Ponce Pilate

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ponce (homonymie) et Pilate.
tableau montrant Ponce Pilate présentant Jésus de Nazareth aux habitants de Jérusalem
Ecce homo (Voici l'homme !), tableau d'Antonio Ciseri montrant Ponce Pilate présentant Jésus de Nazareth aux habitants de Jérusalem.

Ponce Pilate (en latin Pontius Pilatus), né à un endroit inconnu, vraisemblablement vers la fin du Ier siècle av. J.-C., était un citoyen romain, membre de la classe équestre, qui, à partir de 26, sous le règne de l'empereur Tibère, et durant dix à onze ans, a occupé la charge de préfet de Judée. Il est renvoyé à Rome fin 36 ou début 37, pour une raison difficile à comprendre, par le proconsul de Syrie Lucius Vitellius afin qu'il s'explique auprès de l'empereur. Après son arrivée à Rome, l'histoire perd sa trace, bien qu'il soit assez probable qu'il ait été disgracié.

Il est essentiellement connu pour avoir ordonné, selon les Évangiles, l'exécution et le crucifiement de Jésus de Nazareth, ce qui a conféré une notoriété exceptionnelle à ce simple gouverneur de province.

L'absence de certitudes historiques a permis le développement de légendes à son sujet, telle celle qui veut qu'il ait été exilé et se serait suicidé[Note 1] durant le règne de Caligula (mars 37 - janvier 41)[Note 2]. Des traditions lui font trouver la mort essentiellement à deux endroits soit comme martyr à Rome, soit par suicide dans la vallée du Rhône.

L'Église éthiopienne orthodoxe le vénère comme saint et martyr avec sa femme tandis que les Églises grecques orthodoxes honorent seulement celle qui, selon la tradition chrétienne serait sa femme, sous le nom de Claudia Procula.

Identité[modifier | modifier le code]

Nom de Pilate[modifier | modifier le code]

Un passage des Antiquités judaïques de Flavius Josèphe[P 1], une courte phrase de Tacite dans les Annales, ainsi que trois mentions dans le Nouveau Testament — deuxième prologue de l'Évangile selon Luc[P 2], mention dans une lettre attribuée à l'apôtre Paul de Tarse[P 3], mais probablement écrite plus de dix ans après sa mort[1], une mention dans les Actes des Apôtres[P 4] —, sont les textes qui permettent de savoir que le surnommé « Pilate » s'appelait « Pontius »[Note 3]. L'inscription retrouvée à Césarée en 1961 ne comporte quant à elle que les dernières lettres du nom[2], mais n'introduit toutefois aucun doute sur le nom de ce préfet[3].

L'usage était les tria nomina, les trois noms du citoyen romain. Les deux premiers étaient le praenomen et le nomen[4], le troisième était le cognomen qui à l'origine était un surnom. Ce cognomen, « pilatus », a fait imaginer de manière fantaisiste qu'il avait eu un affranchi parmi ses ancêtres, le mot pilatus , « coiffé du bonnet rouge », s'applique en effet, aux esclaves romains affranchis[5]. Il fait référence avec plus de vraisemblance[Note 4] à une charge honorifique (« l'homme au javelot » ou « titulaire d'un javelot d'honneur », d'un pilum, arme emblématique du légionnaire romain) et suggère que ce titre « a pu être attribué au gouverneur de Judée en raison de ses exploits militaires » mais cela reste hypothétique[6].

Son prénom (praenomen) est inconnu[Note 5].

Préfet ou procurateur[modifier | modifier le code]

Pierre portant une inscription latine avec le nom partiel de Ponce Pilate
L'inscription de Césarée maritime sur laquelle figure partiellement le nom : [Pont]ius Pilatus (2e ligne).

Depuis la fin du XXe siècle, l'historiographie s'accorde pour dire que le titre officiel de Ponce Pilate, comme pour les autres titulaires de la charge jusqu'au règne de l'empereur Claude (41 - 54), était Praefectus, un grade militaire. Or, pendant des siècles, le titre attribué à Ponce Pilate a été celui de procurateur qui a pu sembler « inséparable de son nom »[7] : en effet, tant les textes de Philon que les Antiquités judaïques de Josèphe qualifient Ponce Pilate d’épitropos (en grec, ἐπίτροπος), ce qui correspond au titre latin de procurator que l'on trouve dans les Annales de Tacite[P 5]. Si l'authenticité de ce passage n'est plus guère discutée, son histoire pose plus de problèmes puisque selon Pline l'Ancien, celui-ci se trouvait initialement dans les Histoires de Tacite et pas dans les Annales[8]. L'origine de l'erreur sur la fonction — « procurateur » au lieu de « préfet » — est aussi débattue, était-elle initiale ou a-t-elle été introduite[8],[Note 6] ? On trouvait aussi ce même titre (ἐπιτροπεύοντος, procurateur) dans certaines versions du texte occidental du Nouveau Testament, comme le Codex Bezae[P 6], considéré comme une version antérieure de celle que nous connaissons[9]. Ce titre se trouvait dans le second prologue de l'Évangile selon Luc. Dans les autres passages, les rédacteurs des évangiles utilisent quelquefois le terme grec d’hègémôn. Pour Jean-Pierre Lémonon ce terme désigne — « celui qui dirige » — sans connotation officielle et correspond au latin praeses[7]. Toutefois, Alain Desreumaux estime que le mot grec hègémôn correspond bien à procurateur (procurator) et pas à préfet (praefectus) [10].

Toutefois, la découverte en 1961 à Césarée d'une inscription attestant de la construction d'un sanctuaire dédié à l'empereur Tibère (le Tiberieum), à l'initiative d'un [Pon]tius Pilatus dont la titulature apparaît partiellement comme [prae]fectus Iudaeae, a montré que Pilate ne portait pas ce titre de « procurateur », qui ne s'impose que plus tardivement[7]. Ainsi, le praefectus qui gouverne la Judée a la charge des fonctions administratives, militaires et juridiques — tant sur le plan civil que criminel — mais il s'occupe également de la levée des impôts ce qui fait de lui un « procurateur » (en latin, procurator) chargé des intérêts de l'empereur et il semble que ce soit la dénomination qui soit restée à partir de l'époque de Claude[7] « correspond[ant] à une évolution historique des gouverneurs de rang équestre »[11].

Origines de Ponce Pilate[modifier | modifier le code]

Ponce Pilate apparaît dans l'histoire envoyé par Tibère pour succéder à Valerius Gratus, comme gouverneur de Judée[6]. Aucun texte ne nous donne de renseignement sur son activité antérieure[6],[Note 7].

Si le praenomen de Pilate est inconnu[Note 5], ses nomen et cognomen offrent la possibilité d'émettre des hypothèses sur ses origines[Note 8]. Son nomen renvoie à la gens à laquelle il appartient, peut-être[12] le clan samnite assez connu des Pontii[13]. Cette tribu sabellienne belliqueuse occupant un vaste territoire montagneux des Abruzzes a notamment pour ancêtre Caius Pontius qui s'est illustré lors des guerres samnites[14].

Des auteurs comme Pierre Comestor ou Pineda ont recueilli des traditions incertaines pour faire naître Pilate à Lugdunum (aujourd'hui Lyon[Note 9]) ou à Séville[15] (où une tradition populaire fait de la Casa de Pilatos une copie de son prétoire romain). Selon l'Évangile apocryphe de Nicodème, il aurait épousé avec l'assentiment de Tibère, une noble romaine connue sous le nom de Claudia Procula et identifiée, sans beaucoup de vraisemblance, à la petite-fille de l'empereur Auguste[16]. Les spéculations fantaisistes sur l'origine de cette femme que l'on suppose avoir appartenu à cette grande famille aristocratique, ont permis d'expliquer l'ascension sociale de son époux probablement issu de la bourgeoisie puisque la comparaison avec les carrières d'autres chevaliers (notables bourgeois faisant partie des equites illustriores) permet de penser qu'il a exercé une activité d'ordre militaire avant d'être nommé préfet de Judée[17].

Nomination[modifier | modifier le code]

Carte de la province de Judée au premier siècle
La Palestine au Ier siècle av. J.-C.

Ponce Pilate est nommé préfet en 26[Note 10] sous le règne de l'empereur Tibère (14-37), sans qu'on en connaisse les motivations[Note 11]. Il prend la tête d'une province impériale d'un type particulier, généralement confiée à des membres de l'ordre équestre dont les gouverneurs ne reçoivent pas de l’empereur l’imperium proconsulaire comme cela se fait pour des provinces impériales plus importantes ou pour les provinces sénatoriales[18]. Certains chercheurs[19] estiment que la Judée n'avait peut-être pas d'autonomie propre, constituant plutôt un district de la province de Syrie — dont le gouverneur est le seul à posséder l’imperium complet — sous l'autorité d'un légat chargé du commandement des troupes, de la justice et des impôts[18].

Succédant à Valerius Gratus — resté onze ans en fonction — Ponce Pilate est le cinquième des gouvernants romains qui se succèdent en Judée entre 6 et 36, tous issus de l'ordre équestre. Il est néanmoins le seul parmi eux dont la notoriété a traversé les siècles, notamment à travers les attestations de son contemporain Philon d'Alexandrie[P 7] mais surtout des évangiles et des écrits de l'historien judéo-romain Flavius Josèphe[P 8]. On peut noter que tous ces auteurs sont liés au judaïsme, car les auteurs des évangiles sont des judéo-chrétiens. Il existe également une attestation archéologique découverte en 1961 à Césarée[20], la ville dont ces dirigeants romains avaient fait le siège de leur administration au détriment de Jérusalem, probablement pour le luxe des palais hérodiens et les divertissements offerts par cette cité[7]. En qualité de Préfet, Ponce Pilate gouvernait donc une province où étaient stationnées des forces militaires[21].

Fonction[modifier | modifier le code]

Le poste qu'occupe Ponce Pilate, dans une région aux troubles et à l'insécurité permanents, est ingrat et redouté en même temps qu'il est sans prestige. Nombre de ses titulaires ne s'y maintiendront que très peu de temps mais certains, comme Pilate lui-même et son prédécesseur Valérius Gratus, restent plus de dix ans, jouant des antagonismes ethniques et opposant les forces autochtones[22], même si la politique romaine s'appuie sur les institutions préexistantes et les élites locales pour les faire fonctionner[23].

L'officier romain chargé du gouvernement de la Judée dirige son administration ainsi que les troupes auxiliaires cantonnées dans sa juridiction qu'il peut, en cas de nécessité, voir augmentées par un appoint de troupes de la province de Syrie. Il détient l'autorité juridique suprême[24], même s'il reste une certaine autonomie aux autorités juives en matière de droit civil et de droit pénal[25]. Il est également habilité à frapper monnaie — généralement de pièces de bronze qui suivent le comput officiel de l'empire — et à collecter les impôts[24].

« Le préfet est détenteur de l'imperium, seul il peut permettre une exécution capitale[26] »

Contexte[modifier | modifier le code]

Au Ier siècle de l'ère commune, la Palestine se trouve dans une situation politique complexe : depuis l'an 6 de notre ère et la déposition du souverain hérodien Hérode Archélaüs par Auguste, la Judée est passée sous administration romaine[27] avec le rang de province « équestre », dépendant de l'empereur mais sous responsabilité directe du légat de Syrie. Cela signifie que l'imposition est effectuée directement[28], la première tâche de Quirinius et Coponius a d'ailleurs été d'effectuer un recensement des personnes et des propriétés[29] (+6). En dehors de la Judée, de l'Idumée et de la Samarie, la Palestine est dirigée par des fils d'Hérode le Grand, soumis au pouvoir romain[30], avec le titre de tétrarque. De manière générale, pour une région qui change régulièrement de statut, la Palestine est, depuis le Ier siècle av. J.-C. et tout au long du Ier siècle, le théâtre d'agitations et de nombreux soulèvements motivés par différents facteurs — recherche d'amélioration des conditions sociales ou fiscales — sur fond d'attente eschatologique d'ordre prophétique qui poussent certains des habitants à une certaine radicalité à l'encontre des autorités romaines[31].

Les soulèvements populaires auxquelles succèdent des provocations romaines, parfois inconscientes, maintiennent ainsi un climat souvent insurrectionnel qu'il convient cependant de relativiser : sous l'administration de Pilate et de son prédécesseur, la province paraît bénéficier d'une relative prospérité ainsi que semblent en témoigner la longueur de leurs administrations successives — s'étalant chacune sur plus de dix ans — ainsi que le règne des tétrarques Philippe (-4 à 34) et Hérode Antipas (-4 à 39)[30].

Préfecture[modifier | modifier le code]

Bien qu'ils divergent sur d'autres points, les textes de Flavius Josèphe et de Philon d'Alexandrie s'entendent pour rapporter l'image détestable que Ponce Pilate laisse auprès des Juifs, même bien au-delà de la Judée[32]. Ainsi, dans Légation à Caïus, Philon d'Alexandrie raconte un épisode où les autorités juives menacent d'envoyer une supplique à l'empereur Tibère, ce qui ne fait qu'accroître la colère de Pilate, car « il craignait que, si on envoyait des députés on ne vînt à découvrir les autres méfaits de son gouvernement, ses vexations, ses rapines, ses injustices, ses outrages, les citoyens qu'il avait fait périr sans jugement, enfin son insupportable cruauté[P 9]. » Maints commentateurs actuels soulignent que ce portrait hostile reflète une opinion préconçue qui sert rétrospectivement à justifier le remplacement des procurateurs romains par Hérode Agrippa Ier. Si les sources néotestamentaires dressent de leur côté un portrait moins hostile du préfet, elles ne le présentent pas pour autant comme un modèle de la justice romaine[33].

Ainsi il convient de tempérer la façon qu'ont ces sources apologétiques voire théologiques chrétiennes ou juives — parfois influencées par leur particularisme communautaire — de noircir l'image d'un fonctionnaire sur lequel l'historiographie actuelle pose un regard plus nuancé : Pilate ne semble pas outrepasser ses prérogatives et semble avant tout soucieux de préserver l'ordre et les intérêts de Rome[34],[35]. Si le pouvoir de Ponce Pilate repose sur la puissance militaire de l'empire qu'à l'instar de tout gouverneur romain il n'hésite pas à déployer de temps en temps avec une « insensibilité dévastatrice », il faut noter que la présence romaine ne se fait habituellement sentir que lors de la levée des impôts, de la construction des routes et par une présence policière minimale, essentiellement cantonnée au palais d'Hérode et à la forteresse Antonia[36].

Durant les dix à onze années de la préfecture de Pilate, on peut relever une série de six incidents entraînant des protestations plus ou moins graves dont l'histoire a conservé la trace : dès 26, l'année de son arrivée, un incident concernant des images figurant l'empereur sur des enseignes romaines ; un incident consécutif à la construction d'un aqueduc financé avec le trésor du Temple ; un incident concernant des pièces frappées avec un symbole cultuel païen ; un épisode concernant les sacrifices sanglants galiléens ; une affaire anodine de consécration de boucliers dorés à Jérusalem prise pour un outrage ; et encore en 36, l'affaire mettant en scène un prophète samaritain se proclamant « Nouveau Moïse ». On peut y ajouter les arrestations et exécutions de Jean le Baptiste et de Jésus de Nazareth, voire l’arrestation du populaire Jésus Bar Abbas[37].

Images à Jérusalem[modifier | modifier le code]

Ce buste romain serait celui de Flavius Josèphe[38].

