François Arago

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Arago.
François Arago
François Arago.
François Arago.
Fonctions
Chef de l'État français
de facto
9 mai28 juin 1848
Président du Conseil lui-même
Prédécesseur Jacques Charles Dupont de l'Eure
Successeur Louis Eugène Cavaignac
Président de la Commission exécutive
(27e chef du gouvernement)
9 mai28 juin 1848
(1 mois et 19 jours)
Chef de l'État lui-même
Gouvernement Commission exécutive
Législature Assemblée constituante
Prédécesseur Jacques Charles Dupont de l'Eure
Successeur Louis Eugène Cavaignac
Biographie
Date de naissance 26 février 1786
Lieu de naissance Estagel, Pyrénées-Orientales (France)
Date de décès 2 octobre 1853 (à 67 ans)
Lieu de décès Paris, France
Nationalité française
Parti politique Républicain modéré[1],[2],[3]
Diplômé de École Polytechnique
Profession Astronome et physicien
Religion catholique

Signature
Présidents du Conseil des ministres français

François Arago[4], né le 26 février 1786 à Estagel (Pyrénées-Orientales) et mort le 2 octobre 1853 à Paris, est un astronome, physicien et homme politique français.

Il est le plus célèbre des quatre frères Arago, les trois autres étant Jean (1788 - 1836), général au service du Mexique, Jacques (1790 - 1855), écrivain et explorateur et Étienne (1802 - 1892), écrivain et homme politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils aîné de François Bonaventure Arago, propriétaire terrien, maire d'Estagel et juge de paix du canton en 1790 puis directeur de l’Hôtel de la Monnaie à Perpignan en 1795, et de Marie Anne Agathe Roig, fille d'un paysan aisé de la région[5].

Carrière scientifique[modifier | modifier le code]

Il fait ses études secondaires au collège communal de Perpignan (actuel lycée François-Arago), puis ses études supérieures à l'École polytechnique (Promotion 1803). Remarqué par Gaspard Monge et Laplace, il est nommé en 1805 secrétaire-bibliothécaire de l'Observatoire de Paris. En 1806, il est envoyé en Espagne avec Jean-Baptiste Biot pour poursuivre le relevé du méridien de Paris. Pris dans la guerre d'Espagne, il est fait prisonnier, s'évade plusieurs fois, et rentre en héros à Paris en 1809. Cela lui permet d'être élu membre de l'Académie des sciences le 18 septembre 1809, à seulement vingt-trois ans[6].

La même année, il est choisi par Monge pour le suppléer comme professeur de géométrie analytique à l'École polytechnique ; il prend le titre de professeur adjoint (de Monge) en 1812 (il restera vingt ans professeur à Polytechnique, démissionnant en 1830, après avoir été nommé Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences). En 1816, il crée un cours original d'« arithmétique sociale », donnant aux élèves des notions de calcul des probabilités, d'économie mathématique et de démographie[7].

Parallèlement, il poursuit sa carrière à l'Observatoire de Paris, qui dépend du Bureau des Longitudes. Après avoir été secrétaire-bibliothécaire, il est nommé membre adjoint du Bureau en 1807 ; il devient membre titulaire en 1822, à la mort de Delambre. En 1834, il prend le titre, dont il avait proposé la création au Bureau, de « Directeur des observations à l'Observatoire de Paris », que dirigeait l'astronome Alexis Bouvard). À la mort de Bouvard, en 1843, il prend la direction de l'Observatoire jusqu'à sa mort.

La mort de son épouse, en août 1829, est parfois avancée comme l'une des raisons qui le poussent à se tourner vers la vie publique[réf. nécessaire], tant sur le plan scientifique que politique. Il est élu Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences le 7 juin 1830, puis remporte ses premiers mandats électoraux (conseiller général de la Seine en septembre 1830, député des Pyrénées-Orientales en juillet 1831).

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Tombe d'Arago au Père Lachaise.

