Henri Bernstein
| Directeur Théâtre de la Concorde | |
|---|---|
| jusqu'en | |
| Directeur Théâtre du Gymnase Marie-Bell | |
| - |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Henri Léon Gustave Charles Bernstein |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités | |
| Père |
Marcel Bernstein (d) |
| Mère |
Ida Seligman (d) |
| A travaillé pour |
Théâtre du Gymnase Marie-Bell (d) Théâtre de la Concorde |
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| Genre artistique | |
| Distinctions | |
| Archives conservées par |
Institut mémoires de l'édition contemporaine (503BTN, 812BTN, -) |
Henri Bernstein ou Henry Bernstein (Henry Léon Gustave Charles Bernstein), né le à Paris 8e arrondissement et mort le à Paris 16e arrondissement, est un dramaturge français du théâtre de boulevard.
Il devint célèbre en 1906 grâce au succès de son drame bourgeois Le Voleur.
Biographie
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Henri Bernstein naît au 5, rue de Marignan au domicile de ses parents, Marcel Bernstein, négociant, et Ida Seligman[1].
Il est élève au lycée Condorcet[2].
Effectuant son service militaire en 1900, il décide de déserter au bout de sept mois et s'enfuit à Bruxelles, puis il obtient sur intervention de Madame Simone, du ministre de la guerre, le Général André, le droit de rentrer en France, ainsi qu'une dispense d'effectuer les dix-sept mois de service militaire qu'il lui restait à accomplir[3].
Au début de sa carrière théâtrale, il crée plusieurs pièces - dont La Rafale, en 1905 - au Théâtre du Gymnase (théâtre dont le directeur est alors Alphonse Franck jusqu'en 1919).
En 1911, Henri Bernstein donne à la Comédie-Française la pièce controversée Après moi, dénoncée comme une œuvre « juive » et qui plus est d'un « juif déserteur », par ses détracteurs qui jugeaient qu'elle ne devait pas avoir sa place au théâtre. Cette représentation lui vaudra ainsi des manifestations tant antisémites que nationalistes comme celle organisée par Léon Daudet de l'Action française qui s'insurge moins contre la pièce que contre son auteur, à la fois en raison de ses origines juives et de son passé de déserteur.
En 1923, à l'occasion d'un séjour à Venise, il exprime dans un télégramme à Benito Mussolini son admiration[4].
En 1926[réf. nécessaire], il prend jusqu'en 1939 la direction du théâtre du Gymnase à Paris et y crée plusieurs de ses œuvres et notamment parmi les plus remarquables, La Galerie des glaces, Mélo, Le Bonheur, Le Messager… La Galerie des glaces fait l'objet en 1926 d'une publication assortie en frontispice d'un portrait de Henri Bernstein par Raymonde Heudebert (Arthème Fayard & Cie Éditeurs). Dans Elvire (janvier 1940), il dévoile au public parisien l'existence des camps de concentration à travers le personnage d'une réfugiée autrichienne (rôle créé par Elvire Popesco). Les représentations de la pièce sont interrompues au printemps par l'engagement des combats lors de la bataille de France.
Avant la Seconde Guerre mondiale, il connait un regain de célébrité grâce à un duel contre Édouard Bourdet, son rival dans le même genre théâtral.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il s'exile aux États-Unis. Il y écrit Portrait d'un défaitiste, un portrait implacable de Pétain qui connut un grand écho dans la presse américaine. En 1941, il est déchu de la nationalité française[5]. Il vit alors à New York au Waldorf-Astoria. Dans son ouvrage biographique Le Soleil et les Ombres (Robert Laffont, 1976), Jean-Pierre Aumont - qui s'était lui engagé dans les Forces françaises libres en juin 1943 - écrit s'être montré choqué du désintérêt manifesté par Bernstein pour la guerre et du luxe dans lequel il vivait alors.
Il rentre en France en août 1946 et reprend la direction du théâtre des Ambassadeurs[6].
Vie privée
[modifier | modifier le code]Bien que marié le à Boulogne-Billancourt avec Claire Marie Antoinette Martin (1891-1981) dont il divorcera le par jugement du tribunal civil de la Seine [7], il vécut de 1932 à 1940 avec Ève Curie (fille de Pierre et Marie Curie, et sœur d'Irène Curie).