Dès sa nomination, une action de Pilate est lue comme une provocation par les Juifs, quand le préfet prend l'initiative d'introduire de nuit à Jérusalem des enseignes et des effigies de l'Empereur, alors qu'aucun autre gouverneur romain n'avait fait cela avant lui[Note 12] et que d'après Philon d'Alexandrie, cet interdit religieux avait été « jusqu'alors respecté par les Rois et les Empereurs »[P 9]. Suivant Flavius Josèphe, « Le jour venu, […] les habitants présents furent frappés de stupeur, voyant là une violation de leurs lois, qui ne permettent d'élever aucune image dans leur ville[P 10],[39]. » Les habitants se précipitent alors à Césarée[40] où les gouverneurs de Judée stationnaient. « Les Juifs s'ameutèrent autour de Pilate, à Césarée, pour le supplier de retirer les enseignes de Jérusalem et de maintenir les lois de leurs ancêtres »[P 10].

Si cet épisode est le même que celui rapporté par Philon, à ces députations se joignent « les quatre fils » d'Hérode le Grand et notamment Antipas le tétrarque de Galilée et celui de la Trachonitide Philippe le Tétrarque et peut-être Hérode Boëthos, « on leur adjoignit les autres membres de la famille royale et tout ce qu'il y avait de hauts personnages pour le prier de renoncer à cette innovation[P 9]. » Mais Pilate s'obstine. Alors les Juifs « se couchèrent autour de sa maison et y restèrent prosternés, sans mouvement, pendant cinq jours entiers et cinq nuits »[P 10],[41]. Pilate convoque alors le peuple dans le grand stade au prétexte de lui répondre[41] :

« Là, il donna aux soldats en armes le signal convenu de cerner les Juifs. Quand ils virent la troupe massée autour d'eux sur trois rangs, les Juifs restèrent muets devant ce spectacle imprévu. Pilate, après avoir déclaré qu'il les ferait égorger s'ils ne recevaient pas les images de César [l'empereur Tibère], fit signe aux soldats de tirer leurs épées. Mais les Juifs, comme d'un commun accord, se jetèrent à terre en rangs serrés et tendirent le cou, se déclarant prêts à mourir plutôt que de violer la loi[P 11]. »

Finalement, « frappé d'étonnement devant un zèle religieux aussi ardent », Pilate n'exécute pas sa menace[41]. D'après Philon, Tibère ayant été saisi par les fils du roi Hérode et par les autres hauts personnages, l'empereur ordonne à Pilate de retirer les enseignes problématiques[Note 13]. Elles sont alors remmenées à Césarée[41].

La plupart des critiques estiment toutefois que les relations de Flavius Josèphe et de Philon d'Alexandrie parlent de deux événements distincts[42] (voir plus bas l'Incident des boucliers dorés).

Construction d'un aqueduc[modifier | modifier le code]

Carte en mosaïque des deux aqueducs, à Talpiot Est, près du quartier général de l'ONU

Flavius Josèphe[P 12] rapporte également des troubles occasionnés « un peu plus tard »[P 13],[Note 14] par la construction — ou la complétion[43] — d'un aqueduc destiné à desservir Jérusalem en eau, financé par Pilate — en tout cas en partie — avec des fonds provenant du trésor du Temple. Ces ouvrages d'art étaient en effet fort onéreux[Note 15] et celui de Jérusalem portait sur une distance de 200 à 400 stades[Note 16].

Bien qu'il soit probable que le financement de l'ouvrage utile à la ville se soit fait en accord avec les autorités sacerdotales et le grand prêtre Joseph Caïphe[Note 17], cette construction soulève un mécontentement populaire pour des raisons qui restent difficiles à établir précisément ; il semble néanmoins qu'il ait pu être occasionné autant par la nature des travaux d'eau et des raisons religieuses que par leur financement avec les biens du Temple[44]. Quoi qu'il en soit, alors que l'ouvrage semble avancé dans sa construction[43], une protestation de la foule rassemblée — peut-être pour une cérémonie officielle comme une inauguration qui nécessite la présence de l'autorité[45] — dégénère. Le fil des évènements qui suivent est divergent suivant les deux versions de Josèphe mais, en tout état de cause, le rassemblement est agressif et la foule hiérosolymitaine remontée contre le préfet. Pilate ne se laisse pas surprendre et maîtrise la situation par la ruse[46] : la sédition est réprimée à coup de gourdins sur un signe du préfet par des soldats romains qui, préalablement dissimulés en civil au sein de la foule, occasionnent de nombreux morts et blessés.

L'épisode qui se termine tragiquement semble montrer une maladresse dans l'exposé des intentions de Pilate, qui place les habitants de Jérusalem devant le fait accomplis mais révèle, si l'on suit le texte de Flavius Josèphe, « un gouverneur qui n'hésite pas à recourir à la manière forte pour rétablir l'ordre compromis par ses initiatives » plutôt qu'« un homme assoiffé de sang »[46].

Article connexe : Piscines de Salomon.

Incident des boucliers dorés[modifier | modifier le code]

Philon d'Alexandrie cite ostensiblement une lettre que le roi Agrippa Ier aurait écrite à l'empereur Caligula[42] pour rapporter l'incident des boucliers dorés qui a pour particularité d'être décrit pour inciter l'empereur à abandonner son projet de faire ériger sa statue dans le Temple de Jérusalem[47].

« Pilate, qui était procurateur de Judée, consacra à l’intérieur de Jérusalem, dans le palais d’Hérode, des boucliers d’or, moins pour honorer Tibère que pour déplaire au peuple. Ils ne portaient aucune image, ni rien qui fût expressément interdit, mais seulement une inscription contenant les noms de celui qui les avait dédiés et de celui auquel ils étaient consacrés[P 14]. »

Selon Jean-Pierre Lémonon, les termes grecs employés pour décrire ces boucliers montrent qu'il s'agissait d'objets consacrés religieusement et que certains pouvaient porter une dédicace à l'empereur Tibère, avec « plein de sous-entendus religieux[48] » et notamment « son lien de filiation avec Auguste dont la divinité était alors affirmée[48]. » Toutefois, Lester L. Grabbe estime que cette explication semble un trop faible argument pour que Philon l'utilise et n'explique pas vraiment pourquoi les Juifs étaient tellement en colère qu'ils sont allés se plaindre à l'empereur en personne[49].

À cette nouvelle « le peuple se rassembla et députa au procurateur les quatre fils du Roi (Hérode) qui, pour le rang et la dignité, ne le cédait en rien aux Rois ; on leur adjoignit les autres membres de la famille royale et tout ce qu'il y avait de hauts personnages pour le prier de renoncer à cette innovation[P 9],[50]. »

Tibère, saisi par les fils du roi Hérode et par les autres hauts personnages, ordonne à Pilate de retirer les enseignes problématiques du territoire des Juifs[49]. Elles sont alors installées à Césarée dans le Temple consacré à Auguste.

Cet incident, que les historiens situent après 31[37],[51], est beaucoup moins grave que les répressions racontées par les deux auteurs juifs, puisque les boucliers ne comportaient pas d'image et que le peuple se contente de faire intervenir les grandes familles à ce sujet. Dans la lettre qui est rapportée par Philon d'Alexandrie, Agrippa veut montrer à Caligula combien Tibère, son père adoptif, a été sage en respectant les coutumes juives. Il met en parallèle l'attitude de Tibère à propos d'un incident bénin (puisque les boucliers ne comportaient pas d'image), avec ce que veut imposer Caligula (mettre sa statue dans le Temple), ce qui pour un Juif est la pire des provocations[52]. À la suite d'origène et d'Eusèbe de Césarée, certains auteurs pensent donc que cet incident est le même que celui des enseignes raconté par Flavius Josèphe[52] (voir ci-dessus Des images à Jérusalem). Pour parfaire sa démonstration, Agrippa en aurait simplement minoré la gravité. Toutefois, selon l'historien Lester L. Grabbe, les critiques estiment généralement qu'il s'agit de deux événements distincts[42].

Dernières années[modifier | modifier le code]

Éventuel rapport de Pilate à Tibère[modifier | modifier le code]

Tertullien (mort en 220) mentionne dans son Apologétique, un rapport que Ponce Pilate aurait écrit à Tibère sur les événements de Judée ayant pour principal sujet l'activité de Jésus quelque temps avant que le même Pilate le condamne à être crucifié[53],[54]. Ce rapport est aussi mentionné par Jérôme de Stridon dans sa Chronicon hieronymus (en)[53] (c. 380), ainsi que la Chronicon Paschale[53],[Note 18], puis par Moïse de Khorène dans son Histoire d'Arménie.

Photo d'une monnaie de bronze : revers et avers
Monnaie en bronze frappée sous Ponce Pilate.
Revers: Inscription en grec TIBEPIOY KAICAPOC (Tibère Empereur) an 16 (29/30).
Avers : Inscription en grec IOYLIA KAICAPOC (Livie, la mère de l'empereur).

Selon Tertullien, Tibère « soumit au Sénat les faits qu'on [Pilate] lui avait annoncé de Syrie-Palestine, faits qui avaient révélé là-bas la vérité de la divinité du Christ, et il manifesta son avis favorable. Le Sénat n'ayant pas lui-même vérifié ces faits, vota contre. César persista dans son sentiment et menaça de mort les accusateurs des chrétiens[54]. »

Eusèbe de Césarée (début du IVe siècle) mentionne également un « rapport » de Pilate à Tibère. Pour Eusèbe, Pilate « se fait le simple écho de ce qui s'est passé et se dit dans la province dont il a la charge[55] » À la suite de ce rapport, Tibère aurait soumis au Sénat les faits qui révélaient la divinité du Christ[56] en donnant son avis favorable pour que Jésus entre au Panthéon[54]. On trouve aussi la même affirmation outre chez Tertullien et Eusèbe, chez Jérôme de Stridon, Moïse de Khorène et dans plusieurs textes d'origine syro-édéssienne regroupées sous le nom de « Légende d'Abgar ».

Edoardo Volterra estime que Tertullien se référait à un document authentique écrit par Ponce Pilate[57]. La proposition de Tibère pour que Jésus entre au Panthéon est compatible avec les multiples sources (Tertullien, Eusèbe, Orose, Zonaras, Doctrine d'Addaïe[58], Jérôme de Stridon, Moïse de Khorène) qui font état de « la bienveillance de Tibère[59] » envers Jésus et son message[59], tout au moins tel qu'il était compris par ses auditeurs sans culture hébraïque. Nikos Kokkinos remarque que les Chronicon hieronymus et Chronicon Paschale situent ce rapport sous les consulats de Gallus et Nonianus qui ont été les consuls éponyme de l'année 35[53]. Pour lui cela renforce son point de vue fondé sur les indications chronologiques de Flavius Josèphe selon lesquelles Jean le Baptiste est mort vers 35 et que subséquemment Jésus aurait été crucifié par Ponce Pilate à la Pessah (Pâque) 36[60] (voir à ce sujet Date de la mort de Jean Baptiste).

Toutefois, la tradition chrétienne telle qu'elle est parvenue jusqu'à nous à la naissance de la critique historique il y a deux siècles, estime qu'il s'agit d'une légende. Pour elle, le passage de Jésus en Judée et même sa crucifixion sont passés inaperçus à l'époque et les auteurs chrétiens antiques qui font état de ce rapport ont cru à ces légendes car ils voulaient embellir l'histoire de leur héros. Ainsi pour le théologien Jean-Pierre Lémonon les critiques qui estiment que ce rapport a existé « majorent la notoriété du fait chrétien à ses débuts[59] ». Il lui semble donc impossible de prendre en considération l'assertion de Tertullien, qui pour lui est « historiquement invraisemblable »[54].

Conflit Antipas - Arétas IV[modifier | modifier le code]

Bien que les événements ne se situent pas sur les territoires de la province romaine de Judée, le conflit entre Hérode Antipas et le roi arabe de Pétra, Arétas IV, a probablement eu des répercussions dans la province administrée par Ponce Pilate.

Exécution de Jean le Baptiste[modifier | modifier le code]

« Obéissant à des motivations purement dynastiques[61] », pour être nommé par l'empereur à la tête de la tétrarchie de Philippe qui vient de mourir (vers 34), Antipas a imaginé conforter sa position en se mariant avec Hérodiade[62], pourtant mariée à son demi-frère Hérode[63] (appelé Philippe dans les évangiles attribués à Marc et Matthieu[63]). Pour éviter le déshonneur d'être répudiée ainsi qu'Antipas et Hérodiade l'ont convenu en secret, Phasaélis épouse d'Antipas et fille du roi de Pétra Arétas IV s'est enfuie dans le royaume de son père[64],[65],[66], assumant ainsi que l'alliance entre Antipas et Arétas est brisée[67].

À un moment de ce conflit qui est en débat, probablement situé entre 29 et 35[68],[69],[70] (voir Date de la mort de Jean Baptiste), Antipas pense faire taire son opposition en exécutant un prédicateur juif appelé Jean le Baptiste. Cette exécution semble avoir eu d'importantes répercutions sur la situation politique dans la région pendant plusieurs années.

Défaite d'Antipas[modifier | modifier le code]

Peu après la fuite de sa fille, Arétas exploite le prétexte d'une contestation de frontières « du territoire de Gamala » et déclare la guerre à Antipas[67]. Il est possible qu'Arétas ait profité de la participation d'Antipas à la grande conférence sur l'Euphrate, pour celer la paix et la victoire romaine sur Artaban III (automne 36[Note 19]), pour déclencher son offensive[71],[Note 20].

Ruines de la cité fortifiée de Gamala, enjeu de la guerre entre Arétas IV et Hérode Antipas. (On entrevoit au fond, le lac de Tibériade.)

Une bataille a alors lieu et « toute l'armée d'Hérode est taillée en pièces à cause de la trahison de transfuges qui, tout en appartenant à la tétrarchie de Philippe, étaient au service d'Hérode [Antipas][64]. » Suivant Flavius Josèphe, cette défaite intervient « en juste vengeance de Jean surnommé Baptiste[64] ». La défaite d'Antipas est ainsi considérée au sein de la population juive comme une vengeance divine contre Antipas pour le punir d'avoir mis à mort Jean[61] et dont Arétas IV n'aurait été que l'instrument[61].

Il est possible que la crucifixion de Jésus, cousin de Jean Baptiste, ait aussi joué un rôle dans cette défaite. En effet, selon Moïse de Khorène, ainsi que plusieurs sources en syriaque et en arménien, le roi d'Édesse, Abgar V « fournit des auxiliaires » au roi Nabatéen, Arétas IV[72],[73]. Ceux-ci combattent « sous la conduite de Kosran[74] Ardzrouni[75], pour faire la guerre à Hérode (Antipas) »[76]. Toutefois, l'historicité de cette mention est contestée par Jean-Pierre Mahé. Pour des critiques comme Ilaria Ramelli ou Robert Eisenman, le soutien d'Abgar V aurait été motivé par le fait que l'empereur Tibère n'a pas sanctionné Ponce Pilate, Caïphe et Antipas après la crucifixion de Jésus comme il s'y était engagé dans sa réponse à Abgar V[72],[73]. Toutefois, cette correspondance entre Abgar V et Tibère est considérée depuis plusieurs siècles comme entièrement légendaire par l'Église latine d'Occident, au point que le cycle de ces écrits a été nommée « Légende d'Abgar ». Certains critiques modernes se rangent à cet avis, alors que si la plupart des critiques estiment qu'il est possible que la ville d'Édesse ait été évangélisée par Thaddée - Addaïe[77], « rien n'est historiquement certain sur les origines du proto-nazaréisme (les Juifs chrétiens) d'Édesse avant 201[77]. »

Répression des Samaritains[modifier | modifier le code]

En 36, Ponce Pilate fait réprimer avec célérité un rassemblement de Samaritains sur le mont Garizim. À l'instigation d'un homme qui selon Flavius Josèphe « considérait le mensonge comme sans importance et usait de toutes sortes de manœuvres pour plaire au peuple[78] », les plus convaincus « prirent les armes » et s'installèrent dans le village de Tirathana pour accueillir la masse des samaritains et « faire en grand nombre l'ascension de la montagne[78] ». Cet homme leur avait promis de leur montrer « des vases sacrés enfouis par Moïse[78] »[Note 21].

