Marie Madeleine

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Marie Madeleine
Sainte chrétienne
Image illustrative de l’article Marie Madeleine
Noli me tangere”, Marie Madeleine au tombeau, par Antoine Rivalz, Montauban,
musée Ingres-Bourdelle.
Apôtre des apôtres
Naissance date inconnue av. J.-C
peut-être Magdala
Décès Ier siècle 
Santa Bauma, grotte du massif de la Sainte-Baume, ou à l'emplacement de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
Vénéré à Sanctuaire de la Sainte-Baume, Vézelay
Vénéré par Église orthodoxe
Église catholique
Communion anglicane
Luthéranisme
Autres types d'Églises protestantes
Fête 22 juillet

Marie Madeleine, ou Marie de Magdala, appelée aussi Marie la Magdaléenne (Μαρία ἡ Μαγδαληνή) dans les Évangiles, est une disciple de Jésus de Nazareth qui le suit jusqu'à ses derniers jours.

Cette importante figure du christianisme est mentionnée au moins douze fois dans les quatre Évangiles canoniques, plus que la plupart des apôtres[1]. Son surnom de « Magdaléenne » peut signifier qu’elle est originaire de Magdala, une ville de pêcheurs sur la rive occidentale du lac de Tibériade.

Le chapitre 8 de l’Évangile selon Luc la cite comme l’une des femmes qui ont soutenu le ministère de Jésus « à partir de leurs ressources », ce qui sous-entend qu’elle était riche. Le même passage l'identifie comme la femme dont sept démons ont été chassés. Les quatre Évangiles la désignent, seule ou au sein d’un groupe de femmes qui inclut la mère de Jésus, comme la première à témoigner du tombeau vide et de la Résurrection de Jésus, en particulier l'Évangile selon Jean, écrit au plus tôt vers 90, et la fin probablement ajoutée au IVe siècle à l'Évangile selon Marc, qui en font la femme chargée d'annoncer la Résurrection aux apôtres[2]. Pour ces raisons, Marie Madeleine est connue comme « l’apôtre des apôtres » par les Pères de l'Église.

L'Église de Rome considère, à partir du pape Grégoire Ier, au VIe siècle, que Marie de Magdala ne fait qu'une avec Marie de Béthanie (Luc 10:39) ainsi qu'avec la pécheresse anonyme qui oint le Christ de parfum (Luc 7:36-50), ce qui propage l'idée que Marie Madeleine était une prostituée repentante. Des légendes médiévales émergent ensuite, développant le mythe de sa beauté et de son prétendu voyage dans le sud de la Gaule. L'assimilation de Marie Madeleine à une pécheresse fait encore débat dans les années précédant la Réforme protestante. Puis la Contre-Réforme catholique la définit comme symbole de la pénitence.

Cette position est abandonnée en 1965 par l'Église catholique après Vatican II. En 1969, le pape Paul VI supprime l’identification de Marie Madeleine avec Marie de Béthanie et la « pécheresse », sainte Marie Madeleine étant célébrée, comme dans l’Église orthodoxe, le 22 juillet, tandis que Marie de Béthanie l'est avec sa sœur Marthe le 29 juillet. En 2016, le pape François demande que Marie Madeleine soit appelée « l’apôtre des apôtres ».

L'Église orthodoxe, depuis Jean Chrysostome, fait la distinction entre ces personnages, de même que les Églises protestantes.

Évangiles canoniques[modifier | modifier le code]

Le nom[modifier | modifier le code]

Le nom de Magdala vient de Magdal en araméen ou Migdal en hébreu et désigne une construction en forme de tour[3]. De nombreux Pères de l'Église et auteurs chrétiens connaissent cette étymologie, puisqu'ils écrivent des sermons dans lesquels Marie Madeleine est présentée comme une tour symbolisant allégoriquement la foi et l'orthodoxie[4]. Chez Jérôme de Stridon (IVe siècle), Marie Madeleine est « la tour » qui représente la foi[4].

Village de Al-Majdal vers 1900 (équivalent arabe de Magdala).

La traduction de Μαρία ἡ Μαγδαληνή que l'on trouve dans les Évangiles est « Marie la Magdaléenne ». Des critiques ont donc émis l'hypothèse que Marie la Magdaléenne ait pu porter ce surnom car elle possédait des « tours », ou encore que l'un de ces édifices ait été situé près de Magdala, d'où l'appellation Migdal qui apparaît dans la Mishna.