Théâtre
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Œuvres (liste non exhaustive)
[modifier | modifier le code]- 1900 : Le Marché, comédie en 3 actes, Théâtre Antoine,
- 1902 : Le Détour, comédie en 3 actes, Théâtre du Gymnase,
- 1902 : Joujou, comédie en 3 actes, Théâtre du Gymnase,
- 1904 : Le Bercail, comédie en 3 actes, Théâtre du Gymnase,
- 1905 : La Rafale, Théâtre du Gymnase[8]
- 1906 : La Griffe, pièce en 4 actes, Théâtre de la Renaissance,
- 1906 : Le Voleur, pièce en 3 actes, Théâtre de la Renaissance, décembre
- 1907 : Samson, pièce en 4 actes, Théâtre de la Renaissance,
- 1908 : Israël, pièce en 3 actes, Théâtre Réjane, [9]
- 1911 : Après moi, pièce en 3 actes, Comédie-Française,
- 1912 : Le Détour, Théâtre du Gymnase
- 1912 : L'Assaut, pièce en 3 actes, Théâtre du Gymnase, , lire en ligne sur Gallica
- 1913 : Le Secret, pièce en 3 actes, Théâtre des Bouffes Parisiens, [10]
- 1922 : Judith, Théâtre du Gymnase,
- 1924 : La Galerie des glaces, Théâtre du Gymnase,
- 1926 : Félix, pièce en 3 actes, Théâtre du Gymnase, [11]
- 1927 : Le Venin, pièce en 3 actes, Théâtre du Gymnase,
- 1929 : Mélo, pièce en 3 actes et 12 tableaux, Théâtre du Gymnase,
- 1929 : Le Bonheur, pièce en trois actes et 4 tableaux, Théâtre du Gymnase,
- 1934 : Le Messager, pièce en 4 actes et 2 parties
- 1934 : Espoir, pièce en 5 actes, Théâtre du Gymnase,
- 1935 : Le Cœur, pièce en 5 actes, Théâtre du Gymnase,
- 1937 : Le Voyage, pièce en 3 actes, Théâtre du Gymnase, [11]
- 1937 : Le Cap des tempêtes, pièce en 5 actes, Théâtre du Gymnase,
- 1940 : Elvire, pièce en 4 actes, Théâtre des Ambassadeurs,
- 1949 : La Soif, Théâtre des Ambassadeurs,
- 1950 : Victor, Théâtre Hébertot, octobre
- 1952 : Évangéline, mise en scène de l'auteur, Théâtre des Ambassadeurs,
- 1955 : Espoir, mise en scène de l'auteur, Théâtre des Ambassadeurs,
Metteur en scène
[modifier | modifier le code]- 1933 : Le Bonheur de Henri Bernstein, Théâtre du Gymnase
- 1937 : Le Voyage de Henry Bernstein, Théâtre du Gymnase
- 1948 : Voyage à Washington, d'après Garson Kanin, Théâtre des Ambassadeurs
- 1950 : Le Voyage de Henry Bernstein, Théâtre des Ambassadeurs (reprise)
- 1952 : Évangéline, de Henri Bernstein, Théâtre des Ambassadeurs
- 1955 : Espoir de Henri Bernstein, Théâtre des Ambassadeurs
Reprises
[modifier | modifier le code]- 1987 : Le Secret de Henri Bernstein, mise en scène Andréas Voutsinás, Théâtre Montparnasse
- 2002 : Elvire de Henri Bernstein, mise en scène Patrice Kerbrat, Théâtre Marigny
Henry Bernstein au cinéma
[modifier | modifier le code]- 1913 : Geschwister, réalisé en Allemagne par Hermann Schuller d'après La Griffe
- 1919 : Le Bercail, réalisé par Marcel L'Herbier d'après Le Bercail
- 1932 : Mélo, réalisé par Paul Czinner d'après Mélo (version française)
- 1932 : Der träumende Mund, réalisé par Paul Czinner d'après Mélo (version allemande)
- 1934 : Le Bonheur, réalisé par Marcel L'Herbier d'après Le Bonheur
- 1936 : Samson, réalisé par Maurice Tourneur d'après Samson
- 1936 : L'Assaut de Pierre-Jean Ducis
- 1937 : Le Messager, réalisé par Raymond Rouleau
- 1938 : Orage, réalisé par Marc Allégret d'après Le Venin
- 1951 : Victor, réalisé par Claude Heymann d'après Victor
- 1954 : Orage (Delirio), réalisé par Pierre Billon et Giorgio Capitani d'après Le Venin
- 1986 : Mélo, réalisé par Alain Resnais d'après Mélo
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Acte de naissance numéro 915, registre de l'état civil de la mairie de Paris 8e arrondissement, année 1876.
- ↑ Pierre Albertini, « Les juifs du lycée Condorcet dans la tourmente », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, n°92, 2006/4, p. 81-100.
- ↑ Je suis partout, 28 février 1941, page 7, portrait d'Henri Bernstein par Lucien Rebatet
- ↑ « L'Homme libre : journal quotidien du matin / rédacteur en chef, Eugène Lautier ; directeur, A. Bernier », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Je suis partout, 12 mai 1941.
- ↑ France-Soir, 1er septembre 1946, p. 3 : "Le même avion ramenait à Paris le célèbre auteur dramatique Henry Bernstein. (...) Henry Bernstein reprend, à la rentrée, la direction du théâtre des Ambassadeurs avec une reprise de sa pièce, Le Secret."
- ↑ Mentions en marge de son acte de naissance numéro 915, registre de l'état civil de la mairie de Paris 8e arrondissement, année 1876.
- ↑ lire en ligne sur Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t54209131z/f7.item
- ↑ lire en ligne sur Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t54198544w
- ↑ lire en ligne sur Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t542008357
- texte intégral publié dans le numéro 45 de la revue Paris Théatre
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Robert Cardinne-Petit, « Henry Bernstein » (sic), en couverture un portrait d'Henri Bernstein par Bernard Bécan, Les Hommes du jour no 50, Éditions Henri Fabre, 1933
- Victor Méric, Henry Bernstein.Portrait pleine page en couverture par Poulbot. Les Hommes du Jour, n°163, daté du 4 Mars 1911.
- Georges Bernstein Gruber et Gilbert Maurin, Bernstein le magnifique, Éditions Jean-Claude Lattès, Paris, 1988, (ISBN 9782709606790).
- Théâtre, préface de Marc-Edouard Nabe : La Jungle de Bernstein, Éditions du Rocher, Monaco, 1997, (ISBN 2268023788).
- Chantal Meyer Plantureux, Les Enfants de Shylock ou l'Antisémitisme sur scène, notamment L'Affaire Bernstein, Le Traité de théâtre, p. 29 et suivantes, Éditions Complexe, Bruxelles, 2005, (ISBN 9782804800246).
- Johannes Landis, Le Théâtre d'Henry Bernstein, Éditions L'Harmattan, coll. Univers théâtral, Paris, 2009, (ISBN 9782296078796) sur le site editions-harmattan.fr.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
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