Route nationale 85 (France)

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Route nationale 85
Cartouche de la route
Image illustrative de l'article Route nationale 85 (France)
Borne kilométrique à Laffrey (Isère)
Carte de la route.
Autres dénominations Route Napoléon
Historique
Déclassement D 1085 (Bourgoin-Jallieu – Grenoble et La Saulce – limite 05/04)
D 4085 (limite 05/04 – Aubignosc et Barrême - limite 04/06)
D 6085 (Alpes-Maritimes)
Caractéristiques
Longueur 390 km
avant déclassement
Direction nord-ouest/sud-est
Extrémité nord-ouest D1006 à Bourgoin-Jallieu (avant déclassement)
A480 au Pont-de-Claix
Intersections
Extrémité sud-est N202 à Barrême
Golfe-Juan (avant déclassement)
Réseau Route nationale partiellement classée
Territoire traversé
2 régions Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur
4 départements Isère, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes
Villes principales Bourgoin-Jallieu, Grenoble, Vizille, Laffrey, La Mure, Corps, Gap, Digne-les-Bains, Grasse, Golfe-Juan
Exploitation
Gestionnaire DIR Méditerranée et conseils départementaux sur les sections déclassées
Notes
Tracé comprenant les sections déclassées
Numéros des routes après déclassements

La route nationale 85, ou RN 85, est une route nationale française reliant en 2015 Le Pont-de-Claix sur l'autoroute A480 à La Saulce via Gap et Aubignosc à Barrême via Digne-les-Bains.

Par le passé, elle commençait à Bourgoin-Jallieu, en se détachant de la RN 6, pour se terminer sur la Côte d'Azur, d'abord à Cagnes-sur-Mer, puis à Golfe-Juan.

Entre Grenoble et Vallauris, elle suit une partie du trajet qu'emprunta Napoléon Ier à son retour de l'île d'Elbe, au début des Cent-Jours. La RN 85 constitue une partie de la route Napoléon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

La construction de la partie traversant les préalpes de Digne et de Castellane est entamée à la fin de l'Ancien Régime. La clue de Chabrières est atteinte en 1778[1].

Sous Napoléon Ier[modifier | modifier le code]

Pont de la route Napoléon, sur un petit ravin des Alpes-de-Haute-Provence.

Après avoir débarqué le à Vallauris dans le Golfe Juan, avec une petite armée de 1 200 hommes, Napoléon prit la direction de Grasse pour rejoindre les Alpes par la vallée de la Durance. Lorsqu'il emprunta cette route, elle était dans un état très inégal selon les secteurs. Entre Grasse et Digne, elle n'était pas encore construite, et l'empereur dut passer par des sentiers muletiers.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Site de l'ancienne porte de Bonne à Grenoble.

Au XXe siècle, devant le succès de cette route historique, on améliora son tracé, l'écartant parfois du chemin de terre initial suivi par l'empereur. Elle fut goudronnée en 1927 et reçut le nom de route Napoléon en juillet 1932.

Lors de la campagne de Provence (août 1944), la route Napoléon fut utilisée comme voie de pénétration par le groupement blindé Task Force Butler, en vue d'encercler la XIXe armée allemande en retraite.

À la fin du XXe siècle, sur le trajet de liaison entre Grasse et Cannes une voie nouvelle au gabarit autoroutier a été construite, la pénétrante Cannes-Grasse (D 6185) qui reprend une iconographie inspirée des symboles napoléoniens avec notamment l'abeille déclinée sur plusieurs ouvrages de génie-civil[2].

Déclassements et évolution du tracé[modifier | modifier le code]

Le tracé de la RN 85, de Bourgoin-Jallieu à Cagnes-sur-Mer, existe depuis 1870. Elle était dirigée auparavant sur Antibes[3].

La route nationale 85 a connu deux déclassements.

La première réforme de 1972 entraîne le déclassement de la RN 85 entre Grasse et Cagnes-sur-Mer. Ce tronçon devient la RD 2085. La RN 85, dirigée alors vers Cannes, reprend la RN 567.