La plus ancienne mention de la localité de Magdala se trouve en effet dans le Talmud, où elle est appelée Migdal Zab'ayya (Pesachim 4, 30d)[5] ou Migdal Nunia (Pesachim 46a)[4]. On considère généralement que le village arabe d'Al-Majdal, détruit en 1948 sur décision des autorités israéliennes, était l'héritier de Migdal Zab'ayya.

Pour Raban Maur (IXe siècle), Marie Madeleine tire son surnom de cette ville de Magdala, dont elle serait originaire[4]. Cette hypothèse est aujourd'hui reprise par de nombreux chercheurs, dont Bart Ehrman[6],[7],[8], pour lesquels « Magdala » ou « Migdal » est une localité située sur la rive occidentale du lac de Tibériade et connue dans l'Antiquité comme un village de pêcheurs[7],[8],[9].

Au premier siècle, « Marie » ou plutôt « Maryam » était de loin le prénom féminin le plus répandu dans le monde juif [7],[10]. Il était donc nécessaire, pour les évangélistes, de lui donner un surnom afin de la distinguer des autres Marie qui se trouvaient dans l'entourage de Jésus[7].

Les textes[modifier | modifier le code]

Marie de Magdala, la femme que Jésus a délivrée de sept démons, par Paolo Veronese.

L'Évangile selon Marc, qui est le plus ancien des quatre évangiles canoniques, ne fait pas mention de Marie Madeleine avant la Crucifixion[7], à laquelle elle assiste (Mc 15:40-41) :

« Il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin. Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses, et Salomé, qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée, et plusieurs autres qui étaient montées avec lui à Jérusalem[11]. »

Pour sa part, Luc expose (Lc 8:2-3) un bref résumé de son rôle en tant que disciple[7] :

« Les douze étaient avec lui et quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits malins et de maladies : Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Chuza, intendant d’Hérode, Susanne, et plusieurs autres, qui l’assistaient de leurs biens[11]. »

Elle entre au nombre de ses disciples et le suit jusqu'à sa mort : Évangile de Marc, XV, 40-41.

Pour les quatre Évangiles, elle est le premier témoin de la Passion et de la Résurrection de Jésus. Ils la mentionnent assistant à la mise en croix avec les autres femmes. Elle est citée nommément en Évangile de Matthieu, 27, 56-61, Évangile de Marc, 15, 40-41, Évangile de Jean, 19, 25 ; l'évangile de Luc, 23, 49 mentionnant juste « les femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée »[12]. Dans les trois Évangiles synoptiques elle assiste également à la mise au tombeau : Évangile de Matthieu, 27, 56-61, Évangile de Marc, 15, 47, Évangile de Luc, 23, (56-57, Évangile de Luc, 23, 49[13].

Elle est le premier témoin de la résurrection de Jésus (Évangile de Marc, XVI, 1s ; Évangile de Matthieu, XXVIII, 9), mais elle ne le reconnaît pas tout de suite, et essaie de le toucher, ce qui lui vaudra la phrase en grec ancien Mὴ μου ἄπτου, traduite en latin par Noli me tangere (« Ne me touche pas » ou « Ne me retiens pas ») dans l'Évangile de Jean, XX, 17.

Écrits apocryphes[modifier | modifier le code]

Fragment du Dialogue du Sauveur, où Marie Madeleine est une figure centrale.

Un texte du codex de Berlin, écrit en copte à la fin du IIe siècle (selon Michel Tardieu), porte son nom : l’Évangile de Marie. Il s'agit d'un texte gnostique comprenant un dialogue entre le Christ et Marie de Magdala, celle-ci le restituant aux apôtres, suivi de dialogues entre Marie et eux.

Les écrits de la gnose chrétienne, notamment le Dialogue du Sauveur, la Pistis Sophia (v. 350) ou l’Évangile de Thomas, dépeignent Marie Madeleine comme la disciple la plus proche et la plus aimée de Jésus, la seule à comprendre ses enseignements. Dans l’Évangile de Philippe, elle est décrite comme la compagne de Jésus.

L’Évangile de Pierre, l’Évangile de Thomas et l’Évangile de Philippe évoquent également Marie Madeleine. Dans ce dernier, elle devient la disciple préférée de Jésus[14].

La tradition et l'iconographie chrétiennes s'appuient sur les textes canoniques et apocryphes pour donner plusieurs visages de Marie de Magdala, d'abord l'épouse spirituelle du Christ (Sponsa Christi) et l'apôtre de la Résurrection (« l'apôtre des apôtres », selon la formule de Hippolyte de Rome), puis à partir du Ve siècle la pécheresse bafouée mais repentie, le Moyen Âge s'emparant de nombreuses légendes pour fabriquer une sainte[15].