Arago a aussi joué un grand rôle politique. Il remporte ses premiers mandats électifs en 1830-1831. Il fut pendant les Trois Glorieuses colonel de la Garde nationale, puis, sous l'influence de son frère Étienne plus radical, une des figures du parti républicain pendant la monarchie de Juillet[8]. Après la révolution de 1848, il a été ministre de la Guerre, de la Marine et des Colonies dans le gouvernement provisoire de la Seconde République, mis en place par Lamartine puis président de la Commission exécutive, assumant de fait durant un mois et demi une charge proche de celle de Chef de l'état[9]. Il a contribué à ce titre à l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. Il refuse par la suite de prêter à Louis-Napoléon Bonaparte le serment de fidélité exigé des fonctionnaires et préfère démissionner de son poste au Bureau des Longitudes. Le Prince-Président refuse sa démission, le dispensant implicitement du serment d’allégeance. Après le Coup d'État de 1852 qui aboutit à la création du Second Empire, il démissionne de ses fonctions. Napoléon III demande à ce qu'il ne soit pas inquiété. Malade, souffrant de diabète et de diverses affections, Arago meurt l'année suivante. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 4).

La Royal Society lui décerne la médaille Copley en 1825, puis la Médaille Rumford en 1850.

Ses travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

L'expérience d'Arago (1810)[modifier | modifier le code]

Les premiers travaux de physique d'Arago concernent l'optique. Il fait en 1810 une expérience importante, qu'il présente oralement à l'Académie des sciences le 10 décembre 1810 (il ne la consignera par écrit que juste avant sa mort, plus de quarante ans plus tard) : il s'agissait de mesurer la vitesse de la lumière venant des étoiles, en comparant la valeur le matin à h et le soir à 18 h. Étant donné qu'on n'observe pas d'étoiles pendant la journée, Arago faisait son expérience à ces heures-là. À h, quand on observe une étoile au zénith, la Terre s'en approche, on devrait mesurer c + V, où V est la vitesse de rotation de la Terre autour du Soleil ; à 18 h, pour une autre étoile au zénith, la Terre s'en éloigne, on devrait mesurer c - V. Or l'expérience est négative, on mesure c dans les deux cas : cette première expérience négative ouvrira la voie à la théorie de la relativité.

Travaux en optique[modifier | modifier le code]

Arago, d'abord adepte de la théorie corpusculaire de la lumière, est convaincu par la théorie ondulatoire de son collègue Fresnel, qu'il aidera pour faire ses expériences à l'Observatoire ou présenter ses résultats à l'Académie des sciences. Avec Biot, il détermine l'indice de réfraction de l'air et d'autres gaz.

Autres[modifier | modifier le code]

Buste par David d'Angers

En 1825, il est chargé avec Dulong de déterminer la tension de la vapeur d'eau à des pressions dépassant 3 MPa, soit 30 atm. Ses autres études sont consacrées à l'astronomie, au magnétisme et à la polarisation de la lumière. Il détermine, par exemple, le diamètre des planètes et a expliqué entre autres la scintillation des étoiles à l'aide du phénomène des interférences.

Touche à tout, il se mêle aux expériences de mesure de la vitesse du son et étudie les cuves sous pression. Il fait creuser le premier puits artésien de Paris par Louis-Georges Mulot, dans la cour de l'abattoir de Grenelle, dans l'actuel quinzième arrondissement. Il inspire à Foucault son expérience des miroirs tournants, qui permettra de mesurer la vitesse de la lumière avec précision.

Conscient de l'importance potentielle du procédé en astronomie, il promeut la photographie alors naissante en soutenant le daguerréotype mis au point par Louis Daguerre : en janvier 1839, il présente devant l'Académie des sciences et l'Académie des Beaux-Arts réunies les premiers clichés.