La légende des vases sacrés était très répandue dans les milieux juif et samaritain au Ier siècle[79]. Dans ces légendes, « ces instruments sacrés sont ceux qui permettent le vrai culte[79]. » La découverte des instruments cachés et leur restauration apparaissent comme une fonction du prophète eschatologique[80]. La tradition samaritaine y reconnaissait la manifestation du prophète eschatologique semblable à Moïse[80]. Le rassemblement possédait donc une connotation messianique[80]. Ce type de fièvre était naturellement de nature à inquiéter un gouverneur romain.

Dans tout le passage, Flavius Josèphe qui parle à plusieurs reprises de cet homme qui semble s'être proclamé « nouveau Moïse », n'en donne jamais le nom[37]. Toutefois, son nom pourrait avoir été conservé par Origène (Contre Celse, I, 57 et VI, 11), qui l'appelle Dosithéos[37]. Pour Robert Eisenman et d'autres critiques, il pourrait s'agir de Dosithée de Samarie qui selon les Pères de l'Église et la littérature chrétienne qualifiée ultérieurement d'apocryphe, aurait succédé à la tête du mouvement de Jean le Baptiste après son exécution, car il était l'un de ses trente disciples[81]. Pilate fait crucifier leurs leaders et les personnalités les plus en vue qu'il est parvenu à capturer[82].

Selon la tradition des mandéens — la dernière communauté de Baptistes antiques existant encore aujourd'hui — et notamment dans le Haran-Gawaita[83], les mandéens placent leur départ de Palestine en 37-38, sous le règne d'Artaban III[83], à cause d'une répression qui aurait eu lieu peu de temps après la mort du Baptiste[84],[83]. Pour Robert Eisenman, les indications de la tradition mandéenne, sont cohérentes avec ce que décrit Flavius Josèphe, chez qui les exécutions du Baptiste, et le rassemblement armé de Dosithée se suivent dans une période très brève[81]. Le départ de cette branche de Baptistes dans l'année, ou les deux années suivantes est donc possible. Finalement c'est Simon le Mage qui aurait pris la tête des baptistes refusant de reconnaître Jésus comme Messie et qui avaient pu rester en Palestine[81]. Selon la tradition talmudique, Dosithée échappe à la répression romaine, mais finit par mourir de faim dans une grotte dans la région de Kaukab (15 km au sud-ouest de Damas). Kaukab aurait constitué aux Ier et IIe siècle une place forte des disciples de Dosithée et Simon le Mage[85].

Renvoi de Ponce Pilate à Rome[modifier | modifier le code]

Monnaie présentant une scène de famille.
Pièce présentant Aulus Vitellius face à son père, Lucius Vitellius.

Lucius Vitellius est consul en 34[86]. Nommé légat de la province romaine de Syrie par Tibère, il arrive dans sa province en 35[86]. L'empereur lui a confié la délicate mission de gérer le conflit décisif contre les Parthes et leur roi Artaban III au sujet du contrôle du royaume d'Arménie[67] et « de diriger toutes les révolutions qui se préparaient en Orient[P 15] ».

La répression du rassemblement de Samaritains sur le mont Garizim[78], dont certains avaient pris leurs armes[78],[P 16], provoque les plaintes du Conseil des Samaritains qui envoie une délégation auprès de Vitellius[87] (probablement à Antioche). Bien que du point de vue romain, il ait été du devoir de Pilate d'intervenir et que celui-ci ne semble pas avoir outrepassé ses droits dans cette affaire[87], Vitellius décide de son renvoi à Rome pour qu'il s'explique auprès de l'empereur[88] de « ce dont l'accusaient les Juifs[P 17],[Note 22] », apparemment pour qu'il passe en procès devant Tibère[82]. Pour Lester L. Grabbe, « la raison exacte pour laquelle [Vitellius] accepte ces accusations n'est pas claire[82] », mais on ne peut que constater qu'il les a acceptées[82],[Note 23].

Pilate quitte sa charge pour Rome vers la fin de l'année 36 ou le début de l'année 37, au plus tard à la fin février[89], ainsi que l'envisagent la plupart des chercheurs[Note 24]. Vitellius envoie « un de ses amis[90] » appelé Marcellus pour lui succéder, ou pour assurer l'intérim. C'est le seul cas où Flavius Josèphe, dans la désignation de la fonction du gouverneur de Judée, utilise l'expression epimeletes (ἐπιμελητής), c'est-à-dire « préposé », « chargé de mission »[91], ce qui est rare. Nous ne sommes donc pas certain que Marcellus avait vraiment les pouvoirs d'un préfet, il n'était peut-être qu'un fonctionnaire subalterne de Vitellius[91]. « Pilate, après dix ans passés en Judée, se hât[e] vers Rome, obéissant aux ordres de Vitellius, qu'il ne pouvait pas rejeter. Mais avant qu'il atteigne Rome, Tibère le devance en quittant la vie[P 18] ». Jean-Pierre Lémonon estime que l'on perd la trace historique de Pilate après cet épisode[92]. Au moment où Ponce Pilate arrivait à Rome, Caligula, le nouvel empereur, tira de prison Agrippa Ier[93], le frère d'Hérodiade et lui octroya, outre le titre de roi, les territoires de Philippe[94] qui venaient d'être l'enjeu de la guerre où l'armée d'Hérode Antipas avait été anéantie par celle du roi nabatéen, Arétas IV[Note 25].

Vitellius vient à nouveau à Jérusalem à la Pâque 37[95],[P 19]. À la fin de la fête, il destitue le grand prêtre Joseph Caïphe et nomme Jonathan ben Hanan pour le remplacer[96]. Vitellius a donc renvoyé coup sur coup, les deux acteurs principaux du procès de Jésus.

Un procès de Pilate ?[modifier | modifier le code]

Le premier auteur chrétien à parler d’Actes de Pilate, est Justin de Naplouse (ou Justin Martyr) qui vers 150 écrit à « l'Empereur, au Sénat et à tout le peuple », la première de ses deux apologies du christianisme. Dans cette apologie, Justin mentionne à deux reprises des « Actes de Pilate » qui ne sont pas le futur texte chrétien, mais « des minutes du procès, conservées dans les archives romaines[97] ». Pour Jean-Pierre Lémonon, Justin conjecture l'existence de ces « Actes » du procès de Pilate[98]. Dans ces deux passages, l'auteur renvoie ses lecteurs — dont l'empereur et le sénat — à ces Actes pour prouver la véracité de ses dires[98]. Christian Amphoux pose la question : Justin (qui a finalement été exécuté comme chrétien) « aurait-il pris le risque de faire état d'une fausse information alors qu'il était facile pour les destinataires de son Apologie de la faire vérifier dans les archives[99] ? »

« P. L. Maier a cru pouvoir affirmer qu'il n'y eut probablement pas de procès contre Pilate en raison de la mort de Tibère »[100]. Selon Jean-Pierre Lémonon : « Les textes avancés par P. L. Maier ne manquent pas de pertinence, [mais] ils ne permettent pas cependant de définir avec certitude le sort de Pilate d'autant plus que la violence de la lettre d'Agrippa, rapportée par Philon [...] invite à nuancer [ses] propos[100]. » L'opinion d'Agrippa sous la plume de Philon d'Alexandrie sont en effet sans équivoque, parlant de Pilate ; il écrit entre autres :

« Il craignait que, si on envoyait des députés on ne vînt à découvrir les autres méfaits de son gouvernement, ses vexations, ses rapines, ses injustices, ses outrages, les citoyens qu'il avait fait périr sans jugement, enfin son insupportable cruauté[P 9]. »

« Philon utiliserait-il des propos aussi violents à l'adresse d'un fonctionnaire romain si celui-ci n'avait pas été officiellement blâmé pour son comportement en Judée[100] ? »

Eusèbe de Césarée dit que Ponce Pilate n'a pas survécu longtemps à sa disgrâce et qu'il s'est suicidé après avoir été exilé à Vienne, la troisième année du règne de Caligula. Toutefois, la tradition éthiopienne — pour qui Pilatus est un saint chrétien — connaît le martyre de Pilate[101], qui aurait été exécuté à Rome. À cause de ces indications contradictoires, que l'on ne parvient pas à comprendre, après son arrivée à Rome, l'histoire perd sa trace[96].

Inflexion politique[modifier | modifier le code]

Le mandat de Vitellius marque un retour à l'ordre en même temps qu'au travers d'une inflexion de la politique précédente, une volonté de conciliation envers les Juifs. Lors d'une première venue à Jérusalem, au cours de l'année 36[95], Vitellius prête attention à la demande de restitution des vêtements du Grand Pontife que s’étaient arrogés les Romains à la suite d'Hérode[88], ce qui leur conférait le contrôle des cérémonies qui se déroulaient au Temple de Jérusalem lors du jeune du Kippour ainsi que lors des fêtes célébrées au cours des trois pèlerinages[Note 26]. Vitellius fait bon accueil à cette demande et annonce qu'il va écrire à Tibère à ce sujet[96].

Après avoir destitué Ponce Pilate, Lucius Vitellius vient à nouveau à Jérusalem à la pâque 37, « porteur de la réponse de Tibère et accorde la garde des vêtements aux Juifs[96]. » Il se rend même au Temple de Jérusalem pour y sacrifier. Il annonce la remise de l'ensemble des impôts sur la vente des récoltes[102]. À la fin de la fête, il destitue le grand prêtre Joseph Caïphe, probablement jugé trop proche de Pilate[88] et nomme Jonathan ben Hanan pour le remplacer[96].

Cinquante jour après, lors de la fête de Chavouot (qui a donné naissance à la Pentecôte), il se rend à nouveau à Jérusalem[96]. Cette fois, il est accompagné de deux légions car Tibère lui a donné l'ordre « de faire la guerre [au roi Arétas IV] et de le ramener enchaîné, s'il le prenait vivant, ou d'envoyer sa tête s'il était tué[P 20], pour le punir de la défaite qu'il avait fait subir aux armées d'Antipas l'automne précédent. Vitellius accepte alors que ses légions contournent la région de Jérusalem pour ne pas offenser la population par la vue des enseignes de ses légions[Note 27] au contraire de ce qu'avait fait Pilate[P 21]. Il se rend à nouveau au Temple de Jérusalem pour y sacrifier[96], accompagné cette fois d'Hérode Antipas. Après la fête, il destitue à nouveau le grand prêtre qu'il venait à peine de nommer et lui substitue Théophile[96].

Quatre jours après la fête, arrive l'annonce de la mort de Tibère (mort le 17 mars 37)[96]. Le légat de Syrie fait alors acclamer Caligula et interrompt la campagne contre la Nabathée, attendant les ordres du nouvel empereur[102]. Bien que Flavius Josèphe ne le relate pas, un terrain d'entente a probablement été trouvé avec les nabathéens et Arétas IV, car lorsque Agrippa Ier se rend dans ses territoires en été 38[103], son royaume de Bathanée qui correspond aux territoires de la tétrarchie de Philippe est libre de toutes troupes arabes. Comme le territoire de Damas passe sous le pouvoir d'Arétas IV à l'époque de Caligula, il est possible que son administration ait été concédé aux nabathéens en échange de leur retrait de la tétrarchie de Philippe[104].

Cette nomination d'Agrippa avec le titre de roi dès l'arrivée de Ponce Pilate à Rome (mars-avril 37)[93],[94] procède probablement aussi de cette inflexion politique. Non seulement Antipas n'aura pas ce territoire, mais l'année suivante, il sera lui-aussi démis de sa tétrarchie de Galilée-Pérée, envoyé en exil en Gaule et ses territoires ainsi que tous ses biens confisqués seront confiés à Agrippa[93].

Même en admettant que Vitellius ne s'est pas rendu lui-même à Césarée maritime pour destituer Ponce Pilate, si l'on suit Flavius Josèphe il s'est rendu trois fois à Jérusalem en à peine un an[90] (d'un moment situé après la pessah 36 à la Pentecôte 37). Certains historiens, comme E. Mary Smallwood, estiment que ce n'est pas logique et tentent de regrouper deux de ses venues ensemble[102]. Toutefois cette proposition ne rencontre pas une grande réception[95], les venues de Vitellius et les destitutions successives de Pilate et de deux grand-prêtres reflétant probablement une situation très tendue dans la province.

Pilate dans les Évangiles[modifier | modifier le code]

Le deuxième prologue de l'Évangile attribué à Luc (3,1) est le seul passage qui fournit des indications chronologiques qui permettent de savoir que le Pilate dont on parle dans les évangiles est Ponce Pilate. Dans toutes les autres parties des évangiles, le gouverneur romain est simplement appelé Pilate et jamais Ponce Pilate. De même, celui que l'on identifie à Hérode Antipas car il fait exécuter Jean le Baptiste est appelé Hérode, qui peut être un nom dynastique, mais qui ne permet pas de le distinguer des autres tétrarques ou rois de la famille d'Hérode le Grand. Malicieusement, les auteurs de l'évangile selon Marc donnent même le titre de roi à l'Hérode qui correspond à Antipas (Mc 6:14), alors que justement il n'a jamais pu obtenir ce titre, comme si au moment où ils l'ont écrit, les auteurs de cet évangile voulaient accroître l'incertitude. Ce deuxième prologue, écrit une vingtaine d'années après l'évangile attribué à Marc, présente Ponce Pilate comme gouverneur de la Judée et le situe dans un environnement politique[P 2]. « Or, en la quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, [...] la parole de Dieu vint à Jean (le Baptiste), le fils de Zacharie, au désert. » Cette précision chronologique qui n'apparait que dans les années 80-90, correspond à l'année 28/29, mais ne s'applique pas à Jésus et encore moins à sa confrontation avec un Pilate, mais au début de la prédication de Jean le Baptiste.

Répression dans le Temple[modifier | modifier le code]

L'Évangile attribué à Luc évoque aussi des « Galiléens, dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs victimes[P 22] ». Les « victimes » dont il est question, sont les animaux qui étaient sacrifiés à Dieu dans le Temple de Jérusalem, une pratique qui existait dans la plupart des autres religions de l'Antiquité. Selon cette phrase trop brève, qui n'a d'écho ni chez Flavius Josèphe, ni chez Philon d'Alexandrie, Pilate aurait donc aussi réprimé un mouvement de protestation animé par des Galiléens à l'intérieur même du Temple. Ici, les Galiléens ne sont pas spécialement des habitants de Galilée, mais des membres du mouvement créé vers l'an 6, par Juda le Gaulanite (ou Judas le Galiléen), aussi appelé « quatrième philosophie » par Flavius Josèphe, ou des membres du mouvement Zélote[105].

Pilate et Jésus[modifier | modifier le code]

Fresque présentant le procès de Jésus
Fresques du procès de Jésus, église Saint-Jean-Baptiste de Iaroslavl.

Les évangiles présentent Pilate comme quelqu'un qui veut libérer Jésus « le roi des Juifs (Jn 18:39) », mais qui est contraint de le condamner par les autorités juives et la foule. Il se retrouve piégé et doit libérer Jésus Barabbas[106], un « brigand » inculpé pour émeute et meurtre, que l'évangile attribué à Matthieu présente comme étant célèbre (Mt 27:16), plutôt que de libérer Jésus bien qu'après que Jésus ait reconnu être le roi des Juifs (Jn 18:37), Pilate estime qu'il est innocent (Jn 18:38).