De l'apôtre à la pécheresse[modifier | modifier le code]

L'apôtre des apôtres[modifier | modifier le code]

Les Pères de l’Église soulignent son rôle de premier témoin de la Résurrection ; elle est pour cela désignée comme l'« apôtre des apôtres » par Hippolyte de Rome[16].

Grégoire de Tours place le tombeau de Marie de Magdala à Éphèse, en Asie Mineure : « Dans cette ville repose Marie-Madeleine, n'ayant au-dessus d'elle aucune toiture » (In gloria martyrum, ch. 29, P.L., t. 71, c. 731). La dépouille de Marie Madeleine aurait reposé dans l'atrium précédant un sanctuaire, tradition typiquement éphésienne. Pour Grégoire de Tours, Marie la Magdaléenne et Marie la mère de Jésus seraient toutes deux mortes à Éphèse. Cependant, cette tradition est fausse pour les exégètes, qui pensent que Marie de Magdala ne s'est pas rendue en dehors de la Palestine[17].

L'assimilation à une pécheresse[modifier | modifier le code]

Marie Madeleine méditant. par Jan Lievens.

Vers 591, le pape Grégoire le Grand (Homiliae in Evangelium 25) l'assimile à la pécheresse citée dans l’Évangile selon Luc (VII, 36-50)[18] et l'identifie également avec Marie de Béthanie, sœur de Lazare et de Marthe.

Selon Jean Pirot, l'identification opérée dans le christianisme découlerait d'une erreur d'interprétation du passage de Luc 8:2 qui précise que Marie était possédée par sept démons. Il pense que cette « possession » n'était pas liée à l'idée de péché mais plutôt à une névrose, et considère d'une manière générale que les occurrences de possession par les « mauvais esprits » dans les Évangiles sont des métaphores pour désigner la maladie (physique ou nerveuse) plutôt que le péché[19].

Selon Madeleine Scopello, « la Tradition chrétienne des premiers siècles s'est rapidement emparée [du personnage de Marie la Magdaléenne] en lui attribuant des actes accomplis et faits par d'autres femmes du cercle de Jésus : Marie de Béthanie, sœur de Lazare ; la prostituée anonyme repentie chez Simon le Pharisien ; ou encore la femme présente chez Simon le Lépreux. Ainsi, Marie Madeleine est devenue un personnage composite qui a pris consistance sous le pape Grégoire le Grand (590-604), puis a traversé les siècles avec une extraordinaire fortune »[20].

Marie Madeleine apparaît au VIIIe siècle au martyrologe de Bède le Vénérable, où elle est célébrée comme sainte le 22 juillet[18].

Les confessions chrétiennes[modifier | modifier le code]

Catholicisme[modifier | modifier le code]

En 1969, le pape Paul VI décrète qu'elle ne doit plus être fêtée comme « pénitente », mais comme « disciple », l'Église catholique préférant la mettre en valeur via le texte de Jean plutôt que celui de Luc. Cependant, l'identification de Marie Madeleine à Marie de Béthanie et à la pécheresse repentie reste le point de vue dominant dans la tradition populaire et chez des exégètes minoritaires[21]. Mais les recherches actuelles vont plutôt dans le sens de la distinction des deux Marie et certains pensent que l'interprétation de Grégoire le Grand « deviendra de plus en plus quantité négligeable »[22].

Orthodoxie[modifier | modifier le code]

Icône orthodoxe orientale de Marie Madeleine en tant que Myrhophore.

Dans l'Église orthodoxe, Marie de Magdala est considérée comme le premier témoin de la résurrection de Jésus et reçoit de lui « mission » pour annoncer aux apôtres sa résurrection (Jn 20, 11-18).

La tradition orthodoxe rapporte qu'elle est allée reprocher à l'empereur Tibère la mort de Jésus, et lui annoncer sa résurrection. Devant le scepticisme de celui-ci, l’œuf qu'elle tenait en main se teint alors en rouge sang[23],[24].

Selon les traditions orientales, elle s'est retirée à Éphèse avec la Théotokos (Marie, la Mère de Dieu) et y est morte. Ses reliques ont été transférées à Constantinople en 886 et y sont conservées.

Elle est souvent représentée sur des icônes portant un vase d'onguent, non pas à cause de l'onction de la femme pécheresse, mais parce qu'elle était parmi ces femmes qui apportaient des parfums au tombeau de Jésus. Pour cette raison, elle est qualifiée de « Myrophore » (porteuse de myrrhe).

Marie de Magdala, outre sa fête propre le 22 juillet, est également honorée lors du dimanche des Myrophores qui correspond au troisième dimanche de la Pâque orthodoxe.

