Jean Parvulesco

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Jean Parvulesco

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Jean Parvulesco en 2000

Nom de naissance Parvulescu
Activités Romancier
Naissance 1929
Roumanie Roumanie
Décès 21 novembre 2010 (à 81 ans)
Paris, Île-de-France
Drapeau de la France France
Langue d'écriture Français
Genres Roman
Nouvelle
Géopolitique
aventure
Distinctions Grand Prix National de la Place Royale (1986)
Grand Prix Continental des Éditions des Nouvelles Littératures Européennes et du Comité des Sept (1987)
Prix des Treize (1998)

Œuvres principales

  • Traité de la chasse au faucon (1984)
  • La spirale prophétique (1986)
  • L'étoile de l'empire invisible (1994)
  • Vladimir Poutine et l'Eurasie (2005)
  • Dans la forêt de Fontainebleau (2007)
  • Un retour en Colchide (2010)

Jean Parvulesco, né en 1929 en Roumanie, et mort le 21 novembre 2010[1] à Paris, est un écrivain et journaliste français.

Héritier de la pensée de la Tradition dans la lignée pérennialiste de René Guénon et Julius Evola, catholique atypique et proche de la Nouvelle Droite, proche d'un panthéisme tellurique, il est surtout connu pour ses nombreux romans et son style d'écriture nouveau et poétique, mêlé d'intuitions et d'énigmes « mystiques ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Roumanie, ayant fait l'école des cadets, Jean Parvulesco décide de fuir le régime communiste roumain après la Deuxième guerre mondiale et se rend en Yougoslavie en traversant le Danube à la nage en juillet 1948. Arrêté, expédié dans un camp politique de travaux forcés près de Tuzla, il s'en échappe pour rejoindre clandestinement l'Autriche en août 1949. L'ancien dissident roumain arrive à Paris en 1950, il suivra alors des cours de philosophie et de lettres à la Sorbonne sans s'y consacrer sérieusement, préférant fréquenter les cercles d'avant-garde littéraire, artistique et cinématographique[2].

Auteur d'une œuvre abondante et variée (romans, essais et poésies), revendiquant dans ses romans de très nombreuses influences littéraires, Jean Parvulesco a commencé à publier à partir des années 1980. Proche du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE)[3], il fut l'ami de Raymond Abellio (auquel il a consacré un livre[4]), Mircea Eliade, Jacques Bergier, Jean Daniélou, Vintila Horia, Arno Breker, Dominique de Roux, Henry Montaigu, Guy Dupré, Louis Pauwels, Jean-Luc Godard, ou encore d'actrices telles que Carole Bouquet, Aurora Cornu, Bulle Ogier et Ava Gardner. En 1973, il rencontre Michel Mourlet qui dirige alors le magazine Matulu et il y publie un long article sur Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville. Par ailleurs, il a publié sur Mourlet trois études importantes : Renaissance de la tragédie (postface de la Sanglière, Loris Talmart, 1987), Ce qui se cache derrière la Chanson de Maguelonne (La Revue littéraire, éd. Leo Scheer, nº 16, juillet 2005) et Histoire d'un maléfice (Cinq Chemins secrets dans la nuit (DVX, 2008).

Fréquentant les milieux nationalistes-révolutionnaires aux côtés de Jean Dides (entre autres) à partir de la fin des années 1950[2], cet étrange activiste sera proche de l'OAS — ce qui ne l'a pas empêché de théoriser plus tard une « géopolitique du grand gaullisme ». Il écrira ensuite des articles géopolitiques dans diverses publications, dont le quotidien Combat, préconisant la mise en place d'un « axe Paris-Berlin-Moscou[5] » pour contrer l'hégémonie anglo-saxonne, concept précédemment avancé par Gabriel Hanotaux et évoqué par Raymond Abellio (dont Jean Parvulesco a été proche) dans le deuxième tome de ses mémoires Les Militants.

Il a été en relation avec des auteurs aussi divers que Martin Heidegger, Ezra Pound, Julius Evola, Marguerite Duras, Pierre Boutang, Alain de Benoist, Michel d'Urance, Michel Marmin, Mircea Eliade, Dominique de Roux, etc.

Ses articles sur la Nouvelle Vague[6] lui ont valu d'apparaître dans certains films de Jean-Luc Godard (tel À bout de souffle[7], où son personnage est joué par Jean-Pierre Melville), Éric Rohmer (L'Arbre, le maire et la médiathèque), Barbet Schroeder (Maîtresse), etc[8].

Jean Parvulesco a collaboré à Matulu, La Place Royale, Contrelittérature, Éléments, Nouvelle Ecole, Rébellion, L'Athenaeum (revue internationale russe), La Revue littéraire, etc. Jean Parvulesco était également proche du scénariste-réalisateur Tony Baillargeat, qui a annoncé vouloir lui consacrer un documentaire.