Le théologien Michel Quesnel fait remarquer que « déterminer qui porte la responsabilité de la mort de Jésus a des retombées politiques, religieuses et idéologiques[107] [...] Plus délicate encore que d'autres à propos de Jésus, cette question doit être étudiée par les chercheurs en faisant au maximum abstraction de leurs présupposés[107]. »

Les raisons pour lesquelles les évangélistes — qui sont des judéo-chrétiens — atténuent la responsabilité de Ponce Pilate dans le processus de condamnation de Jésus pourraient être liées aux circonstances de rédaction de leur récit, dans le cadre de l'Empire romain, afin que leur écrit puisse franchir la barre de la censure. On constate au fil des rédactions une minimisation toujours plus importante de la responsabilité de Pilate et que la responsabilité « des Juifs » est de plus en plus importante pour atteindre son paroxysme dans les Actes des Apôtres puis les évangiles attribués à Jean et à Pierre[108], les derniers à avoir été rédigés avant 150. C'est aussi dans cette période que s'élargit la rupture entre les Nazôréens (notsrim en hébreu, les juifs chrétiens[109]) et le mouvement des rabbins en formation[109] dans l'Académie de Yabneh[110], notamment avec une nouvelle rédaction de la Birkat haMinim contenant une malédiction à l'égard des hérétiques (minim) parmi lesquels les Nazôréens sont inclus[111],[112].

Condamnation de Jésus de Nazareth[modifier | modifier le code]

Les mentions ultérieures de Pilate dans les Évangiles se réfèrent toutes à la comparution de Jésus devant lui[Note 28]. Pilate est surtout connu comme juge au procès de Jésus, ce qui a conféré une notoriété exceptionnelle à ce simple gouverneur de province, au nom mentionné dans les professions de foi des chrétiens[113]. Les chapitres 27 de Matthieu, 15 de Marc, 23 de Luc et 18-19 de Jean[P 23] rapportent le renvoi de Jésus de la demeure du Grand prêtre à Pilate, son interrogatoire, la pression de la foule, la libération de Barabbas :

Selon les évangiles synoptiques, Jésus est conduit devant Pilate par les responsables du Sanhédrin à la suite du « saccage du Temple » (Jésus ayant chassé les marchands du temple, selon Mc 11, 15-19 et passages parallèles). Il « venait de se révéler pouvant être violent, et donc risquait de fragiliser l'équilibre précaire entre le monde juif toujours prêt à s'agiter et l'occupant romain[114]. » Toutefois, dans l'évangile attribué à Jean, ce saccage du Temple (Jn 2:14-17) n'est pas le motif de l'arrestation de Jésus, car il a lieu plusieurs années avant que Jésus soit arrêté par une Cohorte romaine dirigée par un tribun[Note 29] (Jn 18:12) qui ne sont pas présent lors de l'arrestation relatée dans les synoptiques. La nuit précédent sa comparution, il avait été arrêté à Gethsémani, par une foule armée de bâtons et de glaives, envoyée par les grands-prêtres[P 24], ou selon l'évangile attribué à Jean, dans un jardin anonyme par une cohorte dirigée par un tribun (Jn 18:12) « et des gardes détachés par les grands prêtres et les Pharisiens (Jn 18:3) ». Jésus avait été trahi par Judas. Selon l'évangile attribué à Matthieu, on le traîne alors dans la demeure du grand-prêtre Caïphe (Mt 26:57) qui a convoqué de toute urgence le Grand Conseil ou Sanhédrin. Interrogé par le grand-prêtre, Jésus reconnaît être « le Christ, le Fils de Dieu[P 25] ». Dans l'évangile attribué à Jean, Jésus est d'abord interrogé par Anne « le beau-père de Caïphe (Jn 18:13) ». Anne l'envoie « alors, toujours lié, au grand prêtre, Caïphe (Jn 18:24) » et après le chant du coq (Jn 18:27), Jésus est mené « de chez Caïphe au prétoire (Jn 18:28) » (de Pilate) sans comparaître devant le Sanhédrin et sans avoir avoué être le Christ (Messie). Dans les trois évangiles synoptiques, nous sommes le jour de Pâque (Pessah), alors que dans celui attribué à Jean, nous sommes la veille de cette fête.

Le pays étant occupé par les Romains, il faut obtenir un autre jugement, cette fois devant le tribunal du gouverneur (hegemon), Pilate, pour parvenir à une condamnation à mort, les Juifs ayant perdu le Ius gladii (de), « droit de glaive ». Il est accusé d'être le « roi des Juifs (Mt 27:11, Jn 18:33) ». Pilate l'interroge à ce sujet et Jésus répond « Tu le dis : je suis roi (Jn 18:37). » Pilate déclare alors: « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation (Jn 18:38). » Croyant sans doute avoir trouvé le moyen d'épargner Jésus, il propose à la foule (Ecce homo[P 26]) de libérer un prisonnier à l'occasion de la Pâque[P 27]. « C'est pour vous une coutume que je vous relâche quelqu'un à la Pâque. Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? (Jn 18:39) » Mais, contrairement à ce qu'il attendait, la foule crie « Libérez Barabbas » (PâLaT bar Abbas), du nom de cet autre prévenu dont Pilate aurait instruit le procès au même moment, présenté comme un émeutier, un meurtrier et « un brigand », c'est-à-dire un révolté Galiléen.

« Et Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que plutôt il s'élevait un tumulte, prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, disant : Je suis innocent du sang de ce juste ; vous, vous y aviserez[P 28]. »

Bien que reconnaissant l'innocence de Jésus, Pilate le livre pourtant au supplice de la croix, supplice typiquement romain et de nature ignominieuse[115], alors que les juifs utilisent la lapidation comme pour pour Étienne ou l'apôtre Jacques[116]. Comme motif de la condamnation, il fait inscrire, selon l'usage romain, sur la croix le motif de la condamnation, la mention : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs (Jn 19:19) » (INRI). Les grands prêtres protestent et lui demandent d'inscrire plutôt : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs (Jn 19:21) », mais Pilate refuse en répondant « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit[P 29] ». Dans l'évangile attribué à Jean, alors qu'il est sur la croix, Jésus reçoit un coup de lance (Jn 19:34), alors que dans les trois évangiles synoptiques et dans celui attribué à Pierre, ce coup de lance ne figure pas. Pilate accorde le corps de Jésus à Joseph d'Arimathie et dans celui attribué à Jean, Nicodème s'associe à lui pour l'inhumer (Jn 19:34). Dans les seuls évangiles attribués à Matthieu et à Pierre, Pilate délègue aux autorités juives la garde du tombeau[P 30], ce qui, selon Marie-Françoise Baslez est contraire aux règles de la crucifixion romaine[115]. « La responsabilité de la condamnation et donc de la mort de Jésus est entièrement rejetée sur des Juifs, ou sur les Juifs, expression désignant les instances dirigeantes de l'époque, même s'il est rappelé que c'est par ignorance qu'ils ont agi (Ac 3, 17 ; 1 Co 2, 8)[117] » et que cela « a été réalisé par la main des impies[117]. » « D'un autre côté, on constate le développement d'une tradition visant à minimiser toujours davantage la responsabilité de Pilate[108]. » Des récits de la Passion tels qu'ils figurent dans le Nouveau Testament, à l'Évangile de Pierre, on parvient « rapidement à la mise en place de la thèse du « déicide » telle qu'elle figure chez Justin de Naplouse (Dialogue avec Tryphon 16, 2-4)[108]. »

Libération de Jésus bar Abbas[modifier | modifier le code]

Barabbas est le personnage évangélique qui avec Judas Iscariot, a le plus interrogé les critiques, même si aucun consensus ne se dégage à son sujet. Il est mentionné dans une seule source, les évangiles et uniquement pour exonérer Ponce Pilate de sa responsabilité d'avoir condamné Jésus de Nazareth à être crucifié. Or, bien que ce ne soit plus apparent aujourd'hui, ce personnage portait lui aussi le nom de Jésus[118]. De plus, en araméen, bar Abbas signifie « fils du Père » qui semble être une référence à Jésus de Nazareth lui-même, puisque dans les évangiles, Jésus désigne souvent Dieu par « le Père » et qu'il y est crédité du titre de fils de Dieu[119], dont « fils du Père » est une forme plus populaire. Robert Eisenman fait remarquer que les surnoms ou cognomen Barsabas, Barnabas et Barabbas sont souvent connectés aux noms des membres de la famille de Jésus dans les textes chrétiens antiques[119], comme le frère de Jésus appelé Joseph Barsabbas[119] ou celui appelé Judas qui dans le Codex Bezae des Actes des Apôtres est même appelé Judas Barabbas, alors que dans les versions actuelles, il est nommé Judas Barsabas[119],[P 31].

La personnalité de Barabbas[modifier | modifier le code]
Vitrail de l'église de la Flagellation à Jérusalem : Le triomphe de Barabbas.

Il n'y a aucun accord au sujet de ce Barabbas, qui dans les versions antiques de l'évangile attribué à Matthieu est appelé Jésus Barabbas[120]. Origène qui au IIIe siècle s'indigne que l'on puisse donner le nom de Jésus à Barabbas témoigne du caractère embarrassant que présentait visiblement cette mention de Jésus Barabbas[Note 30], au point qu'il suggère que ce sont des « hérétiques » qui l'ont ajouté[118]. Pour certains historiens, Barabbas est un Zélote. Pour d'autres, qui estiment que les Zélotes n'existent pas à l'époque de Jésus, l'épisode de Jésus Bar Abbas pourrait être un indicateur de la poursuite de l'activité du groupe de Judas le Galiléen, appelé Quatrième philosophie[106], ou Mouvement Galiléen. Pour d'autre encore, il s'agit d'un procédé littéraire et les deux Jésus n'en font qu'un, mais permettent de décrire deux faces de Jésus[121],[122],[119],[123], tout en exonérant les Romains de leur responsabilité dans cette exécution, pour que les évangiles ne puissent pas être soupçonnés de contenir la moindre critique des autorités au pouvoir.

Pour Robert Eisenman, les frères de Jésus et les apôtres surnommés le Zélote, comme Simon le Zélote et Judas le Zélote, ainsi que Judas le Sicaire, sont de véritables Sicaires et Zélotes et Jésus qui partageait des idées très proches de ces groupes[119] est aussi évoqué dans les évangiles à travers ce Jésus Barabbas[119]. Pour lui, c'est parce que les frères de Jésus — dont celui appelé Joseph est parfois explicitement appelé Joseph Barsabas et celui appelé Jude lui aussi explicitement appelé Judas Barsabas[119] est même surnommé Judas Barabbas dans le Codex Bezae[119],[P 31] — étaient des Zélotes qu'ils ont été peu à peu occultés[124], jusqu'à utiliser comme argument théologique la doctrine de la virginité perpétuelle de Marie, qui apparaît pour la première fois en 374[125].

Pour Hyam Maccoby, le surnom Bar Abbas aurait été donné à Jésus de Nazareth à cause de son habitude de prier et de prêcher en désignant Dieu comme « Abba » (Père), dont témoignent les évangiles[121]. Pour Eisenman, Barabbas dans les évangiles est quelque chose comme un remplaçant pour Jésus lui-même[119]. « C'est l'homme qui a été arrêté “dans la sédition” pour avoir provoqué une “émeute et un meurtre” (Mc 15, 7 ; Lc 23:19)[119]. » Ce qui semble correspondre à l'incident que Jésus provoque dans le Temple[P 32] et dont les évangiles synoptiques font la cause de son arrestation dans les deux jours qui suivent[P 33] et de sa crucifixion le lendemain. Hyam Maccoby considère aussi que ce Yeshua Bar Abba ou Jésus Barabbas n'est rien d'autre que Jésus de Nazareth, et que le choix entre deux prisonniers est une fiction ou un procédé littéraire[121]. Il conclut que certains des actes attribués à Barabbas doivent alors historiquement avoir été commis par Jésus[121]. De plus, loin d'avoir réclamé son exécution, lorsque « la foule » crie « libérez Barabbas » ce serait la libération de Jésus de Nazareth qu'elle réclamait[121].

À la suite d'Alfred Loisy plusieurs critiques font un lien et notent la correspondance entre le récit de la passion de Jésus et le récit fait par Philon d'Alexandrie, pour un personnage appelé par dérision, non pas Barabbas mais Karabbas, acteur involontaire d'une parodie pour se moquer du nouveau roi juif Agrippa Ier en route vers son nouveau royaume et qui se déroule en été 38[126],[127], moins de deux ans après le renvoi de Ponce Pilate avec une procédure exceptionnelle (fin 36 / début 37).

Toutefois, pour un théologien comme Jean-Pierre Lémonon « ces explications ne prennent pas les sources au sérieux[128] ». Il estime qu'il n'y a parmi les objections soulevées que des contradictions ou des développements apologétiques, ce qui ne disqualifie pas a priori un texte sur le plan de l'histoire[128]. Pour lui, « l'épisode de Barabbas se trouve attesté dans les quatre évangiles[128] ». Il souscrit à l'affirmation d'un de ses collègues, Raymond Edward Brown, qui estime que « la critique invite, au moins, à reconnaître l'historicité de la libération d'un partisan armé nommé Barrabas[129] » distinct de Jésus, sans lequel le récit tel que nous le connaissons aujourd'hui n'aurait pas pu se développer[128]. À partir des récits de la Passion, « une tendance à accentuer le parallèle entre les deux personnages[128] » a pu se dessiner, bien qu'ils n'aient pas été « nécessairement mis en concurrence par Pilate lui-même à la demande “la foule”[128]. »

Le privilège pascal[modifier | modifier le code]

Le débat sur la vraisemblance du procès de Jésus jugé par Ponce Pilate tel qu'il est décrit dans les évangiles, dure depuis tellement longtemps et est tellement célèbre, que l'on a même donné un nom au fait que le gouverneur romain était, selon les évangiles, obligé de relâcher le prisonnier que la foule désignait lors de la fête de pâque. Il est appelé le « privilège pascal ».

L'évangile attribué à Matthieu le décrit ainsi:

« A chaque Fête, le gouverneur avait coutume de relâcher à la foule un prisonnier, celui qu'elle voulait[P 34]. »

La valeur historique du « privilège pascal » est très disputée[130]. Sa réalité est mise en doute pour plusieurs raisons[130]. D'abord, parce que dans tout l'Empire romain il n'est attesté dans aucun texte de quelque nature que ce soit[131]. Les seuls textes qui en parlent ce sont les évangiles[131], puis dans les siècles suivants les récits de la Passion qui en ont été tirés[130]. Comme les évangiles ne sont pas des textes indépendants, mais qu'au contraire les rédacteurs des versions et évangiles ultérieurs ont composé les leurs avec, sous les yeux, les textes des précédents[132], les récits du procès n'ont peut-être qu'une source commune[133], qui pourrait être le premier rédacteur de l'évangile attribué à Marc. Comme pour tous les autres passages des évangiles, ce rédacteur se réfère à l'Ancien Testament[134] presque à chacune des phrases qu'il écrit. Ce ne sont en tout cas pas des « témoignages indépendants »[132] comme on le lit parfois sous la plume d'auteurs confessionnels. Ces récits, ne concernent que deux prisonniers : Jésus de Nazareth et Jésus bar Abbas.

De plus, si cette obligation non-attestée a été jugée peu probable pour des gouverneurs romains, elle a semblé presque invraisemblable pour un préfet en Judée[131]. En effet, depuis la mort d'Hérode le Grand (-4), puis la prise de contrôle directe de la Judée par les Romains (+6), la Galilée, mais aussi la Judée et même parfois la Samarie, sont traversées de révoltes, alors que parallèlement des groupes appelés « brigands » par les Romains infestent le pays[135],[136]; les motivations sociales et politiques de ces brigands étant perceptibles dans les récits de Flavius Josèphe[137]. Une telle obligation pour un gouverneur de Judée aurait donc été à haut risque[138], car ces Galiléens, Sicaires, Zélotes ou « brigands » suscitaient souvent la sympathie de la population et donc de « la foule ». En tout cas, Flavius Josèphe qui s'était proposé de noter tous les privilèges que les Romains avaient accordés aux Juifs n'a pas cité ce privilège que Brandon estime tout à fait extraordinaire[131]. Alors qu'il mentionne des dizaines de répressions et des centaines de crucifixions, Josèphe n'en profite à aucun moment pour donner un exemple de prisonnier relâché pour une raison de ce type dans son récit en sept volumes pour la Guerre des Juifs, ni dans ceux des Antiquités judaïques correspondants à cette période[139].