Protestantisme[modifier | modifier le code]

Théories diverses[modifier | modifier le code]

La Légende dorée[modifier | modifier le code]

Le Voyage de Marie Madeleine à Marseille, par Giotto (1320), couvent Saint-François, Assise.

Au XIIIe siècle, Jacques de Voragine reprend dans La Légende dorée une tradition provençale qui raconte qu'après avoir accosté aux Saintes-Maries-de-la-Mer et avoir évangélisé la région, Marie de Magdala aurait vécu la fin de sa vie en prière dans la grotte aujourd'hui sanctuaire de la Sainte-Baume (massif de la Sainte-Baume)[25]. Son tombeau supposé se trouve dans la basilique Sainte-Marie-Madeleine à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (France), gardé par les Dominicains.

Le fait que Marie de Magdala se soit déplacée jusqu'en Provence est une légende. Les traditions qui mentionnent ce voyage ne datent que du Xe siècle environ et identifient Marie de Magdala avec la pécheresse de Luc 7, 36-50 et Marie de Béthanie, alors que cette identification n'est plus en vigueur[26].

L'épouse du Christ[modifier | modifier le code]

Dans Dieu homme et femme, les théologiens Jürgen Moltmann et Elisabeth Moltmann soutiennent que Marie de Magdala et Jésus étaient époux « en esprit », et posent donc la question d'une égalité fondamentale entre l'homme et la femme. Les dernières recherches exégétiques sur le lien entre Marie de Magdala et Jésus vont dans le sens de cette interprétation, comme le met en lumière l'exégète Xavier Léon-Dufour[27] : en Jean 20, 16, Marie dit à Jésus « Rabbouni ». Ce mot est traduit par « maître » dans l'Évangile, mais Rabbouni est en réalité un diminutif de Rabbi et pourrait ajouter une nuance d'affection ou de familiarité. La quête aimante de Jésus par Marie de Magdala en Jean 20,11-16 renvoie au Cantique des cantiques 3,1-4.

La Madeleine à la veilleuse, par Georges de La Tour, musée du Louvre.

L'idée de dépeindre Marie de Magdala sous les traits d'une épouse a été exploitée dans la littérature dès le milieu du XXe siècle. Dans son roman de 1951 La Dernière Tentation du Christ[28], qui montre un Jésus succombant à la tentation d'une vie simple, l'écrivain grec Níkos Kazantzákis fait intervenir le thème de l'union amoureuse entre les deux personnages.

Cette thématique a trouvé une fécondité dans le conspirationnisme contemporain : Marie Madeleine aurait eu des enfants avec Jésus, mais l'Église catholique aurait étouffé ces faits par la force et la terreur, et fait de Marie Madeleine une prostituée afin de condamner le désir charnel. C'est sous cet angle que la vie et le rôle de Marie de Magdala ont été exploités dans des livres destinés au grand public comme L'Énigme sacrée ou La Révélation des Templiers, sans valeur scientifique reconnue dans les milieux universitaires.

Ces théories sont reprises par le romancier Dan Brown dans son thriller Da Vinci Code[29]. Il y fait de Marie Madeleine le symbole de la « féminité sacrée », en prétendant qu'elle était elle-même le Graal : « Le Graal est littéralement l’ancien symbole de la féminité et le Saint Graal représente le féminin sacré et la déesse, qui bien sûr a disparu de nos jours, car l’Église l’a éliminée. Autrefois, le pouvoir des femmes et leur capacité à donner la vie était quelque chose de sacré, mais cela constituait une menace pour la montée de l’Église majoritairement masculine. Par conséquent, le féminin sacré fut diabolisé et considéré comme hérésie. Ce n’est pas Dieu mais l’homme qui créa le concept de “péché originel”, selon lequel Ève goûta la pomme et fut à l’origine de la chute de la race humaine. La femme qui fut sacrée, celle qui donnait la vie, fut transformée en ennemi[30]. »

Plusieurs personnes, dont les réalisateurs du téléfilm documentaire américain Le Tombeau de Jésus, utilisent cette théorie pour dire que Jésus et Marie Madeleine seraient enterrés au tombeau de Talpiot.

