Porrentruy

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Porrentruy
Porrentruy
Vue depuis une montgolfière.
Blason de Porrentruy
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton du Jura Jura
District Porrentruy
Communes limitrophes Fontenais, Courtedoux, Bure, Courchavon, Cœuve, Alle, Courgenay
Maire Gabriel Voirol
2017-2021
NPA 2900
N° OFS 6800
Démographie
Gentilé Bruntrutain
Population
permanente
6 809 hab. (31 décembre 2017)
Densité 462 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 25′ 05″ nord, 7° 04′ 40″ est
Altitude 443 m
Min. 408 m
Max. 590 m
Superficie 14,75 km2
Divers
Langue Français
Localisation
Localisation de Porrentruy
Carte de la commune dans sa subdivision administrative.

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Porrentruy
Liens
Site web www.porrentruy.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Porrentruy (en franc-comtois : Poérreintru et en allemand : Pruntrut) est une commune suisse du canton du Jura. Elle est le chef-lieu du district de Porrentruy. Elle est la deuxième commune du canton du Jura par sa population. Quoique historiquement une ville et malgré sa vieille ville étendue, elle a la population d'un village. Elle se situe au centre de l'Ajoie, à l'intersection des routes DelémontBelfortBâleBesançon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site est habité dès l'époque romaine (en 1983, un fanum (temple gallo-romain), a été mis au jour, près du cimetière actuel « En Solier »), mais les premières mentions historiques se situent entre 968 et 1148. Les documents révèlent l'existence d'une petite bourgade, avec une église paroissiale dédiée à saint Germain et, après 1233, avec une chapelle située sur la colline sud, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Pierre.

En 1283, Porrentruy reçoit sa charte de franchises de l’empereur Rodolphe de Habsbourg. Mais au XIIIe siècle, la situation est compliquée ; engagée sous condition au comte de Montbéliard en 1236, la ville doit faire retour aux Ferrette, mais ceux-ci ont, entretemps, cédé leurs droits à l’évêque de Bâle. Le nouveau comte de Montbéliard, Renaud de Bourgogne (frère d’Othon IV, comte de Bourgogne), ne tient pas à accroître encore la puissance de son voisin. Il entre en guerre ouverte contre l’évêché de Bâle et se saisit du château de Porrentruy. La même année, pour financer sa campagne, Renaud accorde des franchises, immunités et privilèges semblables aux bourgeois de la cité de Montbéliard, moyennant 1 000 livres estevenantes (monnaie de Besançon). Mais au bout du compte, les princes-évêques de Bâle, soutenus par l’Empereur, auront raison de Renaud de Bourgogne. En 1386, l'évêque Imier de Ramstein dut vendre toute l'Ajoie, Porrentruy et son château, au comte Étienne de Montbéliard (maison de Montfaucon) pour 11 000 florins. À sa mort, en 1397, l’héritage tomba dans la corbeille de sa petite-fille, Henriette d’Orbe, qui maria 10 ans plus tard, Eberhard IV, comte de Wurtemberg.

En 1409, Eberhard IV confirma les Franchises de la ville aux bourgeois de Porrentruy (ainsi qu’à ceux de Montbéliard). Devenue veuve, et gouvernant seule le Wurtemberg, la comtesse Henriette régnera sur la cité de Porrentruy ; elle devait encore acquérir de l’évêque de Bâle, pour 3 000 florins d’or, la partie occidentale de l’Ajoie. Les bourgeois de Porrentruy n’ont d’ailleurs eu qu’à se louer de l’administration des Wurtemberg, qui leur avaient octroyé des privilèges et des bienfaits. Les princes wurtembergeois régneront encore sur Porrentruy jusqu’en 1461, date à laquelle ils rétrocédèrent toute l’Ajoie à l'évêque Jean de Venningen, moyennant une somme considérable.

Après le passage de la ville de Bâle à la Réforme protestante (1528), Porrentruy devint le siège « provisoire » des princes-évêques de Bâle et le resta officiellement jusqu'en 1828, date à laquelle le siège fut transféré à Soleure. L'épiscopat de Jacques Christophe Blarer de Wartensee (1575-1608) fut une époque brillante pour la ville, suivie de la période noire de la guerre de Trente Ans.

Le , la ville fut prise par le général Custine. Porrentruy devient le chef-lieu du département français du Mont-Terrible de 1793 à 1800.

De 1800 à 1815, Porrentruy fut un chef-lieu d'arrondissement du département du Haut-Rhin.

Géographie[modifier | modifier le code]

Porrentruy est située à l'extrême nord-ouest de la Suisse, au canton de Jura, à 443 m d'altitude; elle compte 1 476 hectares, 6 698 habitants en 2011. Elle est traversée par l'Allaine, une rivière affluente du Doubs.

