Pierre Bergé

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'entrepreneur du luxe. Pour le physicien français, voir Pierre Bergé. Pour d'autres homonymes, voir Bergé.

Pierre Bergé

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Pierre Bergé en septembre 2012.

Naissance 14 novembre 1930 (83 ans)
Saint-Pierre-d'Oléron
Nationalité Française
Profession Dirigeant d'entreprise
Conjoint

Pierre Bergé est un entrepreneur en confection de luxe, un homme d'affaires, et un mécène français, né le 14 novembre 1930 à Arceau, sur l'île d'Oléron.

Compagnon d'Yves Saint Laurent, qu'il aide à fonder la maison de couture du même nom, il est élu en 1974 président de la Chambre syndicale des couturiers et créateurs de mode. De 1977 à 1981, il dirige le théâtre de l'Athénée puis préside l'Opéra Bastille de 1988 à 1993, année où il est nommé « ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO ». Soutien médiatique et financier du Parti socialiste, il est également militant de la cause homosexuelle et de la lutte contre le sida, cofondateur de l'association Sidaction dont il est aujourd'hui président. Il était propriétaire du magazine Têtu jusqu'en janvier 2013. En 2010, il prend le contrôle du quotidien Le Monde, conjointement avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse, au travers d'une recapitalisation du groupe.

En 2011, Pierre Bergé possède une fortune estimée à 120 millions d'euros[1].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Pierre Vital Georges Bergé[2] est né à Arceau, hameau situé dans la commune de Saint-Pierre-d'Oléron. Sa mère Christiane est soprano amateur et institutrice, adepte de la pédagogie Montessori. Son père est fonctionnaire des contributions. Il obtient son baccalauréat au lycée Eugène-Fromentin à La Rochelle[2].

Le diplôme obtenu, il part pour Paris avec l'idée d'être journaliste ou écrivain[2]. Le 18 octobre 1948, jour de son arrivée dans la capitale, alors qu'il se promène sur les Champs-Élysées, le poète Jacques Prévert chute devant lui depuis la fenêtre d'un immeuble[3]. Il s’intéresse très jeune à la littérature, arrive à Paris en 1948 et devient marchand de livres en éditions originales. Il fréquente Mac Orlan, Cocteau – dont il est aujourd’hui titulaire du droit moral sur l’œuvre – Aragon, Albert Camus, Sartre, Breton. Il rencontre en 1950 le peintre Bernard Buffet, dont il devient le compagnon et gère la carrière pendant huit ans, et Jean Giono qui occupera dans sa vie une place très importante. Reçu par Giono, à Manosque, il ébauche quelques bribes d'une biographie, pas très concluante.

Portrait de Bernard Buffet par Reginald Gray. Paris.1964.

À 19 ans, tenté par l'objection de conscience et pétri de lectures libertaires, il fonde le journal Patrie mondiale avec Garry Davis, le porte-parole des « Citoyens du Monde ». Deux numéros seulement paraîtront[N 1].

Maison de couture Yves Saint Laurent[modifier | modifier le code]

En 1958, il rencontre Yves Saint Laurent avec lequel il entretiendra une relation amoureuse[5] quelque temps après. Il entreprend en 1960 de gérer la carrière du jeune homme, de six ans son cadet, alors styliste chez Dior et dont la première collection « Trapèze », a eu une forte influence dans l'univers de la mode.

Article détaillé : Yves Saint Laurent (Dior).

Yves Saint Laurent restera peu de temps chez Dior car, sursitaire, il est appelé sous les drapeaux. Il demande à être réformé et est hospitalisé[6]. Il est licencié par Jacques Rouët le Directeur Général qui, pro Algérie Française, ne partageait pas ce refus d'aller au combat[6]. Marc Bohan le remplace chez Dior. Yves Saint Laurent décide alors, avec Pierre Bergé, d'ouvrir sa propre maison de couture.

Il trouve en J. Mack Robinson, à Atlanta (Géorgie), la personne qui lui fournit les fonds nécessaires à la création de la maison de couture Yves Saint Laurent, dont Pierre Bergé aura été l'artisan. Dès 1962, il s'attelle à reconquérir, dollar après dollar (suite au découvert consenti à la First national City Bank), la griffe Saint Laurent cédée par nécessité financière à l'étranger.

