Maurice Leblanc

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Maurice Leblanc
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Maurice Leblanc
Nom de naissance Marie Émile Maurice Leblanc
Naissance [1]
Rouen, Seine-Inférieure,
Drapeau de la France France
Décès (à 76 ans)
Perpignan, Pyrénées-Orientales,
Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Signature de Maurice Leblanc

Marie Émile Maurice Leblanc est un écrivain français né le [1], à Rouen, et mort le , à Perpignan. Auteur de nombreux romans policiers et d’aventures, il est le créateur du célèbre personnage d’Arsène Lupin, le gentleman-cambrioleur. Relégué au rang de « Conan Doyle français », Maurice Leblanc est un écrivain populaire qui a souffert de ne pas avoir la reconnaissance de ses confrères mais a toujours suscité un solide noyau d'amateurs et de quelques lupinologues[2].

On peut visiter la maison de Maurice Leblanc, le Clos Lupin à Étretat, dans la Seine-Maritime. L’aiguille d’Étretat forme d’ailleurs l’un des décors du roman L'Aiguille creuse. La revue d'études lupiniennes L'Aiguille preuve est éditée annuellement par l'Association des Amis d'Arsène Lupin (AAAL) fondée en 1985 par le philosophe et essayiste François George.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maurice Leblanc est le deuxième enfant d'Émile Leblanc, négociant armateur de trente-quatre ans, et de Mathilde Blanche, née Brohy, fille de riches teinturiers, âgée de vingt et un ans et qui fut accouchée par Achille Cléophas Flaubert, père de Gustave Flaubert[3]. Il a pour sœur aînée Jehanne née en 1863, et pour sœur cadette la cantatrice Georgette Leblanc, qui fut l'interprète de Maurice Maeterlinck et sa compagne de 1895 à 1918[4].

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, son père l'envoie en Écosse où les paysages ont dû fertiliser son imagination. De retour, il achève ses études à Rouen. Le jeune Maurice reçoit sa première éducation dans une institution libre, la pension Patry, puis, de 1875 à 1882, fait ses études secondaires au lycée Corneille[5]. Adolescent, il fréquente Gustave Flaubert et Guy de Maupassant[3]. Refusant la carrière que son père lui destine dans une fabrique de cardes, il « monte à Paris », en 1888, pour écrire. D’abord journaliste, puis romancier et conteur (son premier roman Une femme très remarqué en 1893, Des couples, Voici des ailes, son unique pièce La pitié en 1902 est un échec, le faisant renoncer au théâtre[6]), il éveille l’intérêt de Jules Renard et d'Alphonse Daudet, sans succès public. Il fréquente les grands noms de la littérature à Paris : Stéphane Mallarmé ou Alphonse Allais. En 1901, il publie L'Enthousiasme, roman autobiographique.

En 1905, Pierre Lafitte, directeur du mensuel Je sais tout, lui commande une nouvelle sur le modèle du Raffles d'Ernest William Hornung et des aventures de Sherlock Holmes[7] : L'Arrestation d’Arsène Lupin se révèle un grand succès public mais Maurice Leblanc souffre déjà de n'avoir pas la reconnaissance des gens de lettres[8]. Deux ans plus tard, Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur est publié en livre. La sortie d’Arsène Lupin contre Herlock Sholmès mécontente Conan Doyle, furieux de voir son détective Sherlock Holmes (« Herlock Sholmès ») et son faire-valoir Watson (« Wilson ») ridiculisés par des personnages parodiques créés par Maurice Leblanc.

Domicile de Maurice Leblanc à Étretat, aujourd'hui musée.

Maurice Leblanc reçoit la Légion d'honneur[9], le 17 janvier 1908, des mains du sous-secrétaire d’État aux Beaux-Arts, Étienne Dujardin-Beaumetz, député radical de l’Aude.

Radical-socialiste et libre-penseur, Leblanc s’embourgeoise avec l’âge et la Première Guerre mondiale. Il aurait déclaré : « Lupin, ce n’est pas moi ! » Dès 1910, il tente de tuer son héros dans 813, mais il le ressuscite dans Le Bouchon de cristal, Les Huit Coups de l'horloge

En 1918, Maurice Leblanc achète à Étretat une maison à colombages de facture anglo-normande où il y rédige 19 romans et 39 nouvelles[10]. Devant l'occupation allemande, il quitte Le Clos Lupin et se réfugie en 1939 à Perpignan où il meurt d'une pneumonie[10]. Exhumé du cimetière Saint-Martin de Perpignan en 1947, il est réinhumé, le 14 octobre de cette année-là, à Paris, au cimetière du Montparnasse, aux côtés de sa femme Marguerite et d'autres membres de sa famille (notamment son beau-frère René Renoult)[11].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Fin 1888, Maurice Leblanc se décide à quitter Rouen pour Paris où il se marie le 10 janvier 1889 à Marie-Ernestine Lalanne (1865-1941) qui lui donne une fille, Louise Amélie Marie Leblanc (1889- 1974) qui n'aura aucune postérité de son mariage. Les deux jeunes gens s'aperçoivent vite qu'ils ne s'entendent pas et divorcent en 1895. L'écrivain tombe ensuite amoureux de Marguerite Wormser (1865-1950) qui a déjà un fils Claude Oulmann (1902-1994), lequel sera autorisé à porter le nom de Leblanc par décret. La procédure de divorce entamée par Marguerite contre son premier époux traînant en longueur, Maurice a des ennuis de santé et sombre dans la dépression. Ils ne se marient que le 31 janvier 1906[12].