La localité est desservie par les lignes CFF RE Bienne - Delle et S3 Olten - Porrentruy. Elle est également la gare terminus de la ligne Porrentruy - Bonfol des Chemins de fer du Jura (CJ). La gare de Porrentruy est à l'écart de Paris à 2h30, en utilisant le TGV.


Communes limitrophes de Porrentruy
Bure Courchavon Cœuve
Courtedoux Porrentruy Alle
Fontenais Courgenay

Organisation politique[modifier | modifier le code]

Les autorités municipales sont constituées de deux pouvoirs : le législatif et l’exécutif.

  • Le législatif s'appelle « Conseil de ville ». Il se compose de 41 membres, élus tous les cinq ans, selon le système proportionnel. Il exerce la surveillance de l'ensemble de l'administration communale et prend les mesures nécessaires à cet effet.
    Répartition proportionnelle au « Conseil de ville » pour la législature 2013-2017 : PDC : 14 ; PS : 9 ; PLR : 10 ; PCSI : 8 ;
    Président(e) : Manuel Godinat (PLR) (2015).
  • L'exécutif, appelé « conseil municipal », est composé de six conseillers et du maire, qui en est le président. Le vice-président (adjoint) est élu par le conseil communal, pour une durée d'une année, par rotation. Le maire est élu pour cinq ans selon le système majoritaire à deux tours et les membres du Conseil (« conseillers municipaux ») sont élus selon le système proportionnel pour cinq ans également. L'exécutif exerce dans l'administration tous les pouvoirs qui ne sont pas attribués à un autre organe par des prescriptions de droit fédéral, cantonal ou communal. Il représente la commune municipale envers les tiers.
    Répartition des sièges « Conseil municipal » pour la législature 2013-2017 : PDC : 2 ; PLR : 1 ; PS : 1 ; PCSI : 2.

Liste des maires successifs[modifier | modifier le code]

Début Fin Nom Parti Qualité
1800 1807 Jean-Georges Quiquerez[3]

(1755-1832)

Notaire

Receveur et conseiller des finances du prince-évêque

Receveur de l'enregistrement dans le Mont-Terrible

1858 1860 Joseph Trouillat[4]

(1815-1863)

Conservateur Professeur et bibliothécaire au collège de Porrentruy.

Conservateur des archives de l'évêché de Bâle.

1860 1874 Pierre-François Girardin[5] Négociant

Député au Grand Conseil bernois (1846-1847; 1854-1860)

1874 1876 Charles Bodenheimer[6] Radical Médecin

Président de la Commission de l'Ecole cantonale de Porrentruy

1876 1878 Hyppolyte Paulet[7]

(1818-1879)

Radical Géomètre

Député au Grand Conseil bernois (1854-1862)

Directeur du cadastre et de l'impôt foncier du Jura bernois (1873-1878)

Conseiller national (1872-1879)

Préfet du district de Porrentruy (1878-1879)

1878 1891 Népomucène Schmider

(1816-1894)

Radical
1891 1896 Ferdinand Kenel[8]

(?-1931)

Radical Hôtelier, puis horloger
1896 1920 Joseph Maillat

(1854-1923)

PLR Géomètre

Directeur du cadastre du Jura bernois (1884-1923)

1920 1939 Achille Merguin

(1863-1939)

PLR
1940 1950 Paul Billieux[9]

(1884-1960)

PLR Avocat

Président du tribunal du district de La Neuveville (1910-1913)

Procureur du Jura (1913-1954)

Conseiller national (1922-1931, 1934-1943)

1950 1972 Charles Parietti

(1912-1981)

PLR Exploitant du Moulin des halles de Porrentruy

Député au Grand Conseil bernois (1954-1970; 1973-1974)

1972 1984 Gabriel Theubet[10]

(1936-)

PDC Instituteur, journaliste

Chef de la Trésorerie générale du canton du Jura (1984-1993)

Conseiller national (1987-1995)

1985 1988 Robert Salvadé[11]

(1936-)

PDC Banquier

Directeur de la filiale de la Banque cantonale bernoise à Porrentruy (1976-1979)

Directeur adjoint (1979-1992), puis directeur général de la Banque cantonale du Jura (1992-1997)

1988 1995 Jean-Marie Voirol[12]

(1933-)

PLR Instituteur

Député au Grand Conseil du canton du Jura (1982-1994)

1996 2004 Hubert Theurillat PDC
2005 2012 Gérard Guenat[13]

(1946-)

PDC Imprimeur
2013 2017 Pierre-Arnauld Fueg PDC
2018 Gabriel Voirol[14]

(1961-)

PLR Pharmacien

Pharmacien cantonal du Jura (1989-2006)

Député au Grand Conseil du canton du Jura dès 2015.

