Maigret et la Jeune Morte

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Maigret et la Jeune Morte
Auteur Georges Simenon
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Roman policier
Éditeur Presses de la Cité
Lieu de parution Paris
Date de parution 1954
Nombre de pages 221
Série Commissaire Maigret
Chronologie

Maigret et la Jeune Morte est un roman policier de Georges Simenon publié par les Presses de la Cité en 1954. Il fait partie de la série des Maigret.

L'écriture de ce roman s'est déroulée du 11 au dans la propriété de Shadow Rock Farm, Lakeville (Connecticut), États-Unis, appartenant à l'auteur, soit à quelque 5 500 km de Paris où se déroule l'action.[réf. nécessaire]

Résumé[modifier | modifier le code]

Le cadavre d'une jeune fille en robe de soirée est découvert place de Vintimille. Maigret pense à une entraîneuse de cabaret, mais lorsqu'il pose la question au docteur Paul qui a procédé à l'autopsie à l'Institut médico-légal, la réponse est surprenante : c'est un non catégorique « parce que cette fille-là n'a jamais couché avec personne ! ». Dès lors, très Intrigué par le malheureux destin de la jeune fille, Maigret prend l'affaire en main, provoquant le mécontentement évident de Lognon, l'inspecteur attaché au quartier, bien connu par ses complexes d'infériorité et de persécution ; le Malgracieux devra une nouvelle fois s'atteler à des tâches secondaires.

Maigret, selon sa méthode, entre en empathie avec la jeune morte, reconstituant peu à peu son parcours et parvient à l'identifier : il s'agit de Louise Laboine, d'origine niçoise. Dès 16 ans, la jeune fille a tenté sa chance à Paris ; dans le train qui l'emmenait vers la capitale, elle a fait la connaissance de Jeanine Armenieu, Lyonnaise décidée, elle aussi, à vivre sa vie.

À Paris, tandis que Jeanine, Jeune fille délurée, réussissait et parvenait à se faire ouvrir les portes de la haute société, Louise, introvertie, végétait et vivait le plus souvent aux crochets de son amie. Celle-ci a mis fin à cette situation en partant du meublé de la rue de Ponthieu où elles habitaient. Dès lors, Louise a commencé son naufrage : foncièrement honnête et de moralité irréprochable, elle a quitté l'appartement et a sombré dans la misère. Lorsqu'elle a appris que son ancienne amie allait faire un mariage avantageux avec Marco Santoni, fils d'une famille italienne fortunée, elle a cherché à la revoir à l'occasion d'une soirée mondaine ; c'est pour cela qu'elle avait loué une robe de soirée. Jeannine lui a donné un peu d'argent, ainsi qu'une lettre adressée à son nom, mais remise auparavant à Jeanine par la concierge de l'immeuble de la rue de Ponthieu qui ignorait le nouveau domicile de Louise. Cette lettre lui a été laissée par un Américain nommé Jimmy O'Malley.

Ce dernier a été le complice du père de Louise, Julius Van Cram, escroc international que la jeune fille n'a jamais connu. Avant sa mort dans un pénitencier américain, Van Cram a demandé à O'Malley de dire à Louise comment elle pourrait entrer en possession de l'argent qu'il a accumulé dans sa vie d'escroc. O'Malley, qui n'a pu retrouver Louise, a déposé pour elle un message dans un bar louche de la rue de l’Étoile. C'est là qu'elle s'est rendue le soir du meurtre, mais le message avait été intercepté par Falconi, patron du bar et les nommés Bianchi et "le Tatoué", individus peu scrupuleux, qui ont profité de la situation. Pour se procurer "l'héritage" à la place de Louise, ces deux truands ont essayé de lui dérober son sac dans lequel était la lettre et ses papiers ; la chaînette de son sac étant enroulée autour de son poignet, elle s'est défendue et a succombé aux coups de matraque donnés par les deux malfrats.

L'enquête finie, Maigret s'interroge sur le destin brisé de la jeune morte : « Et si elle était passée à temps pour que la lettre lui soit remise en mains propres ? Serait-elle allée en Amérique ? Qu'aurait-elle fait, ensuite, des cent mille dollars de "l'héritage" ? ».

Aspect particulier du roman[modifier | modifier le code]

Maigret, sensible à tous les détails, reconstitue peu à peu la vie de la victime, mais aussi sa personnalité. C’est grâce à cet élément qu’il retrouvera les coupables. Parallèlement à Maigret, Lognon mène son enquête avec opiniâtreté, mais échoue parce qu’il ne s’est guère intéressé au comportement de la jeune fille.

Fiche signalétique de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

Cadre spatio-temporel[modifier | modifier le code]

Espace[modifier | modifier le code]

Paris. Place de Vintimille[1], rue de Clichy, rue du Chemin-Vert, rue de Ponthieu, rue de l'Étoile. Références à Nice.

Temps[modifier | modifier le code]

Époque contemporaine ; l’enquête dure trois jours et se déroule en mars.

Les personnages[modifier | modifier le code]

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Le commissaire Jules Maigret
  • Louise Laboine, la victime, sans profession, célibataire, 20 ans.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

  • Lognon, dit le Malgracieux, inspecteur de police du deuxième quartier
  • Jeanne Santoni, dite Jeannine, née Armenieu, a vécu trois ans et demi avec la victime, 22 ans
  • Germaine Laboine, mère de la victime, la soixantaine

Éditions[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Maurice Piron, Michel Lemoine, L'Univers de Simenon, guide des romans et nouvelles (1931-1972) de Georges Simenon, Presses de la Cité, 1983, p. 344-345 (ISBN 978-2-258-01152-6)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rebaptisée place Adolphe Max le 25 juillet 1940. Le roman ne sera écrit que quatorze ans plus tard en 1954 et, cependant, l'ancien nom est conservé.
  2. Patrice Leconte "enchanté" de tourner avec le "tendre et cabossé" Gérard Depardieu, Alexis Patri, Europe 1, 9 octobre 2020