nordmann, Éditions Amsterdam, 2006. Rééd. Amsterdam Poches, 2008
  • La philosophie de l'émancipation chez Jacques Rancière Par Gabriel Maissin (Politique [1], juin 2004).
  • Collectif, Autour de Jacques Rancière, revue Critique no 601-602, juin-juillet 1997.

Liens externes[modifier | modifier le code]