La deuxième réforme de 2005 réduit significativement la longueur de cette route. En effet, le décret no 2005-1499 du ne conserve que la section située « entre l'autoroute A 480 à Pont-de-Claix et l'autoroute A 51 à La Saulce » au titre de la liaison entre Grenoble et Marseille via Aix-en-Provence, la desserte de Digne entre Aubignosc et Digne puis « la liaison avec la vallée du Var […] entre Digne et la route nationale 202 à Barrême »[4].

Par conséquent, les autres sections sont déclassées en routes départementales et leur gestion confiée aux conseils généraux :

Abeilles napoléoniennes sur un ouvrage à l'entrée de la pénètrante Cannes-Grasse en direction de Grasse

Si l'A51 entre Grenoble et Gap et l'A585, de Château-Arnoux-Saint-Auban à Digne-les-Bains étaient mises en service, la RN 85 serait déclassée.

Aménagements réalisés[modifier | modifier le code]

La route nationale 85 a connu plusieurs aménagements :

  • la liaison entre le Pont-de-Claix et l'autoroute A480, en voie express[Quand ?], avec reversement de l'ancien tracé au département de l'Isère sous le numéro RD 1085A ;
  • au droit de la rampe de Laffrey :
    • un aménagement sur place a été réalisé par création de créneaux de dépassement, au titre de l'aménagement de la section Vizille – La Mure, à la fin des années 1990[5],
    • à la suite de l'accident survenu le 22 juillet 2007, un système de contrôle d'accès pour les véhicules de plus de 2,60 m de hauteur a été instauré. Les poids-lourds et véhicules de transport en commun de plus de 7,5 tonnes doivent refouler et regagner la route départementale 529 à partir de La Mure[6] ;
  • la déviation de Pierre-Châtel[Quand ?]. L'ancien tracé est devenu la RD 1085E.

À Entrages, entre Digne-les-Bains et Barrême, un tunnel de 170 m a été créé afin de supprimer un obstacle pénalisant pour les poids-lourds en transit ; il a compris également la rectification de la route de part et d'autre du tunnel sur 800 m. Le projet a été déclaré d'utilité publique le  ; la mise en service a eu lieu le 3 juillet 2015[7]. La réalisation coûte 12,6 millions d'euros, financée à part égale entre l'État et la région PACA[8].

Projets[modifier | modifier le code]

Contournement de Gap[modifier | modifier le code]

Il existe un projet consistant à dévier l'agglomération de Gap par l'ouest et le nord, reliant la RN 85 au sud et la RN 94 à l'est. Il a pour objectifs, outre de dévier le trafic de transit, d'améliorer la sécurité dans le centre-ville et de mieux desservir les quartiers de périphériques et des zones d'activités de Gap[9]. Le premier avant-projet géométrique date de 1976[10].

Trois sections seront réalisées[9] :

  • une section entre les routes de Marseille (RN 85) et de Veynes (RD 994) : 28,9 millions d'euros (2005)[10] ;
  • une section dite « de Charance », entre les routes de Veynes (RD 994) et de Grenoble (RN 85), d'un coût de 43 millions d'euros pour 3 km[10] ;
  • une section entre les routes de Grenoble (RN 85) et de Briançon (RN 94) : 34,4 millions d'euros (2005)[10].

Cette déviation sera longue de 9 km. Elle comprendra un passage sous la voie ferrée et deux ouvrages franchissant des torrents. Elle sera à double voie et prendra en compte les modes doux ; sa vitesse sera limitée à 70 km/h ; elle aura une fonction de boulevard urbain, option retenue en novembre 2002[10]. Ce contournement est inscrit au programme de modernisation des itinéraires (PDMI) 2009-2014 pour un montant de 35,8 millions d'euros, part de plus de 106 millions d'euros financé à un tiers par l'État, un tiers par la Région PACA, 1/6 par le conseil départemental des Hautes-Alpes et 1/6 par la ville de Gap[10].