Jean Parvulesco a donné naissance au personnage de l'écrivain Parvulesco incarné par Jean-Pierre Melville à l'aéroport d'Orly dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard (1959). Il fut par ailleurs figurant dans Maîtresse de Barbet Schroeder, film dans les premières scènes duquel il ouvre une porte à Gérard Depardieu, avant de l'éconduire.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Miséricordieuse Couronne du Tantra, Ethos, 1978 ;
  • Imperium, Les Autres Mondes, 1980 ;
  • Traité de la chasse au faucon, Éditions de L'Herne, 1984 ;
  • Diane devant les portes de Memphis, Catena Aurea, 1986 ;
  • La Spirale prophétique, Guy Trédaniel, 1986 : Grand Prix National de la Place Royale ;
  • La Servante Portugaise, L'Âge d'Homme, 1987 : Grand Prix Continental des Éditions des Nouvelles Littératures Européennes et du Comité des Sept ;
  • Le Manteau de glace, Guy Trédaniel, 1987 ;
  • Le Soleil rouge de Raymond Abellio, Guy Trédaniel, 1987 ;
  • India, Éditions Styles, 1988 ;
  • Les Mystères de la Villa Atlantis, L'Âge d'Homme, 1990 ;
  • Journal de l'Île de Pâques, Præceptum, 1990 ;
  • L'Étoile de l'Empire invisible (préface de Guy Dupré), Guy Trédaniel, 1994 ;
  • Les Fondements géopolitiques du grand gaullisme, Guy Trédaniel, 1995 ;
  • Rapport secret à la nonciature, Guy Trédaniel, 1995 ;
  • Le Gué des louves, Guy Trédaniel, 1995 ;
  • Le Retour des Grands Temps, Guy Trédaniel, 1997 ;
  • Versailles, Guy Trédaniel, 1998 ;
  • Un bal masqué à Genève, Guy Trédaniel, 1998 : Prix des Treize ;
  • La Conspiration des noces polaires, Guy Trédaniel, 1998 ;
  • Rendez-vous au Manoir du Lac, Jean Curutchet, 2000, réédition Alexipharmaque, 2011 ;
  • Le Visage des abimes, L'Âge d'Homme, 2001 ;
  • La Pyramide des braises, Alexandre, 2001 ;
  • La Stratégie des ténèbres, Guy Trédaniel, 2003 ;
  • En approchant la jonction de Vénus, Arma Artis, 2004 ;
  • Mission secrète à Bagdad, E-Dite, 2004 ;
  • Une stratégie transcendantale pour la « Grande Europe », Arma Artis, 2004 ;
  • Vladimir Poutine et l'Eurasie, Amis de la Culture Européenne, 2005 ;
  • Investir l'histoire. Au sujet de Michel d'Urance, « Jalons pour une éthique rebelle », DVX, Marseille, 2005 ;
  • L'élu du serpent rouge de Jean-Paul Bourre, DVX, 2006 ;
  • Le Sentier perdu, Alexipharmaque, 2007 ;
  • Henry Montaigu clandestinement en Colchide, DVX, 2007 ;
  • Dans la forêt de Fontainebleau, Alexipharmaque, 2007 ;
  • L'Étrange Knut Hamsun, DVX, 2008 ;
  • Cinq Chemins secrets dans la nuit (Pound, Tisserant, Mourlet, Eliade, La contrelittérature frappe à l'Est), DVX, 2008 ;
  • La Confirmation Boréale, Alexipharmaque, 2010.
  • Un retour en Colchide (préface de Michel d'Urance), Guy Trédaniel, 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le décès de Jean Parvulesco, Le Magazine littéraire, 23 novembre 2010.
  2. a et b Éléments, nº 126, automne 2007, pp. 54-57.
  3. Voir son Rapport secret à la nonciature, Guy Trédaniel, 1995.
  4. Le Soleil rouge de Raymond Abellio, Guy Trédaniel, 1986.
  5. Dans une perspective que reprendra partiellement un ouvrage d'Henri de Grossouvre, publié en 2002,Le Spectacle du Monde n° 542, février 2008, pp.60-62.
  6. Notamment dans la revue Primer Plano.
  7. Nicolas Bonnal,« Jean Parvulesco : Le Sentier perdu », dans Le Libre Journal, janvier 2007.
  8. Jean Parvulesco est présent dans l'épilogue du disque Sacrebleu réalisé par Dimitri from Paris en 1996. Sur ses rapports avec le milieu du cinéma, voir l'étude parue dans la revue 1895, n° 26, 1998, pp. 127 ss.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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