Karl Maria Wiligut

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Karl Maria Wiligut, connu aussi sous les pseudonymes Karl Maria Weisthor et Jarl Widar[1](10 décembre 1866 à Vienne - 3 janvier 1946 à Arolsen) est un intellectuel ésotériste autrichien. Colonel dans l'armée austro-hongroise, puis SS-Brigadeführer, il est surtout connu pour avoir été un chantre de l'idéologie mystique nazie[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Karl Maria Wiligut naît le 10 décembre 1866 à Vienne (Autriche), dans une famille catholique. À l'âge de 14 ans, il rejoint une école de cadets viennoise[3].

Le soldat idéaliste[modifier | modifier le code]

À 17 ans, Wiligut s'engage dans l'armée impériale austro-hongroise. Affecté dans le régiment d'infanterie Milan Ier de Serbie, il est promu lieutenant en 1888[3]. L'année suivante, il rejoint la loge Schlaraffia. En 1903, Karl Maria Wiligut publie Seyfrieds Runen[4]. En 1906, il épouse Malwine Leuts von Teuringen of Bozen[3], avec qui il aura deux filles, Gertrude et Charlotte. En 1908, il publie Neun Gebote Gots, où il prétend être l'héritier d'une ancienne tradition "irministe"[5].

Pendant la Première Guerre mondiale, Wiligut sert comme Hauptmann, commandant, sur les fronts du Sud et de l'Est. Le 1er août 1917, le commandant Wiligut est promu au grade de Oberst. En mai 1918, le colonel Wiligut quitte le front pour prendre le commandement d'un camp de prisonniers, près de Lviv, en Ukraine.

L’ ésotériste incompris[modifier | modifier le code]

En janvier 1919, le colonel Wiligut fait valoir ses droits à la retraite et quitte le service actif. Il s'installe alors à Morzg, non loin de Salzbourg, où il s'adonne à ses réflexions. Karl Maria Wiligut reçoit Theodor Czepl de l' Ordo Novi Templi, l'"Ordre nouveau du Temple", en 1921. Déclaré schizophrène et mégalomane par un tribunal de Salzbourg en 1924, Wiligut est hospitalisé, puis interné dans un asile psychiatrique, où il reste jusqu'en 1927.

Le maître à penser[modifier | modifier le code]

En 1932, Wiligut quitte famille et amis et s'installe à Munich, où il jouit d'une certaine notoriété, notamment auprès des membres de la société de l'Edda, fondée en 1925 par Rudolf John Gorsleben[6]. Il côtoie Frieda Dorenberg, Ernst Rüdiger Starhemberg et rencontre le Reichsführer-SS Heinrich Himmler à une conférence de la Nordische Gesellschaft, une association culturelle exaltant les valeurs germano-scandinaves. Ses théories sur les valeurs germaniques archaïques lui valent un accueil enthousiaste parmi les membres du NSDAP. Il est présenté à Himmler au mois de septembre 1933. Puis, en 1934, promu au grade de SS-standartenführer, colonel SS, par Himmler en personne, Wiligut se voit confier des recherches sur la préhistoire des peuples germaniques[6].

Devenu référent mythologique du Reichsführer-SS, Wiligut intègre durant le printemps 1935 l'état-major particulier de Himmler; à cette occasion, il est promu SS-Brigadeführer, général de brigade SS, en 1936. Il conseille le port du SS-Ehrenring, l'anneau à tête de mort, pour tous les membres des SS[6] et il fait de Wewelsburg, la première forteresse SS[6].

Mais en 1939, le passé salzbourgeois de Wiligut ayant refait surface, il tombe dans une relative disgrâce. Wiligut séjourne alors à Aufkirchen, à Goslar en 1940, près du lac de Wörthersee en 1943, et enfin à Arolsen, dans la Hesse, où il décède le 3 janvier 1946, dans l'anonymat.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Armin Mohler: Die Konservative Revolution in Deutschland 1918–1932. Ein Handbuch. Ergänzungsband. Mit Korrigenda zum Hauptband. Darmstadt, 1989 (pp. 90-92).
  2. Notice d'autorité sur Katalog der Deutschen Nationalbibliothek
  3. a, b et c Hans-Jürgen Lange : Weisthor - Karl-Maria Wiligut - Himmlers Rasputin und seine Erben, Arun, 1998.
  4. Peter Longerich: Heinrich Himmler. Biographie. Siedler, Munich, 2008 (p. 293)
  5. Irmin était le dieu de la guerre du peuple saxon
  6. a, b, c et d Christian Bouchet: Karl Maria Wiligut le Raspoutine d'Himmler, Sonnenwende, Avatar Editions, 2007. (pp.27-28).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Christian Bouchet: Karl Maria Wiligut le Raspoutine d'Himmler, Sonnenwende, Avatar Éditions, 2007
  • Hans-Jürgen Lange : Weisthor - Karl-Maria Wiligut - Himmlers Rasputin und seine Erben, 1998.
  • Peter Longerich, Himmler : L'éclosion quotidienne d'un monstre ordinaire [« Heinrich Himmler. Biographie »], Paris, éditions Héloise d'Ormesson,‎ 2010, 917 p. (ISBN 978-2-35087-137-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Rudolf J. Mund: Der Rasputin Himmlers, Vienne, 1982
  • Wiligut, Karl Maria: The Secret King: Karl Maria Wiligut, Himmler's Lord of the Runes. Dominion, 2001.

Voir aussi[modifier | modifier le code]