bell hooks

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bell hooks

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bell hooks en novembre 2009

Nom de naissance Gloria Jean Watkins
Alias
bell hooks
Naissance 25 septembre 1952
Hopkinsville, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Profession intellectuelle et militante féministe
Famille
Père : Veodis Watkins
Mère : Rosa Bell Watkins

Gloria Jean Watkins, connue sous son nom de plume bell hooks, née le 25 septembre 1952, est une intellectuelle, féministe, et militante des États-Unis. Elle s'intéresse particulièrement aux relations existantes entre race, classe et genre, et sur la production et la perpétuation des systèmes d'oppression et de domination se basant sur eux. Elle a publié plus de trente livres et plusieurs articles dans des publications universitaires ou dans la presse généraliste, elle est apparue dans plusieurs films documentaires, et a participé à des conférences publiques. Principalement à partir d'une perspective féministe et afro-américaine, hooks traite de la race, de la classe et du genre dans l'éducation, l'art, l'histoire, la sexualité, les médias de masse, et le féminisme.

Nom de plume[modifier | modifier le code]

Hooks a forgé son pseudonyme à partir des noms de sa mère et de sa grand-mère. Son nom emploie des initiales minuscules, de manière non-conventionnelle, ce qui signifie pour elle que le plus important dans ses travaux est la « substance des livres, pas ce que je suis »[1].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Hooks est née Gloria Jean Watkins le 25 septembre 1952 à Hopkinsville (Kentucky). Elle a grandi dans une famille de la classe ouvrière parmi cinq sœurs et un frère. Le père de Hooks, Veodis Watkins, était un gardien, et sa mère, Rosa Bell Watkins, était femme au foyer. Elle fut élevée dans une famille difficile dans une communauté noire. Elle écrit que l'expérience de grandir pauvre, noire, et femme a eu un profond impact sur elle et continue de nourrir son écriture et son engagement.

L'éducation de hooks a eu lieu dans des écoles publiques soumises à la ségrégation, et elle parle de l'extrême difficulté de passer à une école d'intégration raciale, où les enseignants et les élèves étaient majoritairement blancs. Elle a reçu son diplôme au lycée de Hopkinsville, puis reçu sa licence d'anglais à l'université Stanford en 1973, et sa maîtrise en arts, toujours en anglais, à l'université du Wisconsin en 1976. En 1983, après plusieurs années d'enseignement et d'écriture, hooks a terminé son doctorat au département de littérature de l'université de Californie à Santa Cruz, avec une thèse sur la romancière Toni Morrison.

Carrière[modifier | modifier le code]

Hooks a commencé à enseigner en 1976 en tant que professeur d'anglais et maître de conférences en études ethniques à l'université de Californie du Sud. Elle y reste trois ans, durant lesquels Golemics (Los Angeles) publia son premier livre, une plaquette de poèmes intitulée And There We Wept (« Et là nous avons pleuré », 1978), sous son nom de plume, bell hooks.

Elle a enseigné dans plusieurs institutions universitaires au début des années 1980, y compris à l'université de Californie à Santa Cruz et à l'université d'État de San Francisco. South End Press (Boston) publia son premier ouvrage important, Ain’t I a Woman ? : Black Women and Feminism en 1981, écrit lorsqu'elle faisait ses études. Depuis sa publication, il a obtenu une large renommée en tant que contribution à la pensée féministe moderne.

Ain’t I a Woman ? aborde plusieurs thèmes récurrents dans son œuvre : l'histoire et l'impact du sexisme et du racisme sur les femmes noires et la dévalorisation de la féminité noire qui en découle ; le rôle des médias, du système éducatif, et des systèmes de suprématie capitaliste patriarcale blanche dans la marginalisation des femmes noires ; le dénigrement des femmes noires et le mépris envers les problématiques de race, classe et genre au sein du féminisme.

Depuis la publication de Ain’t I a Woman ?, hooks est devenue connue comme penseuse politique de gauche. Hooks essaie d'atteindre une large audience en présentant son travail à travers plusieurs médias, en employant différentes manières de parler et d'écrire suivant le public.

Les sujets de ses livres vont des hommes noirs et de la masculinité à l'auto-défense, de la pédagogie engagée aux mémoires personnels, et de la sexualité à la lecture politique de la culture visuelle. Dans ses écrits les plus récents, elle traite de la capacité de la communauté et de l'amour à dépasser la race, la classe et le genre. Avec trois romans et quatre livres pour la jeunesse, elle tente de prouver que la communication et la culture (l'aptitude à lire, écrire, et avoir une pensée critique) est la clé du développement de communautés et de relations saines, qui ne soient pas contaminées par la race, la classe ou le genre.

Elle a rempli les postes de professeur d'études africaines et afro-américaines et d'anglais à l'université Yale, de maître assistante d'études féminines et de littérature américaine à Oberlin College à Oberlin, Ohio, et de Distinguished Lecturer of English Literature au City College of New York.

