Le Zoute

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51° 21′ 10″ N 3° 18′ 16″ E / 51.3527, 3.3044 ()

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Aire d'enfants dans le complexe d'une plage privée au Zoute
Vue de la digue du côté ouest. Une sculpture de Niki de Saint Phalle est visible à droite.

Le Zoute (Het Zoute en néerlandais) fait partie de la commune de Knokke-Heist, en Belgique. Située à quelques kilomètres à peine de la frontière belgo-néerlandaise, c'est une des stations balnéaires les plus fréquentées de la côte belge. Knokke-Le Zoute est souvent considéré comme la station balnéaire la plus mondaine d'Europe du Nord.

Économie[modifier | modifier le code]

Le Zoute est une cité riche, où l'on ne paie pas d'impôts locaux, et où les nombreuses boutiques de luxe et restaurants drainent des milliers de visiteurs comme en témoigne le nombre important d'hôtels[1] malgré la petitesse de la commune.

Une station balnéaire réputée pour son snobisme[modifier | modifier le code]

La plus chic des stations belges, parfois appelée la Saint-Trop du Nord, s'enorgueillit de villas du début du XXe siècle, de style anglo-normand, de bars branchés, de restaurants huppés, de plages privées, de son casino et de ses cinquante-neuf galeries d'art.

Pour préserver le prestige de la station balnéaire, le comte Leopold Lippens, bourgmestre de Knokke, a mené des actions de dissuasion dans les années 1980 contre les nombreux "frigobox", c’est-à-dire des personnes qui venaient passer des séjours d'une journée, souvent via le chemin de fer. Il a également proposé dans ce sens de déplacer la gare à plusieurs kilomètres de son emplacement actuel. La place Albert a été ironiquement baptisée par certains touristes Place m'as-tu-vu, car certains vacanciers aisés se plaisent à y être vus en faisant gronder les moteurs de leurs véhicules de luxe qui tournent inlassablement. Ce fait est souvent caricaturé dans les sketches de l'humoriste francophone Richard Ruben.[réf. nécessaire] De nombreuses personnalités belges possèdent une seconde résidence dans la station balnéaire ou ont pris l'habitude d'y séjourner durant les mois d'été, comme l'artiste Roger Nellens, le couturier Edouard Vermeulen ou l'acteur Jean-Claude Van Damme.

Historique[modifier | modifier le code]

  • La genèse
    L’histoire du Zoute est étroitement liée à l’histoire de la Compagnie du Zoute et de ses fondateurs, les Lippens. En 1784, l'ingénieur Philippe-François Lippens endigue le Zoute et les Polders qui sont conquis sur la mer et en 1800, il rachète 2500 hectares aux princes de Croÿ. Il s'agit de terres sur lesquelles il n'y a que des dunes et des lapins. À l'époque, Knokke comptait moins de mille habitants et personne ne connaissait cette partie du pays. Il n'y avait rien et les premiers touristes arrivaient avec le train jusque Blankenberge ou Heist, puis se déplaçaient à dos d'âne. Cette nature immaculée a attiré de nombreux peintres, tel Verwée.
    Le 1er mai 1908, la famille Lippens fonde la Compagnie du Zoute, dont la gestion est assurée par Raymond et Maurice Lippens. En créant cette compagnie, les Lippens évitaient une dispersion des propriétés de la famille. Dès le début de son existence, la compagnie va imposer une vision urbanistique et architecturale, visant à protéger le paysage typique de la région. Mais, la famille Lippens ne s’était pas lancée seule dans cette aventure, en effet, d'autres familles de propriétaires fonciers, telle la famille Piers de Raveschoot ont également contribué a la fondation de la compagnie.
Le Zoute avant la Première Guerre mondiale
  • Les bienfaits du littoral
    C’est au début du XXe siècle, que des ressortissants britanniques ont joué un rôle important dans l’épanouissement du Zoute, notamment, en allant s'établir le long du littoral, sur le continent. Car à cette époque, la qualité de l’air marin était reconnue et les nantis d’origine britannique recherchaient une certaine qualité de vie. Ces Britanniques émigrés importaient vers l'autre rivage de la mer du Nord leurs sports nationaux, tel le tennis et le golf, comme en témoigne encore aujourd’hui, le Royal Tennis Club du Zoute et le Royal Zoute Golf Club. Il existe également, à Knokke, une petite église anglicane, vestige de cette époque révolue. La famille Lippens a vite entrevu l’opportunité touristique, que pouvait constituer ce nouveau phénomène, ainsi que l'intérêt porté par l'élite francophone du pays pour ce mode de vie, et a su l’exploiter.
  • Une conception urbanistique de charme
    En tant que concepteur urbanistique, mais aussi lotisseur, la Compagnie du Zoute avait imposé des prescriptions très strictes, visant à « obtenir et protéger une vision architectural d’unité dans la diversité », comme il en est fait mention sur le site Internet de la compagnie. C’est depuis cette époque, que le Knokke-Le-Zoute a son aspect contemporain, c’est-à-dire un vaste ensemble de villas et d’immeubles résidentiels de style anglo-normand, situé à proximité d’une nature exceptionnelle.
    La compagnie a également été à l’origine des infrastructures de base, tel le réseau d’égouttage souterrain, mais aussi d’infrastructures récréatives, comme la piscine, le club de tennis, ou encore le golf. Ainsi, que des lieux de culte comme les différentes églises que l'on retrouve dans le Zoute.