La mère de Jésus[modifier | modifier le code]

L'historien Thierry Murcia, auteur d'un ouvrage sur cette question[31], défend l'idée que Marie de Magdala serait en fait la mère de Jésus. Il développe différents arguments, notamment le fait que Magdela désigne « la tour » en araméen et que Megaddela signifie « la Magnifiée ». Il s'agirait donc d'un surnom élogieux visant à la distinguer, non d'un toponyme. Pour lui, il n'y aurait pas de contradiction entre les Évangiles synoptiques et celui attribué à Jean. Si, dans les premiers, la mère de Jésus n'est pas présente près de la croix, c'est parce qu'elle y est appelée Marie la Magdaléenne. Dans son schéma, il n'y aurait ni trois ni quatre femmes près de la croix de Jésus dans l'Évangile selon Jean, mais seulement deux qui seraient d'abord présentées puis nommées, mais dans un ordre suivant une figure de chiasme en forme de croix, schéma classique de type ABBA.

« Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère (A) et la sœur de sa mère (B), Marie, femme de Clopas (B), et Marie de Magdala (A). »

Cette tradition de Marie de Magdala mère de Jésus est très ancienne et on la retrouve dans plusieurs documents des premiers siècles qui étaient jusqu'ici laissés pour compte. Pour Thierry Murcia, cette tradition serait la plus ancienne que l'on aurait sur le personnage. Il écrit :

« La Marie de Magdala évangélique n’a jamais été une femme de mauvaise vie. Au contraire, même, puisque la tradition la plus ancienne l’identifie spontanément à la mère de Jésus, ce qui, le cas échéant, n’aurait pas été possible. “Magdala”, d’autre part, ne renvoie pas à sa ville d’origine. Il faut plutôt y voir une épithète élogieuse visant à la distinguer et à souligner son caractère éminent. Une fois passé en grec, Magdala, מגדלא (megaddela) – que l’on pourrait traduire par “la Grande”, “l’Exaltée” (au sens laudatif), “la Magnifiée”… – a tardivement été interprété (IVe siècle), à tort, comme un toponyme. Cette tradition qui voit en la Magdaléenne la mère de Jésus est attestée par de nombreux documents anciens d’horizons divers, internes et externes au christianisme. Et quoiqu’elle ait été largement ignorée jusqu’ici, il s’agit sans conteste de la plus ancienne et de la mieux étayée dont nous pouvons disposer concernant son état civil[32]. »

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Représentations picturales et sculpturales[modifier | modifier le code]

Marie Madeleine pénitente, par Titien.

Le culte magdalénien se développe à toutes les époques du Moyen Âge, en de nombreux pays d'Europe occidentale, où les communautés religieuses commandent des représentations iconographiques pour la décoration de leurs lieux de culte[33].

Dans l'art sacré, Marie Madeleine est très souvent représentée dénudée, avec les cheveux longs et dénoués, pour signifier son repentir et sa pénitence, comme les prostituées de Palestine (Donatello). Cette représentation permet de la rapprocher de Marie l'Égyptienne avec qui elle est liée à partir de l'époque moderne[34].

  • La Tradition provençale de Marie Madeleine (XIIIe siècle), chapelle Saint-Érige à Auron (Alpes-Maritimes).
  • Icône peinte (180 × 90 cm) datée de 1225, représentant les scènes de la vie de la sainte autour de son portrait en pied, visible à l'Académie de Florence.
  • Peinture de la mort de Marie Madeleine, assistée de Marthe et saint Maximin, chapelle Saint-Érige à Auron (Alpes-Maritimes).
  • Peinture prédelle d'un Noli me tangere, œuvre du XVe siècle, basilique de Saint-Maximin.
  • Sculpture en pierre de sainte Marie Madeleine, v. 1310, église d'Écouis (Eure).
  • Marie Madeleine, de Piero della Francesca, duomo d'Arezzo, Toscane.
  • Sculpture de Francesco Laurana, cénotaphe du XVe siècle : Marie Madeleine portée par les anges, qui a contenu autrefois les reliques de Marthe. Église de Tarascon.
  • Retable de Lukas Moser : l'autel de la Madeleine, 1432, Tiefenbronn.
  • Le Vol sacré du moine Badilon[n 1], à Aix-en-Provence - Arrivée du corps à Vézelay, manuscrit de la Geste de Girard de Roussillon, enluminé par le Maître du Girart de Roussillon en 1453.
  • La Vierge à l'Enfant entre sainte Catherine et sainte Marie Madeleine, 1490, peinture de Giovanni Bellini ; Gallerie dell'Accademia, Venise.
  • Marie Madeleine mise au tombeau, sculpture du XVIe siècle, église Saint-Volutien de Foix (Ariège).
  • Bas-relief en marbre, La Barque, 1500, La Vieille Major, Marseille.
  • Madeleine pénitente, sculpture en bois polychrome (1515-1520) attribuée à Gregor Erhart, aujourd'hui au Louvre.
  • Baptême du roi et de la reine de Marseille sous les yeux de Marie Madeleine, épisode du Miracle marseillais, 1525, église de Contes (Alpes-Maritimes).
Marie Madeleine pénitente, par Pedro de Mena (1664).