En 1966, voulant diversifier leurs activités en parallèle de la haute couture et s'affirmant dans la tendance de ces années là, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé fondent avec Didier Grumbach Saint Laurent rive gauche, le prêt à porter de luxe, selon la formule suivante : modèles dessinés par le créateur, réalisés par un industriel extérieur, et diffusés dans un réseau de boutiques franchisées.

Dans les coulisses des collections, les mannequins tremblent, dirigées d'une main de fer par ce patron de gauche qui se flatte d'avoir évité syndicats, comité d'entreprise et grèves, mais distribue une fois par an, sous forme de prime, une véritable manne. La maison Yves Saint Laurent défile volontiers à la Fête de l'Humanité. À l'extérieur, il a aussi la rancune tenace avec les journalistes et la procédure judiciaire tatillonne, notamment pour contrefaçon (affaire Jacques Esterel en 1979…).

Il est élu en 1974 président de la Chambre syndicale des couturiers et créateurs de mode, et crée en 1986 l’Institut français de la mode, centre de formation et d’expertise des professionnels de la mode et du textile, dont il assure toujours la présidence.

En 1994, Pierre Bergé est condamné à trois millions de francs d'amende pour délit d'initié par la Commission des opérations de bourse (COB), ramené à un million de francs en appel : en 1992, il a en effet vendu des actions Yves Saint Laurent juste avant la publication de résultats économiques alarmants au sujet de la société[7],[8]. Cette jurisprudence marque pour la COB la compétence de sanction des délits d'initié, y compris si les transactions ont eu lieu à l'étranger pour des actions cotées en France[9]. Au pénal, il obtient un non-lieu en 1995[10].

L'activité de haute couture de la Maison Yves Saint Laurent ferme ses portes en 2002, à la suite du retrait du couturier ; Pierre Bergé rachète l'activité pour un euro afin d'assurer au mieux le plan social[11].

Il signe un pacte civil de solidarité (PACS) avec Yves Saint Laurent, au domicile de ce dernier, peu de temps avant la mort du couturier, dont il devient aussi héritier légal[12].

Pierre Bergé est aujourd’hui président de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, reconnue d’utilité publique en 2002, dont les missions sont la conservation de l’œuvre d’Yves Saint Laurent, l’organisation d’expositions et le soutien d’activités culturelles et éducatives. La Fondation est inaugurée en 2004 avec l'exposition Yves Saint Laurent, Dialogue avec l'art.

Des années 1980 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Pierre Bergé en 1998.

Passionné de théâtre et d’opéra, Pierre Bergé rachète en 1977 le théâtre de l’Athénée – Louis Jouvet, qu’il dirige jusqu’en 1982, avant de le céder à l’État. Il crée sous les combles une petite salle conçue par Jacques Grange baptisée du nom de Christian Bérard, et consacrée au théâtre d’essai. Sous sa direction, le théâtre alterne les pièces classiques avec la découverte de nouveaux talents. Il programme, avec Danièle Cattand, les Lundis musicaux de l’Athénée où se succèdent les plus grandes voix du monde jusqu’en 1989. Pierre Bergé produit des spectacles de Peter Schaffer, Antoine Vitez, Claude Régy, Marguerite Duras, Peter Brook, Robert Wilson et des concerts de John Cage et Philip Glass. Il est nommé en 1988 président de l’Opéra national de Paris, poste qu’il conserve jusqu’en 1994, avant d’en devenir président d’honneur.

En 2000, il devient PDG de la brasserie de luxe parisienne « Prunier », spécialisée dans le caviar français. En 2001, il crée à Paris, rue Drouot, une société de vente volontaire, la Maison Pierre Bergé et associés, qui dispose également d'une antenne à Bruxelles, sur la place du Grand Sablon.

Depuis 2004, il est président du Comité Pierre Mac Orlan, et est à ce titre titulaire exclusif du droit moral de Pierre Mac Orlan et délivre donc les autorisations d'exploitation de l'œuvre de Mac Orlan[13].

Après l’ouverture de la Maison Cocteau à Milly-la-Forêt en juin 2010, organisée par le Comité Cocteau dont Pierre Bergé assure la présidence, il engage en 2011 le projet de restauration de la Maison Zola à Médan et la création du musée Alfred-Dreyfus par l’Association Maison Zola – Musée Dreyfus dont il est également le président.

Engagements politiques[modifier | modifier le code]

En 1984, il rencontre François Mitterrand, avec qui il se lie d’amitié et qu'il soutient à l’élection présidentielle. Quatre ans plus tard, il participe à tous ses meetings de campagne (contrairement à 1981). Pierre Bergé est aujourd'hui Président des Amis de l'institut François-Mitterrand.

En 1995, il soutient Jacques Chirac à l'élection présidentielle.

En 2001 et 2008, pour les élections municipales, il soutient officiellement la gauche parisienne, menée par Bertrand Delanoë (PS).

Il soutient Ségolène Royal pour la présidentielle 2007 et était présent à Villepinte lors de la présentation de son « pacte présidentiel », le 11 février 2007. Son soutien est aussi financier : il prend en charge le loyer du siège de l'ex-candidate à l'élection présidentielle (un appartement de 150 m2 boulevard Raspail, dans le 6e arrondissement de Paris)[14]. Pierre Bergé a créé l'Association des Amis de Ségolène Royal en février 2008 qui lui permet d'occuper pour une somme symbolique des locaux au cœur du 6e arrondissement[15]. Mais, le 3 mars 2011, il décide d'arrêter de financer son bureau qui se trouvait dans le 6e arrondissement. Le 22 mars 2011, il confirme son soutien à la candidature de Ségolène Royal à la primaire présidentielle socialiste de 2011[16] mais affirme ne plus pouvoir la soutenir financièrement puisqu'à compter du 1er avril 2011 commence l'année pré-électorale et qu'il sera interdit de donner plus de 7 500 € à un candidat à l'élection présidentielle[16].

En 2009, il soutient Vincent Peillon et son courant L'Espoir à gauche et son Rassemblement social, écologique et démocrate, selon le Figaro[17].

Le 17 décembre 2012, il prend position en faveur du mariage homosexuel et soutient la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui pour les couples homosexuels. Il déclare « Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l'adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? C'est faire un distinguo qui est choquant ». Ces propos sont vivement critiqués dans les semaines qui suivent[18].

Presse et médias[modifier | modifier le code]

Pierre Bergé est présent depuis les années 1980 dans les médias.

Globe[modifier | modifier le code]

Il lance début 1987 le magazine Globe, qui soutient la candidature de François Mitterrand en 1988. En 1993, il aide au lancement du magazine Globe Hebdo qui, déficitaire, stoppera ses activités en 1994.

Têtu, Pink[modifier | modifier le code]

Il fonde en 1990, avec Jacques Rosselin, Courrier international, puis le magazine gay Têtu en 1995, dont il envisageait de se désengager début 2011[19]. Il fut également l'un des actionnaires de Pink TV, chaîne de télévision à péage ciblant un public homosexuel, avant de se retirer.

Le Groupe La Vie - Le Monde[modifier | modifier le code]

En juin 2010, il s'associe avec Xavier Niel et Matthieu Pigasse pour prendre une participation majoritaire dans le groupe La Vie-Le Monde (Le Monde, Courrier international, Télérama…). En septembre 2010, il fait voter une augmentation de capital, ainsi que la perte de contrôle du groupe par ses salariés actionnaires et internes (dont notamment les journalistes).

Le 15 décembre 2010, Pierre Bergé devient président du conseil de surveillance du Monde SA et de la SEM (Société éditrice du Monde), en remplacement de Louis Schweitzer.

En contre-partie de cette évolution capitalistique, une Charte d'éthique et de déontologie du Groupe La Vie - Le Monde, est adoptée, annexée aux statuts de la société éditrice et signée par chacun des actionnaires, qui garantit l'indépendance et la liberté des rédactions par rapport aux actionnaires. Il y est notamment précisé que « l'indépendance éditoriale...à l'égard de ses actionnaires… est la condition nécessaire… Aucun texte ne peut leur être imposé, aucune orientation ne peut leur être dictée…[20] »

Depuis le rachat du groupe Le Monde, plusieurs incidents émaillent les relations entre Pierre Bergé et les rédactions. Ainsi, début mars 2011, dans un courrier électronique adressé à Erik Izraelewicz, directeur du Monde, il dénonce un article consacré à François Mitterrand, comme « immonde, à charge, digne d’un brûlot d’extrême droite », une « honte qui n’aurait jamais dû être publié ». Il ajoute : « je regrette de m’être embarqué dans cette aventure. Payer sans avoir de pouvoirs est une drôle de formule à laquelle j’aurais dû réfléchir ! Je considère que contrairement à ce que j’ai VOULU et à ce qu’ils prétendent, les journalistes du Monde ne sont pas libres mais prisonniers de leurs idéologies, de leurs règlements de compte, et de leur mauvaise foi. Tout cela est très grave »[21]. Au sujet du projet de loi établissant le mariage homosexuel, il reproche au quotidien d'avoir publié une page publicitaire de « La Manif pour tous » le 11 avril 2013[22], puis attaque, en juillet devant le Conseil de surveillance qu'il préside, le directeur de la rédaction de La Vie, au sujet d'un éditorial défavorable à cette loi. Pierre Bergé est à nouveau menaçant : « Je ne suis pas obligé de supporter [l'éthique] de la Vie que je combats tous les jours. Oui, je serais heureux que ce journal ne fasse plus partie du Groupe[23]. » Ce qui ne pourrait se faire sans l'aval des deux autres actionnaires majoritaires, Xavier Niel et Matthieu Pigasse[24]. Au sein du groupe de presse, les réactions sont vives. Le « Pôle d'indépendance », qui regroupe les autres actionnaires, les sociétés des rédacteurs et les sociétés du personnel, « rappelle », dans un communiqué de presse diffusé le lendemain, « que la définition de la ligne éditoriale des titres et sites du groupe est du ressort exclusif des directeurs des rédactions et de leurs équipes rédactionnelles[25]. » Le 3 octobre 2013, Pierre Bergé critique sévèrement le supplément littéraire du Monde, estimant qu'on n'y parle pas de livres et avouant préférer celui du Figaro. Le conseil de gérance de la Société des rédacteurs du Monde a alors déploré que Pierre Bergé « tente d'intervenir dans la ligne rédactionnelle du journal par des propos blessants à l'encontre du Monde des Livres et de l'ensemble de ses collaborateurs »[21].

Sidaction[modifier | modifier le code]

Militant de la cause homosexuelle, il s'engage également dès le début des années 1980 dans la lutte contre le SIDA, en présidant l'association Arcat Sida. En 1994, il participe avec Line Renaud à la création de l'association Ensemble contre le SIDA, qui prendra ensuite le nom de Sidaction. Il en deviendra le président en 1996, poste qu'il occupe encore aujourd'hui. Sidaction est l'une des principales associations de lutte contre le sida en Europe. Pierre Bergé montre un attachement profond à ce combat : une partie du résultat de la vente de la collection Yves Saint Laurent Pierre Bergé, qui rapporte en février 2009 près de 375 millions d'euros, ira à la recherche contre le SIDA. Le Fonds de dotation Pierre-Bergé, qui voit également le jour en 2009, inscrit la lutte contre le SIDA dans la durée en versant deux millions d’euros par an pendant 5 ans.

Pierre Bergé soutient par ailleurs activement des associations comme Act’up Paris et SOS Racisme.

La démocratie chinoise[modifier | modifier le code]

Pierre Bergé offrit aux étudiants chinois exfiltrés après les manifestations de la place Tian'anmen, la Maison chinoise de la démocratie, un espace au 21 de la rue de Tournon[26]. À la demande des dissidents chinois, il en fut le président[27].

Mécénat[modifier | modifier le code]

Pierre Bergé en septembre 2012 visitant une exposition consacrée à Stendhal.

« Pour mécéner, il faut aimer » : nommé Grand Mécène des Arts et de la Culture en 2001, Pierre Bergé soutient des projets de cœur, comme l’acquisition du tableau Saint Thomas à la pique de Georges de La Tour par le musée du Louvre en 1988, la rénovation de deux salles de la National Gallery à Londres en 1998, qui portent le nom d’Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé, la rénovation et les aménagements intérieurs des collections historiques du musée national d’art moderne – Centre Pompidou ou l’exposition Picasso Érotique au Jeu de Paume à Paris en 2001. Il préside le Cercle des Amis du Ring, créé à l’occasion de la présentation du cycle wagnérien à l’Opéra national de Paris en 2010-2011. Pierre Bergé est le mécène principal de la carte blanche Les visages et les corps, donnée à Patrice Chéreau par le musée du Louvre en 2010, et préside la même année le Festival Normandie Impressionniste.

Pierre Bergé est nommé « ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO » en 1993[28]. Il finance aussi les fondations de Danielle Mitterrand et la fondation de l'université d'Avignon et des Pays de Vaucluse.

Vente de la collection Yves Saint Laurent - Pierre Bergé[modifier | modifier le code]

Pierre Bergé possédait avec Yves Saint Laurent un duplex situé au 55, rue de Babylone dans le 7e arrondissement de Paris, le château Gabriel à Deauville vendu en 2007, la Villa Majorelle et le Jardin Majorelle à Marrakech et de nombreuses œuvres d'art (Goya, Braque, Cézanne, Matisse et Ensor, notamment).

Au décès d'Yves Saint Laurent le 1er juin 2008, Pierre Bergé décide de mettre en vente la vaste collection d’art rassemblée par Yves Saint Laurent et lui-même. La vente aux enchères, surnommée « vente du siècle » par les médias, a lieu du 23 au 25 février 2009 et rapporte 373,5 millions d'euros[29] au profit de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent et de la lutte contre le SIDA. La Chine a demandé en vain la restitution de deux têtes d'animaux en bronze (un rat et un lapin) qui auraient été volées par des soldats français durant l'incendie de l'ancien palais d'été des empereurs de Chine à Pékin lors de la Seconde guerre de l'opium en 1860. L’homme d’affaires a déclaré : « Moi, je suis prêt à offrir ces têtes en bronze au gouvernement chinois, tout de suite. Il leur suffit de déclarer qu'ils vont appliquer les droits de l'homme, rendre la liberté aux Tibétains et accepter le dalaï-lama sur leur territoire ».

Prises de position[modifier | modifier le code]

  • En novembre 2009, Pierre Bergé déclare être atteint d'une myopathie. Il déclenche une polémique en accusant le Téléthon de « parasiter la générosité des Français d'une manière populiste »[30]. Accusée notamment de ne pas utiliser tout de suite les dons reçus et d'effectuer des placements immobiliers, l'association française contre les myopathies (AFM), qui organise l'émission caritative, dément les propos de Bergé[31]. À la suite de ces attaques, réitérées par l'homme d'affaires, l'AFM dépose une plainte pour diffamation en février 2010[32]. Le 28 juin 2013, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris le condamne à 1 500 € d'amende[33].
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  • Le 16 mars 2013, sur Twitter, Pierre Bergé retweete le message suivant : « si une bombe explose sur les Champs à cause de #laManifPourTous c'est pas moi qui vais pleurer ». Ce retweet déclenche de vives réactions car, selon La Manif Pour Tous, il s'agit d'une incitation à des actes de terrorismes[34]. En juin, notamment dans l'émission du Petit Journal du 21 juin 2013, il revient sur cet épisode en déclarant qu'il est « non-violent »[35].
  • Lors du débat sur l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, Pierre Bergé crée une polémique en déclarant : « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? ». Ces propos provoquent une vive levée de bouclier des partisans du mariage gay qui se démarquent d'une telle prise de position[36].
  • Le 26 septembre 2013, il se déclare favorable à la suppression de toutes les fêtes chrétiennes en France[37].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Pierre Bergé est :

Publications[modifier | modifier le code]

- Prix Le Vaudeville 2010
  • Yves Saint Laurent, Une passion marocaine, Éditions de la Martinière, Paris, 2010
  • Saint-Laurent rive gauche, la révolution de la mode, avec Jéromine Savignon, Éditions de la Martinière, 2011

Candidat à l'Académie française pour occuper le fauteuil de Bertrand Poirot-Delpech, Pierre Bergé a été battu lors du scrutin du 22 mai 2008 (sept voix contre seize à Jean Clair).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. Dans une interview, Pierre Bergé résume ainsi sa jeunesse : « J'arrive à Paris à dix-huit ans. Prévert m'est littéralement tombé sur la gueule, défenestré, au milieu des Champs-Élysées. […] Je rencontre Garry Davis et je deviens citoyen du monde. Je publie un journal qui tire à deux exemplaires parce qu'on n'a pas un sou, je traîne dans des milieux que j'aime profondément parce que ce journal plaît à André Breton, Camus ou Sartre que je côtoie. Là dessus, je rencontre Bernard Buffet avec qui je vis une grande histoire d'amour. J'avais dix-neuf ans. Je vais passer une journée chez Giono et j'y reste des années[4]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les 500 plus grandes fortunes françaises
  2. a, b et c Florence Müller, Farid Chenoune et al., Yves Saint Laurent, Paris, Éditions de La Martinière,‎ octobre 2010, 384 p. (ISBN 978-2-7324-4458-1), « 1955 - 1962 », p. 49
  3. Source : entretien de Pierre Bergé avec Emmanuelle Duverger et Robert Ménard, publié sous le titre « Pierre Bergé : l’esthète du journalisme », dans le no  14 de la revue Médias, et reproduit le 20 septembre 2007 sur le site www.infos-des-medias.net.
  4. Olivier Lalanne (photogr. Hedi Slimane), « Le pouvoir », Vogue Hommes International « Hors série », no 15,‎ Printemps-Été 2012, p. 203 (ISSN 0750-3628)
  5. Saint Laurent, Yves (2002). Page consultée le 15 janvier 2013.
  6. a et b Yves St Laurent, Pierre Berger, l'Amour fou, documentaire de Pierre Thoretton - 2010
  7. Sabine Delanglade, « Le patron de Saint Laurent épinglé », Archives, sur lexpress.fr, L'Express,‎ 2 juin 1994 (consulté le 1er août 2013) : « ses limiers ont aussi trouvé fort louche que ces transactions se déroulent juste avant l'annonce d'une perte de près de 27 millions de francs par le roi de la couture »
  8. cour de cassation
  9. Délit d'initié: la COB se félicite de la jurisprudence Saint Laurent, Les Echos no 16622, 12 avril 1994, p 31.
  10. « Yves Saint-Laurent: non-lieu pour Pierre Bergé », sur libération.fr, Libération,‎ 23 novembre 1995 (consulté le 1er août 2013) : « Pierre Bergé […] et Jean-Francis Bretelle, […] ont obtenu un non-lieu le 16 octobre dernier, révèle l'Express »
  11. Florentin Collomp, « YSL, trois lettres qui valent de l'or », sur lefigaro.fr, Le Figaro,‎ 3 juin 2008 (consulté en janvier 2014)

    « […] en 2002. Bergé et Saint Laurent rachètent à nouveau, mais pour un euro symbolique cette fois, la société pour mener dans les formes le plan social concernant 160 personnes, collaborateurs de toute une vie. »

  12. Pierre Bergé et Yves Saint Laurent étaient pacsés sur lalibre.be, 4 juin 2008
  13. http://www.comitemacorlan.com/fr/comite_introduction.php
  14. Ségolène Royal et Pierre Bergé : un responsable politique peut-il avoir un mécène ? 5 janvier 2009
  15. Le trésor de guerre de Ségolène Royal, Le Parisien, 4 février 2009.
  16. a et b Pierre Bergé ne choisirait pas DSK et réaffirme son soutien à Ségolène Royal
  17. Peillon : «Royal ne pourra pas nous faire gagner en 2012» Lefigaro.fr, 15 novembre 2009
  18. PMA : pour Pierre Bergé, payer un ouvrier ou une mère porteuse, c'est la même chose, Le Point.fr, 17 décembre 2012
  19. Pierre Bergé ne veut plus financer Têtu, Julien Bellver, Puremédias, 1er février 2011
  20. [1]
  21. a et b « Pierre Bergé s'attire les foudres de la rédaction du "Monde" », in nouvelobs.com, 3 octobre 2013.
  22. Franceinfo - 11/04/2013
  23. Déclaration au Journal Les Echos - 03/07/2013
  24. Marianne - Patricia Neves - 03/07/2013
  25. Libération- 04/07/2013
  26. Florence de Changy et Brice Pedroletti, Après Tiananmen, l'opération « Yellowbird » pour faire évader les dissidents, Le Monde, 4 juin 2014
  27. Pierre Bergé, Liberté, j'écris ton nom, p. 66
  28. Sa rubrique sur le site de l'UNESCO
  29. http://www.challenges.fr/actualites/monde/20090226.CHA1469/le_point_sur_la_vente_bergesaint_laurent.html
  30. « L'attaque de Pierre Bergé contre le Téléthon prend une tournure politique », Le Monde,‎ 21 novembre 2009
  31. Thomas Bronnec, « Pourquoi le Téléthon se retrouve au coeur de la polémique », L'Expansion,‎ 23 novembre 2009
  32. Maud Descamps, « L’AFM porte plainte contre Bergé », Europe 1,‎ 11 février 2010
  33. [2]
  34. http://www.directmatin.fr/france/2013-03-16/bombe-sur-les-champs-elysees-le-retweet-de-pierre-berge-derange-426011
  35. http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3351-c-le-petit-journal.html?vid=890478
  36. http://www.marieclaire.fr/,pierre-berge-pma-gpa-louer-son-ventre,20123,680919.asp
  37. « Pierre Bergé favorable à la suppression de toutes les fêtes chrétiennes », in rtl.fr, 26 septembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]