Au cours du XXe siècle, de nombreuses personnalités de renommée nationale et internationale ont séjourné au Zoute, dont le Roi Léopold III, la Reine Élisabeth de Belgique et le président américain Herbert Hoover.

Culture[modifier | modifier le code]

Knokke–le-Zoute doit un certain rayonnement culturel à la présence de son casino, son centre culturel Scharpoord et ses nombreuses galeries d’art, dont plusieurs de renommée internationale.

Cette cité balnéaire est régulièrement un lieu de grandes expositions, notamment dans son casino. Man Ray, Picasso, Dali, Chagall, Ernst, César et beaucoup d'autres ont fréquenté les lieux, laissant d'ailleurs de nombreuses traces. Keith Haring, comme bien avant lui René Magritte et Paul Delvaux, a décoré les salles du casino, vaste paquebot construit par l'architecte René Stynen, en 1930. Récemment, la municipalité a retenu cinq architectes internationaux, dont le bureau parisien Jacob et MacFarlane, pour élaborer un nouveau projet, moderniste et audacieux, susceptible de drainer un tourisme culturel en plein développement et de permettre à ce haut lieu de prestige de continuer son expansion.

On trouve également dans le jardin de l'artiste et collectionneur Roger Nellens une maison en forme de dragon multicolore, réalisée par Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. Au fil des années, la municipalité a acquis des œuvres, ­ sculptures et installations d'un intérêt inégal et d'une originalité certaine que l'on peut découvrir en se promenant dans la ville.