Économie[modifier | modifier le code]

La ville de Porrentruy est le centre économique de l'Ajoie. De nombreuses entreprises dans le domaine de la construction, de la mécanique et de l'horlogerie y sont installées. Les commerces sont principalement concentrés dans la vieille-ville. Cependant, deux centres commerciaux sont installés en bordure de la vieille-ville, sur la route de Courgenay. Porrentruy abrite aussi les succursales des principales banques du pays. Elle est le siège de la Banque cantonale du Jura.


Monuments[modifier | modifier le code]

Vue du château depuis une montgolfière.
Vue depuis le château.
  • Le château
  • L'église Saint-Pierre
  • L'église Saint-Germain
  • Le collège Saint-Charles
  • L'hôtel-Dieu (ancien hôpital)
  • L'Hôtel des halles
  • L'ancienne église des Jésuites
  • L'ancien collège des Jésuites (lycée cantonal)
  • L'école Juventuti
  • L'hôtel de Gléresse
  • La chapelle de Lorette
  • L'hôtel de ville
  • La porte de France
  • Les trois fontaines historiques : La Samaritaine, le Suisse et la Boule dorée.
  • Le pavillon des remparts
  • Le POPA

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Porrentruy se nomme Poérreintru en franc-comtois.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Enseignement supérieur et recherche[modifier | modifier le code]

Ville sportive[modifier | modifier le code]

La ville compte un club de hockey sur glace en Ligue nationale B : le HC Ajoie.

Elle a été ville étape du Tour de France le dimanche 8 juillet 2012, étape remportée par le Français Thibaut Pinot (22 ans) de l'équipe FDJ-Bigmat, le plus jeune coureur de la compétition.

Transport[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Porrentruy possède depuis 2016 un musée unique en Europe consacré à l'art optique, le POPA (Porrentruy Optical Art). Depuis 2017, Porrentruy fait partie de l'association Les Plus Beaux Villages de Suisse.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Porrentruy est jumelée avec :

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Population résidente permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, le sexe, l'état civil et le lieu de naissance », sur Office fédéral de la Statistique.
  2. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 26 août 2017)
  3. André Bandelier, « Quiquerez, Jean-Georges », sur HLS-DHS-DSS.CH (consulté le 22 novembre 2018)
  4. Dominique Prongué, « Trouillat, Joseph », sur HLS-DHS-DSS.CH (consulté le 22 novembre 2018)
  5. « DIJU - Dictionnaire du Jura – Girardin, Pierre-François (?-?) », sur www.diju.ch (consulté le 22 novembre 2018)
  6. « DIJU - Dictionnaire du Jura – Bodenheimer, Charles (?-?) », sur www.diju.ch (consulté le 22 novembre 2018)
  7. François Kohler, « Paulet, Hippolyte », sur HLS-DHS-DSS.CH (consulté le 22 novembre 2018)
  8. « DIJU - Dictionnaire du Jura – Kenel, Ferdinand (?-1931) », sur www.diju.ch (consulté le 22 novembre 2018)
  9. Peter Stettler / LTT, « Billieux, Paul », sur HLS-DHS-DSS.CH (consulté le 22 novembre 2018)
  10. « DIJU - Dictionnaire du Jura – Theubet, Gabriel (1936-) », sur www.diju.ch (consulté le 22 novembre 2018)
  11. « DIJU - Dictionnaire du Jura – Salvadé, Robert (1936-) », sur www.diju.ch (consulté le 22 novembre 2018)
  12. « DIJU - Dictionnaire du Jura – Voirol, Jean-Marie (1933-) », sur www.diju.ch (consulté le 22 novembre 2018)
  13. « DIJU - Dictionnaire du Jura – Guenat, Gérard (1946-) », sur www.diju.ch (consulté le 22 novembre 2018)
  14. « DIJU - Dictionnaire du Jura – Voirol, Gabriel (1961-) », sur www.diju.ch (consulté le 22 novembre 2018)
  15. www.chronologie-jurassienne.ch, Chronologie jurassienne, « Jumelage | Chronologie jurassienne - de l'époque romaine à nos jours », sur www.chronologie-jurassienne.ch (consulté le 11 avril 2018)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arthur Daucourt, Dictionnaire historique des paroisses de l'ancien évêché de Bâle, Genève, Slatkine, 1896-1915, 2604 p. (ISBN 2051001421).
  • Louis Vautrey, Histoire du collège de Porrentruy (1590-1865), Nabu Press, , 320 p. (ISBN 1279989777).
  • Gustave Amweg, Bibliographie du Jura bernois, ancien évêché de Bâle, Le Jura, , 708 p.
  • André Bandelier, Porrentruy, sous-préfecture du Haut-Rhin (thèse de doctorat), Neuchâtel, .
  • Auguste Quiquerez, Ville et château de Porrentruy, J. Boéchat, , 267 p. (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]