Hooks a fait un discours de remise des diplômes controversé en 2002 à la Southwestern University, qui était alors son employeur. Laissant de côté le style traditionnel des discours d'entrée, hooks a parlé de l'oppression et de la violence cautionnées par le gouvernement, et a tancé les étudiants qui suivaient le courant. Une bonne partie des auditeurs a hué ce discours, bien que « plusieurs étudiants diplômés soient passés devant le principal pour serrer la main de hooks ou l'étreindre »[2].

En 2004, hooks a rejoint la faculté de Berea dans le Kentucky, comme professeur émérite en résidence[3], où elle a participé à un groupe de discussion féministe hebdomadaire, et à un séminaire, « Building Beloved Community: The Practice of Impartial Love » (Construire une communauté aimée : la pratique de l'amour impartial).

Influences[modifier | modifier le code]

Les influences de hooks comprennent la féministe abolitionniste Sojourner Truth (dont le discours Ain't I a Woman ? a inspiré le premier ouvrage majeur de hooks), l'éducateur brésilien Paulo Freire (dont hooks reprend les théories sur l'éducation dans son éducation engagée), le théologien Gustavo Gutiérrez, la dramaturge Lorraine Hansberry, le bonze bouddhiste Thich Nhat Hanh, l'écrivain James Baldwin, le leader noir Malcolm X, et le leader du mouvement des droits civiques Martin Luther King[4].

Critiques provenant de conservateurs[modifier | modifier le code]

Des auteurs conservateurs ont critiqué hooks. David Horowitz a raillé son assertion selon laquelle « il est difficile de ne pas entendre dans l'anglais ordinaire le sempiternel son du massacre et de la conquête » (Teaching to Transgress, p. 169)[5]. Peter Schweizer l'accuse d'hypocrisie dans sa politique sexuelle[6], et Jamie Glazov (en), éditorialiste pour le journal de droite FrontPage Magazine l'accuse de faire des « diatribes haineuses venant du caniveau »[7].

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

  • Yearning: Race, Gender, and Cultural Politics: The American Book Awards/ Before Columbus Foundation Award (1991)
  • Ain’t I a Woman?: Black Women and Feminism: “l'un des vingt livres les plus influents des vingt dernières années écrits par une femme” selon Publishers Weekly (1992)
  • bell hooks: Prix de l'écrivain du Lila Wallace- Reader’s Digest Fund (1994)
  • Happy to Be Nappy: nomination du NAACP Image Award (2001)
  • Homemade Love: livre pour enfant de l'année pour The Bank Street College (2002)
  • Salvation: Black People and Love: Hurston Wright Legacy Award nominee (2002)
  • bell hooks : Utne Reader’s “les 100 visionnaires qui pourrait changer votre vie”
  • bell hooks : “l'un des intellectuels majeurs de la nation américaine” selon The Atlantic Monthly

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Apparitions filmées[modifier | modifier le code]

  • Black Is, Black Ain't (1994)
  • Give a Damn Again (1995)
  • Cultural Criticism and Transformation (1997)
  • My Feminism (1997)
  • I am a Man: Black masculinity in America (2004)
  • Voices of Power (1999)
  • Baadasssss Cinema (2002)
  • Writing About a Revolution: A talk (2004)
  • Happy to Be Nappy and other stories of me (2004)
  • Is Feminism Dead? (2004)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Heather Williams, « bell hooks Speaks Up », The Sandspur (2/10/06) (consulté le 10 septembre 2006)
  2. (en) Lauri Apple, « News: Hooks Digs In », The Austin Chronicle, 24 mai 2002.
  3. http://www.berea.edu/catalog/officers.asp
  4. Notes on IAPL 2001 keynote speaker, bell hooks
  5. "Top 10 Most Dangerous Academics in America," Human Events, February 13, 2006, p. 10
  6. Do as I Say (Not as I Do): Profiles in Liberal Hypocrisy (en) Peter Schweizer, Doubleday, 2005, p. 9
  7. bell hooks and the Politics of Hate

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

  • Florence, Namulundah. bell hooks' Engaged Pedagogy. Westport, CT: Bergin & Garvey, 1998. (ISBN 0-89789-564-9)
  • Leitch et al, eds. “bell hooks.” The Norton Anthology of Theory and Criticism. New York: W.W. Norton & Company, 2001. 2475-2484. ISBN 0-393-97429-4
  • South End Press Collective, eds. “Critical Consciousness for Political Resistance”Talking About a Revolution.Cambridge: South End Press, 1998. 39-52. ISBN 0-89608-587-2
  • Stanley, Sandra Kumamoto, ed. Other Sisterhoods: Literary Theory and U.S. Women of Color. Chicago: University of Illinois Press, 1998. ISBN 0-252-02361-7
  • Wallace, Michelle. Black Popular Culture. New York: The New Press, 1998. (ISBN 1-56584-459-9)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]