Nancy Fraser

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Nancy Fraser 2008

Nancy Fraser, née le 20 mai 1947, est une philosophe féministe et post-structuraliste, qui, depuis 1995, enseigne les sciences politiques et la philosophie à la New School University de New York.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une maîtrise et une thèse en philosophie à la City University de New-York, elle est d'abord assistance à l'université de Georgia. Par la suite, elle sera notamment assistante à l'université de Stanford et de Northwestern, avant d'enseigner dans cette dernière de 1993 à 1995. Elle devient en 1995 professeur de philosophie et de sciences-politiques à New School University de New York. Par ailleurs, depuis 1994, elle est régulièrement professeur invité dans plusieurs universités européennes en France, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Travaux[modifier | modifier le code]

Nancy Fraser développe à travers ses nombreux écrits une réflexion tant philosophique que politique sur les enjeux majeurs que traversent nos sociétés contemporaines : espaces publics, fondements de la justice sociale, reconnaissance, évolution du mouvement féministe dans le contexte de la globalisation, etc.[1]

À la fois militante (Nancy Fraser se revendique féministe) et intellectuelle, elle indique vouloir « participer (par son travail) à des mouvements qui contribuent à changer et imaginer une nouvelle société »[2].

Un paradigme important de Nancy Fraser est que la justice est un concept complexe, qui doit être compris comme le point de départ de trois dimensions séparées bien qu'entremêlées :

  • la question de la distribution (des ressources),
  • celle de la reconnaissance (des contributions variées des différents groupes sociaux),
  • celle de la représentation (dans le langage et tout le symbolique).

Afin d'éviter des conceptions réductives de la justice et de la participation démocratique, elle affirme de plus que les théoriciens sociaux devraient synthétiser les éléments de ce qu'on appelle dans l'Université anglo-saxonne la « théorie critique » (« Critical theory ») c’est-à-dire toute pensée en porte à faux avec la réalité sociale, par exemple l'Ecole de Francfort, les gender studies, la théorie Queer et le post-structuralisme (français), afin de dépasser les questions politiques sur quoi les deux approches travaillent.

Néanmoins, Fraser est loin de demander une fusion vague de deux écoles ; elle milite plutôt pour un « néo-pragmatisme », dans lequel chaque école de pensée sépare rigoureusement les éléments utiles de ceux qui lui sont moins utiles. Ou encore, des éléments nuisibles mêmes aux analyses progressistes concernant les mouvements, les institutions sociales et sociétales. Ainsi Fraser se place-t-elle pleinement dans la tradition des théories progressistes, tout en modifiant cette tradition au travers des dernières théories : féministes, critiques et post-structuralistes.

En plus des nombreuses publications et des cours qu'elle a rédigés, Nancy Fraser a également été l'éditrice de Constellations, une revue internationale de théorie critique et progressiste.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Revaluing French Feminism : Critical Essays on Difference, Agency, and Culture (coédité avec Sandra Bartky, 1992)
  • Feminist Contentions : A Philosophical Exchange (avec Seyla Benhabib, Judith Butler, and Drucilla Cornell, 1994)
  • Justice Interruptus : Critical Reflections on the « Postsocialist » Condition (1997)
  • The Radical Imagination : Between Redistribution and Recognition (2003)
  • Redistribution or Recognition ? A Political-Philosophical Exchange (coécrit avec Axel Honneth, 2003)
  • Scales of Justice: Reimagining Political Space in a Globalizing World (2009)
  • Qu'est-ce que la justice sociale ? : Reconnaissance et redistribution, trad. d'Estelle Ferrarese, La Découverte, 2005, réed. 2011
  • Le féminisme en mouvements, trad. d'Estelle Ferrarese, La Découverte, 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr) Clémence Fourton, "Nancy Fraser, Le féminisme en mouvements. Recension", Variations n°18, 2013, [1]
  • (fr) Pour une imagination radicale. Un entretien de Nancy Fraser avec Estelle FerrareseVariations n°18, 2013,

[2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. DOWNS L.L., LAUFER J., « Nancy Fraser, une philosophe rebelle », in Travail, genre et sociétés 2012/1 (no 27)
  2. http://www.programmepresage.com/tl_files/presage/docs/articles%20de%20presse%20PRESAGE/newsletter%20sp220513.pdf