Si elle est représentée avant son repentir, elle est montrée en courtisane parée et fardée (son image se rapprochant de celle de Vénus durant la Renaissance). Son attribut le plus fréquent et le plus ancien, qui permet d'identifier le personnage à l'analyse d'une œuvre, est le vase à nard dont elle oint les pieds de Jésus chez Simon (et qu'elle apporte avec elle au Sépulcre). Plus tardivement seront ajoutés le miroir de courtisane, la tête de mort (devant laquelle elle médite lorsqu'elle se retire dans la grotte de la Sainte-Baume) et la couronne d'épines. En dehors de rares exceptions (peinture Eva prima Pandora réalisée par Jean Cousin en 1550), ses cheveux sont toujours longs et dénoués[34].

Galerie[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • En l'honneur de Marie Madeleine dont la fête est le 22 juillet, Marc-Antoine Charpentier a composé quatre œuvres dont trois sur un même texte :
    • Magdalena lugens voce sola cum simphonia, H.343, pour une voix, deux dessus instrumentaux, et basse continue (1686-87) ;
    • Pour Marie Madeleine “Sola vivebat in antris Magdalena”, H.373, pour deux voix, deux flûtes et basse continue (date inconnue) ;
    • Magdalena lugens, H.388, pour trois voix et basse continue (date inconnue).
    • Dialogus inter Magdalena et Jesum 2 vocibus Canto e Alto cum organo, H.423 (date inconnue).
  • Maddalena ai piedi di Cristo, oratorio de Antonio Caldara (1700).
  • La conversione di Maddalena, oratorio de Giovanni Bononcini.
  • Marie-Magdeleine, drame sacré en trois actes de Jules Massenet, sur un livret de Louis Gallet (1873).
  • Marie Madeleine, musique de Jeff Barnel, parue en 1983 et interprétée par Dalida. Marie Madeleine y est perçue comme la plus fidèle apôtre de Jésus lors de son retour[36].
  • Magdalene est le deuxième album studio de l'auteure-compositrice-interprète britannique FKA Twigs, sorti le 8 novembre 2019.
  • Magdalene est citée par le rappeur américain Mac Miller, plus précieusement dans le titre « Apparition » de son album Faces.
  • Marie-Madeleine apparaît pendant le premier acte de Tosca. Le peintre Cavaradossi lui donne par ailleurs les traits de Floria Tosca et provoque par conséquent l'indignation du sacristain.

Littérature[modifier | modifier le code]

Bas-relief de sainte Marie Madeleine élevée par les anges, cathédrale de Toruń, Pologne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Alain Montandon, Marie-Madeleine : Figure mythique dans la littérature et les arts, Presses universitaires Blaise Pascal, , 413 p. (lire en ligne).
  • Esther A. De Boer, Mary Magdalene: Beyond the Myth, Londres, éd. SCM Press, 1997).
  • Elisabeth et Jürgen Moltmann, Dieu homme et femme, Éditions du Cerf, 1984 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Pirot, Trois amies de Jésus de Nazareth, Éditions du Cerf, 1986 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Georges Duby, Dames du XIIe siècle, tome 1 : Héloïse, Aliénor, Iseut et quelques autres, éd. Gallimard, 1995, chapitre 2.
  • Jean-Yves Leloup, L’Évangile de Marie : Myriam de Magdala , éd. Albin Michel, 1997.
  • Élisabeth Pinto-Mathieu, Marie-Madeleine dans la littérature du Moyen Âge, éd. Beauchesne, 1997.
  • Suzanne Tunc, Des femmes aussi suivaient Jésus. Essai d’interprétation de quelques versets des Évangiles, éd. Desclée de Brouwer, 1998.
  • Marianne Alphant, Guy Lafon et Daniel Arasse, L'Apparition à Marie-Madeleine, éd. Desclée de Brouwer, 2001.
  • Régis Burnet, Marie-Madeleine (Ier – XXIe siècle) : De la pécheresse repentie à l'épouse de Jésus : histoire de la réception d'une figure biblique, Éditions du Cerf, 2004.
  • Thierry Murcia, Marie appelée la Magdaléenne. Entre traditions et histoire. Ier – VIIIe siècle, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, coll. « Héritages méditerranéens », 2017.
  • Thierry Murcia, Marie-Madeleine : l’insoupçonnable vérité ou Pourquoi Marie-Madeleine ne peut pas avoir été la femme de Jésus, PDF, 2017, avec la participation de Nicolas Koberich.
  • Christian Doumergue, Marie-Madeleine, Grez-sur-Loing, éd. Pardès, coll. « Qui suis-je ? », 2010.
  • Ève Duperray, Georges Duby et Charles Pietri, Marie-Madeleine dans la mystique, les arts et les lettres, colloque Avignon, éd. Beauchesne, 1989 Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Vies médiévales de Marie-Madeleine, Introduction, édition du corpus, présentations, notes et annexes par Olivier Collet et Sylviane Messerli, Turnhout, Brepols, 2009.
  • Frédérique Jourdaa et Olivier Corsan, Sur les pas de Marie-Madeleine, éd. Ouest-France, 2009.
  • François Herbaux, Une femme culte. Enquête sur l'histoire et les légendes de Marie Madeleine, éd. Gaussen, 2020.
  • Michel Tardieu, Écrits gnostiques : Codex de Berlin, Éditions du Cerf, coll. « Sources gnostiques et manicheennes », , 518 p. (ISBN 978-2-204-02015-2)