Entre 1949 et 1974, se tint le premier et plus grand festival international de cinéma expérimental dénommé EXPRMNTL[2], conçu et organisé par Jacques Ledoux, conservateur de la Cinémathèque royale de Belgique. Ledoux voulait faire les choses en grand et inviter la presse, ce qui explique que seulement cinq éditions eurent lieu (en 1949, 1958 - celle-ci déplacée provisoirement à Bruxelles -, 1963, 1967 et 1974) durant ces années-là. En 1949, afin de marquer une continuité avec l'avant-garde des années 1920, les films réalisés avant 1940 n'étaient pas en compétition (L'Étoile de mer de Man Ray, Un Chien andalou de Luis Buñuel), ils avaient une fonction pédagogique. Le grand prix revint cette année-là à Motion painting n °1 d' Oskar Fischinger (1948), un pionnier des avant-gardes historiques établi aux États-Unis). En 1958, c'est Dom, du Polonais Walerian Borowczyk, qui remporte le grand prix, tandis que le jury distinguait Stan Brakhage pour l'ensemble de son œuvre débutante. En 1963, Die parallelstrasse (La Route parallèle, 1962) du cinéaste allemand Ferdinand Khittl obtient le Grand prix : c'est une œuvre singulière réalisée par trois des signataires du Manifeste d'Oberhausen (Ferdinand Khittl; Bodo Blüthner, scénariste et Ronald Martini, opérateur) [3], manifeste qui signe l'acte de naissance du Nouveau cinéma allemand (28 février 1962). En 1967, l'expérimental nord américain domine déjà, phénomène que consacre le festival en attribuant son grand prix à Wavelength, de Michael Snow, " De sa naissance en 1949 à sa disparition en 1974, EXPRMNTL fut le principal rendez-vous des cinéastes expérimentaux du monde entier, et une des très rares manifestations dévolues à ce genre marginal, le plus proprement cinématographique pour certains. Lieu de projection et de découverte des recherches menées dans la frange la plus radicale du cinéma, EXPRMNTL a joué un rôle de premier plan dans la promotion du genre."[4].

Chaque année, des spécialistes du dessin humoristique originaires de plus de soixante pays se rendent au Zoute afin d'y participer au Festival International du Dessin Humoristique. De juin à septembre, le rire emplit alors le centre culturel Scharpoord, où les caricatures de l'actualité internationale sont exposées.

Environnement[modifier | modifier le code]

Vue depuis l'approach golf du Zoute.

La réserve naturelle du Zwin, une zone de prés salés, où nichent les cigognes et, où, les zwinnebloemen, des fleurs rares, couvrent le sol d'un tapis violet en été, à proximité du Zoute offrent notamment des possibilités de promenades à pied et à vélo.

Le Zoute présente des villas cossues de couleur blanche, des rues sinueuses et des parcours de golf.

Le Royal Zoute Golf Club compte parmi les plus prestigieux golfs d'Europe. En 1992 et 1993, son parcours a été élu le meilleur d'Europe. Sa situation, parmi les anciennes dunes du Zoute, est extraordinaire. D'après nombre de golfeurs professionnels, la qualité du terrain est réellement exceptionnelle. Il possède deux parcours de 18 trous, qui ont été dessinés par l'architect HS Colt, et il a eu l'honneur d'accueillir plusieurs Open de Belgique.

De nombreuses opérations de spéculations immobilières entâchent l'urbanisme de certaines parties de la station balnéaire. Le long de la digue de mer (Zeedijk) les constructions traditionnelles ont tendance à faire place à d'imposants immeubles à appartements ou studios pour locations estivales.

Chanson[modifier | modifier le code]

Jacques Brel a chanté Knokke-Le-Zoute dans La chanson de Jacky et Knokke-Le-Zoute Tango. La station balnéaire y apparaît comme le lieu du monde, bout du monde où l'artiste désabusé vient finir sa carrière et sa vie amoureuse. Il y a également donné un concert au casino en 1963. En 1979, Jules Vanobbergen mieux connu sous le pseudonyme Le Grand Jojo ou Lange Jojo chez les néerlandophones fait référence à Knokke-Le-Zoute dans son oeuvre musicale "on a soif!".

Notes et références[modifier | modifier le code]

La station est desservie par le Tramway de la côte belge. La carte date de l'Entre deux guerres
  1. (en) « Hotels de Knokke le Zoute »
  2. http://www.cinergie.be/article.php?action=display&id=751, article sur le Festival international du cinéma expérimental de Knokke-le-Zoute en milieu de page
  3. http://www.choses-vues.com/blog/2009/07/die-parallelstrasse-les-surrealistes-et-le-cinema-2/
  4. Xavier Garcia Bardon, EXPRMNTL, Festival hors normes Knokke 1963, 1967, 1974, Revue belge du Cinéma n ° 43, décembre 2002, page 6

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]