Postérité[modifier | modifier le code]

Une Association des amis d’Arsène Lupin est fondée en 1985 par son ancien élève le philosophe François George[13].

Son œuvre a inspiré Gaston Leroux (créateur de Rouletabille), ainsi que Souvestre et Allain (créateurs de Fantômas). Les exploits d’Arsène Lupin se déroulaient dans la capitale et dans le pays de Caux, que Maurice Leblanc connaissait bien : collectionneur de cartes postales, il avait recensé pas moins de quatre cents manoirs entre Le Havre, Rouen et Dieppe. Les « lupinophiles » arpentent les lieux cités dans les intrigues de Leblanc en Normandie : Étretat et le trésor des rois de France, Tancarville, le passage souterrain de Jumièges devant mener au trésor médiéval des abbayes, etc. Selon les lupinophiles mythomanes, la piste des sept abbayes du pays de Caux reliées entre elles dessinerait la Grande Ourse et permetrait de retrouver l’étoile d’Alcor.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages faisant intervenir le personnage d'Arsène Lupin[modifier | modifier le code]

La série Arsène Lupin compte 17 romans et 39 nouvelles, ainsi que 5 pièces de théâtre, tous écrits de 1905 à 1941.

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b L'acte de naissance (no 2275) de Maurice Leblanc commence ainsi : « Du douze décembre Mil huit cent soixante quatre, à trois heures après midi, Acte de Naissance de Marie Emile Maurice Leblanc, du sexe masculin, à Nous présenté, né hier, à quatre heures du matin, au domicile de ses père et mère […] ». Cet acte est consultable sur le site des archives départementales de la Seine-Maritime.
  2. Paul Gayot, Jacques Baudou, Dictionnaire de lupinologie. Arsène Lupin dans tous ses états, Les Éditions de l'Œil du sphinx, , 241 p..
  3. a et b Joseph-Marc Bailbé, Le Paysage normand dans la littérature et dans l'art, Publications Universitaires Rouen Havre, , p. 293.
  4. Jacques Derouard, Maurice Leblanc. Arsène Lupin malgré lui, Séguier, , p. 10.
  5. Jacques Derouard, op. cit., p. 22
  6. Jacques Derouard, op. cit., p. 147
  7. Jacques Derouard, op. cit., p. 120
  8. Jacques Derouard, op. cit., p. 192
  9. « Base LEONORE », sur culture.gouv.fr
  10. a et b Hélène Rochette, Maisons d'écrivains et d'artistes, Parigramme, , p. 183.
  11. Philippe Barret, Les écrivains français en leur tombeau, Flammarion, , p. 186.
  12. André-François Ruaud, Les nombreuses vies d'Arsène Lupin, Moutons électriques, , p. 17.
  13. Association des amis d’Arsène Lupin
  14. Nouvelle initialement titrée, lors de la parution dans Je sais tout, « Sherlock Holmes arrive trop tard ».
  15. La traduction française de ce texte, Le Pardessus d'Arsène Lupin, est disponible sur Wikisource.
  16. http://arsenelupingc.free.fr/theatre.php
  17. Pièce de Maurice Leblanc, réalisation de Carlos Larronde, selon les annonces dans la presse de 1936. Dans un article publié en 2015 dans le no 17 bis de la revue L'Aiguille preuve, Hervé Lechat, président de l'Association des amis d'Arsène Lupin, pense que cette pièce a probablement été écrite par Carlos Larronde.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André-François Ruaud, Les nombreuses vies d'Arsène Lupin, vol. 1, Lyon, Moutons électriques, coll. « Bibliothèque rouge », (ISBN 978-2-915-79310-9).
  • Jacques Derouard, Dictionnaire Arsène Lupin, Amiens Paris, Encrage Les Belles lettres, coll. « Travaux » (no 41), (ISBN 978-2-251-74113-0 et 978-2-911-57629-4, OCLC 48809024).
  • Jacques Derouard, Maurice Leblanc : Arsène Lupin malgré lui, Paris, Librairie Séguier, coll. « Biographie », , 610 p. (ISBN 2-87736-070-9).
  • Europe, revue littéraire mensuelle, août septembre 1979, no 604/605
    Numéro consacré à Maurice Leblanc et Arsène Lupin.
  • François Vicaire (photogr. Jean-François Lange), La maison de Maurice Leblanc : le Clos Arsène Lupin, Darnétal, Petit à petit, coll. « Maisons d'écrivains », , 47 p., 31 cm (ISBN 978-2-849-49030-3, OCLC 469435150).

Liens externes[modifier | modifier le code]