Articles[modifier | modifier le code]

  • Karen King, « Canonisation et marginalisation : Marie de Magdala », Concilium, no 276,‎ , p. 41-49.
  • Thierry Murcia, « Marie de Magdala et la mère de Jésus », Revue des Études Tardo-antiques. Figures du premier christianisme : Jésus appelé Christ, Jacques “frère du Seigneur”, Marie dite Madeleine et quelques autres, no Supplément 6,‎ 2018-2019, p. 47-69 (lire en ligne, consulté le ). Textes de la session scientifique THAT, Paris-Sorbonne, 3 février 2018.
  • Victor Saxer (1918-2004), professeur et recteur de l'Institut pontifical d'archéologie chrétienne[n 2], a consacré de nombreuses études à Marie Madeleine, notamment :
    • Victor Saxer, « Sermo in sollemnitate Sancte Marie-Magdalene », Mélanges de l'École française de Rome, vol. 104, no 1,‎ , p. 385-401 (lire en ligne, consulté le ).
    • Victor Saxer, « Les saintes Marie Madeleine et Marie de Béthanie dans la tradition liturgique et homilétique orientale », Revue des sciences religieuse, vol. 32, no 1,‎ , p. 1-37.
    • Victor Saxer, « Les ossements dits de sainte Marie-Madeleine conservés à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume », Provence historique, vol. 27,‎ , p. 57-311.
    • Victor Saxer, « La Madeleine, figure évangélique dans sa légende jusqu'au XIIe – XIIIe siècle », Évangile et évangélisme,‎ , p. 198-220.
    • Victor Saxer, Le dossier vézelien de Marie Madeleine : Invention et translation des reliques en 1265-1267. Contribution à l'histoire du culte de la sainte à Vézelay à l'apogée du Moyen Âge, Bruxelles, Société des Bollandistes, , 290 p. (EAN 5552873650028).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Certains auteurs affirment qu'en 882 le moine Badilon aurait apporté de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume à Vézelay, des reliques de la sainte. voir Vézelay.
  2. « Victor Saxer », notice d'autorité.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Eric Lyons, « The Real Mary Magdalene », Apologetics Press, Apologeticspress.org (consulté le ).
  2. Raymond E. Brown (trad. de l'anglais), Que sait-on du Nouveau Testament ?, Montrouge, Bayard, (1re éd. 1997), 921 p. (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 377.
  3. Maddalena Scopello, Femme, gnose et manichéisme: de l'espace mythique au territoire du réel, p. 11-12.
  4. a b c et d Maddalena Scopello, Femme, gnose et manichéisme: de l'espace mythique au territoire du réel, p. 11.
  5. Stuart S. Miller, Sages and Commoners in Late Antique ʼEreẓ Israel, p. 153.
  6. Yohanan Aharoni et Michael Avi-Yonah, Macmillan Bible Atlas, , p. 145-146.
  7. a b c d e et f Maurice Casey, Jesus of Nazareth: An Independent Historian's Account of His Life and Teaching, New York City, New York and London, T & T Clark, 2010 (ISBN 978-0-567-64517-3), p. 192-194.
  8. a et b Bart Ehrman, Peter, Paul, and Mary Magdalene : The Followers of Jesus in History and Legend, Oxford University Press, 2006 (ISBN 978-0-19-530013-0), p. 197-198.
  9. Ingrid Maisch, Mary Magdalene : The Image of a Woman through the Centuries, Collegeville, Minnesota, Liturgical Press, 1998 (ISBN 978-0-8146-2471-5), p. 2-3.
  10. « Maria or Mariam », Concordance de Strong.
  11. a et b Traduction Louis Segond, 1910.
  12. Ève Duperray, Georges Duby et Charles Pietri, Marie-Madeleine dans la mystique, les arts et les lettres, Beauchesne, p. 15-17.
  13. Ève Duperray, Georges Duby, Charles Pietri, Marie-Madeleine dans la mystique, les arts et les lettres, Beauchesne, p. 15-17.