Toutefois pour un théologien comme Jean-Pierre Lémonon, « l'épisode de Barabbas se trouve attesté dans les quatre évangiles[128] » et le « privilège pascal » est explicitement mentionné dans trois d'entre-eux, seul celui attribué à Jean lie directement la coutume de la libération d'un prisonnier et la fête de Pâque[128]. Pour lui, « l'épisode Barabbas enchevêtré à la mention du privilège pascal fait partie d'une tradition ancienne des récits de la Passion ; la tension, née de la présence romaine, offre un bon contexte historique soutenant l'existence de prisonniers détenus par le gouverneur romain et populaires au moins auprès d'une partie du peuple de Jérusalem[128]. »

Pour lui, l'existence d'un prisonnier nommé Barabbas distinct de Jésus semble être une donnée historique minimum « nécessaire pour que le récit tel que nous le connaissons aujourd'hui ait pu se développer[128]. » De même, « il n'est pas impossible qu'à l'occasion de fêtes le gouverneur de Judée ait procédé à des libérations, c'était l'occasion de manifester à la fois la réalité du pouvoir romain et sa mansuétude[128] ». Il admet toutefois, que « rien ne permet de parler de coutume[128]. »

Pilate versus Ponce Pilate[modifier | modifier le code]

Il y a une telle différence entre le Ponce Pilate décrit par Philon d'Alexandrie et Flavius Josèphe et la personnalité faible du Pilate « qui joue une partition hésitante dans le Drame de la Passion[140] », que l'on peut parler de contradiction[140].

Détail de fresque représentant Pilate se lavant les mains
Lavement des mains par Pilate (Duccio).
Geste devenu proverbial quoique peu vraisemblable, à moins que ce Pilate là, ne soit juif[Note 31].

Vexations, rapines, injustices, outrages[P 9],[141], « dédain hautain pour les sentiments des autres[141] », « les citoyens qu'il avait fait périr sans jugement et enfin son insupportable cruauté[P 9] », sont les accusations émises contre Ponce Pilate par les auteurs séculiers[141]. « Les évangélistes le décrivent sous un jour très différent: inspiré par les plus humaines et honorables intentions pour ceux qui sont sujets de son gouvernorat, il déploie tous ses efforts pour les persuader de se désister de leur folie, et quand il est finalement contraint par la nécessité d'accomplir une obligation amère, il se lave les mains[141] » avant de livrer Jésus pour qu'il soit exécuté[141].

Jean-Pierre Lémonon ne nie pas cette « opposition entre les textes profanes et les textes évangéliques de la Passion en ce qui concerne le portrait de Pilate[142]. » Selon lui toutefois, un changement profond aurait été entamé récemment et les études sur Pilate refuseraient désormais « cette opposition sans nuance entre un Pilate soi-disant brutal des sources profanes, et un autre, celui des évangiles, qui serait hésitant, voire débonnaire[142]. »

Ce n'est donc pas seulement le « privilège pascal » qui a semblé improbable à la plupart des exégètes laïcs et des historiens[Note 32], c'est aussi la façon dont, selon les évangiles, Pilate l'aurait appliqué. Curieusement, après que Jésus ait affirmé « Tu le dis : je suis roi (Jn 18:37). » Pilate déclare alors: « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation (Jn 18:38). ». Or, s'il n'était pas un roi reconnu par l'empereur, cette prétention à la royauté est un crime de lèse majesté, menaçant Rome et le pouvoir impérial et effectivement passible de mort[143],[Note 33].

En toute logique, Pilate persuadé que Jésus était innocent aurait du le relaxer sans autre forme de procès, ce dont il avait tout à fait l'autorité nécessaire[144]. Au lieu de cela on le voit recourir au subterfuge du « privilège pascal »[144] qui va immédiatement se retourner contre lui[145]. « De plus, quand les grands prêtres poussent la foule à exiger la liberté de Barabbas et contrecarrent ainsi ses intentions, il en est réduit à demander timidement à la foule: “Que ferais-je donc de celui que vous appelez le Roi des Juifs ?”[144] ». Puis docilement il envoie l'innocent Jésus à la crucifixion parce que « la foule » le lui a demandé, alors que même en supposant que le « privilège pascal » existait, celui-ci parlait seulement de faire libérer un prisonnier et pas d'envoyer à la mort celui que « la foule » désignerait[145]. Pilate aurait alors relâché Jésus Bar Abbas qui était un membre de la résistance très populaire et célèbre[145]. Brandon fait remarquer qu'il s'agit là d'une conduite aberrante pour un gouverneur romain, dont on peut se demander comment il l'a justifiée dans son rapport à l'empereur Tibère[145].

Évangile de Pierre[modifier | modifier le code]

L'Évangile attribué à Luc est le seul à contenir un épisode où Pilate envoie Jésus se faire juger par Hérode[P 35]. En suivant la tradition ecclésiastique, on estime que cet Hérode est Hérode Antipas, qui est d'ailleurs mentionné pour avoir fait exécuter Jean le Baptiste auparavant.

Un évangile attribué à l'apôtre Pierre — vraisemblablement daté du IIe siècle[Note 34] — déclaré apocryphe au VIe siècle, propose un fragment du récit de la Passion assez semblable aux synoptiques[146] et dont la valeur documentaire est de même nature que les récits néotestamentaires, faisant cohabiter souvenirs et interprétations. Ces dernières sont dictées tant par l'apologétique que par le souci de relayer les Écritures[147]. Ce vernis apologétique y « innocente » Pilate, sans aller toutefois jusqu'à en faire un chrétien. Ce dernier y est présenté assez proche d'un Hérode portant le titre de roi, à l'instar de ce que présente l'évangile selon Luc. On y retrouve la scène du lavement des mains de Pilate, qui n'est pas romaine[115], mais juive, et celle de la requête de Joseph d'Arimathée auprès du préfet pour prendre en charge la dépouille de Jésus, ce que Pilate lui accorde[148]. Dans cet évangile, c'est « Hérode, le roi » qui prononce la sentence après le départ de Pilate.

Ami de César[modifier | modifier le code]

Dans l'évangile attribué à Jean, Pilate est qualifié « d'ami de César », ce qu'il n'est pas dans les évangiles synoptiques. Ainsi, alors que Pilate cherche à relâcher Jésus, selon cet évangile « les Juifs vociféraient, disant : " Si tu le relâches, tu n'es pas ami de César " (Jn 19:12). » Or, « ami de César » est un titre que les empereurs accordaient à quelques personnes très importantes. Il est invraisemblable que Ponce Pilate ait été autorisé à porter ce titre par Tibère. Pilate n'est ni un roi de la région, ni même un sénateur. C'est un simple membre de l'ordre équestre à qui a été confié une toute petite province de l'Empire. Il n'y a en tout cas aucune trace historique d'une position élevée de Ponce Pilate qui aurait pu justifier ce titre.

Pilate un instrument de Séjan ?[modifier | modifier le code]

À la suite d'Eusèbe de Césarée[149] et de saint Jérôme (IVe siècle) qui se référait à un texte de Philon d'Alexandrie, mais sans préciser lequel[150],[Note 35], de nombreux critiques ont soutenu pendant des siècles que Pilate avait partie liée avec le confident de l'empereur et puissant préfet du prétoire Séjan hostile aux Juifs. Ainsi encore au début de la seconde moitié du XXe siècle, quelques critiques[151], à la suite de Ethelberg Stauffer[152] soutenaient cette hypothèse[149],[Note 36]. Séjan aurait alors nommé Pilate dans l'idée de susciter une révolte juive et sa répression[153].

Selon cette hypothèse, les « provocations » ont lieu dans la première partie du gouvernorat de Ponce Pilate. Suivant cette tradition chrétienne antique, relayée par des critiques au début du XXe siècle, Ponce Pilate voulant complaire à Séjan, aurait délibérément orchestré « les provocations » pour précipiter une agitation juive à réprimer afin que Tibère lui concède plus de pouvoir[154]. Indépendamment de cette hypothèse, Séjan obtient de facto plus de pouvoir à partir de 29, lorsque l'empereur âgé s'isole davantage sur son île de Capri[155].

Toutefois Séjan tombe en disgrâce — notamment sous l'influence d'Antonia Minor, fille d'Antoine qui protégeait le parti hérodien de Rome[153] — et est exécuté en 31. Or les « provocations » de Pilate semblent se poursuivre au delà de cette date. De plus, la politique de Tibère était de maintenir les province calmes et tranquilles[42]. Pour Lester L. Grabbe, il est donc improbable que Pilate puisse avoir délibérément suscité des troubles quelle que soit la puissance du protecteur qu'il pouvait avoir[42]. Ainsi, cette hypothèse ne semble plus soutenue aujourd'hui parmi la critique historienne ou dans l'historiographie récente[156],[42],[Note 37].

Bien que leurs dates soient difficiles à déterminer, les historiens estiment que plusieurs des soi-disant « provocations » de Pilate décrites par Philon et Josèphe ont lieu après 31. Ainsi pour un théologien comme Jean-Pierre Lémonon, « après 31, deux événements ont eu pour Pilate des suites plus ou moins graves: lors de l'affaire des boucliers dorés, il est désapprouvé par l'empereur ; le massacre des Samaritains lui coûte sa place. Même si nous ignorons la décision de Gaïus (Caligula) à l'égard de Pilate, le fait est là : à la suite de cet incident, Pilate quitte la Judée[51]. »

Pilate dans les textes antiques[modifier | modifier le code]

Aucun texte d'auteurs romains qui parlait de Ponce Pilate n'a été conservé. Seuls des textes d'auteurs juifs, ou judéo-chrétiens (les évangiles), parlent de lui, mais Flavius Josèphe s'arrête à son retour à Rome, épisode après lequel Pilate échappe à l'historien[100].

Néanmoins, Tacite, vers 115, le mentionne incidemment dans ses Annales[P 36], en rapportant la répression des christiani sectateurs de Christ qui avait été livré au supplice par le « procurateur » Ponce Pilate — ce qui est généralement considéré comme la première mention des chrétiens chez un auteur romain —, accusés par Néron d'avoir incendié Rome (en 64)[157].

La mention de son nom dans la profession de foi du Symbole de Nicée-Constantinople pour indiquer que Jésus « a souffert sous Ponce Pilate » est à signaler[113].

Les traditions chrétiennes[modifier | modifier le code]

À partir du IIe siècle, les récits chrétiens sur Ponce Pilate sont, en revanche, très nombreux dont plusieurs posent d'importants problèmes de cohérence et de chronologie. En particulier à partir du IVe siècle, l'histoire de Pilate a généré toute une littérature apocryphe dont les trois éléments les plus connus sont les Acta Pilati (les « Actes de Pilates »), l'Anaphora Pilati (rapport de Pilate à Tibère sur la Passion du Christ), et la Paradosis Pilati, (martyre de Pilate par Tibère, suite de l'Anaphora Pilati)[158].

Les Actes de Pilate chrétiens apparus vers la fin du IVe siècle donneront naissance à l'Évangile de Nicodème qui, bien que considéré comme apocryphe influenceront fortement la culture chrétienne occidentale.

Puisant vraisemblablement dans des traditions plus anciennes, leur première attestation conservée figure dans une Homélie sur la date de Pâques datant de 387 et dans un passage du Panarion d'Épiphane de Salamine. Selon ces traditions, Pilate se serait converti au christianisme et serait mort martyr puni par « César ». Dans la Paradosis Pilati, « César », « au terme du procès fait à Pilate, reproche à celui-ci d'avoir cédé aux exigences des “Juifs” et d'être en conséquence responsable des ténèbres qui se sont étendues sur toute la terre. Il ordonne à un haut personnage nommé Albius de décapiter Pilate[159]. »

Justin de Naplouse[modifier | modifier le code]

Le premier auteur chrétien à parler d’Actes de Pilate, est Justin de Naplouse (ou Justin Martyr) qui vers 150 écrit à « l'Empereur, au Sénat et à tout le peuple[Note 38] », la première de ses deux apologies du christianisme. Il s'agit de prouver que les membres de l'Église n'ont rien à voir avec les juifs messianistes pour lesquels les Romains ont inventé le nom de chrétiens, qui à cette époque sonne comme une « qualification criminelle »[Note 39].

Dans cette apologie, Justin mentionne à deux reprises des « Actes de Pilate » qui ne sont pas le futur texte chrétien, mais « des minutes du procès, conservées dans les archives romaines[97]. » Pour le théologien Jean-Pierre Lémonon, il ne fait que conjecturer son existence[98], toutefois certains historiens font remarquer qu'il demande aux destinataire de sa lettre — l'Empereur et le Sénat — de vérifier dans ces "Actes", la véracité de ses dires. « En consultant les Actes de Pilate, les Romains auxquels Justin destine son œuvre, pourront vérifier la réalisation des prophéties dans les événements qui ont marqué la passion du Christ »[98]. Peut-on imaginer que Justin — qui a d'ailleurs fini exécuté comme "chrétien" — aurait pris le risque de renvoyer ses puissants destinataires à un texte qu'il n'avait pas lui-même lu ?

Tertullien[modifier | modifier le code]

Dans l'Apologétique (v. 197), Tertullien fait état d'un « rapport » que Pilate aurait fait à Tibère sur les événements de Judée relatifs à Jésus[54] et fait du préfet romain un « chrétien de cœur »[54]. À la suite de ce rapport, Tibère aurait soumis au Sénat les faits de Judée « qui avaient révélé là-bas la vérité de la divinité du Christ[56] » en donnant son avis favorable pour que Jésus entre au Panthéon[54]. « Le Sénat n'ayant pas lui-même vérifié ces faits, vota contre. » Tibère « persista dans son sentiment et menaça de mort les accusateurs des chrétiens[56]. » On trouve la même affirmation dans plusieurs textes d'origine syro-édéssienne regroupées sous le nom de « Légende d'Abgar ».

Au début du XXe siècle, Salomon Reinach envisageait que le rapport dont parle Tertullien pourrait être le texte apocryphe connue comme la Lettre de Pilate adressée à l'empereur Claude[54] mais considérait ce document comme un faux[Note 40]. Au milieu du XXe siècle Edoardo Volterra estimait que Tertullien se référait à un document authentique écrit par Ponce Pilate[57]. Mais, au XXIe siècle, Jean-Pierre Lémonon souligne que ces critiques « majorent la notoriété du fait chrétien à ses débuts » et qu'il n'existe aucune attestation historique qu'un rapport du gouverneur à l'empereur ait été nécessaire dans le cas de l'exécution du type de celle de Jésus[59]. L'attitude de Pline le Jeune qui s'enquiert 80 ans plus tard auprès de Trajan de la conduite à tenir envers les chrétiens tiendrait beaucoup plus aux traits de caractère de Pline qu'à la pratique courante[59]. Il semble donc impossible de prendre en considération l'assertion de Tertullien - historiquement invraisemblable - pour écrire l'histoire[54].