Travaux de vulgarisation[modifier | modifier le code]

Arago est un orateur redoutable, capable de défaire les plus brillants contradicteurs. Il est aussi pédagogue et grand vulgarisateur scientifique. Afin de faire connaître les travaux de l'Académie des Sciences, il crée en 1835 les Comptes rendus de l'Académie des Sciences, qui existent toujours. Avant Arago, il n'y avait pas de transcription écrite des séances de l'Académie. Il donne aussi, de 1813 à 1846, un cours public d'astronomie populaire[10], qui remporte un immense succès. Ce sont ces cours qui donnent naissance à son Astronomie populaire en quatre tomes, parue à titre posthume en 1864. Dans l'« Avertissement » qui ouvre le premier tome, Arago explique ainsi son projet : « Je maintiens qu’il est possible d’exposer utilement l’astronomie, sans l’amoindrir, j’ai presque dit sans la dégrader, de manière à rendre ses plus hautes conceptions accessibles aux personnes presque étrangères aux mathématiques ».

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Le 11 septembre 1811, Arago épouse Lucie Carrier-Besombes ; le couple aura trois fils :

  • Emmanuel Arago (1812-1896), avocat et homme politique républicain, brièvement ministre pendant le siège de Paris en 1870 ;
  • Alfred Arago (1815-1892), peintre et Inspecteur général des beaux-arts ;
  • Gabriel Arago (1817-1832).

Il était le beau-frère du physicien Alexis Petit (leurs femmes étaient sœurs) et de l'astronome Claude-Louis Mathieu.

Un de ses petit-fils, Pierre Jean François Arago, fils d'Emmanuel Arago, a été député des Alpes-Maritimes sous la Troisième République.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Œuvres d'Arago[modifier | modifier le code]

François Arago
Statue de François Arago à Estagel.
  • Mémoire sur la vitesse de la lumière, lu à la première Classe de l’Institut, le 10 décembre 1810, en ligne et commenté sur le site BibNum
  • Astronomie populaire, publiée d'après son ordre sous la direction de M. J.-A. Barral. Texte en ligne sur Gallica : tome 1, tome 2, tome 3, tome 4
  • Leçons d'astronomie professées à l'Observatoire royal. Texte disponible en ligne sur IRIS

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Son nom se trouve dans la liste des soixante-douze noms de savants inscrits sur la tour Eiffel ; par ailleurs, un monument parisien lui est spécialement consacré : l'« hommage à Arago ».

Son nom a été donné :

  • à un astéroïde (1005 Arago) ;
  • à une coupole et à la lunette de 38 cm de diamètre et de 9 m de focale qu'elle abrite à l'Observatoire de Paris ;
  • au plus ancien lycée de Perpignan, successeur du collège où il a été élève ;
  • à la Promotion 2008-2011 de ce lycée, à l'occasion de son bicentenaire ;
  • à un lycée de Paris, dans le XIIe arrondissement ;
  • à un amphithéâtre de l’École polytechnique, lorsqu'elle était au 5, rue Descartes à Paris, et depuis 1976 à Palaiseau ;
  • à de nombreuses voies urbaines.
François Arago
Statue de François Arago à Perpignan.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les papiers personnels de François Arago et de sa famille sont conservés aux Archives nationales sous la cote 348AP[12]. Ils sont consultables sous forme de microfilms.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] Ronald Gosselin, Les almanachs républicains, traditions révolutionnaires et culture politique des masses populaires de Paris 1840-1851, Éditions L'Harmattan, 1992
  2. [2] Dictionnaire de l'Histoire de France, Éditions Larousse, 2005
  3. [3] Ministère de la Culture, Célébrations nationales, 2003
  4. Pour l'état civil : Dominique François Jean Arago ; en catalan : Francesc Joan Domènec Aragó, François étant son prénom usuel.
  5. James Lequeux, François Arago, un savant généreux, EDP Sciences,‎ 2008 (lire en ligne), p. 30-31
  6. James Lequeux, op. cité, p. 43
  7. James Lequeux, op. cité, p. 386
  8. James Lequeux, op. cité, p. 54
  9. Maurice Agulhon, 1848 ou l’apprentissage de la république, Paris, Points-Seuil, 1992, p. 36-42
  10. [4] François Arago, Jean-Augustin Barral : Astronomie populaire, Paris, 1857
  11. Généastar : Ascendants de Dominique "François" Jean ARAGO
  12. Archives nationales

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :