Saléon

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Saléon
Saléon
Chapelle romane
Blason de Saléon
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Gap
Canton Serres
Intercommunalité Communauté de communes Sisteronais-Buëch
Maire
Mandat
Pascal Lombard
2014-2020
Code postal 05300
Code commune 05159
Démographie
Population
municipale
91 hab. (2015 en diminution de 1,09 % par rapport à 2010)
Densité 9,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 20′ 25″ nord, 5° 46′ 35″ est
Altitude Min. 557 m
Max. 1 280 m
Superficie 9,86 km2
Localisation

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Saléon est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Située dans la vallée du Buëch, elle constitue avec la Montagne de Chabre la limite sud du Bochaine.

Site occupé depuis la préhistoire, puis à l'époque romaine avec des fabriques de tuiles, Saléon entre dans l'histoire au Moyen Âge à travers sa paroisse et comme fief de la Famille de Mévouillon et de ses alliés, les Lachau-Mévouillon puis les Armand. Après la Révolution, la commune connut un déclin très important de sa population. C'est aujourd'hui une petite commune rurale dans le parc régional des Baronnies Provençales.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Saléon est située dans la vallée du Buëch, entre la commune de Serres, située à vol d'oiseau à 11,1 kilomètres[1] et Laragne-Montéglin à 4,5 kilomètres[2], au débouché de la vallée du Céans.

Géologie, relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

Plaine de Saléon et Montagne de Chabre, vues depuis le village.

Le territoire est délimité par une large boucle du Buëch à l'est et par le Céans au nord, fermé au sud-est par la crête des Espanons sur la Montagne de Chabre et s'ouvrant au sud par la vallée du Buëch vers la ville de Laragne-Montéglin.

Outre le poudingue, le sous-sol est composé de schistes marneux dont les bancs se prolongent vers le Buëch. La présence historique de tuileries indique aussi des dépots conséquents d'argile.

Le village lui-même est perchée sur une curiosité géologique, une barre de poudingue barrant la vallée du Buëch, au pied de la montagne de Chabre, alors que la commune s'étend sur un plateau boisé de pins et de chênes pubescents et dans une petite plaine.

Les cours d'eau bordant la commune, Buëch et Céans, ont un régime hydrologique à dominante nivale.

Habitat et voies de communication[modifier | modifier le code]

Outre le village lui-même, plusieurs lieux-dits regroupent des habitations, notamment celui de La Tuilière. Au cours des vingt dernières années, de nombreuses maisons ont été construites sur les pentes sud du plateau, densifiant l'habitat rural.

Seule la D330 traverse la commune, rejoignant au nord Pont Lagrand par un pont enjambant le Céans, Laragne Montéglin au sud.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Ecclesia de Celedone vers l'an 1100, Celéonum en 1297.

Les premières mentions du village dans les textes donnent au nom des formes diverses : Celedone, Celeone, Celeo, Celleo, Sceleone [3]. Rien qui ne rappelle la racine sal, salis, le sel en latin à laquelle JCF Ladoucette fait correspondre l'étymologie du nom, à cause de la source salée présente sur la commune depuis des siècles[4]. Il semble qu'il faille chercher une racine gauloise ou gallo-romaine [5], on peut alors pencher pour une racine pré-celtique kal/(k)ar (significant rocher, dur), ou vers la racine gauloise Ocel-/Ocelo, signifiant sommet, promontoire, pointe. Cela semble bien en rapport avec la localisation du village à l'extrémité d'une colline qui barre la vallée. La transcription sous le nom précis de Saléon se retrouve à compter de 1516, puis est constamment reprise.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le relevé sur le territoire de la commune de divers artéfacts remontant notamment au Chasséen montrent que Saléon fut traversée et occupée dès le Néolithique, notamment par la présence de deux stations inventoriées au début du XXe siècle[6].

À l'époque gallo-romaine, la présence est bien établie puisque des fabriques de tuiles se trouvaient déjà au lieu-dit la Tuilière, attestées par des tuiles portant diverses marques spécifiques retrouvées sur place[6].

Il faudra attendre la fin du XIe siècle pour trouver les premiers textes mentionnant Saléon, à travers une donation faite en 1088 par l'évêque Isoard de Gap de l'église de Celedone (Saléon) et des bénéfices d'un prieuré de Caba Noxa (Chabanon, La Tuilière) à la congrégation de Notre-Dame d'Avignon. Prieuré de Saint-Félix de Chabanon et revenus de l'église de Saléon passeront ensuite aux prieurs de Lagrand, relevant des Hospitaliers[7],[8].

À la frontière de la principauté des Baronnies, Saléon fait partie de l'apanage des barons de Mévouillon qui, depuis le début du XIIe siècle, ont obtenu de Frédéric Barberousse de relever directement de l'Empire. Cette puissante famille et ses descendants fourniront les seigneurs de Saléon pendant plusieurs siècles, alors que la transcription du nom du village change régulièrement : Celeo, Celeone, Castrum Saleonis, Celeoni. Au tournant du XIVe siècle, Saléon est un fief de la branche Mévouillon-Lachau et notamment de Galburge de Mévouillon et de ses descendants. Puis le village passe aux Grolée-Mévouillon avant d'être vendu aux Achard, seigneurs de Sainte-Colombe[9].

En 1602, Daniel d'Armand, baron de Lus et arrière-arrière-petit-fils de Pierre d'Armand, descendant de Galburge, rachète le village puis le revend avant que sa fille ne le rachète à nouveau. Par le jeu des mariages et des dots, il passera à la famille d'Yse en 1640, alliés des Armand, dont le rejeton Jean d'Yse de Saléon, archevêque de Vienne, se fera connaître pour sa lutte contre les Jansénistes[10].

À la veille de la Révolution, Saléon compte deux tuileries dont la production se retrouve sur les toits de tous les villages de la vallée au côté des tuiles de Ribiers. Un bac permet le passage du Buëch vers Orpierre et justifie une auberge[11].

Avec le XIXe siècle, le village connait un rapide déclin, perdant sa population plus vite que les localités alentour. Sans doute la fermeture des tuileries et la construction d'un pont sur le Buëch à Eyguians, privant Saléon de son rôle de point de passage, ont-elles déclenché cet exode. La construction d'un canal d'irrigation permettra juste d'améliorer l'agriculture essentiellement orientée vers la production fruitière (prunes, amandes)[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant de moins de 100, le nombre de membres du conseil municipal est de 7[13].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 avril 2008 Jean Azadian[14]    
avril 2008 mars 2014 Georges Nicols[14]    
mars 2014 en cours
(au 5 mai 2014)
Pascal Lombard[15] EXG Contremaître

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Saléon fait partie :

Saléon a également adhéré au parc naturel régional des Baronnies provençales.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Saléon n'est jumelée avec aucune autre commune (mise à jour mars 2015)[16].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants de la commune sont appelés les Saléonais.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[17]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[18].

En 2015, la commune comptait 91 habitants[Note 1], en diminution de 1,09 % par rapport à 2010 (Hautes-Alpes : +2,88 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
402242309263267238240242250
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
252235200173179167145140124
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
11811010910910991776674
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
654643514769789291
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2006[20].)
Histogramme de l'évolution démographique

La Révolution Industrielle voit la population s’effondrer dans la seconde moitié du XIXe siècle, les habitants étant attirés par les perspectives d'emploi offertes dans les départements voisins, notamment les Bouches-du-Rhône du fait des activités et des potentialités du sous-sol local.

Puis la Première Guerre mondiale a un impact notable sur la population de la commune qui chute fortement au recensement de 1936, la commune ayant payé un plus lourd tribut que la moyenne nationale. Cette décroissance ne sera pas enrayée par le baby-boom, la commune n'accueillant dans la seconde moitié du XXe siècle que 10 % de sa population à l'aube des guerres napoléoniennes.

La population connaît une augmentation régulière depuis les années 1990 sous l'effet de la rurbanisation. La période des vacances voit l'arrivée d'estivants qui augmentent sensiblement la population.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas d'établissements scolaires à Saléon[21]. L'école maternelle la plus proche est à Lagrand[22], les collèges à Serres et Laragne-Montéglin, les lycées à Gap ou Veynes.

Santé[modifier | modifier le code]

Les médecin, dentiste, infirmière, laboratoire les plus proches sont situés à Laragne-Montéglin.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

La fête patronale est le 17 janvier, fête de Saint-Antoine-le-Grand, éponyme de l'église paroissiale.

L'association « Saléon, Site, Village et Patrimoine » organise régulièrement des expositions et conférences à propos de la commune.

Sports[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune fut un lieu d'atterrissage pour parapentes et deltaplanes partant de la montagne de Chabre avant que les envols se fassent vers le sud pour des raisons de sécurité. Il comprend par ailleurs quelques sentiers de randonnées ou de VTT balisés dans le cadre des parcours de la vallée du Buëch. Une aire de jeu et un boulodrome sont situés à proximité de la mairie.

Culte[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune dépend de l'ensemble paroissial du sud Buëch, au sein du diocèse de Gap et d'Embrun. Le culte catholique n'est plus célébré régulièrement dans l'église paroissiale Saint-Antoine (mise à jour du )[23].

Économie[modifier | modifier le code]

La commune est essentiellement agricole avec de nombreux vergers (jadis de pêches, aujourd'hui de pommes), recouverts de filets anti-grêle voyants. La principale entreprise est la société Hélices Halter, fabricant des hélices en bois pour drones et autres véhicules volants sans pilote. Leader mondial sur ce marché très spécialisé, la société réalise un chiffre d'affaires d'environ 1 M€ avec une dizaine de salariés. Une source de revenus majeure pour la commune est la redevance versée par EDF pour l'exploitation des eaux du Buëch qui sont captées en amont. Cette redevance étant liée à la longueur de berge et Saléon étant enserrée dans une boucle de la rivière, elle assure à la commune une source de revenus confortables et l'absence d'endettement [24].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune contient les ruines d'un château du XIVe siècle dont la chapelle Saint-Marc est en cours de restauration en 2015, et une église reconstruite après les Guerres de Religion renfermant un tableau de saint Christophe notable.

Il subsistait encore récemment une grotte située dans le village qui jusqu'au XIXe siècle a servi de four banal pour la cuisson du pain. Cette curiosité géologique (amalgame de poudingue) et historique appelée « le Rocher percé » a été détruite pour élargir la route.

Un aqueduc enjambant le Céans, construit au XIXe siècle, est l'héritage des captages permettant l'agriculture dans la plaine[25].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Sceau de Galburge de Mévouillon, Dame de Serres, seigneur de Saléon - d'après un acte du XIIIe siècle
  • Galburge de Mévouillon-Mison, dame de Serres, seigneur de Saléon au XIIIe siècle, apparentée aux barons Mévouillon des Baronnies. Épouse d'un prince d'Orange puis d'un Lachau-Mévouillon, elle dut se battre constamment pour préserver son héritage. Son sceau la représente à cheval en armure, fait exceptionnel pour une femme au Moyen Âge[26].
  • Jean d'Yse de Saléon, fils d'un seigneur de Saléon, évêque de Rodez puis archevèque de Vienne, connu pour son combat contre les Jansénistes au XVIIe siècle.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armoiries de Saléon sont de gueules à la fasce échiquetée de sinople et d’argent de deux tires, accompagnée en chef d’un croissant d’or.

Adoptées par la municipalité en 1968, ces armes fautives (non-respect de la règle de contrariété) sont attestées comme anciennes par le baron Lucien Borel de Bez[27]. Une pierre sur laquelle elles étaient gravées et datant du XIIIe siècle et en provenance du château aurait été visible au XIXe siècle dans le mur d'une maison du village[28]. Par analogie elles peuvent être rapprochées des armes des Armand de Chateauvieux, issus par Pierre d'Armand (circa 1400) de la descendance de Galburge de Mévouillon, qui portent de gueules à la fasce échiquetée d’argent et de sable de trois tires, accompagnée en chef d’un croissant d’or et en pal d’un bœuf paissant de même [29].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Orthodromie entre "Saléon" et "Serres" », sur le site lion1906 de Lionel Delvarre (consulté le 16 mars 2015).
  2. « Orthodromie entre "Saléon" et "Laragne-Montéglin" », sur le site lion1906 de Lionel Delvarre (consulté le 16 mars 2015).
  3. J Roman Tableau historique du département des Hautes Alpes" 1887
  4. Ladoucette - Histoire, topographie, antiquités, usages dialectes des Hautes Alpes 1848
  5. Dictionnaire Géographique et Administratif de la France 1905
  6. a et b Paul Plat. communiqué sur une station néolithique in Bulletin de la société archéologique de Provence 1905
  7. J. Roman - Tableau historique du Département des Hautes Alpes 1888
  8. Pouillé du Diocèse de Gap 1516 in Bulletin de la société d'étude des Hautes Alpes 1899
  9. Chanoine Chevalier. Regeste Dauphinois ou répertoire des documents liés à l'histoire du Dauphine 1913
  10. J. Roman - Tableau historique du département des Hautes Alpes 1888
  11. Bulletins de la société d'Étude des Hautes Alpes
  12. Ibidem
  13. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  14. a et b « Les maires de Saléon », sur le site de l'association FranceGenWeb (consulté le 15 mars 2015).
  15. « Liste des maires du département des Hautes-Alpes », sur le site de la préfecture des Hautes-Alpes, (consulté le 20 mars 2015).
  16. « Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures », sur le site du ministère des Affaires étrangères (consulté le 15 mars 2015).
  17. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  18. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  21. « Résultat de recherche », sur le site du ministère de l'Éducation nationale (consulté le 16 mars 2015).
  22. « Hautes-Alpes (05), Lagrand, école », sur le site du ministère de l'Éducation nationale (consulté le 16 mars 2015).
  23. « Horaires des messes », sur le site de la Conférence des évêques de France (consulté le 17 août 2015).
  24. site internet "www.proxiti.info"
  25. Rapports et délibération - Conseil Général des Hautes Alpes in Gallica.
  26. Tassin, Toustain "Nouveau Traité de Diplomatique" T6 1775.
  27. Bulletin de la Société d'Études des Hautes Alpes.
  28. J.Roman, Répertoire archéologique du département des Hautes Alpes, 1888.
  29. Riepstadt Armorial Général 1861