Eusèbe de Césarée[modifier | modifier le code]

Au début du IVe siècle, Eusèbe de Césarée mentionne également un « rapport » de Pilate à Tibère, sans que l'on puisse déterminer s'il s'agit du même que celui auquel faisait référence Tertullien dans son Apologétique (écrit vers 197). Mais pour Eusèbe, Pilate « se fait le simple écho de ce qui s'est passé et se dit dans la province dont il a la charge[55] », alors que conformément aux Évangiles, Tertullien faisait de Pilate un « chrétien de cœur[54],[P 37] ». Au contraire pour Eusèbe, « Pilate ne prend pas en compte ce qu'il rapporte[55]. » Pour Jean-Pierre Lémonon, les écrits d'Eusèbe concernant « le rapport de Pilate » sont dépendants de l' Apologétique de Tertullien dont il donne d'ailleurs la référence explicite. Toutefois, Eusèbe « ne fait pas mention du texte de l' Apologétique qui présente Pilate comme un chrétien de cœur car il est également l'écho d'une tradition qui met en valeur le châtiment de Pilate[55]. » En effet dans son Histoire Ecclésiastique, Eusèbe de Césarée s'appuie sur « les écrivains grecs qui nous ont laissé la suite des olympiades avec les événements survenus à leur date » pour mentionner que Ponce Pilate n'aurait pas survécu longtemps à sa disgrâce et se serait donné la mort alors que Caligula était empereur (37 - 41)[P 38].

Eusèbe de Césarée mentionne aussi l'existence d'un texte qu'il appelle « Actes de Pilate et de notre Sauveur[P 39]. » Selon lui, pour transformer les mentalités, l'empereur Maximin Daïa aurait fait rédiger des « Actes » de Pilate dirigés contre les chrétiens : « Dans les écoles, durant toute la journée, les enfants avaient à la bouche Jésus, Pilate et les Actes fabriqués par outrage[P 39],[55] ». « On y retrouvait des thèmes classiques empruntés parfois aux polémiques entre chrétiens et juifs. Plusieurs attaques sont liées à la naissance de jésus : Jésus serait né hors des liens du mariage, il serait un fruit de la débauche ; ses parents ont fui en Égypte en raison de leur honte ; si Jésus était fils de Dieu, celui-ci n'aurait pas laissé massacrer des innocents lors de la naissance de son fils[160] ». Les miracles de Jésus « étaient des actes de magie. Sa prétention à la royauté et son activité de malfaiteur l'ont conduit à la mort. La résurrection y était ramenée à une affirmation subjective, car comme déjà Celse l'affirmait, il n'était pas convenable que « le Ressuscité » ne se manifeste pas au plus grand nombre, en particulier à ses ennemis[160]. »

La lettre de Pilatus à Claude[modifier | modifier le code]

La tradition chrétienne mentionne aussi une lettre qu'un gouverneur de Judée surnommé Pilatus aurait envoyée à l'empereur Claude. Ce texte apocryphe, lié traditionnellement à la passion des apôtres Pierre et Paul, constitue le dernier chapitre des Actes de Pilate[161].

Présente en sa version grecque dans les Actes de Pierre et Paul — un écrit daté du Ve siècle[162] —, elle sert lors d'un interrogatoire de Simon le Magicien et des apôtres Pierre et Paul par l'empereur Néron à Rome[161]. Présentée comme un document officiel, elle sert à appuyer « la réalité historique des miracles de Jésus et à confondre les prétentions mensongères de Simon[163] »[161].

Dans ce texte le rapport de Pilatus est lié à un débat entre Pierre et Simon le Mage[161] et produit ainsi un anachronisme en liant ce débat au règne de Claude alors que Pilate a gouverné sous Tibère[161].

Légendes diverses[modifier | modifier le code]

De nombreux autres récits existent. Selon le Mors Pilati (« Mort de Pilate »), son corps fut d'abord jeté dans le Tibre. Les eaux réagirent si vivement aux esprits malins, que son cadavre fut conduit à Vienne et jeté dans le Rhône. Ici aussi les eaux réagirent et son corps dut être noyé dans le Léman à Lausanne. Selon cette tradition, le corps décomposé fut en dernier lieu enterré au pied du Pilatus qui domine Lucerne et le lac des Quatre Cantons.

La légende veut que chaque Vendredi saint, le corps émerge des eaux du lac et se lave les mains.

L'auteur dominicain Étienne de Bourbon popularise la légende du suicide de Ponce Pilate à Lyon et est le premier à évoquer la pendaison, puis l'abandon du corps dans le puits du mont Pilat (cette légende a suffi pour que l'étymologie populaire explique le nom du lieu) au sud-ouest de Vienne. D'autres récits racontent qu'il se serait suicidé dans le Rhône à Vienne. Un monument de la ville, la « tombe de Pilate », en fait la pyramide marquant le centre du cirque romain, évoquerait ce récit[164].

Culte[modifier | modifier le code]

Pilate est un saint inscrit au martyrologe de certaines églises chrétiennes[108]. Il est aussi mentionné comme saint ainsi que sa femme dans le Synaxaire éthiopien à la date du 25 du mois de Sanê[101]. Pour Jean-Pierre Lémonon, cette mention « témoigne d'un courant traditionnel de cette église[101]. »

L'Église éthiopienne orthodoxe célèbrent donc Ponce Pilate comme saint et martyr[101]. Il est reconnu comme martyr par la tradition copte[101]. En Égypte, on peut parler d'une vénération de « saint Pilate » martyr à Rome[165]. Selon cette tradition, il se serait converti en secret au christianisme, sous l'influence de sa femme Claudia Procula (ou Claudia Procla ou Abroqla). Ils sont tous les deux fêtés le 25 juin[101]. Les Églises grecques orthodoxes honorent seulement cette dernière sous le nom de Claudia Procula[101].

Contrairement à Eusèbe de Césarée qui dit que Ponce Pilate n'a pas survécu longtemps à sa disgrâce et qu'il s'est suicidé après avoir été exilé à Vienne, la tradition éthiopienne connaît le martyre de Pilate[101], qui aurait été exécuté à Rome[166]. Les textes appelés Anaphora Pilati et de Paradosi Pilati dans la tradition de la « Grande Église » sont en effet « connus sous plusieurs formes en arabe, notamment comme deux homélies de Cyriaque, évêque de Bahnasa (Oxyrrhynchos) ; ces homélies ont été traduites en éthiopien[101]. » Ces homélies de l'évêque égyptien sur le « Martyre de Pilate » ont également suscité un grand intérêt dans le monde syriaque[167]. Elles ont été traduites en « écriture carchunie » qui n'était pratiquée à partir du XIVe siècle que par des chrétiens arabes issus des milieux syriaques[167].

Les Églises orthodoxes de liturgie grecque honorent seulement Claudia Procula, le 27 octobre[101].

Postérité[modifier | modifier le code]

Photo de face d'Anatole France
Anatole France (1844–1924), lauréat du prix Nobel de littérature en 1921.

En 1863, dans le propos amer attribué à Pilate dans l'évangile selon Jean, se demandant « qu'est-ce que la vérité[P 40] ? », Ernest Renan, y a vu l'un des personnages les plus humains présentés dans les Évangiles, en raison de son doute sincère, en renvoyant la responsabilité sur « le vieux parti juif[168] », faisant preuve ainsi de l'anti-judaïsme chrétien classique à l'époque.

Le personnage de Ponce Pilate a inspiré beaucoup d'œuvres. On peut citer L'Évangile selon Pilate d'Éric-Emmanuel Schmitt, Le Procurateur de Judée d'Anatole France, Mémoires de Ponce Pilate d'Anne Bernet, ou Ponce Pilate de Roger Caillois, uchronie dans laquelle l'auteur imagine que Pilate gracie Jésus et transforme ainsi l'histoire du monde, ainsi que le récit de Jean Grosjean, Pilate, Gallimard, 1983.

De même, le personnage de Ponce Pilate est l'une des figures centrales du roman Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov, où c'est un personnage triste, profondément humain, accablé par sa charge et laissant crucifier Jésus à contre-cœur qui est décrit.

Le personnage de Ponce Pilate est également présent dans un chapitre du roman Le Vagabond des étoiles de Jack London. Le personnage principal du roman y fait la rencontre du procurateur de Judée peu avant que ce dernier n'ordonne l'exécution de Jésus de Nazareth. Ponce Pilate apparaît alors comme un personnage indécis, perdu dans ses idées, n'étant absolument pas certain du bien-fondé de l'exécution de Jésus, mais s'y résignant finalement à contre-cœur.

Paul Claudel écrit, le 18 janvier 1933, un texte humoristique et truculent (extrait de Figures et Paraboles, Gallimard, 1936) où Ponce Pilate est présenté comme un fonctionnaire de pays chaud réveillé de sa sieste à 3 heures de l’après-midi, un certain vendredi pas encore saint mais déjà prometteur et qui justifie la mise à mort de Jésus au nom de la raison d'État et du désordre ambiant, comme le dit José Arthur dans la préface de ce texte publié en 2009 chez l'éditeur André Versaille. Ce texte a été interprété par l'acteur Pierre Bertin avec la complicité de Jean-Louis Barrault.

Au cinéma, Ponce Pilate a fait l'objet de nombreuses incarnations dans des films sur la passion de Jésus : Jean Gabin dans Golgotha, Rod Steiger dans Jésus de Nazareth de Franco Zefirelli, Barry Dennen dans la comédie musicale Jesus Christ Superstar, David Bowie dans La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese, Hristo Chopov dans La Passion du Christ de Mel Gibson ou Michael Palin dans La Vie de Brian de Monty Python. En 1962, Gian Paolo Callegari réalisa Ponzio Pilato évoquant la vie de Pilate avec Jean Marais dans le rôle du préfet de Judée.