Aménagement à Saint-Théoffrey[modifier | modifier le code]

Il est prévu d'aménager la route nationale 85 entre Saint-Théoffrey (au droit du lac de Petichet) et Pierre-Châtel. Le projet, qui avait été déclaré d'utilité publique en 2004, prévoyait des aménagements au droit du hameau et du de Petichet et un créneau de dépassement à Pierre-Châtel. Celui-ci a été abandonné (contraintes de dépassement et environnementales) au profit d'un aménagement sur place[11].

Pour les automobilistes, cette section présente un profil vallonné, compromettant leur dépassement, un linéaire entraînant « une augmentation de [leur] vitesse » ; les carrefours sont peu visibles ; il n'existe pas d'aménagement cyclable ni d'aménagements d'arrêt d'autocars[11].

Le projet, d'un coût de 3,8 millions d'euros, est financé intégralement par l'État. Les travaux devraient commencer en 2018 pour une mise en service en 2020[11].

Tracé[modifier | modifier le code]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Entre Vizille et Laffrey, la route emprunte la rampe de Laffrey qui présente une très forte déclivité (les panneaux indiquant 12 % dans le sens de la descente à la sortie de Laffrey), avec un dénivelé de plus de 650 mètres ; la vitesse est limitée à 70 km/h (40 km/h pour les poids lourds autorisés) par arrêté préfectoral du 23 juin 2004[12],[13]. Deux arrêtés préfectoraux de 1975 et 1979 réglementent l'accès à la descente, notamment pour la desserte locale du plateau matheysin ou pour certains services scolaires[13].

Itinéraire[modifier | modifier le code]

De Bourgoin-Jallieu à Grenoble (déclassé)[modifier | modifier le code]

La RN 85 faisait tronc commun avec la RN 75 jusqu'à Grenoble (km 65), point d'arrivée de la route Napoléon.

De Grenoble à La Saulce (N 85)[modifier | modifier le code]

Panneau annonçant la prairie de la Rencontre
Prairie de la Rencontre.

De La Saulce à Barrême (N 85 partiellement déclassée)[modifier | modifier le code]

De Barrême à Golfe-Juan (déclassé)[modifier | modifier le code]

Début historique de la route Napoléon à Golfe-Juan.
Début historique de la route Napoléon à Golfe-Juan.

De Grasse à Cagnes-sur-Mer (D 2085)[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la réforme de 1972, la RN 85 continuait vers Cagnes-sur-Mer pour rejoindre la RN 7, l'autoroute A8 et Nice. Ce tracé est déclassé D 2085. Les communes traversées étaient :

Antennes et embranchements[modifier | modifier le code]

La route nationale 85 possédait un embranchement : la RN 85A, reliant Saint-Firmin à La Chapelle-en-Valgaudémar. Elle a été déclassée en 1972 en RD 985A.

Trafic[modifier | modifier le code]

Chiffres de fréquentation[modifier | modifier le code]

En 2006, le trafic moyen journalier à Pierre-Châtel, entre Laffrey et La Mure, était de 9 700 véhicules par jour (station de comptage automatique). Les véhicules lourds représentaient une part faible : entre 110 et 200 véhicules par jour, en majorité dans le sens de la montée[12].

Lieux sensibles[modifier | modifier le code]

  • Juste avant La Frette, une pente à 9 %.
  • Le tronçon entre Vizille et Laffrey, appelé rampe de Laffrey, long de 8 km avec une forte déclivité (jusqu'à 12 %) a été le lieu d'accidents parmi les plus meurtriers de France. À la suite de l'accident d'autocar survenu en juillet 2007, l'accès à la descente a été renforcé et contrôlé[14].
  • Traversée des communes de La Mure (les poids-lourds empruntent les départementales 116 et 168) et de Corps.

