Pietr-le-Letton

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Pietr-le-Letton
Auteur Georges Simenon
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Roman policier
Éditeur A. Fayard
Lieu de parution Paris
Date de parution 1931
Série Commissaire Maigret
Chronologie

Pietr-le-Letton est un roman policier de Georges Simenon daté de septembre 1929[1] à Nandy près de Morsang-sur-Seine (Seine-et-Marne), à bord de l’Ostrogoth, et publié en mai 1931.

Si Pietr-le-Letton est le premier roman mettant en scène le commissaire Maigret, la toute première apparition de Maigret a lieu dans une nouvelle intitulée Train de nuit écrite en 1929 et publiée par Simenon en 1930 sous le pseudonyme Christian Brulls[2]. Pietr-le-Letton est aussi le premier roman que Simenon a signé de son patronyme.

Résumé[modifier | modifier le code]

La police internationale signale l'arrivée à Paris du célèbre escroc Pietr-le-Letton, qui n'a jusque-là pu être inculpé. Maigret se dispose à le filer à sa descente de L'Étoile-du-Nord. Mais alors que le suspect se rend à l'hôtel Majestic, on découvre dans le train un cadavre qui est le pur sosie de Pietr. Tandis que ce dernier prend de mystérieux contacts avec un milliardaire américain, M. Mortimer-Levingston, l'enquête sur le meurtre conduit Maigret à Fécamp, où il aperçoit, sortant de la villa d'une certaine Mme Swaan... Pietr-le-Letton, lequel a échappé à la surveillance des policiers parisiens. Maigret file ensuite Pietr jusqu'à un misérable hôtel de la rue du Roi-de-Sicile à Paris. Pietr ou un sosie ? Car Maigret entrevoit deux personnalités en cet homme : la superbe de l'habitué des palaces et la veulerie du client des galetas.

Maigret fait de l'enquête une affaire personnelle dès le moment où son camarade Torrence est abattu. Les coups de théâtre se multiplient alors : Maigret est blessé et Mortimer assassiné, tandis que Pietr prend la fuite. La découverte d'objets personnels détenus par Anna Gorskine à l'hôtel du Roi-de-Sicile permet à Maigret de résoudre l'énigme des deux frères : Hans, jumeau de Pietr, a toujours vécu sous l'ascendant de ce dernier, depuis leur enfance à Pskov et leur jeunesse d'étudiants à Tartu ; Pietr ne le traitait-il pas comme son factotum et n'a-t-il pas été jusqu'à épouser Berthe, la fiancée de Hans ? Excédé, ce dernier a fini par tuer son frère dans le train qui l'amenait de Bruxelles à Paris, et a pris sa place dans les négociations qui devaient faire de Mortimer-Levingston le banquier d'un réseau d'escrocs que Pietr mettait sur pied. Quant au meurtre du milliardaire, c'est Anna Gorskine qui en est l'auteur : les nouvelles « fonctions » de Hans n'allaient-elles pas nécessairement l'éloigner d'elle ?

Maigret finit par coincer le faux Pietr au bout de la jetée du port de Fécamp. Accablé, il fait au commissaire une confession dramatique où tout son passé malheureux lui remonte à la gorge et, sous les yeux de Maigret qui ne l'en empêche pas, il se loge une balle dans la bouche

Aspects particuliers du roman[modifier | modifier le code]

Ce premier Maigret privilégie le rebondissement et le coup de théâtre. Mais Maigret a déjà sa méthode, décrite explicitement par Simenon : il s’immerge dans le milieu, en attendant la « fissure » révélatrice dans la personnalité du suspect.

Fiche signalétique de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

Cadre spatio-temporel[modifier | modifier le code]

Espace[modifier | modifier le code]

Paris. Fécamp.

Temps[modifier | modifier le code]

Époque contemporaine ; en novembre.

Les personnages[modifier | modifier le code]

Personnage principal[modifier | modifier le code]

Pietr Johannson, dit Pietr-le-Letton, première victime, originaire de Lettonie, escroc international connu aussi sous les noms de Fédor Yourovitch, Oswald Oppenheim et Olaf Swaan. Marié sous le nom d’Olaf Swaan, deux enfants. 32 ans.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

  • Hans Johannson, frère jumeau de Pietr
  • Mortimer-Levingston, milliardaire américain, deuxième victime
  • Berthe de Fécamp, amie de Hans, puis épouse d’« Olaf Swaan »
  • Anna Gorskine, Polonaise, née à Odessa, résidant à Paris, maîtresse de Hans
  • Torrence, inspecteur de la P.J., troisième victime.

Éditions[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

  • Sous le titre Peter the Lett, téléfilm anglais de Rudolph Cartier, avec Rupert Davies, 1963.
  • Sous le titre Maigret en Pieter de Let, téléfilm hollandais, avec Jan Teulings (Commissaire Maigret), diffusé en 1967.
  • Pietr le Letton, téléfilm français de Jean-Louis Muller avec Jean Richard dans le rôle-titre, diffusé sur Antenne 2 en 1972.

Citations[modifier | modifier le code]

Simenon cite deux criminologues : Rodolphe Archibald Reiss et Edmond Locard. Il évoque également un journal estonien de langue allemande laissé par un voyageur dans un palace parisien, le Revaler Bote[3]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Maurice Piron, Michel Lemoine, L'Univers de Simenon, guide des romans et nouvelles (1931-1972) de Georges Simenon, Presses de la Cité, 1983, p. 254-255 (ISBN 978-2-258-01152-6)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Toutes les sources ne sont pas d'accord sur la date de rédaction, voir en particulier : http://www.trussel.com/maig/menguyf.htm
  2. Jean Forest, Les Archives Maigret, p. 19.
  3. cf. article Wikipédia en estonien : et:Revalsche Zeitung

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]