  14. Cf. Écrits apocryphes chrétiens, tome I, sous la direction de François Bovon et Pierre Geoltrain, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1997, p. 369-370.
  15. Régis Burnet, Marie-Madeleine. De la pécheresse repentie à l'épouse de Jésus, Bayard, , 137 p.
  16. Régis Burnet, Paroles de la Bible, Seuil, , chapitre « Ne me touche pas »
  17. André-Marie Gerard, Dictionnaire de la Bible (avec la collaboration de Andrée Nordon-Gerard et de François Tollu, P.S.S.), éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1989, p. 884.
  18. a et b Veronica Ortenberg et Dominique Iogna-Prat, « Genèse du culte de la Madeleine (VIIIe – XIe siècle) », Mélanges de l'École française de Rome. Moyen Âge, Temps modernes, no tome 104, no 1. 1992, p. 9-11,‎ (lire en ligne)
  19. Trois amies de Jésus de Nazareth, Éditions du Cerf, 1986, 145 pages (ISBN 2-204-02583-6).
  20. Madeleine Scopello (interview), Sciences et Avenir, n° 791, Dossier: Les Évangiles secrets, p. 50.
  21. Jean-Philippe Watbled, « Les figures bibliques de Marie-Madeleine, une histoire d'Amour »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), université de la Réunion,
  22. Jean Pirot, Trois amies de Jésus de Nazareth, éd. Cerf, 1986, p. 134.
  23. Sainte Marie Madeleine - Le premier œuf de Pâques
  24. Les femmes myrrhophores, homélie prononcée par le père André, église orthodoxe de Metz.
  25. Jacques de Voragine, La Légende dorée (lire en ligne), p. 160-167.
  26. Voir par exemple Richard Atwood, Mary Magdalene in the New Testament Gospels and Early Tradition. Dissertation for the attainment of the Doctor of Theology Degree from the University of Basel: 1993, p. 147-148. André-Marie Gerard. Dictionnaire de la Bible (avec la collaboration d'Andrée Nordon-Gerard et de François Tollu, P.S.S.), éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1989, p. 884. Suzanne Tunc, Des femmes aussi suivaient Jésus. Essai d'interprétation de quelques versets des évangiles, éd. Desclée de Brouwer, 1998, p. 41-42.
  27. Xavier Léon-Dufour, Lecture de l'Évangile selon Jean, t. 4, coll. Parole de Dieu, Seuil, Paris 1996, p. 221.
  28. Porté à l'écran par Martin Scorsese en 1988.
  29. Porté à l'écran par Ron Howard en 2006.
  30. Dan Brown, Da Vinci Code, p. 238.
  31. Thierry Murcia, Marie appelée la Magdaléenne. Entre traditions et histoire. Ier – VIIIe siècle, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, coll. « Héritages méditerranéens », 2017 (ouvrage préfacé par le professeur Gilles Dorival, membre honoraire de l'Institut universitaire de France) ; voir également, du même auteur, Marie-Madeleine : L’insoupçonnable vérité ou Pourquoi Marie-Madeleine ne peut pas avoir été la femme de Jésus, PDF, 2017, propos recueillis par Nicolas Koberich, ainsi que Thierry Murcia, « Marie de Magdala serait-elle la mère de Jésus ? », Connaissance hellénique, « Autour des Évangiles », no 141,‎ (lire en ligne).
  32. Thierry Murcia, Marie appelée la Magdaléenne. Entre traditions et histoire. Ier – VIIIe siècle, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, coll. « Héritages méditerranéens », 2017, p. 338.
  33. Victor Saxer, Le Culte de Marie Madeleine en Occident, Publications de la Société des Fouilles Archéologiques et des Monuments Historiques de l'Yonne, , p. 11.
  34. a et b Gaston Duchet-Suchaux et Michel Pastoureau, La Bible et les saints, Paris, Flammarion, , 357 p. (ISBN 2-08-011598-7 et 9782080115980, lire en ligne), p. 238
  35. Site Musée des Beaux Arts à Angers.
  36. Dalida, « Marie Madeleine », sur Dalida, site officiel (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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