Sites remarquables[modifier | modifier le code]

  • La route départementale 5, dernière ligne droite avant Grenoble
  • À Vizille, on aperçoit le château de François de Bonne de Lesdiguières, ancienne résidence de la présidence de la République.
  • C'est au bord d'un des lacs de Laffrey que se trouve la « prairie de la Rencontre » où, le , au retour de l'île d'Elbe, Napoléon rencontra les troupes royales chargées de l'arrêter. Cet événement est commémoré par une statue équestre de Napoléon.
  • À l'arrivée à La Mure, on longe la voie du chemin de fer de la Mure (train touristique à voie étroite).
  • Après La Mure, franchissement d'un ravin par un pont bizarrement nommé « Pont haut » ; zone délicate en hiver.
  • Avant et après Corps, vues plongeantes sur la vallée du Drac et le lac du Sautet, dominés par le massif de l'Obiou ; descente dangereuse vers le Motty.
  • Après le col Bayard, belvédère au-dessus du bassin de Gap ; descente en lacets sur 5 kilomètres.
  • À Malijai, un panneau indique : « Napoléon s'y est arrêté ; pourquoi pas vous ? »
  • Entre Digne et Castellane, plusieurs passages extrêmement resserrés dans la vallée de l’Asse : les clues de Chabrières et de Taulanne ; jusqu'à Barrême on côtoie, et on croise à quatre reprises, la voie ferrée des Chemins de fer de Provence (ligne Nice - Digne).
  • Au Pas de la Faye (col, altitude 981 mètres), magnifique panorama sur le bassin de Grasse.

Photographies[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir. Wikimedia Commons possède d’autres illustrations sur route nationale 85 française.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le tronçon de l'A8 à Cannes appartient à la RN 285 mais a été déclassé D 6285.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Nicod, « carte 125 : Les voies de communication au XVIIIe siècle », dans Édouard Baratier, Georges Duby et Ernest Hildesheimer (dir.), Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, (notice BnF no FRBNF35450017).
  2. « Pénétrante Cannes-Grasse », sur Agence François Brun (consulté le 26 juin 2016).
  3. Wikisara
  4. Décret no 2005-1499 du 5 décembre 2005 relatif à la consistance du réseau routier national
  5. CGEDD et BEA-TT, « Rapport d'enquête technique sur l'accident d'autocar survenu le 22 juillet 2007 sur la RN85 à Notre-Dame-de-Mésage (38) » [PDF], Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire,‎ (consulté le 22 décembre 2014), p. 24.
  6. CGEDD et BEA-TT, Rapport d'enquête technique…, p. 20.
  7. « RN 85 – Opération du tunnel de Chabrières », DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur (consulté le 3 septembre 2015).
  8. « RN 85 – Tunnel de Chabrières », DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur (consulté le 16 décembre 2014).
  9. a et b « RN 85 – Rocade de Gap », Transports - Infrastructures, DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur,‎ (consulté le 16 décembre 2014).
  10. a, b, c, d, e et f « RN 85 – Rocade de Gap – Section « Charance » », DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur (consulté le 16 décembre 2014).
  11. a, b et c « Aménagement de la RN85 au droit des lacs de Petichet et de Pierre-Châtel - Dossier de concertation publique » [PDF], DREAL Rhône-Alpes,‎ (consulté le 26 juin 2016).
  12. a et b CGEDD et BEA-TT, Rapport d'enquête technique…, p. 18.
  13. a et b CGEDD et BEA-TT, Rapport d'enquête technique…, p. 19.
  14. « Descente de Laffrey », Votre déplacement, DIR Méditerranée,‎ (consulté le 22 décembre 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif. Commissariat assuré par Jean-Loup Fontana assisté de Michel Graniou photographe, Michel Foussard, Véronique Grillot, Route Napoléon, De Louis XIV à Louis-Philippe l'histoire du Grand Chemin, Nice, Art et Culture des Alpes-Maritimes (ACAM), , 100 p. (ISBN 2-906-700-14-2)
    Cahier des Alpes-Maritimes no 11 édité par le conseil général des Alpes-Maritimes (ACAM) constituant le catalogue de l'exposition réalisée par l'Action Nationale des Elus pour la Route Napoléon à l'occasion du 25e anniversaire de sa création. Presses d'Imprimix Nice

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]