Dans le livre Le Frère de sang d'Éric Giacometti, et Jacques Ravenne, les auteurs se moquent des fantasmes de complot judéo-maçonnique en brodant sur le fait que Pilate est présenté comme un franc-maçon qui a comploté avec les Juifs pour crucifier Jésus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour le théologien Jean-Pierre Lémonon, bien que rapportée par Eusèbe de Césarée, il n'y aurait là que légende, qui serait le calque de l'exil d'Hérode Archélaos, fils d'Hérode le Grand exilé à Vienne ; cf. Lémonon 2007, p. 253-254, note 140, lire en ligne.
  2. Pour l'écrivain chrétien Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique, Livre II, § VII), Ponce Pilate n'aurait pas survécu longtemps à sa disgrâce et se serait donné la mort alors que Caligula était empereur (37 - 41).
  3. Les trois mentions du nom « Ponce Pilate » que l'on trouve dans le Nouveau Testament peuvent avoir été écrites par le même rédacteur l'évangéliste Luc. Partout ailleurs dans le Nouveau testament, on ne trouve que le seul nom Pilate.
  4. Une autre interprétation veut que pilatus fasse référence au fait d'être le fils d'un officier décoré du javelot d'honneur, d'où l'hypothèse gratuite que Pilate serait le fils de Marcus Pontius, qui avait commandé en Espagne pendant les guerres cantabres, et qu'il aurait hérité du prénom de son père.
  5. a et b En se basant sur l'interprétation épigraphique de l'inscription de Pilate (en) plusieurs prénoms ont été proposés, Lucius ou Marcus cf. (de) Ekkehard Weber, « Zur Inschrift des Pontius Pilatus », Bonner Jahrbùcher, no 171,‎ , p. 198. Toutefois selon Jean-Pierre Lémonon, les « propositions de restitution des parties meulées [de l'inscription de Césarée] [...] sont non seulement hypothétiques, mais fort critiquables. » cf. Jean-Pierre Lémonon, L'inscription de Pilate, in Pierre Geoltrain (Dir.), Aux origines du christianisme, Paris, 2000, Gallimard et Le Monde de la Bible, p. 217, note no 1.
  6. Pour le texte de Tacite se pose aussi la question de la datation de cette erreur sur le nom de la fonction (« procurateur » au lieu de « préfet »). Celle-ci est-elle intervenue au IVe siècle (cf. Lémonon 2007, p. 161) ou lorsque ce texte qui était totalement perdu a été reconstitué au XVe siècle par Le Pogge, le secrétaire du pape Boniface IX ?
  7. Dans son Histoire d'Arménie, Moïse de Khorène indique toutefois que le père de Ponce Pilate aurait été l'officier qui aide Mithridate le Grand à se suicider. Ce qui suggère une origine gauloise ou Galate si on rapproche cette indication des renseignements fournis par Appien.
  8. L'usage était les tria nomina, les trois noms du citoyen romain. Les deux premiers étaient le praenomen et le nomen ; cf. Pierre Vidal-Naquet, Du bon usage de la trahison, préface de la Guerre des Juifs de Flavius Josèphe, traduit par Pierre Savinel, éd. de Minuit, Paris, 1977, pp. 24-25.
  9. Dans son ouvrage Lyon secret, Félix Benoit se fait l'écho d'auteurs comme Pierre Comestor et autres érudits lyonnais du XIXe siècle pour évoquer le lieu de naissance de Ponce Pilate. Il serait né en -19 dans le quartier de Fourvière à Lugdunum, aujourd'hui Lyon, où son père aurait occupé un poste de haut fonctionnaire romain. Toutefois aucun historien ne reprend cette information.
  10. « Pour l'arrivée de Pilate en Judée, Eusèbe de Césarée donne deux dates différentes. Dans l'Histoire ecclésiastique, il parle de la douzième année de Tibère (25 - 26), dans sa Chronique de la treizième année (26 - 27). » cf. Lémonon 2007, p. 122. Dans les Antiquités judaïques (XVIII, II, 2), Flavius Josèphe donne plusieurs indications relatives à plusieurs personnages qui conduisent les historiens à retenir la date de 26.
  11. À partir de la relation de l'expulsion des Juifs de Rome qui est située dans les Antiquités judaïques (XVIII, III, 4) au cours du gouvernorat de Ponce Pilate, D.R. Schwartz a proposé de placer la date d'arrivée de Pilate en Judée en 19, année de cette expulsion de Rome. Les arguments de D.R. Schwartz n'ont pas emporté la conviction des autres historiens. cf. D.R. Schwartz, Pontius Pilate's Appointement to Office and The Chronology of Josephus' Antiquities, in Studies in the Jewish Background of Christianity, Tübingen, 1992, p. 182-201 et Lémonon 2007, p. 122 et p. 123 note no 17.
  12. C'est tout au moins ce que dit Flavius Josèphe et ce qui ressort des textes antiques à notre disposition.
  13. Flavius Josèphe donne une version différente et dit que c'est Pilate lui-même qui donna cet ordre.
  14. Dans sa Chronicon hieronymus (en) (c. 380), saint Jérôme situe cet incident de l'utilisation du « trésor sacré, appelé Korban, pour un aqueduc », la « 20e année de Tibère », c'est-à-dire en 34/35, Tibère ayant commencé son règne en septembre 14.
  15. À Rome, il faut compter plus de deux millions de sesterce par kilomètre. Les aqueducs de province ont probablement moins de capacité mais restent des ouvrages dispendieux ; cf. Steve Mason, op. cit., 2008, p. 147.
  16. Selon que l'on se réfère aux Antiquités judaïques ou à la Guerre des Juifs.
  17. Les rapports entre Pilate et le grand prêtre Caïphe semblent avoir été bons et en tout cas durables ; cf. Bond 2004, p. 93.
  18. L'auteur byzantin de la Chronicon Paschale utilise principalement comme sources: Julius Africanus (IIIe siècle) ; les Fastes consulaires ; l’Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée ; la Chronique de Jean Malalas ; les Acta Martyrum ; le Traité des Poids et Mesures d'Épiphane de Salamine (IVe siècle).
  19. Il y a une quasi-unanimité pour suivre les indications chronologiques fournies pas Flavius Josèphe et situer cette bataille en 36 ; cf. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 407 ; Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 216-217; E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 189 ; Lester L. Grabbe, Judaïsm from Cyrus to Hadrian, Vol. II, Fortress Press, Mineapolis, 1992, p. 427. Toutefois, pour résoudre la contradiction entre Flavius Josèphe qui fournit des indications qui place la mort de Jean le Baptiste vers 35 et la tradition chrétienne qui la situe en 29, Christiane Saulnier reprend la proposition d'Étienne Nodet qui suppose que Josèphe s'est trompé et place donc cette bataille avant 29. Cette proposition ne rencontre toutefois pas une grande réception.
  20. Le moment de l'expédition de Vitellius (printemps 37) indique que la victoire d'Arétas ne peut pas être intervenue avant la deuxième partie de l'année 36, puisque la plainte d'Antipas à Tibère, est arrivée de façon évidente trop tard pour que la campagne ordonnée par Tibère ait lieu dans la même saison. cf. E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 186, note no 23.
  21. Les Samaritains ne manquèrent pas non plus de troubles, car ils étaient excités par un homme qui ne considérait pas comme grave de mentir et qui combinait tout pour plaire au peuple. II leur ordonna de monter avec lui sur le mont Garizim, qu'ils jugent la plus sainte des montagnes, leur assurant avec force qu'une fois parvenus là il leur montrerait des vases sacrés enfouis par Moïse, qui les y avait mis en dépôt. Eux, croyant ses paroles véridiques, prirent les armes, et, s'étant installés dans un village nommé Tirathana, s'adjoignirent tous les gens qu'ils purent encore ramasser, de telle sorte qu'ils firent en foule l'ascension de la montagne. Mais Pilate se hâta d'occuper d'avance la route où ils devaient monter en y envoyant des cavaliers et des fantassins, et ceux-ci, fondant, sur les gens qui s'étaient rassemblés dans le village, tuèrent les uns dans la mêlée, mirent les autres en fuite et en emmenèrent en captivité beaucoup, dont les principaux furent mis à mort par Pilate, ainsi que les plus influents d'entre les fuyards. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XVIII, IV, 1.
  22. Le fait que Flavius Josèphe, un auteur juif qui connaît donc parfaitement les différences entre les Juifs et les Samaritains, indique que « Vitellius ordonna à Pilate, de rentrer à Rome pour renseigner l'empereur sur ce dont l'accusaient les Juifs » fait supposer à certains critiques que le renvoi de Pilate avait d'autres motifs que les plaintes des Samaritains, dont les griefs étaient portés par la population juive, mais sur lesquels les commanditaires de l’œuvre de Josèphe — Vespasien et le futur empereur Titus — préféraient que l'on reste discret.
  23. Chez Flavius Josèphe. Il existe d'autres épisodes où des procurateurs ou des préfets sont envoyés à Rome pour s'expliquer sur plainte de la population après un recours devant le légat de Syrie, toutefois le renvoi de Ponce Pilate semble tout de même revêtir un caractère exceptionnel. Outre le fait que les historiens ne comprennent pas bien pourquoi il a été renvoyé, puisque du point de vue romain il n'avait fait que son devoir, la procédure utilisée est exceptionnelle et même unique dans la relation de Josèphe. Pour les autres envoi d'un gouverneur de Judée devant César, il est en effet procédé tout à fait autrement. Dans un premier temps des délégués juifs ou samaritains sont envoyés à Rome, ceux-ci étant pris parmi des personnalités importantes porteuses de ces doléances et seulement ensuite le gouverneur les rejoint pour l'audience auprès de l'empereur. Cette fois-ci, seul Ponce Pilate est envoyé à Rome sans qu'aucun des membres du « conseil des Samaritains » qui se sont « rendus auprès de Vitellius » ne l'accompagne ou ne le précède. La vitesse de réaction de Vitellius a aussi été souligné (Smallwood 1976, p. 171). De plus le fait que Josèphe indique que Pilate devra s'expliquer devant l'empereur de « ce dont l'accusaient les Juifs », alors que c'est le conseil des Samaritains qui est venu se plaindre, a fait supposer à certains critiques que la raison du renvoi de Pilate était caché par Josèphe à la demande de ses commanditaires — les empereurs Vespasien et Titus — et concernait plus les Juifs que les Samaritains.
  24. Pour voir les débats sur ces dates, cf. Lémonon 2007, p. 223-225, extrait en ligne ; quelques historiens dont Gilbert Picard, ont estimé que celui-ci serait intervenu alors que Caligula était déjà nommé à Rome, peu après le , cf. Gilbert Picard, « La date de naissance de Jésus du point de vue romain, p. 805 ; Nikos Kokkinos date la fin de la préfecture de Pilate vers 36 et, utilisant la chronologie de Josèphe sur la mort de Jean le Baptiste fixe celle-ci vers 35 et hypothèse que la mort de Jésus de Nazareth aurait donc eu lieu à la Pacque 36, quelques mois avant le renvoi à Rome de Ponce Pilate par Lucius Vitellius ; cf. Nikos Kokkinos, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, Crucifixion in A.D. 36 : The Keystone for Dating the Birth of Jesus, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 134-136.
  25. Il y a une quasi unanimité pour suivre les indications chronologiques fournies par Flavius Josèphe et situer cette bataille en 36 ; cf. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 407 ; Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 216-217; E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 189 ; Lester L. Grabbe, Judaïsm from Cyrus to Hadrian, Vol. II, Fortress Press, Mineapolis, 1992, p. 427 ; Nikos Kokkinos, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 135. Toutefois, pour résoudre la contradiction entre Flavius Josèphe qui fournit des indications qui place la mort de Jean le Baptiste vers 35 et la tradition chrétienne qui la situe en 29, Christiane Saulnier reprend la proposition d'Étienne Nodet qui suppose que Josèphe s'est trompé et place donc cette bataille avant 29. Cette proposition ne rencontre toutefois pas une grande réception chez les historiens.
  26. Les trois pèlerinages sont Pessa'h, la Chavouot et la Souccot.
  27. Il faut dire que sur les enseignes de la dixième légion figurait un sanglier ou un cochon sauvage. L'animal, le plus « impur » selon la tradition juive.
  28. Voir aussi exemple1Ti 6. 13, Ac 3. 13, Ac 4. 27, Ac 13. 28.
  29. Une Cohorte romaine dirigée par un tribun comprenait entre 600 et 1 000 hommes.
  30. Origène (185 - 253), Commentaire sur Matthieu, s'insurge que Barabbas soit appelé Jésus dans l'évangile selon Matthieu. « Il ne convient pas de donner ce nom à un personnage inique et, d'ailleurs, aucun pécheur n'est ainsi nommé dans les Écritures », affirme-t-il dans son "Commentaire sur Matthieu", « de peur, précisait-il, que le nom de Jésus ne convienne aussi à un scélérat ».
  31. L'évangile attribué à Matthieu fait en effet référence à un rite spécifiquement juif prescrit dans l'Ancien Testament (Dt 21:6-7, Ps 26:6), le lavage de mains purificateur permettant de s'exonérer de la responsabilité d'un acte. Pilate a pu connaître ce rite mais il est peu vraisemblable qu'un préfet romain adopte ce rituel, de surcroît dans le contexte d'un procès. (Cf (en) Raymond Edward Brown, The death of the Messiah. From Gethsemane to the grave : a commentary on the Passion narratives in the four Gospels, Doubleday, , p. 834-835). Les théologiens ont proposé de multiples explications pour expliquer ce qui en l'état de nos connaissances sur les buts des auteurs de cet évangile, reste une invraisemblance.
  32. Certains exégètes chrétien comme Jean-Pierre Lémonon reconnaissent pour leur part que « rien ne permet de parler de coutume. ».
  33. Cette reconnaissance d'innocence par Pilate en conclusion de la déclaration de Jésus est donc elle-aussi invraisemblable tant que l'on ne connaît pas la position sociale que Jésus occupait dans le Moyen-Orient de l'époque. Elle est en tout cas invraisemblable, si Jésus est le fils d'un pauvre artisan, comme cela est présenté par la tradition chrétienne telle qu'elle est parvenue jusqu'à nous. De nombreux critiques ont toutefois fait valoir que le mot « charpentier » devait peut-être s'entendre de la même façon qu'il est employé pour Hillel, où il veut dire « homme sage ». cet échange entre Pilate et Jésus ne pourrait avoir une quelconque cohérence que si Jésus avait été effectivement le roi d'un des petits royaumes de la région.
  34. Les dates de rédactions sont néanmoins débattues, certains chercheurs lui conférant une plus grande ancienneté, en faisant un écrit contemporain des évangiles voire, selon quelques auteurs, les précédant.
  35. Philon écrit après le meurtre de Caligula, son but est de le discréditer tout en montrant que les autres empereurs ont eu une toute autre attitude envers les juifs. Or il était connu que Tibère avait expulsé les Juifs de Rome en 19 sur un ordre impérial (Grabbe 1992, p. 396, Mimouni 2012, p. 750). Il est donc logique qu'il essaye de suggérer la mauvaise influence de Séjan à propos de cette décision (Grabbe 1992, p. 396). Curieusement, chez Flavius Josèphe, cette expulsion des Juifs de Rome de 19 est placée au moment du gouvernorat de Ponce Pilate, juste après le Testimonium flavianum qui relate l'exécution de Jésus et juste avant la répression des Samaritains (36) qui sert de prétexte au renvoi de Pilate, alors qu'on ne trouve pas la même insertion anachronique dans l'Hegesippus, une adaptation chrétienne de la Guerre des Juifs en latin (Kokkinos 1989, p. 145).
  36. Toutefois, « l'explication Séjan » n'est qu'une hypothèse qui souffre de n'être directement soutenue par aucun texte, car Philon d'Alexandrie ne dit pas des choses aussi précises. Ainsi Jean-Pierre Lémonon écrit : « Des auteurs aussi importants que E. Stauffer, E. Bammel, P.L. Maier ou M. Grant ont voulu distinguer dans la carrière de Pilate un « avant » et un « après » Séjan. Ils ont cru pouvoir expliquer les attitudes de Pilate en fonction de ce critère : Séjan aurait été l'inspirateur de la politique de Pilate [...] Depuis quelques années, une réaction salutaire se dessine, Séjan n'est plus présenté comme le protecteur de Pilate. » cf. Lémonon 2007, p. 257.
  37. Comme l'attestent plusieurs auteurs antiques, il y a bien eu, en tout cas à Rome, une politique anti-juive de Séjan. Toutefois, la critique estime qu'on ne peut s'appuyer ni sur le témoignage de Philon, ni sur celui d'Eusèbe de Césarée pour conclure que Pilate agissait ainsi « pour complaire à Séjan » et doutent des liens entre les deux hommes : en effet, « aucun texte ne permet de prétendre que Pilate fut l'exécutant d'une politique hostile aux Juifs, pensée et voulue par Séjan. Tibère fait effectivement expulser les Juifs de Rome — ce qui affecte gravement la communauté locale — dans des circonstances peu claires. Mais cette expulsion a lieu en 19 et sur un ordre impérial (Grabbe 1992, p. 396, Mimouni 2012, p. 750), à un moment où l'empereur dirige encore personnellement les affaires importantes. De plus, les Juifs semblent de retour dans l'Urbs à la fin des années 30, au profit de la retraite de l'empereur à Capri ; cf. Hadas-Lebel 2009, p. 75.
  38. « À l'empereur Titus Aélius Hadrien Antonin le Pieux, Auguste, César, et à Vérissimus (Marc Aurèle), César, fils d'Auguste, philosophe et à Lucius, philosophe, fils de César selon la nature et d'Antonin le pieux par l'adoption, ami de la culture, au sacré Sénat et à tout le peuple romain, en faveur des hommes de toute origine, injustement haïs et persécutés, moi l'un d'eux, Justin […] originaire de Flavia Neapolis, cité de Syrie-Palestine, j'adresse ce discours et cette pétition. ».
  39. « Parce que vous avez entendu dire que nous attendons un royaume, vous supposez sans discernement que nous parlons d'un royaume humain, alors qu'il s'agit de celui qui est auprès de Dieu ; cela résulte aussi du fait qu'interrogés par vous nous avouons être chrétiens, alors que nous savons bien que pour celui qui fait cet aveu, la peine de mort est instituée. », cf. Ire Apologie, XI, 1, in Claude Munier, Apologie pour les chrétiens de Justin, Éd. Cerf, 2006, p. 153.
  40. Reinach estimait que « Ponce Pilate n'aurait jamais fait mettre à mort un homme libre accusé de s'être dit le roi des Juifs, sans en aviser Tibère, ne fût-ce que pour se créer un titre en sa faveur ». Pour lui, cette opinion était d'ailleurs celle « des anciens, mieux qualifiés que nous pour connaître les obligations » d'un gouverneur de province, « puisque ne le trouvant pas, ils en ont fabriqué plusieurs » ; cf. S. Reinach, Cultes, mythes et religions, III, Paris, cité par Lémonon 2007, p. 233.

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  1. Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, XVIII, 64.
  2. a et b Lc 3. 1.
  3. Nouveau Testament, 1re épître à Timothée, 1Ti 6. 13.
  4. Nouveau Testament, Actes des Apôtres, Ac 4. 27.
  5. Tacite, Annales, XV, 44.
  6. Évangile selon Luc, Codex Bezae, 3, 1..
  7. Ferdinand Delaunay Écrits historiques de Philon d'Alexandrie (1867).
  8. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre II, IX, 2-4 et Antiquités Judaïques, livre XVIII, II, 2.
  9. a, b, c, d, e, f et g Passage écrit vers l'an 40 par Philon d'Alexandrie, Légation à Caïus, 38, texte en ligne sur remacle.org.
  10. a, b et c Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre II, IX, 2.
  11. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre II, IX, 3.
  12. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre II, IX, 4 (texte en ligne sur le site remacle.org) et Antiquités judaïques, XVIII, 60 (texte en ligne sur le site remacle.org).
  13. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre II, IX, 4.
  14. Philon d'Alexandrie, Légation à Caïus, § 288 (du texte Grec), sur remacle.org.
  15. Tibère « charge Vitellius de diriger toutes les révolutions qui se préparaient en Orient. » c.f. Tacite, Annales, Livre VI, § XXXII.
  16. « Eux, croyant ses paroles véridiques, prirent les armes, et, s'étant installés dans un village nommé Tirathana, s'adjoignirent tous les gens qu'ils purent encore ramasser, de telle sorte qu'ils firent en foule l'ascension de la montagne. » Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVIII, IV, 1.
  17. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVIII, IV, 2.
  18. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVIII, 89, cité par Lémonon 2007, p. 223.
  19. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XVIII, IV, 3.
  20. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XVIII, V, 1.
  21. « [Pilate] avait eu l'idée, pour abolir les lois des Juifs, d'introduire dans la ville [de Jérusalem] les effigies de l'empereur qui se trouvaient sur les enseignes… » cf. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XVIII, III, 1, texte en ligne.
  22. Évangile selon Luc, Bible de Jérusalem, Lc 13. 1.
  23. Mt 27. 1-2 puis Mt 27. 11-26, Mc 15. 1-15, Lc 23. 1-24, Jn 18. 28 puis Jn 19. 4-31.
  24. Évangile attribué à Matthieu, Mt 26. 47.
  25. Évangile selon Matthieu, Nouveau Testament, « Mt 26:63-Mais Jésus se taisait. Le Grand Prêtre lui dit : " Je t'adjure par le Dieu Vivant de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. " Mt 26:64-" Tu l'as dit, lui dit Jésus. D'ailleurs je vous le déclare : dorénavant, vous verrez le Fils de l'homme siégeant à droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel. ».
  26. Jn 19. 5.
  27. La Bible de Jérusalem, Jean, chapitre 18"Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais c'est pour vous une coutume que je vous relâche quelqu'un à la Pâque. Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? ".
  28. Mt 27. 24.
  29. Jn 19. 19-22.
  30. Mt 27. 62-65.
  31. a et b Version du Codex Bezae des Actes des Apôtres,XV, 22 ; « Alors on émit l'opinion parmi les apôtres et les anciens avec toute l'Église, que soient choisis parmi eux des hommes pour les envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabas: Jude appelé Barabbas et Silas, hommes considérés entre les frères. ».
  32. Nouveau Testament, Bible de Jérusalem, Mc 11:15, Mt 21:12, Lc 19:45.
  33. Nouveau Testament, Bible de Jérusalem, Mc 14:43-46, Mt 26:47-57, Lc 22:47-54.
  34. Bible de Jérusalem, Évangile selon Matthieu, 27, 15.
  35. Lc 23. 11-12.
  36. Tacite, Annales, 15, 44.
  37. Tertullien, Apologétique, V, 1-2.
  38. Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, Livre II, § VII.
  39. a et b Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, Livre IX, § V, 1s.
  40. Évangile attribué à Jean, 18:38.

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, Actes des deux apôtres, livre III, Paris, 1990, Librairie Lecoffre J. Gabalda et Cie éditeurs, p. 20-25.
  2. Lémonon 2007, p. 23-24, extrait en ligne.
  3. Jean-Pierre Lémonon, L'inscription de Pilate, in Pierre Geoltrain (Dir.), Aux origines du christianisme, Paris, 2000, Gallimard et Le Monde de la Bible, p. 216-219.
  4. Pierre Vidal-Naquet, Du bon usage de la trahison, préface de la Guerre des Juifs de Flavius Josèphe, traduit par Pierre Savinel, éd. de Minuit, Paris, 1977, pp. 24-25.
  5. (de) Alexander Demandt, Pontius Pilatus, C.H. Beck, , p. 48.
  6. a, b et c Lémonon 2007, p. 121.
  7. a, b, c, d et e Hadas-Lebel 2009, p. 70.
  8. a et b Lémonon 2007, p. 161.
  9. Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, Actes des deux apôtres, livre I, Paris, 1990, Librairie Lecoffre J. Gabalda et Cie éditeurs.
  10. Alain Desreumaux, Histoire du roi Abgar et de Jésus, 1993, Brepols,p. 129.
  11. Lémonon 2007, p. 52-53.
  12. (en) Edward Togo Salmon, Samnium and the Samnites, Cambridge University Press, , p. 398.
  13. M. J. Ollivier, « Ponce Pilate et les Pontii », Revue biblique, no 5,‎ , p. 594-596.
  14. Jacques Heurgon, Rome et la Méditerranée occidentale jusqu'aux guerres puniques, PUF, , p. 327.
  15. (en) Raymond Edward Brown, The death of the Messiah: from Gethsemane to the grave, Doubleday, , p. 294.
  16. (en) Helen K. Bond, Pontius Pilate in History and Interpretation, Cambridge University Press, , p. 133.
  17. Claude Aziza, « Ponce Pilate », L'Histoire, no 70,‎ , p. 46.
  18. a et b Mimouni 2012, p. 418.
  19. cf. Maurice Sartre, Le Haut-empire romain, éd. Seuil, 1997, p. 344 ; Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie, éd. Fayard, 2001, p. 471-472, 552-554 ; cités par Mimouni 2012, p. 418.
  20. Guy Couturier (professeur émérite de la faculté de théologie de l'Université de Montréal), « L'inscription de Ponce Pilate », interbible.org, .
  21. Michel Dubuisson, Le « Procurateur » de Judée, p. 133.
  22. Mimouni 2012, p. 419-420.
  23. Mimouni 2012, p. 422.
  24. a et b Mimouni 2012, p. 419.
  25. Mimouni 2012, p. 427.
  26. Jean-Pierre Lémonon, Pilate et le gouvernement de la Judée, p. 74-97.
  27. Grabbe 1992, p. 422.
  28. Grabbe 1992, p. 422-423.
  29. Grabbe 1992, p. 423.
  30. a et b Mimouni, Maraval 2007, p. 24.
  31. Mimouni 2012, p. 436, 437.
  32. Hadas-Lebel 2009, p. 71.
  33. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, éd. Bayard, 2011, p. 99.
  34. cf. Lémonon 2007, notamment préface de Maurice Sartre.
  35. Bond 2004.
  36. Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin, 2009, p. 744.
  37. a, b, c et d Mimouni 2012, p. 436.
  38. P. Plagnieux, Les sculptures Romanes Dossiers d'Archéologie, (janvier 2001), p. 15.
  39. Lémonon 2007, p. 134-135.
  40. Lémonon 2007, p. 133.
  41. a, b, c et d Lémonon 2007, p. 135.
  42. a, b, c, d, e et f Grabbe 1992, p. 396.
  43. a et b Steve Mason, Flavius Josephus : Translation and Commentary. Judean war, Volume 1, éd. Brill, 2008, p. 148.
  44. cf. Gerd Theissen (de), Jésus et la crise sociale de son temps, in Daniel Marguerat (dir.), Jésus de Nazareth : Nouvelles approches d'une énigme, éd. Labor et Fides, p. 141.
  45. Bond 2004, p. 85.
  46. a et b Lémonon 2007, p. 157.
  47. Lémonon 2007, p. 189.
  48. a et b Lémonon 2007, p. 197, extraits en ligne.
  49. a et b Grabbe 1992, p. 397.
  50. cf. Grabbe 1992, p. 396.
  51. a et b Lémonon 2007, p. 257.
  52. a et b Lémonon 2007, p. 206.
  53. a, b, c et d Nikos Kokkinos, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 143.
  54. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Lémonon 2007, p. 233, extrait en ligne.
  55. a, b, c, d et e Lémonon 2007, p. 235, extrait en ligne.
  56. a, b et c Tertullien, Apologétique, 5, 2, cité par Lémonon 2007, p. 233.
  57. a et b E. Volterra, Di una decisione del Senato Romano ricorda da Tertulliano, dans Scritti in onore di Contardo Ferrini pubblicati in occasione della sua beatificazione, I, Milan, p. 471-488, cité par Lémonon 2007, p. 234.
  58. Lémonon 2007, p. 235, note no 20.
  59. a, b, c, d et e Lémonon 2007, p. 234, extrait en ligne.
  60. Nikos Kokkinos, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 137-157.
  61. a, b et c Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 217.
  62. Nikos Kokkinos, Crucifixion in A.D. 36 : The Keystone for Dating the Birth of Jesus, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 267-268.
  63. a et b Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 216.
  64. a, b et c Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XVIII, V, 1.
  65. Nikos Kokkinos, Crucifixion in A.D. 36 : The Keystone for Dating the Birth of Jesus, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 133.
  66. Nikos Kokkinos, Crucifixion in A.D. 36 : The Keystone for Dating the Birth of Jesus, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 146.
  67. a, b et c Nikos Kokkinos, Crucifixion in A.D. 36 : The Keystone for Dating the Birth of Jesus, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 134.
  68. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 223.
  69. Nikos Kokkinos, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 135.
  70. Etienne Nodet, Jésus et Jean-Baptiste, RB 92, 1985, p. 497-524; cité par Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 223.
  71. E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 186.
  72. a et b (en) Ilaria Ramelli, Possible Historical Traces in the Doctrina Addai, § n° 9.
  73. a et b Eisenman 2012 vol. I.
  74. Khosran est peut-être une altération pour Khouran qu’on lit dans Thomas Arçrouni, p.  49-53, cf. Victor Langlois.
  75. D'après Victor Langlois, il s'agit probablement d'un ancêtre des Arçrouni, qui régneront sur la Sophène puis deviendront une des quatre grandes familles arméniennes (avec les Mamikonian, les Bagratouni et les Siouni).
  76. Moïse de Khorène, Histoire de l'Arménie, Livre II chapitres 29, sur http://remacle.org.
  77. a et b Blanchetière 2001, p. 227.
  78. a, b, c, d et e Lémonon 2007, p. 215.
  79. a et b Lémonon 2007, p. 217.
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  82. a, b, c et d Grabbe 1992, p. 424.
  83. a, b et c Grabbe 1992, p. 510.
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  85. Blanchetière 2001, p. 123.
  86. a et b Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 184.
  87. a et b Lémonon 2007, p. 219.
  88. a, b et c Hadas-Lebel 2009, p. 74.
  89. Lémonon 2007, p. 223-225, extrait en ligne.
  90. a et b Lémonon 2007, p. 65.
  91. a et b Michel Dubuisson, Le «procurateur» de Judée , Revue belge de philologie et d'histoire , 1999, vol. 77, p. 135.
  92. Lémonon 2007, p. 223, extrait en ligne.
  93. a, b et c Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 227.
  94. a et b (en) E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 189.
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  97. a et b J. D. Dubois, La figure de Pilate: Introduction aux textes relatifs à Pilate dans Pierre Geoltrain et Jean-Daniel Kaestli (éds.), Écrits apocryphes chrétiens Tome II, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 2005, p. 245.
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  106. a et b Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 448.
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  110. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 489.
  111. Blanchetière 2001, p. 205.
  112. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 71s.
  113. a et b Lémonon 2007, p. 15.
  114. Michel Quesnel, « Jésus et le témoignage des Évangiles », dans Pierre Geoltrain, Aux Origines du christianisme, Gallimard / Le Monde de la Bible, p. 207.
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  116. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 455.
  117. a et b Blanchetière 2001, p. 205.
  118. a et b (en) William R. Farmer, The Last Twelve Verses of Mark, Cambridge University Press, 2005, p. 20, note no 3.
  119. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Eisenman 2012 vol. I, p. 64.
  120. S. G. F. Brandon, Jésus et les Zélotes, Flamarion, Paris, 1975, p. 296.
  121. a, b, c, d et e Hyam Maccoby, Revolution in Judaea: Jesus and the Jewish Resistance Taplinger Publishing co, 1980, New-York, p. 165–166.
  122. Horace Abraham Rigg, Barabbas, JLB 64, p. 417-456, voir aussi Stefan L. Davies, Who is call Barabbas ?, NTS 27, p. 260-262.
  123. Jennifer K. Berenson Maclean, Barabbas, the Scapegoat Ritual, and the Development of the Passion Narrative, HTR 100, 2007, p. 309-334 ; où Berenson Maclean expose que l'épisode est construit en référence à Lévitique 16, Barabbas et Jésus étant les deux bouc-émissaires.
  124. Eisenman 2012 vol. I, p. 376-388.
  125. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 23-24.
  126. Paul Winter, Géza Vermes, On the Trial of Jesus, 1974, Walter de Gruyter, Berlin - New York, p. 136 et 148-149.
  127. B. J. Oropeza, C. K. Robertson, Douglas C. Mohrmann, Jesus and Paul: Global Perspectives.
  128. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Lémonon 2007, p. 176.
  129. Raymond Edward Brown, The Gospel according to John XIII-XXI, New-York, 1970, p. 871 et La mort du Messie, p. 909-910 ; cité par Lémonon 2007, p. 176.
  130. a, b et c Lémonon 2007, p. 173.
  131. a, b, c et d S. G. F. Brandon, Jésus et les Zélotes, Flamarion, Paris, 1975, p. 291.
  132. a et b Jacques Giri, Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme. Enquête sur les recherches récentes, Karthala, Paris, 2010, p. 88.
  133. Jacques Giri, Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme. Enquête sur les recherches récentes, Karthala, Paris, 2010, p. 178.
  134. Jacques Giri, Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme. Enquête sur les recherches récentes, Karthala, Paris, 2010, p. 172.
  135. Mimouni 2012, p. 445.
  136. Mimouni 2012, p. 436.
  137. Mimouni 2012, p. 434.
  138. S. G. F. Brandon, Jésus et les Zélotes, Flamarion, Paris, 1975, p. 292.
  139. S. G. F. Brandon, Jésus et les Zélotes, Flamarion, Paris, 1975, p. 291 et note no 2 de la même page.
  140. a et b Paul Winter, Pilate in history and in christian tradition, in Marginal Notes on the Trial of Jesus, p. 72.
  141. a, b, c, d et e Paul Winter, Pilate in history and in christian tradition, in Marginal Notes on the Trial of Jesus, p. 76.
  142. a et b Lémonon 2007, p. 258.
  143. Lémonon 2007, p. 172.
  144. a, b et c S. G. F. Brandon, Jésus et les Zélotes, Flamarion, Paris, 1975, p. 294.
  145. a, b, c et d S. G. F. Brandon, Jésus et les Zélotes, Flamarion, Paris, 1975, p. 295.
  146. Pour une traduction en français, cf; Éric Junod, « L'Évangile de Pierre », in François Bovon et Pierre Geoltrain (éds.) Écrits apocryphes chrétiens, vol. I, éd. Gallimard, 1997, p. 247-254.
  147. Par exemple, des épisodes répondant à des prophéties d'Esaïe (Es, 59, 7) et de Zacharie (Za 12, 10) pour, respectivement Ev Pierre 6 et 9 ; cité par François Bovon, op. cit. infra, 2004 p. 29.
  148. François Bovon, Les derniers jours de Jésus, éd. Labor et Fides, 2004, p. 26–28.
  149. a et b Grabbe 1992, p. 395.
  150. Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin, 2009, p. 509.
  151. Bond 1998, p. préface, cité par Hadas-Lebel 2009.
  152. Christus und die Caessaren, éd. F. Wittig, 1948, cité par Hadas-Lebel 2009.
  153. a et b Hadas-Lebel 2009, p. 75.
  154. Voir à ce sujet : E. Stauffer, Jesus, Gestalt und Geschichte, Berne, 1957, pp. 99-101 ; E. Bammel, RCGR 5, 1961, col. 383 ; E. Bammel, Syrian Coinage and Pilate, pp.  108-110 ; E. Bammel, Philos tou Kaisaros, dans ThLZ 77, 1952, pp. 205-210 ; P. L. Maïer, The episode of the Golden Roman Shields at Jerusalem, pp. 114-115 ; M. Grant, The Jews in the Roman World, p. 94 et 99.
  155. « Selon [Philon d'Alexandrie] (Légation à Caïus 159-161), c'est peu avant sa mort, survenue en 31, que Séjan projeta ses attaques radicales contre les Juifs, toutefois la mort l'empêcha de réaliser l'ensemble de ses projets. » cf. Lémonon 2007, p. 201-202.
  156. Helen.K. Bond, Pontius Pilatus in history and interpretations, éd. Cambridge University Press, 1998, p. 22.
  157. Paul Mattéi, Le christianisme antique de Jésus à Constantin, éd. Armand Colin, 2008, p. 51.
  158. cf. Robert Beylot, Martyre de Pilate, éd. Brepols, coll. Patrologia Orientalis n°204 (45.4), 1994, présentation en ligne.
  159. Alain Desreumaux, Histoire du roi Abgar et de Jésus, 1993, Brepols,p. 127.
  160. a et b Lémonon 2007, p. 236, extrait en ligne.
  161. a, b, c, d et e Lémonon 2007, p. 242, extrait en ligne.
  162. Lémonon 2007, p. 243.
  163. Jean-Dominique Dubois et R. Gounelle, Écrits apocryphes, II, p. 359, cité par Jean-Pierre Lémonon, op. cit., p. 242.
  164. Pierre Cavard, La Légende de Ponce Pilate, dans Vienne la Sainte, Vienne, 1939, p. 32-71.
  165. P Luisier, De Pilate chez les coptes, Orientalia christiana periodica, 1996, vol. 62, no 2, p. 411-425.
  166. Bertrand Westphal, Roman & évangile: transposition de l'évangile dans le roman européen, éd. Presses universitaires de Limoges, 2002, p. 44-73, extraits en ligne.
  167. a et b Jean-Pierre Lémonon, Pilate, éd. de l'Atelier, 2007, p. 253, note no 121.
  168. Ernest Renan, Vie de Jésus, 1863, ré-édité en 2015, FV Édition.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Essais et littérature[modifier | modifier le code]

Film et documentaire[modifier | modifier le code]

  • Pilate, l'homme qui condamna Jésus (Pilate, the man who killed Christ) d'Adam Chater : documentaire retraçant la carrière de Ponce Pilate comme gouverneur de Judée. Se basant sur des sources grecques et romaines, il le décrit comme un gouverneur aussi brutal que fin politicien, à l'opposé du portrait qu'en fait les évangiles.
  • Ponce Pilate (1962), un film de Gian Paolo Callegari avec Jean Marais, Letícia Román.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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